03/01 au 09/01

Revue de la presse togolaise du 3 au 9 janvier 2005

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 10 janvier 2005, publié sur ufctogo.com

Depuis trois semaines des éléments des FAT ou de la Gendarmerie, dont certains en treillis militaires et beaucoup d’autres en tenue civil procèdent à des arrestations dans les cybers. Ils s’autorisent même dans certains cybers à lire les mails de ceux qui y travaillent. Par ailleurs, un certain nombre de journaux n’ont pas paru cette semaine. Est -ce un repos pour les fêtes de fin d’année ou un congé annuel ? La réponse appartient aux éditeurs. Ces événements portent un léger coup à la densité de notre revue de presse.

 

L’essentiel des journaux parus parlent du sort des relations du Togo avec l’Union Européenne, des violations flagrantes par le gouvernement des engagements qu’il a pris à Bruxelles (arrestations et détentions arbitraires se poursuivent), des 42 ans de l’assassinat du Président Sylvanus Olympio, premier président de la République Togolaise et père de l’indépendance du Togo, de la pré-campagne que mènent déjà les dignitaires du RPT, etc.

C’est ainsi que Togo-Presse du 4 janvier 2005 nous annonce que dans l’Oti, monsieur Kantchati a offert du matériel de sonorisation et trente pièces de pagnes au groupe choc d’animation politique de Mango.
Voilà 3.675.000 FCFA de dépenses provenant des prébendes jetés dans des activités sans aucune valeur ajoutée pour un peuple de l’Oti qui l’un des plus martyrisés du Togo.
Des faits et gestes qui révoltent !
Peut-on nous dire que « le ministre » a sorti ces fonds de sa poche ? Voilà une preuve de gouvernance piteuse et scandaleuse, de politique ruineuse pratiquée par le régime du RPT. Dans un pays qui comporte une pluralité de partis politiques, il est aberrant de puiser dans les caisses de l’ Etat pour faire ces genres de don à un groupe, à un parti politique parce qu’il est aux commandes de l’ Etat.

Dans son numéro 26, Apocalypse signale une escroquerie dont Eyadéma est la victime. Il s’agit d’une rocambolesque affaire montée par une bande d’escrocs ivoiriens pour soutirer l’argent à monsieur Eyadéma connu pour sa fausse largesse qui dissimule mal la force de corruption et la peur bleue des coups d’Etat de l’homme qui a assassiné le père de notre indépendance, Sylvanus Olympio. Incapable de prendre du recul et de contrôler ses émotions, il a fait partir en fumée 100 millions de nos francs comme on peut le lire ci-après.

« C’était en septembre 2003. Ces escrocs ont envoyé à monsieur Eyadéma des fax dans lesquels ils prétendent qu’un groupe d’individus se préparent actuellement à Abidjan ...et à Ouagadougou pour attaquer le Togo et vous renverser". Les fax portent la signature d’un certain colonel Touré, ex-aide de camp du président Houphouet-Boigny. L’homme de Lomé2 prépara alors avec ses conseillers militaires une stratégie de riposte : rentrer en contact avec le fameux colonel Touré et lui demander son soutien. C’est Eyadéma lui-même qui s’est chargé de le toucher et lui aurait à peu près posé la question suivante :
"Face à cette situation, quel secours pouvez-vous nous apporter pour faire échec à l’opération ?" De tractations à tractations le prix du secours demandé par Lomé2 sera annoncé : « 200 millions de nos francs... »

Le président togolais ne trouve aucun inconvénient à verser la somme exigée, mais propose à son interlocuteur, une avance de 100 millions de FCA et le reliquat ...une fois l’opération enclenchée."
Tout a été minutieusement ficelé des deux côtés . Rendez-vous est pris en début de mois d’octobre 2003 dans l’un des cafés de l’hôtel Ivoire. Le magot a été emporté par l’un des conseillers militaires de monsieur Eyadéma." Le coup réussi, ils l’ont bien arrosé. L’alcool a coulé à flots. Malheureusement pour eux, emportés par la joie, en plus de la grande dose de champagne consommé", les faussaires "remettront en guise de remerciement, la somme de 9 millions de FCFA à l’émissaire du président, qui n’a portant rien demandé." Grave erreur. Ce dernier, à son retour, fit un compte rendu fidèle de sa mission à ses supérieurs et commença par émettre des doutes sur le sérieux de ses interlocuteurs.

"Du côté de Lomé 2, à la suite d’une enquête minutieusement menée, les services secrets togolais remettent un rapport confidentiel au « président » Eyadéma". Ce rapport révèle que cette histoire d’attaque est une mise en scène pour arnaquer le « président » Eyadéma. L’affaire a été ainsi classée et tout a été mis en oeuvre pour que personne n’en soit informé.. Sinon, ce serait un déshonneur au chef de l’ Etat togolais.

Pendant ce temps à Abidjan, le train de vie de ces escrocs change de fond en comble. Cela suscite des sentiments de jalousie de la part des proches de l’entourage de la bande qui les dénoncèrent à la présidence togolaise et révélèrent leurs vraies identités. Après un certain nombre de traquenards infructueux, les faussaires ont étés piégés le 19 décembre 2003 à Accra. Ils ont été arrêtés et conduits à la prison à Lomé. Ils risquent de moisir en prison s’ils ne remboursaient pas cet argent. Mais où trouver les 100 millions ?

Informé, le président Gbagbo se propose d’intervenir après le jugement pour solliciter de la part du « président » Eyadéma une grâce. Mais on ne peut pas les juger au Togo parce qu’on ne veut pas ébruiter l’affaire et ridiculiser le « président » Eyadéma.
Mais doit-on laisser ces messieurs mourir en prison ?
Les organisations des droits de l’ homme sont interpellées.

Zeus Ajavon devenu avocat à la Cour accorde une interview exclusive au journal Le Canard. M. Ajavon était professeur de droit à l’ Université de Lomé. Après des années de service, il a demandé une retraite anticipée et s’est converti à la profession d’avocat. Il déclarait "mon combat est un combat pour que règne le droit et que triomphe la justice. "

Selon La Dépêche : « Plus de 40 ans après, le mystère est total sur l’assassinat de Sylvanus Olympio. Ce n’est pas tout à fait notre avis car depuis plus de 40 ans on voit bien à qui profite le crime. Lisons quand même ce qu’écrit ce journal.

"De nos jours, il y aurait...une certaine confusion au sujet de la responsabilité du meurtre d’OLYMPIO. Est-il le fait de l’armée togolaise, des soldats démobilisés ou de la France ? "Selon feu Paulin Akouété, ministre du Travail et de la Fonction Publique dans le gouvernement de Sylvanus Olympio, "contrairement à ce qu’on laisse croire, ce n’est pas Eyadéma qui a tué OLYMPIO ; certes à un moment donné, il a revendiqué cet acte ignoble... Il fallait un Togolais pour porter ce chapeau. Mais la 1ère balle qui a frappé OLYMPIO ne venait pas du fusil d’Eyadéma ni d’un Noir."
"Il fallait un Togolais pour porter le chapeau, pour qu’on ne puisse pas soupçonner Jacques Foccard de s’être activement mêlé à l’ assassinat du président OLYMPIO.
En déclarant le 24 mai 1958 à l’Agence France Presse que " je vais faire mon possible pour que le Togo se passe de la France", le premier Sylvanus Olympio venait de signer sans le savoir sa propre mort... La balle qui a frappé S OLYMPIO serait tirée par un certain OTTO- KARL Dupow ... en missions spéciales au Togo pour le compte des réseaux Foccart... Il quitte le Togo le soir du 13 janvier incognito... Pour d’autres encore, M. OLYMPIO serait abattu par un certain Christophe Tchama, un militaire togolais..." Mais pour qui connaît bien la situation socio-politique du Togo et ses relations avec la puissance mère, "le président OLYMPIO a été victime des réseaux Foccart."

« 2005 : les Togolais entre l’espoir et l’inquiétude » tel est un autre titre de La Dépêche.

Eyadema vient d’annoncer la dissolution de l’ Assemblée Nationale et la date des élections législatives anticipées. Mais "contrairement à ce que le pouvoir aurait pu certainement penser, une telle annonce n’a suscité aucun enthousiasme au sein d’une population laminée par une conjoncture économique sans issue... La classe politique togolaise elle-même semble avoir accueilli cette déclaration avec indifférence, voire avec un certain scepticisme."

En violation flagrante des 22 engagements pris par le gouvernement à Bruxelles, l’ancien préfet Hemou Kpatcha est détenu à la gendarmerie plus d’un mois.

Toujours selon ce journal, "On l’accuserait d’avoir signé le certificat d’origine à l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo qui a permis à celui-ci d’avoir la nationalité togolaise."

Saisie des faits, la LTDH s’est rendue sur les lieux pour s’entretenir avec le prévenu. Mais la délégation a été refoulée par le chef d’ Etat major de la gendarmerie, le colonel Ali violant ainsi l’engagement 2.4.

Carrefour parle de « difficile dialogue politique au Togo, de lenteurs inexplicables et de l’initiative laissée à l’ UE » et des dignitaires du RPT déjà en pré- campagne.
"On ne peut tourner le bouton de la TVT depuis quelques jours sans tomber sur des reportages d’un genre particulier : les dignitaires du RPT effectuent des tournées à l’intérieur du pays, rencontrant des chefs, cadres et responsables d’associations de leurs localités ou organisent des meetings de sensibilisation à l’adresse des populations..."

Forum de la Semaine signale que la Coalition Togolaise des Défenseurs des Droits Humains a rendu publique une déclaration signée par son président Me Devotsou Kofimesa.

Dans cette déclaration, la Coalition s’insurge contre les conditions "d’arrestation de M. Oumolou par des individus non identifiés " et contre l’arrestation le 20 octobre 2004 du " sieur Hemou Kpatcha ancien préfet de Yoto ... gardé à la gendarmerie Nationale ... jusqu’à ce jour pour avoir délivré pendant qu’il était en fonction un certificat d’origine à l’ ex-Premier Ministre et ex-Président de l’ Assemblée Nationale le sieur Agbéyomé Kodjo."

La rédaction de ufctogo.com vous souhaite une bonne semaine.

 

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