03/05 au 09/05

Revue de la presse togolaise du 3 au 9 mai 2004

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 9 mai 2004, publié sur ufctogo.com

 

Les journaux de cette semaine ont été très peu riches en événement. A défaut de faits marquants nouveaux, ils reviennent çà et là sur :

- l’ ouverture des consultations Togo-UE,
- le respect ou le non-respect des engagements pris par le gouvernement,
- le retour au bercail probable de Agbéyomé Kodjo à la suite du décès de sa mère,
- la nomination en vue de Edem Kodjo au poste de Premier Ministre,
- les échauffourées sur le campus universitaire et la fermeture de l’Université de Lomé,
- les accusations du pouvoir et la réaction des partis accusés d’avoir manipulé les étudiants.

L’EVENEMENT écrit à la une : "Effets des engagements de Bruxelles, l’ex-Premier Ministre Agbéyomé KODJO bientôt de retour à Lomé". Selon ce journal, des efforts sont aussi faits pour le règlement de la question cruciale des personnes gardées arbitrairement en détention préventive.

Des officiers et soldats qui sont détenus depuis près d’un an pour "action de déstabilisation du régime en préparation" vont être bientôt jugés. Le réaménagement du code de la presse est aussi annoncé.

Ce journal ajoute que M. Agbéyomé Kodjo revient à Lomé pour enterrer sa mère. Joint au téléphone par la rédaction du journal, M. Agbéyomé Kodjo a confirmé l’information mais s’est refusé à donner plus d’amples détails sur les garanties de sécurité qu’il a obtenues du pouvoir en envisageant un tel retour. Le journal mentionne qu’en janvier dernier, il avait exprimé le désir de revenir au Togo pour participer aux obsèques de son père. Mais il en a été empêché, le pouvoir lui ayant déclaré n’étant pas en mesure d’assurer sa sécurité.

L’EVENEMENT parle aussi des échauffourées sur le campus qui ont amené le pouvoir à fermer l’Université de Lomé à partir du 2 mai 2004 jusqu’à nouvel ordre. Le bilan n’est pas banal : 18 personnes sérieusement blessés dont 16 éléments des forces de l’ordre, des voitures et des motos brûlés, 2 journalistes privés passés à tabac.

Pour le pouvoir (confer. son site internet), les étudiants sont manipulés. "Sur les 35 personnes appréhendées 11 ne sont pas des étudiants, mais des individus recrutés par certains partis d’opposition".

Dans une déclaration lue le 02 mai 2004 à la TVT (et Dieu sait que ne va pas à TVT qui veut) par un certain mouvement dénommé NIP (Nouvelle Initiative Populaire), des partis politiques tels que le CAR, la CDPA, l’UFC sont nommément cités comme étant les principaux instigateurs des violences. Ces accusations ont été rejetées vigoureusement par les dits partis. Selon la NIP, l’objectif de ces partis serait de faire échouer les consultations en cours entre l’UE et le Togo.
Que de très mauvais présages pour une sortie de crise !

- Il est connu de tous que les "faux-étudiants" sont des agents du pouvoir payés pour perturber les assises estudiantines.
- Il est aussi de notoriété publique que les étudiants ne demandent que le pain qui leur est dû. Ils se battent donc pour leurs besoins corporatifs et existentiels et c’est faux de faire croire qu’ils sont commandités par des partis d’opposition.
- En conclusion le pouvoir de Lomé ne varie pas, toujours le même stalinisme rétrograde, le goulag sans fin.

LA TRIBUNE DU PEUPLE titre : "Marc Palanga de l’UFC condamné à 7 mois de prison sera bientôt libéré". Et d’ajouter "A l’épreuve des engagements de Bruxelles, Agbéyomé Kodjo le pari d’un retour au pays".

Le journal s’interroge également en ces termes "Edem Kodjo, à nouveau PM d’Eyadéma ? Il se demande si le leader de la CPP va revenir à ses anciennes amours. En évoquant, au sujet de l’Université de Lomé, comment le pouvoir sert du dilatoire pour masquer une véritable crise de l’université. LA TRIBUNE DU PEUPLE est aussi revenu sur les échauffourées en confirmant qu’ils ont fait plusieurs des blessés et causé d’importants dégâts matériels

LE REGARD lui aussi parle de ces affrontements sur le campus. Pour ce journal, "les autorités paniquent et ferment le campus". Il revient sur les cas des 2 journalistes Yves Kpéto de "Nana FM" et de Amouzouvi Kwamivi de "Combat du Peuple" tabassés en présence du ministre Agba indifférent.

LE REGARD conclut que "les engagements pris par le gouvernement à Bruxelles ne sont pas respectés".

Selon le journal, les principales revendications des étudiants sont :

- paiement de 4 tranches d’aide de 20.000 francs cfa (30 euros),
- révision à la baisse du prix de transport du bus à 50 francs cfa au lieu de 150 francs cfa actuellement,
- ouverture effective du restaurant universitaire et révision à la baisse du prix du repas de 500 francs cfa à 100 francs cfa.
Les militaires impliqués dans l’affaire Bitenewé ne sont pas libérés. Par contre les civils impliqués dans les troubles des 24 et 25 septembre 2003 ont été relaxés sur fond de manipulation politique et médiatique consistant à les conduire manu militari à Lomé 2 pour présenter des excuses publiques forcées au Chef de l’Etat. L’occasion rêvée pour dénigrer les partis de l’opposition. Comme d’habitude !

Plusieurs autres prisonniers politiques restent toujours détenus en prison. C’est le cas de Marc Palanga détenu depuis près de 2 ans en raison de son appartenance à l’UFC. Son jugement vient de se dérouler. (confer. http://www.ufctogo.com).

Mais, sont toujours illégalement détenus :
- Nassora Natchaba,
- Aganon,
- Godevi,
- Tossavi,
- Hillah,
- Nayo,
- Akouehonou,
- Damessi,
- Osseni,
- Atantsi,
- Panomnawe,
- Amouzoukpé.

De source proche de l’UFC, on apprend que le Premier Ministre Koffi SAMA saisi par lettre pour faire arrêter toute procédure judiciaire contre J.-P.Fabre et Patrick Lawson et restituer leur passeport et carte d’identité saisis aurait prétexté de la séparation des pouvoirs pour refuser d’agir dans le sens des engagements pris à Bruxelles où il a promis "d’assurer un fonctionnement de la justice impartial et indépendant du pouvoir".

Faut-il donc comprendre qu’au Togo, pour violer le droit, la justice n’est pas indépendante ? Que par contre pour le faire respecter, on évoque la séparation des pouvoirs. Or personne n’est assez dupe pour croire qu’au Togo et sous la dictature d’Eyadéma, la séparation des pouvoirs si clairement élaborée par Montesquieu s’appliquera jamais dans l’intérêt national.

CROCODILE parle du "Retour au bercail" et ajoute que "Agbéyome Kodjo réclame aujourd’hui la liberté qu’il n’a pas créée hier"

Et CROCODILE de se poser de nouvelles question sur comment Agbéyome Kodjo se retrouve en exil et pour combien de temps, avant d’appeler à la mémoire de nos compatriotes tout le mal que cet individu a causé à la nation.

Ce journal est le seul à être circonspect dans son analyse contrairement aux autres qui se sont juste réjouis de ce retour au regard de l’embarras qu’il pourrait causer à Eyadéma.

Mais a-t-on déjà oublié les retours et retournement de veste des girouettes comme Ampah Johnson, ex-ministre de l’information, Djondo Koffi, ex-ministre des sociétés d’état, etc.

Dans ce même journal, on a pu lire sous le titre "La LTDH fustige le pouvoir", une déclaration signée du président de cette organisation M. Adoté Ghandi Akwei, suite aux échauffourées que le campus a connues. Pour le président de la LTDH, "On ne règle pas les problèmes des étudiants à coups de matraque".

Ce qui est fondé pour autant que l’on regarde en face la misère de nos étudiants qui ont droit à un euro par jour pour survivre mais cette modique somme ne leur est même pas payée. C’est le même sort que celui des travailleurs qui accumulent plusieurs mois d’arriérés de salaires.

CROCODILE évoque la révision du code de la presse. A cet égard, le journal signale que "Le Code de la presse attendu ne doit provenir d’aucun toilettage".

Allusion en due forme faite à la modification de la Constitution et du code électoral par l’ Assemblée Nationale RPT et qualifiée par cette dernière de toilettage.

En clair, le code de la presse devra être révisée de fond en comble.

Pour CARREFOUR qui se veut un journal favorable à Edem Kodjo il titre : "Edem KODJO prochain premier ministre ?" Tout en demeurant dans l’interrogation, ce canard ne voit aucun inconvénient à cela au regard de l’expérience de Monsieur Edem Kodjo et de la confiance que le chef de l’Etat lui renouvelle.

Pour faire simple :

- qui êtes-vous, vous qui aimez avoir la confiance de Gnassingbé Eyadema ?
- quel est le bilan de Edem Kodjo, en tant Premier Ministre en 1994, au regard de la résolution de la crise togolaise ?
- pourquoi sommes-nous toujours en crise en 2004 alors que le Car et l’UTD ont choisi de collaborer avec le pouvoir RPT et l’ont fait pendant un quinquennat au motif de sortir le Togo de la crise politique qui y a commencé depuis 1990 ?

Epargnons-nous une vision qui s’arrête au bout du nez. Ne nettoyons pas notre mémoire de si tôt. Nous pourrions encore en avoir besoin demain.

 

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