19/04 au 25/04

Revue de la presse togolaise du 19 au 25 Avril 2004

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 26 avril 2004, publié sur ufctogo.com
JPEG - 2.3 ko

Les journaux de cette semaine reviennent tous sur les consultations UE/TOGO avec des commentaires et des interviews accordées à des leaders de l’opposition. D’un journal à l’autre, les 22 engagements sont repris point par point avec des commentaires et des analyses critiques. La question de fond que se posent les journaux tournent autour du respect desdits engagements, c’est-à-dire leur traduction dans les faits.

 

Le journal AKEKLE rappelle ce que les sanctions ont coûté au Togo durant les 11 dernières années en termes de manque à gagner. Selon les services du Premier Ministre togolais, le montant total en termes de manque à gagner se chiffre à 350 milliards de francs cfa (503,5 millions d’Euros.

Ce journal proche du pouvoir rend hommage à Chirac et trouve que les autorités togolaises doivent remercier cet "ami sûr" qui a convaincu un à un les pays membres de I’UE de la nécessité d’une relance des négociations. Et le journal de noter en guise d’espoir ceci : "A présent que le pouvoir est contraint d’accepter d’avaler des couleuvres parce que le Togo est asphyxié... le gouvernement Sama revient de Bruxelles avec comme ordonnance médicale 22 engagements ... pour retrouver les bonnes grâces de I’UE". Le journal conclut en disant qu’une chose est de prendre les engagements, une autre est de les respecter.

Selon ce canard, au regard de la nature des engagements conclut sous forme de prophétie "la potion ne sera pas facile à avaler et il faut s’attendre à de nouveaux blocages"

Pour tout observateur attentif, tout laisse croire à la lecture de cet article que la délégation togolaise aurait négocié sous contrainte, le couteau sous la gorge, et qu’elle a pris des engagements qu’elle ne saurait tenir sans se saborder. Ce qui laisse entendre qu’une fois de retour à Lomé les vieilles habitudes réapparaîtront.

LA NOUVELLE REPUBLIQUE titre : "Pouvoir et Opposition désormais face à leurs responsabilités". Ce journal aussi publie l’effet des sanctions économiques de l’UE contre le Togo et trouve le bilan effarant. De l’avis du journaliste, les retombées de ces sanctions sont dramatiques et ont porté un coup dur à l’aide publique au développement. Cette aide, selon le journal, s’est effondrée de 212 à 54 millions de dollars. Dans son éditorial, le journal lance un appel à l’opposition et au pouvoir... Pour la réussite du dialogue à venir, l’opposition tout comme le pouvoir doivent mettre fin à certaines considérations stéréotypées qui caractérisent leurs discours
habituels. L’opposition devait non seulement adopter un comportement et un discours plus responsables mais elle devrait également éviter de divertir les populations. Le pouvoir devrait pour sa part renoncer à entretenir une atmosphère compliquée avec des relents pouvoiristes et surtout, admettre que la conquête du pouvoir est une ambition légitime pour tous ses adversaires".

La lecture de ces passages est suffisamment éloquente pour se faire une idée sur la sensibilité de ce journal.

- Pourquoi veut-on renvoyer la balle dans le camp de l’opposition ?
- Est-ce l’opposition qui bloque le processus démocratique ?
- Que voudrait-on lui reprocher ?
- Est-ce l’opposition qui était sur les bancs des accusés à Bruxelles ?
Ce sont là des questions auxquelles le journal n’a su répondre. C’est un fait que c’est l’avenir des Togolais qui se joue. Pour cela, nous devons tous nous sentir concernés. Mais qu’on ne fasse pas d’amalgame. C’est bel et bien le pouvoir RPT qui a pris les engagements. C’est ce pouvoir fondé sur le mensonge et la violence, ce pouvoir qui assassine, torture et pille les togolaises et les togolais qui est concerné. Et c’est à lui de respecter les engagements.

MOTION D’INFORMATION publie à la une : "Eyadema reconnaît enfin la réalité du déficit démocratique au Togo". Cet hebdomadaire Il présente aussi 2 interviews : une de M.Antoine Folly, Délégué Régional de l’UDS-TOGO et l’autre de Me Agboyibo du CAR.
Concernant l’ouverture des négociations, pour M. Folly, "on ne peut que se féliciter du fait que le gouvernement togolais a reconnu enfin ce qu’il a toujours nié". Ses sentiments, comme ceux des autres, oscillent entre la satisfaction et la méfiance. Il déclare : "En une demi-journée de négociations à Bruxelles, l’UE a obtenu de M.Eyadema plus de concessions que nous aurions pu obtenir en plusieurs mois de négociations". Mais attention ! "A l’UDS-TOGO, nous nous gardons de nous laisser aller à un optimisme qui n’a pas lieu d’être. En 37 ans de pouvoir sans partage, M. Eyadema a fait beaucoup de promesses aux Togolais et pris beaucoup d’engagements ; je n’ai pas souvenir de ceux qui sont respectés à 100 %. Même si cette fois-ci, c’est vis-à vis de l’UE que le régime de M. Eyadema s’est engagé, nous aurons tort de penser que les choses se passeraient toutes seules sans aucune action de notre part. Nous devons nous mobiliser pour aider l’UE à nous aider"

Concernant l’opportunité ou non du voyage de MM Kodjo et Ayéva dans la délégation présidentielle, M.Folly a été très réservé dans son commentaire. On dirait même qu’il n’a pas voulu se prononcer. Voici sa réponse : "Je crois qu’il ne faut pas exagérer, ni Edem Kodjo ni Zarifou Ayeva ne se sont jamais engagés par écrit à ne jamais s’associer avec le RPT dans une initiative quelconque. Il ne peut y avoir de trahison que par rapport à un engagement pris. Je n’ai pas de jugement sur les actes posés par tel ou tel responsable politique..... MM Ayéva et Kodjo ont certainement des raisons pour justifier leur choix politique ; il leur appartiendra de s’en expliquer le moment venu devant les Togolais qui sont les seuls juges du bien-fondé des actes que nous, responsables politiques, posons en leur nom. Si la présence de Edem Kodjo et Zarifou Ayeva a pu permettre d’obtenir de M.Eyadema les engagements pris à Bruxelles et surtout, permettra dans les jours à venir, la mise en application intégrale de ces engagements, on ne pourra qu’applaudir. Attendons donc de juger sur les résultats."

Voilà à notre avis une prudente réserve de la part d’un leader politique. Mais au même moment, cette réserve apparaît comme une caution à l’insoutenable. La semaine dernière, Me Agboyobo a été clair sur ce point en disant que si ces deux leaders ont accepté de faire partie de la délégation du pouvoir, ce n’est pas pour combattre les points de vue du gouvernement mais pour les défendre.

Peut-on comprendre la position de M. Folly et les arguments avancés. Quand il évoque l’absence d’engagement par écrit pour justifier ou excuser cet acte, doit-on penser que le fait pour Messieurs Zarifou Ayéva et Edem Kodjo de faire partie de l’opposition jusqu’à cette sortie en direction du RPT n’était-il pas en lui-même un engagement à servir la cause de l’opposition et à ne pas s’associer au pouvoir en une telle circonstance ?

Après tout, ce n’est pas l’opposition qui est invitée à Bruxelles mais bel et bien le pouvoir RPT. Il n’y a dans cette démarche que trop de clarté pour que les Togolais la comprenne à sa juste valeur. N’est-il pas temps de cesser de prendre les Togolais pour ce qu’ils ne sont pas. Messieurs Zarifou Ayéva et Edem Kodjo ne sont pas à leur première turpitude en ce domaine. Comme tous les Togolais, ils sont libres de leur choix. Mais qu’on ne se fasse pas des illusions sur leurs intentions. Le mérite de leur démarche est que leur double jeu aura été révélé par eux-mêmes. L’opposition traditionnelle n’en sera plus la victime innocente.

Dans son interview, Me AGBOYIBO trouve les résultats de la première séance du 14 avril "globalement satisfaisants, ce d’autant plus qu’il ne s’agit pas des recommandations de l’UE mais d’engagements pris par le gouvernement lui-même" Quant à la tenue de ces engagements, Me Agboyibo répond : "l’inquiétude est légitime mais je pense que nous ne pouvons venir à bout de ces difficultés qui sont devant nous en continuant à braquer nos regards dans le rétroviseur. Le passé nous intéresse bien sûr en ce qu’il peut nous éclairer sur les causes des échecs de nos expériences antérieures. Mais précisément par cet éclairage qu’il peut nous apporter, le passé est une source d’espérance. Nous devons positiver les premières conclusions de ces résultats"

Avant l’ouverture des consultations l’UE a demandé au gouvernement togolais de renouer le dialogue avec l’Opposition et la société civile. Dans ce cadre MOTION D’INFORMATION publie la lettre de la LTDH à Romano Prodi. La LTDH invite l’UE à traiter avec la vraie société civile et la véritable opposition pour éviter que le RPT, comme à l’accoutumée, ne fabrique son opposition et sa société civile.

Dans le même journal, l’ATDPDH et la LTDH écrivent au Ministre de l’intérieur dans l’affaire de TENGUE Kwami Kuma mort en détention dans les locaux du commissariat de la ville de Kévé (le 12 janvier 2004) où il a été gardé à vue dans une affaire qui l’opposait au sieur Victor Azansou. Les deux organisations dénoncent les pressions exercées sur la famille du défunt. Les circonstances de sa mort ont amené sa famille à demander une autopsie. Les conclusions du médecin légiste manquaient de précision sur certains aspects à savoir les sévices constatés au niveau de la partie génitale. Pour cela, l’avocat de la famille a demandé une contre-expertise. Pendant ce temps, la famille du défunt subit une pression indescriptible des préfets de Zio et de l’Avé qui ont intimé l’ordre aux responsables de la famille d’enterrer le corps dans un premier temps le 3 avril 2004 et une nouvelle fois le 7 avril 2004.

COMBAT DU PEUPLE dans son analyse trouve que les autorités ont une lourde responsabilité de convaincre leurs interlocuteurs européens dans leur détermination à instaurer un régime démocratique dans le pays. Après un rappel des multiples engagements du régime pris dans le passé mais non tenus le journal se demande comment ce même régime pourra les tenir aujourd’hui.

LE REPORTER parle de la mort en détention depuis 11 mois d’un militaire, le sergent MESSAH Komla Yao (dit "GG")des FIR dans les locaux de la gendarmerie nationale de Lomé. Le journal précise que c’est un proche de Bitenewé. Il serait soupçonné d’être impliqué dans la préparation d’une action de déstabilisation du régime

On a pu lire des réactions de Agbéyomé Kodjo qui se félicite de ces consultations et constate que les 22 engagements pris par le gouvernement ne diffèrent pas des propositions faites au mois de février 2002 au Président Eyadéma au lendemain de l’exécution réussie du Programme Intérimaire Renforcé(PIR)du FMI en vue de la reprise de la coopération financière avec la communauté internationale et les bailleurs de fonds. Il y avait dans ces propositions la mise en place d’un gouvernement d’union avec l’opposition, l’organisation des législatives pluralistes et consensuelles. Mais ces propositions ont été rejetées par le Président Eyadema. M.Kodjo espère que cette feuille de route sera exécutée cette fois-ci.

Le même journal publie un article du Prof. E.GU-KONU de la CDPA-BT.En voici les grandes lignes : "La délégation gouvernementale a pris des engagements si graves pour le régime qu’on peut s’interroger sur cette attitude, si l’on connaît bien le fonctionnement du système de Lomé. La CDPA-BT appelle à une plus grande vigilance. L’avenir immédiat n’est pas rose et ne justifie pas l’euphorie"

M.GU-KONU déplore "l’impasse sur le contentieux électoral provoqué par les douteux résultats des présidentielles de juin 2003. Ce silence équivaut dans la réalité à une légitimation de ces résultats contestables".

LE NOUVEL ECHO quand à lui rappelle à la une : "il reste 5 semaines au gouvernement pour libérer les détenus politiques. Dans un autre article, nous lisons : "dialogue Pouvoir -Opposition vers la mise sur pied d’une coalition de l’opposition". Le journaliste soutient qu’on veut exclure les Rénovateurs du rang de la future coalition commune de l’opposition. On soutient dans le camp qui prône l’exclusion que Péré n’avait pas joué un franc jeu lors de son passage à la Coalition des Forces Démocratiques et qu’il a plutôt contribué à la division de l’opposition.

Autre révélation de ce journal : "Plus de 500 millions pour rénover les bureaux de la Régie des eaux mais à côté de ça on manque d’eau". Les populations de Bè-Kpota, Avénou, Adidogomé Agoé et bien d’autres n’ont pas vraiment accès à l’eau potable.

LA VOIX DU PEUPLE proche du pouvoir titre : "les engagements du pouvoir engagent l’opposition". Ce qui est bien rigolo. Le même journal écrit à la une : "Edem kodjo et Zarifou Ayéva jettent les bases d’une opposition responsable" Le NOUVEL ECHO appartenant à cette même tendance sous le titre : "Me Agboyibo approuve la reprise de la coopération" écrit : "Aujourd’hui encore, ceux qui pour des
raisons inavouées, affichaient un certain pessimisme, s’accordent enfin de compte à reconnaître qu’il est inutile de vouloir toujours s’accrocher au passé"..."Raison pour laquelle ceux qui ont raté le train de Bruxelles avec Edem Kodjo,Zarifou Ayeva, Harry Olympio et autres doivent impérativement rejoindre le wagon de la délivrance"
Est-ce à dire que Harry Olympio a faisait partie de la délégation ?
Rien d’étonnant !

La rédaction ufctogo.com

 

© Copyright La rédaction UFCTOGO.COM

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
samedi
24 juin 2017
Lomé 27°C (à 18h)