07/06 au 13/06

Revue de la presse togolaise du 07 au 13 Juin 2004

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 15 juin 2004, publié sur ufctogo.com

 

Les journaux de la semaine ont eu pour thème la mission d’évaluation de l’UE au Togo. Nous n’en retiendrons des éléments que deux d’entre eux.

D’entrée, quelques couleurs avec "Le Combat du peuple" qui semble se muer pour devenir "Le Combat contre le peuple". Ce journal se fait le porte-parole du gouvernement et en veut à Jean Pierre Fabre de l’UFC. Or,on ne peut si vite oublier qui fait quoi dans la crise togolaise. Nous connaissons quant à nous un seul prédateur au Togo qui est le système RPT et ceux qui comme Eyadéma et sa bande en font une machine de destruction du Togo et d’enrichissement personnel.

Cette semaine nous commençons par les lignes de "Motion d’Information" qui met à la une : "Mission d’évaluation de l’UE : il y a un début d’exécution des engagements pris par le gouvernement. Mais il est trop tôt pour faire un bilan à mi-parcours".

C’est la déclaration faite à la presse par le chef de la mission Silvia Piergrossi. En effet, le régime avait préparé à l’intention de la mission de l’UE un rapport qui indiquait à plus de 60% le niveau d’exécution des 22 engagements pris à Bruxelles. Le pouvoir s’attendait à un satisfecit de la part de la délégation de l’UE. Mais Eyadéma et les siens ont dû déchanter. La mission a refusé de s’enfermer dans ce rapport bidon et a préféré mener sur le terrain son propre travail d’investigation.

Les instruments de mesure du taux de réalisation propres au système stalinien du Togo n’ont pas bien fonctionné une fois encore. Ce sont ceux auxquels les Togolaises et les Togolais sont habitués depuis 40 ans et qui sont fondés sur la bêtise, la propagande et le mensonge. Tout cela a été une fois encore révélé à la face de la communauté internationale aussi avec dans des limites crues.

Comme tout bilan du régime, il y a eu des déclarations de bonnes intentions sur le dialogue et pas aucun acte, des insultes sur les médias d’Etat, l’achat des conscience, la répression des étudiants, les menaces à l’endroit des opposants, des emprisonnements politiques.
Or, ce que le peuple togolais et l’UE attendent ce sont des actes concrets différents de ceux que constitue une ouverture d’un dialogue effectuée le 27 mai 2004 mais dont la préparation ne commencera que deux semaines plus tard, le 10 Juin 2004 sous la pression internationale.
Pour le RPT, il s’agit de mettre tous les artifices en mouvement pour racler quelques millions d’euros des caisses de l’UE. Mais qui est dupe. Même quand on vit sous terre, on entend ce qui se passe au Togo car cela résonne tristement au plus profond des entrailles de notre planète. Ce qui pourraient sauver ce régime qui se meurt de ses propres turpitudes c’est la manne qu’il attend de l’EU pour redorer son blason auprès d’une armée, d’une police et d’une gendarmerie qui sont en passe de connaître elles aussi les affres des fins de mois sans solde.
Pour le règlement de la crise au Togo, le régime en place n’a rien fait encore. "Un début d’exécution" ce sont des mots diplomatiquement corrects pour dire en terme non moins poli "... vous avez encore du chemin à faire ... "

Les déclarations de Jean-Pierre Fabre de l’UFC dans "Motion d’Information" en disent long : "Nous avons donné notre sentiment sur l’application des engagements. En ce qui nous concerne, nous sommes très préoccupés ; nous avons dit que le bilan n’est pas satisfaisant et nous souhaiterions que l’UE use de son influence sur les autorités togolaises pour les amener à respecter les engagements... Nous avons exposé à la mission d’évaluation les raisons qui nous ont poussé à ne pas participer à l’ouverture du dialogue. Pour nous, on ne peut pas ouvrir un dialogue et dire aux délégués d’attendre pour qu’on reprenne contact avec eux dans quelques semaines..... Nous avons exigé la libération des détenus ; en réponse, le gouvernement les a fait juger comme des détenus de droit commun et les a fait condamner à de peines très lourdes".

Pour Dama Dramani du RPT : "Le RPT est venu comme toutes les autres formations politiques rencontrer la mission de l’UE. Nous sommes venus confirmer que le RPT est le parti dont est issu le gouvernement... Nous sommes disposés au dialogue sur toutes les questions pouvant améliorer le cadre politique togolais. Nous ne sommes pas pour les préalables... Le RPT est favorable au dialogue et est prêt à discuter de tous les sujets. Aucun sujet n’est tabou pour nous."

Pour Zarifou Ayéva du PDR : "Nous avons tenu à manifester notre désaccord auprès de nos amis de l’Union Européenne sur la manière dont les choses se passent. Nous n’avons pas voulu nous réfugier derrière les problèmes de protocole ..... Lorsqu’on invite les partis politiques et qu’on donne une heure à certains et qu’on ne donne que quelques trente minutes à d’autres, ça pose problème. Nous avons tenu à soulever ce problème devant la délégation de l’UE.... Lorsqu’on veut préparer la pâte, on ne se demande pas avec quelle sauce on veut la manger".

Edem Kodjo de la CPP :"Nous avons été à Bruxelles d’abord parce que comme nous avons eu l’occasion de l’expliquer maintes fois, cette initiative prise ... était la seule depuis les élections présidentielles. Le pays tournait en rond... et lorsque nous avons été sollicités ... nous n’avons pas hésité, nous sommes allés.... Nous avons demandé que tout soit mis en oeuvre pour que ce processus soit un succès ... A mon humble avis, les premiers pas sont positifs. Si je suis devant vous aujourd’hui interviewé par vous, c’est déjà la preuve que les choses changent et bougent. Cela n’aurait pas été possible peut-être avant-hier. Mais aujourd’hui, c’est possible ... Donc les choses bougent et il faut aider les choses à bouger davantage."

Martin Aduayom de la CDPA a de son côté déclaré : "Nous voudrions un dialogue qui puisse aboutir réellement à des résultats correspondants aux aspirations du peuple togolais. Par conséquent, nous préférons, s’il est nécessaire prendre le train en marche en sachant où il nous conduit plutôt que de nous précipiter dedans pour qu’il nous conduise là où nous ne voulons pas .... Préparer un dialogue, cela signifie ... qu’il faut qu’ensemble on définisse qui et qui dialoguent..... il y a certains qui gouvernent avec le RPT mais qui se disent opposants ; on ne peut pas être au gouvernement et se dire opposant en même temps .... Ce dialogue n’est pas du tout un dialogue technique. C’est un dialogue politique ... les problèmes sont politiques et c’est politiquement qu’il faut les régler."
Notre commentaire est que tout Togolais aimant son pays perçoit la pertinence des déclarations de Martin Aduayom de la CDPA. L’actualité donne raison aux trois parties qui ont exigé à en savoir mieux avant d’aller paraître. On voit aussi que Edem Kodjo de la CPP expliquera encore tout le reste de sa vie pourquoi il n’est pas un homme politique mais une girouette politique qui tourne et tourne encore. Zarifou Ayéva du PDR vit encore de ses proverbes anachroniques. On craint que ses idées politiques ne soient que dans les proverbes de casserole et de marmite, de pâte, de sauce et que sais-je encore. Le RPT a toujours gardé sa réputation, la langue de bois. C’est ce que Dama Dramani du RPT exprime sans en percevoir les failles. Nous sommes à la limite du sens. Et le Togo appartient RPT !

Le Combat du Peuple a aussi écrit quelques lignes au sujet des consultations UE/Togo. Parlant de la fin de la mission d’évaluation, ce journal rapporte que le Chef de la délégation Mme Piergrossi déclare : "Avec un mois et démi, vous ne pouvez pas changer le monde ".
Selon le journal, au cours de son séjour, la mission a eu des séances de travail avec plusieurs partis politiques dont les principaux à savoir, le RPT, la CDPA, l’UFC, les Rénovateurs et également avec certains partis de l’opposition dite constructive. Le Combat du Peuple précise que le gouvernement, en application des engagement, a remis à la mission son premier rapport de mise en route. Après son étude, la mission a rencontré une seconde fois le gouvernement pour des éclaircissements à propos de certains points.

Parlant de l’union de l’Opposition traditionnelle, il déclare que "le jeu des alliances désormais ouvert.. " et de poursuivre que "pendant de longues années, on a assisté à de faux scénario d’union qui consiste à afficher une synergie de circonstance face au RPT pour finalement claquer la porte avec fracas en imputant le tort à certains partis présentés trop souvent péjorativement comme modérés".
Pour notre part, nous pensons qu’il est trop tôt d’oublier qui fait quoi dans la crise togolaise. Car nous connaissons quant à nous qu’un seul prédateur au Togo qui est le RPT et ceux qui en font une machine de destruction et d’enrichissement personnel.

Des partis politiques réagissent encore à la conférence de presse partisane de M. Jacques Obia, Chef des ambassadeurs des républiques bananières. Comme on le sait, peu avant l’arrivée de la mission d’évaluation de l’UE, M. Obia, un de ses hommes de paille des régimes de dictature avait tenu des propos durs à l’endroit des partis politiques qui ont conditionné leur participation au dialogue par la satisfaction de certaines exigences. "Il ne faut pas se faire l’illusion qu’on fera un dialogue du genre Conférence nationale avec les grands déballages... Ceux qui posent des préalables pour prendre part au dialogue ont tort", disait-il.
Drôle de diplomate ! Un griot n’en produirait mieux !
A la suite de ces déclarations partisanes, le CAR a réagi. Il trouve inadmissible que ce soit M. Jacques Obia qui dévoile aux Togolais en quoi consistera le dialogue national. Le communiqué du CAR dit ceci : "Vous n’ignorez sans doute pas qu’en dépit de plusieurs appels qui lui ont été lancés, le PM a jusqu’ici entretenu le mystère sur l’ordre du jour, la liste des participants, le calendrier des travaux et les autres modalités d’organisation du dialogue national. De son côté, le chef de l’Etat n’a levé le moindre voile sur ces diverses interrogations dans l’allocution qu’il a prononcée le 27 mai 2004... il a fallu votre passage à Lomé pour que les Togolais apprennent avec étonnement qu’il ne sera pas question de préparations préalables au dialogue national, que les discussions ne seront pas politiques mais techniques, sectorielles et thématiques".

Pour le parti de Me Agboyibo, ces propos sont d’autant plus intrigants que M. Obia lui-même était présent à Bruxelles lorsque les engagements étaient pris. L’engagement no 1.1 précise bien les protagonistes au dialogue. Il y a le RPT, l’opposition traditionnelle et la société civile. "Si...les ACP ont réellement l’intention d’aider le Togo à sortir de la crise, il faut que leurs émissaires cessent de chercher à plaire au régime en place en jetant constamment de l’anathème sur l’opposition", conclut le communiqué.

La CDPA de son côté affirme que "contrairement à ce que dit le président du Comité des Ambassadeurs ACP, M. Jacques Obia, ce dialogue n’est pas du tout un dialogue technique. C’est un dialogue d’abord politique. Et si les problèmes sont politiques, c’est politiquement qu’il faut les régler... Le dialogue tel que indiqué dans l’engagement no 1.1 n’est pas encore engagé".
"Le combat du Peuple" devient trop souvent maintenant "Le combat contre le Peuple ". On connaît cela au Togo et on est heureux du fait que les écrits restent et qu’un jour chaque canard écrira sa propre histoire et répondra devant la postérité. Parlant donc de ce canard "Le combat du Peuple" voilà ce qui nous est livré sous le titre "Le comble du ridicule. Des dirigeants de partis de l’opposition bourrés de complexe".

Reprenant les thèses lénifiantes du RPT Parti Etat ce journal qui se tapit à l’ombre de l’Opposition comme certains chefs de parti pour paraître politiquement correct, fustige les leaders de l’opposition et s’en prend tout particulièrement au Secrétaire Général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre. Lisez plutôt in extenso cette agression gratuite et injustifiée :
"Depuis le début du processus démocratique au Togo, certains hommes politiques bourrés de complexes s’imaginent que la clé de nos difficultés se trouve entre les mains des grandes puissances occidentales qui ont d’autres chats à fouetter. C’est parce qu’ils sont dans cette logique qu’ils passent le plus clair de leur temps à harceler les Européens et les Américains comme pour leur demander de venir chasser Eyadéma du pouvoir. C’est aussi et surtout parce qu’ils croient que le salut viendra de l’extérieur qu’ils ne font rien entre eux pour renverser le rapport de force en leur faveur... Le gouvernement peut se passer du dialogue. Il suffit que le pouvoir s’organise pour mieux gérer le pays et donner des signes forts de bonne volonté. C’est donc l’opposition qui a le plus besoin du dialogue pour retrouver un second souffle".

"Mais paradoxalement certains partis de l’opposition, à savoir l’UFC, le CAR et la CDPA ont adopté, face au pouvoir, un comportement qui laisse croire qu’ils sont en position de force. Alors qu’il n’en est rien... A l’ouverture solennelle du dialogue national, les trois mousquetaires, toujours les mêmes ont boycotté la séance inaugurale arguant qu’il y a mystère sur l’ordre du jour, la liste des participants, le calendrier des travaux et les autres modalités d’organisation du dialogue national .... Mais à la surprise générale, ce front de refus a ridiculement gambadé pour répondre à l’invitation de la mission d’évaluation de l’UE ... Est-il raisonnable que des politiciens qui veulent dialoguer refusent de répondre aux invitations de leur adversaire et courent vers des étrangers pour fustiger cet adversaire... ?"

Et de continuer que dans ce groupe, c’est surtout Jean-Pierre Fabre de l’UFC qui s’est particulièrement singularisé à travers des déclarations à l’emporte-pièce du genre : "Nous n’avons aucune envie de participer au nième folklore du régime Eyadéma."... En tout état de cause, le fait que les partis appartenant au front de refus ont répondu présents à l’invitation des Européens pose un problème de complexe qu’il faut dénoncer".

"Le Combat du peuple" NON ! A présent dites plutôt "Le Combat contre le peuple" Ce que nous vous demandons à ces messieurs, c’est de nous dire où est donc le complexe. Vous pouvez en vouloir à Jean Pierre Fabre, Secrétaire Général de l’UFC mais il vous faut trouver de bonnes raisons pour y arriver.
Nous allons vous aider :
- 1. Vous pouvez trouver le complexe auprès d’un gouvernement Eyadéma-Sama aux abois qui vole tout y compris les bulletins de vote et qui se présente à Bruxelles après un hold-up électoral sur les présidentielles, pour demander à renouer la coopération parce tout va pour le mieux au Togo.
- 2. Si vous étiez au Jardin Fréau en Janvier 1993 quand les hommes d’Eyadéma ont assassiné devant les ministres allemand et français de la coopération des centaines de civils aux mains nues et écrasé des enfants avec des Jeeps militaires, vous comprendrez certainement comment l’UE en est venue à la rupture de la coopération. L’UE refuse que les fonds européennes servent à répandre le sang des innocents.
- 3. Le complexe il est plutôt chez le maître dont vous êtes le porte-voix et celui de son gouvernement, un gouvernement malade de sa propre incurie et qui voyant une mission d’évaluation arriver chez lui, se précipite sans préparation pour ouvrir un monologue mal engagé, comme si les membres de la mission d’évaluation allaient les manger tout crus si le dialogue n’était pas ouvert.
- 4. Et si "Le Combat du Peuple" pense que le gouvernement peut s’en sortir sans le dialogue, c’est qu’il a sans doute un remède miracle ; alors nous lui recommandons de demander à Eyadema de nommer la rédaction de "Le Combat du Peuple" au poste de premier ministre en remplacement de Koffi Sama et ses journalistes comme ministres du gouvernement ! Car le lendemain le Togo s’en portera mieux ! Bonne chance !

La rédaction ufctogo.com

 

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