05/06 - 09/06

Revue de la presse togolaise - Semaine du 5 au 9 juin 2000

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 10 juin 2000, publié sur ufctogo.com

 

SOMMAIRE

FACILITATION
- Les facilitateurs arrivent pour l’installation de la CENI (Le Regard)
SOMMET DE L’OUA
- Pierre Sané et Gaëtan Moutou sont attendus au prochain sommet de l’OUA (L’Evénement)
ENSEIGNEMENT
- Des vacances provisoires : Une nouvelle formule qui arrange les élèves (Crocodile)
JUSTICE
- Magistrats et greffiers : Difficiles conditions de travail (Le Combat du peuple)
SOCIETE
- Le Comité pour la libération des détenus politiques bientôt dans les rues (Le Regard)
- Des militants de l’UFC envoyés à Kara (Le Reporter, n° 77 du vendredi 09 juin 2000)
- Le comité pour la libération des prisonniers du CEUB, de la JFC et de Agboh s’active (Crocodile)
- Au moins 320 000 togolais sont atteints du Sida (Le Scorpion-Akéklé)
- Les cas de sida déclarés par année au Togo (Le Reporter)
- Communiqué interministériel (Togo-Presse)
MEDIA ET CULTURE
- Saisie de "Le Combat du peuple" 600 000 F CFA de préjudice consommé (L’Evénement)
- Le nouveau livre qui dénonce le pouvoir togolais
- Extraits de Noir Silence François-Xavier Verschave" (Nouvel Horizon)

FACILITATION

Les facilitateurs arrivent pour l’installation de la CENI

"Les facilitateurs arrivent sans tambour ni cymbales pour, indique t-on de source bien informée, accélérer la mise en place de la CENI. Ils sont attendus au plus tard le 12 juin 2000. (...) Dans leur correspondance adressée au CPS en date du 14 avril 2000, les facilitateurs, après avoir exprimé leur satisfaction suite à la promulgation du code électoral, "ont émis le voeu que cette étape franchie, le CPS reprenne ses travaux tout particulièrement sur les conditions de mise en place de la CENI afin que celle-ci puisse aborder dans les meilleurs délais la préparation des élections législatives". Les facilitateurs avaient en outre indiqué "qu’ils sont disposés si les parties concernées en font la demande, à se rendre prochainement à Lomé pour l’installation de la CENI". Entre temps, la Commission européenne déçue par la tournure de la crise née de la dernière mission des facilitateurs qui ont cru devoir dénoncer solennellement une partie au dialogue sans prendre conscience de leur erreur, la Commission européenne donc, a souhaité que le dialogue se poursuivre entre les protagonistes de la crise quitte à ce que les facilitateurs interviennent mais pour un objectif clair et précis. Et depuis le mois d’avril, aucune partie au dialogue n’a adressé une demande aux facilitateurs afin qu’ils se rendent à Lomé. Mais il arrivent tout de même. (...) Mais une chose est sure, les facilitateurs devront changer de méthode de travail. Si la facilitation consiste à persuader les uns à accepter de se faire martyriser par les autres, les uns n’ont pas besoin des facilitateurs pour se soumettre." (Le Regard, n° 184 du 06 au 12 juin 2000)

SOMMET DE L’OUA

Pierre Sané et Gaëtan Moutou sont attendus au prochain sommet de l’OUA

"(...) En effet, de source très proche de l’Organisation internationale des droits de l’Homme, Amnesty international dirigé par son Secrétaire général Pierre Sané vient d’envoyer des courriers un peu partout dans le monde, conformément à son statut d’observateur garanti par les Nations-Unies, Amnesty entend se rendre à Lomé pour occuper la tribune, dans le volet de la violation des droits humains. A cet effet, la représentation doit être assurée, si tout va bien par son secrétaire général secondé par un collaborateur très efficace, qui avait été même bousculé une fois à Lomé. Il s’agit bien de Gaëtan Moutou. Cette même source nous a fait également savoir que si Amnesty international entend venir à Lomé ce n’est pas fortuit, car il entend confronter le gouvernement togolais avec d’autres preuves irréfutables et accablantes dans le dossier togolais. (...) L’organisation de défense des droits de l’Homme dont la crédibilité ne souffre d’aucun doute reste impassible aux menaces et aux aboiements d’un régime décadent. Pire, elle réclame une tribune au sommet de l’OUA qui se tiendra dans la capitale togolaise pour confronter sa thèse avec d’autres éléments nouveaux qui seront distribués aux hôtes du sommet." (L’Evénement, n° 44 du 07 au 13 juin 2000)

ENSEIGNEMENT

Vacances provisoires - Une nouvelle formule qui arrange les élèves

"La semaine passée des écoles privées de Lomé sont parties en vacances de deux semaines. Pour ces établissements donc, il faut que les élèves des classes d’examen se détendent afin de ne pas se fatiguer trop avant le BAC I pour les Premières et le BAC II pour les Terminales. Rappelons que lesdits examens vont se dérouler cette année en août et en septembre contrairement aux autres années. Dans le même temps, les élèves des écoles officielles continuent clopin-clopant les cours. Il y a un demi-mois, les examens blancs ont commencé : CEPD par-ci, BEPC par-là. Ils se poursuivent. Mais les résultats ne sont guère prometteurs. "ils se traduisent par les nombreuses irrégularités contestées ça et là au cours de l’année académique", déclare un enseignant. "Nous sommes en juin, mais c’est difficile de conclure qu’on est à la fin de l’année scolaire, laisse entendre un professeur de biologie du second degré qui n’a pas encore dépassé la moitié du programme. Or le BEPC c’est le 18 juillet 2000, dans 40 jours. Non seulement cela réserve des surprises en fin de compte, quant aux résultats, mais aussi des conséquences désastreuses de fin de cycle : des diplômes quantitatifs pour des élèves qui seront peut-être appelés à travailler un jour hors du Togo" (Crocodile, n° 485 du 08 juin 2000)

JUSTICE

Magistrats et greffiers : Difficiles conditions de travail

"(...) Jusqu’en 1992 tous les magistrats sortant de l’ENA avaient droit à un stage pratique de 6 mois à l’Ecole nationale de la magistrature de Pans (ENMP) en France. Après 1992, les bourses s’étant réduites et le nombre de magistrats ayant augmenté, cette formation complémentaire bien que nécessaire, n’a pas pu être poursuivie. Aujourd’hui, affirme un, des magistrats qui ont terminé depuis 7 ans sont sur la liste d’attente. Pire les procédures d’affectation ne sont pas respectées. Au lieu de commencer par les tribunaux de 3è classe, ceux qui disposent d’appuis solides restent à Lomé ou dans les tribunaux de 1ère classe. (...) Beaucoup de magistrats n’ont pas de bureau et donc se retrouvent à 2, 3 voire 4 dans le même local, dans les bâtiments souvent vétustes, la climatisation et ventilation sont défectueuses, lorsqu’ils ne font pas tout simplement défaut. A la Cour suprême même, il arrive que des conseillers n’aient pas de bureau, et soient obligés de travailleur chez eux. Les outils de travail comme l’ordinateur sont un luxe et il n’est pas du tout rare de voire encore dans les tribunaux des machines à écrire datant des années 50. Même si les textes consacrent l’indépendance de la justice, la réalité est tout autre. Des pressions de toutes sortes sont subies par les juges ou les procureurs et leurs substituts. Comment peut-il en être autrement, si l’on sait que le magistrat togolais débute avec un salaire mensuel de 100 000 F CFA et 8 000 F CFA d’indemnités de logement (versé pendant 2 ans seulement). Avec le coût de la vie, le transport, l’habillement et le poids de la famille africaine, il n’est pas surprenant que certains représentants de la loi succombe à la corruption. (...) Le greffier togolais n’a pas de statut particulier. Il est fonctionnaire de l’Etat, il n’existe pas de syndicat des greffiers mais une Association des greffiers du Togo (A.G.T) (Le Combat du peuple, n° 253 du 05 au 09 juin 2000)

SOCIETE

Le Comité pour la libération des détenus politiques bientôt dans les rues

"En vue de mettre fin au calvaire des militants des partis politiques et des organisations syndicales incarcérés à la prison civile de Lomé, un Comité pour la libération inconditionnelle et immédiate des détenus politique vient d’être créé. Ce comité entend entrer en action dans les plus brefs délais. Dans une déclaration rendue publique le samedi 03 juin 2000, le comité souligne que depuis un certain temps, des membres du CEUB, des militants de l’UFC et le Directeur de publication du journal "l’Exilé" croupissent à la prison civile de Lomé. Les actions sectorielles menées par chaque organisation pour leur libération se sont toutes révélées vaines. Face à cette situation, trois organisations concernées se sont retrouvées le mardi 29 mai dernier pour mettre en place une coordination composée du CEUB et de la JFC. Elle est présidée par Lamboni Lorempo. Cette coordination a lancé un appel aux organisations des droits de l’Homme, aux associations, aux syndicats et aux partis politiques en vue de former un comité pour la libération des personnes en détention à la prison civile de Lomé pour des raisons politiques. Ainsi le mercredi 31 mai 2000, une réunion à l’initiative de la coordination des organes victimes de la répression a eu lieu au Centre de formation ouvrière à Nyékonapoé où il a été décidé d’élargir le comité à l’UNSIT, au CAPCOT, au SEST, à l’ATDPDH, à l’ACAT, aux partis politiques CAR, CDPA et l’UFC. (...) Le comité s’est fixé comme but, la libération des membres du CEUB, Kpélafia Koumoyi et Tchadjobo Hanif, des militants de l’UFC, Aganon Koffi, Amékoudji Espoir, Attiley Augustin, Laïson Brigitte, Xematsri Kwassi, Amouani Foly et Afantodji Kossi, ainsi que du directeur de publication du journal "l’Exilé", Agboh Hippolyte. Il exige en outre le respect des droits humains par les autorités. Le comité entend aussi mener plusieurs actions et informer l’opinion nationale et internationale sur les conditions d’arrestation et de détention des militants des droits de l’Homme. C’est dans ce cadre qu’une conférence débat se tiendra le 10 juin prochain au Foyer Pie XII et sera animée par les avocats des personnes emprisonnées. A cette occasion, des informations seront données sur le déni de justice dont sont victimes les détenus politiques. Une grande marche pacifique pour protester contre les arrestations arbitraires aura lieu à une date ultérieure." (Le Regard, n° 184 du 06 au 12 juin 2000)

MUTATIONS ARBITRAIRES : Des militants de l’UFC envoyés à Kara

"Le ministre de l’éducation nationale, Koffi Sama incapable de régler la crise universitaire et de proposer des solutions pour conjurer la traversée du désert de l’école togolaise, passe le clair de son temps à procéder sur instigations de certains barons du RPT, à la mutation en cours d’année scolaire, de certains enseignants militants de partis politiques d’opposition. (...) M.Kakou P. Keffey, Proviseur du Lycée d’Afagnan arbitrairement muté est également vice-président national de l’UFC, muté précipitamment d’Afagnan pour Sokodé par arrêté n) 005/MENR du 31 janvier 200, pour être mis sous ordre, il sera 10 jours plus tard à nouveau affecté dans la région de la Kara par arrêté n° 10/MENR. (...) Le 10 avril 2000 dernier, c’est le tour de M. Diabacté Koloukoney, Professeur de CEG de classe exceptionnelle, directeur du CEG Tokoin-Nord, Vice-président national chargé de la région des savanes de subir les tracasseries du régime moribond du RPT. En effet faisant fi de tous les textes régissant la Fonction publique, le ministre Sama toujours sur instigation de certains barons du RPT on cite ici Natchaba, dont les actions ne sont dirigées que contre les frères de l’Oti prend l’arrêté n° 022/MENR/SG du 4 avril 2000 pour mettre sous ordre M. Diabacté dans la région de la Kara. Cette mutation tout comme celle d’un autre fils de l’Oti, le docteur Bemba Raïssa de la CPP, arbitrairement muté de Mango à Aného, relève d’un abus d’autorité et prouve la panique du RPT dans la perspective des élections législatives." (Le Reporter, n° 77 du vendredi 09 juin 2000)

Le comité pour la libération des prisonniers du CEUB, de la JFC et de Agboh s’active

"A moins d’un moins d’ouverture du 36e sommet de l’Organisation de l’unité africaine( OUA) à Lomé au Togo, le Comité pour la libération des détenus d’opinions s’active. "Le Comité est formé par trois organisations notamment le Conseil des étudiants de l’Université du Bénin (CEUB), l’Association togolaise des éditeurs de la presse privée (ATEPP) et la Jeunesse des forces de changement (JFC). L’objectif immédiat du comité est d’obtenir la libération inconditionnelle des membres du CEUB, Kpélafia Koumoyi et Tchadjobo Hanif incarcérés à la maison d’arrêt de Lomé depuis avril dernier. Mais aussi la relaxe des militants de l’UFC Aganon Koffi, Amékoudji Espoir, Attiley Augustin, Laïson Brigitte, Xematsri Kwassi, Amouani Foly et Afantodji Kossi. Puis la libération de Agboh Hippolyte, directeur du journal "l’Exilé". Tous incarcérés à la prison civile de Lomé pour des motifs divers. Les actions du comité se limitent pour le moment aux informations de l’opinion nationale et internationale par des conférences débats sur les conditions d’arrestation et d’incarcération des militants des droits de l’Homme au Togo, et aussi aux manifestations de rue. Ce comité sera renforcé dans les jours à venir par l’Union nationale des syndicats indépendants du Togo (UNSIT), le Collectif des associations des professeurs contractuels du Togo (CAPCOT), le Syndicat des enseignants supérieurs du Togo (SEST), l’Association togolaise pour la défense et la promotion des droits de l’Homme (ATDPDH). Des partis politiques tels que le Comité d’action pour le renouveau (CAR), la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) et l’Union des forces de changement (UFC) ne seront pas du reste. (...) Beaucoup d’enseignants du CAPCOT sont mis à la touche pour cause de grève d’intégration à la fonction publique. L’UNSIT réclame depuis, les meilleures conditions de travail pour les travailleurs et le payement des pensions aux retraités, la régularité des salaires etc.. D’autres syndicats comme l’UGSL, la CNTT, la CGCT, et la CSTT regroupés au sein de l’intersyndicale demandent avec insistance au chef de l’Etat le général Eyadéma d’user de son pouvoir pour alléger la misère des travailleurs en oeuvrant pour le versement de leurs arriérés de salaires compris entre 4 et 8 mois selon les secteurs sinon..." (Crocodile, n° 485 du 08 juin 2000)

Communiqué interministériel

"Conformément à la législation en vigueur, nul ne peut détenir une arme et munitions sans autorisation légale. Pendant les troubles socio-politiques qu’a connus notre pays, les leaders de l’opposition ont illégalement importé et détenu des armes et munitions qu’ils ont mises à la disposition de leurs vigiles. Aujourd’hui nous subissons toutes les conséquences nuisibles de ces trafics d’armes qui entraînent tantôt des vols à main armées, tantôt des braquages, tantôt des actions de coupeurs de route, et de temps à autre des attaques ouvertes et des crimes crapuleux. Le gouvernement invite tous ceux qui sont détenteurs d’une arme et munitions à aller les déposer en toute quiétude aux brigades de gendarmerie, aux commissariats de police ainsi qu’aux camps des gardiens de préfecture sur toute l’étendue du territoire et ce à compter de ce jour jusqu’au 30 juin 2000 Le gouvernement compte sur la compréhension et la collaboration de tous car il y va de la paix et de la sécurité pour toute la population. Fait à Lomé, le 7 juin 2000 Le garde des Sceaux, ministre de la Justice Général Séyi Mèmène Ministre de la Défense nationale Général Assani Tidjani Ministre de l’Intérieur , de la sécurité et de la décentralisation Général Sizing Akawilou Walla." (Togo-Presse, n° 5794 du jeudi 8 juin 2000)

REALITE DU SIDA AU TOGO Au moins 320 000 togolais sont atteints du Sida

"(...) Le Dr Bassabi Directeur du PNLS (Programme national de lutte contre le sida) a ouvert la séance en ces termes : "le phénomène su sida prend une allure inquiétante dans notre pays au vue des chiffres publiés par l’OMS. Si nous ne prenons pas de réelles décisions, le Togo risque de voir sa jeunesse décimée." (...) Concernant la situation des séropositifs, il a donné des chiffres qui vont de 6 cas en 1987 pour atteindre 1623 cas en 1999. Sur ce nombre de cas alarmants, le Dr Bassabi n’a pas manqué de présenter le nombre de cas par région. Ainsi il y a : - Région Maritime : 770 cas - Région des Plateaux : 225 cas - Région de la Kara : 405 cas - Région des Savanes : 71 cas. (...) Le Togo bat le triste record en occupant dans la sous-région la 2ème place après la Côte d’Ivoire. (...) Dans notre pays le Togo, les chiffres officiels font état de 3,3 % de la population. Mais d’autres données publiées par l’OMS montrent que 6,6 % à 8 % de personnes sont atteintes du virus." (Le Scorpion-Akéklé, n° 52 du 05 au 11 juin 2000)

Les cas de sida déclarés par année au Togo :

Année : Nombre de cas
- 1987 06
- 1988 20
- 1989 166
- 1990 458
- 1991 628
- 1992 824
- 1993 1330
- 1994 1284
- 1995 1710
- 1996 1527
- 1997 1211
- 1998 1623

(Le Reporter, n° 77 du vendredi 09 juin 2000)

MEDIA ET CULTURE

Saisie de "Le Combat du peuple" 600 000 F CFA de préjudice consommé

"(...) D’après nos informations, cette saisie a eu lieu sur toute l’étendue du territoire national par les forces de l’ordre. (...) Les raisons de cette panique du pouvoir proviendrait d’un coup de fil que le chef de l’Etat aurait reçu d’Alger du ministre intoxicateur désinformateur attitré. Ainsi donc, informé de ce que le journal s’apprête à diffuser des informations injurieuses à l’égard des Kabyè, le Timonier dans un souci de cohésion national aurait décider d’empêcher la publication le lundi 58 juin du "Combat du Peuple" alors mis en cause par le ministre. Cette saisie inopportune, occasionne une perte de 600 000 F CFA à la publication. Parcouru de fond en comble dans les laboratoires de Lomé II, l’article intitulé "Le Combat du peuple contre les Kabyè quelle blague ? Halte à l’omerta sur le débat démocratique" ne contenait aucune insulte à l’égard des Kabyè. L’auteur par contre relevait les interpretations tendancieuses faite par des journaux proches du pouvoir d’un article publié dans le précédent numéro." (L’Evénement, n° 44 du 07 au 13 juin 2000) Retour au sommaire

Livre Noir Silence de François Xavier Verschave

Le nouveau livre qui dénonce le pouvoir togolais Eyadéma notre amour’ "(...) Le 21 juin, comme prévu, la machine à frauder et à tordre les résultats fonctionne à plein.

"(...) Pourtant, l’imprévu advient ; un raz de marrée en faveur de Gilchrist Olympio, le fils du président assassiné par Eyadéma. Comme un ouragan d’aspiration à la légitimité. A Lomé, Gilchrist obtient 80 % des voix(selon Th. Sotinel, Le général Eyadéma a été proclamé vainqueur du scrutin présidentiel au Togo, in Le Monde du 25/06/1998). Il domine largement dans le Sud, beaucoup plus peuplé, mais mord aussi sur l’électorat du Nord. Et jusque dans les rangs des militaires ! "D’urgence, il faut transformer en matraquage la fraude subtile programmée. Le parti au pouvoir dénonce la Commission électorale nationale (CEN), que le régime avait lui-même installée. Le ministère de l’intérieur arrache à la CEN le décompte des voix. Et l’on commence, littéralement, à cogner : le siège de l’UFC (...) est saccagé et incendié par les forces de ’l’ordre’ ; son vice-président, septuagénaire, a le crâne fracturé. L’armée, on le saura plus tard, subit une purge sanglante. "Dans la capitale, les manifestations défilent jusque devant l’ambassade de France, aux cris d’"Eyadéma voleur, la France complice !". Dans d’autres localités, l’armée tire à balles réelles. Trop peu complaisant, le chef des observateurs européens est lui-même arrêté, un bref moment.(...) L’interruption de la procédure normale de décompte des voix vaut aveu de sa défaite qu’il admet d’ailleurs devant un visiteur français(Témoignage). La somme des fraudes, truquages et omissions relevées par les observateurs de l’Union européenne dans leur rapport officiel est édifiante. Un rapport officieux serait encore plus clair : Olympio est l’élu du peuple togolais. "(...) Mais Jacques Chirac et Gnassingbé Eyadéma forment un couple indissociable. Ce qui les rapproche est beaucoup plus fort que ce qui devrait les opposer. (...) Finalement, l’opposition togolaise a dû s’incliner devant le rapport de force, militaire et financier, et accorder à Eyadéma le 29 juillet 1999 ce nouveau mandat de cinq ans qu’il avait extorqué. Contre la promesse qu’il ne se présenterait plus en 2003, et qu’un nouveau scrutin législatif serait organisé dès l’an 2000. Nous n’avons pas à juger cet accord, largement contraint. Mais la France souhaitait transformer en triomphe diplomatique ce déni de démocratie. D’autant qu’elle avait su impliquer l’Union européenne dans les tractations : finalement, celle-ci a cautionné ce qu’elle avait d’abord dénoncé. "(...) Le 28 juin 1999, deux hélicoptères togolais se sont posés en catastrophe au Ghana. Selon toute vraisemblance , ils surveillaient d’éventuelles velléités militaires de groupes armés d’opposition. A bord, trois coopérants militaires français... (D’après Togo. L’affaire des hélicoptères, in Ldc du 15/07/1999). "Dans sa polémique contre Amnesty, Eyadéma a reçu des soutiens plus ou moins attendus. La Grande Loge nationale de France(GNLF) (qui) a ouvert dix loges au Togo. Elle se flatte d’y compter parmi ses membres le Premier Ministre et plusieurs membres de son cabinet.(...) Par sa part, Eyadéma a jugé plus prudent de suspendre ses plaintes contre Amnesty..." Extraits de Noir Silence,(qui arrêtera la Françafrique ?) pp 184-193 ; François-Xavier Verschave" (Nouvel Horizon, n° 19 du 09 juin 2000)

 

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