15/05 - 21/05

Revue de la presse togolaise - Semaine du 15 au 21 mai 2000

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 22 mai 2000, publié sur ufctogo.com

 

SOMMAIRE

POLITIQUE
- La CENI démarre avec plusieurs handicaps (Crocodile)
- Le choix du président de la CENI, l’épreuve de vérité. (Le Combat du Peuple)
- 38e séance CPS : découpage électoral, commission électorale locale indépendante, calendrier électoral, statut de l’opposition au centre des discussions. (Togo-Presse)
SOMMET DE L’OUA
- Tenue du sommet de l’OUA : Salim Ahmed Salim a débordé son mandat (Carrefour)
- Bouleversement inattendu aux "Affaires étrangères", les raisons. (Nouvel Echo)
- Attention ! Nous risquons d’y laisser ce qui reste de notre bonheur. (Le Scorpion-Akéklé)
- Washington écarte le puschiste Gueï (L’Evénement)
SOCIETE
- Argent du pétrole : Vague d’arrestation aux ministères du commerce et celui des finances. (Le Reporter)
- Quel bilan pour la médiation de Eyadéma dans les conflits en Afrique ? (Carrefour)
- Les populations meurent de faim : classe politique indifférente (La Dépêche)
- Problème des terres :Le chef du canton de Lama résiste aux menaces (Le Regard)
EDUCATION
- Pour cause de grève : le ministre Kokou Tozoun décide des sanctions arbitraires contre les enseignants.(Le Combat du Peuple)
- Les cours ne reprendront pas si les étudiants arrêtés ne sont pas libérés (Le Combat du Peuple)
PRESSE
- Le ministre s’est-il moqué des directeurs des journaux (Le Scorpion-Akéklé)

POLITIQUE

La CENI démarre avec plusieurs handicaps

"Le 04 mai dernier, le Comité paritaire de suivi (CPS) lors de sa séance de travail a réuni les vingt noms des membres devant composer la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La liste est transmise au gouvernement qui, à son tour doit l’adopter et l’envoyer au parlement pour la nomination des 20 membres. Tout laisse voir que la CENI sera mise en place avant la fin de ce mois de mai. Mais nombre de questions restent en suspens sur le parcours de la CENI.
(...)La seconde énigme est le quorum. Selon l’article 39 du code électoral, les décisions de la CENI sont prises par consensus on procède au vote et dans ce cas, les décisions sont prises à la majorité des 4/5 des membres composant la CENI". "Cependant la CENI peut siéger et statuer lorsque les 4/5 de ses membres sont présents ; dans ce cas, les décisions doivent être prises à l’unanimité." Le quorum de décision et de réunion demeure le piège à éviter. Selon l’Accord cadre de Lomé (ACL), le consensus doit prévaloir dans le processus de dialogue qui devra aboutir à des élections dont les résultats devront être acceptées par tous. Mais en prévoyant des cas où certaines décisions devront être prises sur la base des 4/5 des membres, le principe de consensus est déjà entamé. Cela équivaudrai à une décision prise par 16 membres, sur 20. Ce qui exclut le consensus. Et rien n’est dit sur des domaines ou ce genre de vote peut intervenir. Et tout laisse croire que le RPT étant unanime, c’est dans le camp de l’opposition qu’il faudra trouver les 6 membres pour faire avancer les choses dans un sens ou l’autre. Il revient aux représentants issus de l’opposition d’éviter le piège en restant ouverts sur les questions qui n’entament pas la régularité du processus électoral." (Crocodile, n° 482 du 18 mai 2000)

L’opposition face à ses responsabilités : Le choix du président de la CENI, l’épreuve de vérité.

"Si on me demande de dire ce qui oppose les leaders de l’opposition, je répondrai sans hésitation, le pouvoir. En effet, c’est parce que chacun de ses hommes convoite le pouvoir qu’ils n’arrivent pas à s’entendre pour libérer le peuple en éradiquant ensemble la dictature. En vérité, MM Gilchrist Olympio, Edem Kodjo, Léopold Gnininvi et Yawovi Agboyibo sont tous les quatre d’accord pour que Eyadéma quitte le pouvoir. C’est leur vœu le plus cher. Cependant quand vous leur demandez pourquoi ils ne peuvent pas se comprendre pour atteindre ce but, chacun raconte sa petite histoire en mettant en exergue les défauts, les trahisons et les roublardises de l’autre. Finalement, c’est lassant de discuter avec des messieurs qui passent leur temps à ruminer et à répéter les mêmes choses sans jamais tenir compte de la réalité et qui donnent l’impression d’ignorer la misère du peuple.
(...) L’essentiel, c’est que bientôt, sauf nouvel accroc, il va falloir installer la CENI et élire son président. Nous savons que les décisions au sein du CPS et de la CENI sont prises selon la formule des 4/5. Tout porte à croire que les leaders de l’opposition ne sont même pas encore concertés pour se mettre d’accord sur le nom du futur président de cette institution dont dépend les futures élections dans notre pays. (...) Disons plutôt, si nos informations sont exactes, que chaque parti est sur le point de postuler pour la présidence de la CENI. Et dans cette perspective, chacun affûte ses armes. (...)
C’est pourquoi, les leaders de l’opposition ont besoin de se concerter sur la question. Si au lieu de cette démarche salutaire, on enregistre des candidatures multiples c’est-à-dire on assiste encore au scandale qui avait marqué 1999 le même processus, il sera définitivement établi que l’opposition togolaise est composée d’hommes irresponsables. L’épreuve de vérité sur le degré de patriotisme des leaders de l’opposition, c’est la désignation consensuelle du président de la CENI." (Le Combat du Peuple, n° 250 du 19 mai 2000)

38e SEANCE PLENIERE DU CPS : Découpage électoral, commission électoral locale indépendante, calendrier électoral, statut de l’opposition au centre des discussions.
"Les délégués au Comité paritaire de suivi (CPS) ont tenu leur 38e séance plénière hier matin à l’Hôtel Ecole le Bénin. Les travaux ont été placés sous la présidence de M. Fambaré Ouattara Natchaba de la mouvance présidentielle. Ils ont tourné autour de six points.
(...) Les points 4 et 5 , respectivement intitulés "tâches prioritaires du processus électoral" et "débats d’orientation sur certaines tâches à la Commission nationale indépendante (CENI)" comportaient plusieurs sous-thèmes : découpage électoral, Cour constitutionnelle, présidents des Commissions électorales locales indépendantes (CELI), cautions aux élections et calendrier électoral. S’agissant de ces deux points (4 et 5) certaines délégations ont souhaité en débattre, indiquant que le CPS a la responsabilité politique de la mise en oeuvre de l’Accord-cadre de Lomé (ACL). En revanche, d’autres délégations ont estimé que ces questions ont déjà fait l’objet de larges débats et qu’elles relèvent désormais de la compétence de la CENI, aux termes des lois." (Togo-Presse , n° 5779 du mercredi 17 mai 2000)

SOMMET DE L’OUA

TENUE DU SOMMET DE L’OUA à LOME : Salim Ahmed Salim a débordé son mandat

"(...) De toutes les façons, il est apparu qu’un bras de fer se poursuit entre l’Angola et le Togo dans lequel le Secrétaire général prend parti pour le pays hôte du 36e sommet.
Depuis les événements liés à l’admission de la RASD (République arable sarahouie démocratique) au sein de l’OUA en 1980, la solution apportée à la situation dichotomique du secrétariat et de la présidence en exercice de l’organisation a été la limitation de fait à la fonction administrative des fonctions dévolues au secrétaire général. La persistance de la tenue des sommets des chefs d’Etat que d’aucuns auraient souhaité voir céder la place à une Asssemblée générale à l’instar de l’ONU est un facteur réducteur du rôle du Secrétaire général. Le sommet des chefs d’Etat est prolongé par la présidence en exercice. Comme corollaire, le Secrétaire général perd toute capacité d’initiative politique. Dès lors, face à la volonté exprimée par un Etat membre en sa qualité de secrétaire général administratif, il n’aurait pas de position à prendre. Il devrait s’en référer au président en exercice de l’organisation. M. Salim Ahmed Salim a donc eu un débordement grave de son mandat en se prononçant sur le problème que posent les autorités angolaises. Le fait d’avoir attendu d’arriver à Lomé pour faire ce genre d’affirmation conduit à se demander s’il ne s’agissait pas d’une déclaration commanditée. L’on pense étant donné le mépris affiché par le pouvoir togolais tant à l’égard de l’opinion publique nationale qu’à propos des nombreux problèmes que vivent le peuple togolais et le pays tout entier : (l’école, la santé, les arriérés de salaires, de bourses, des pensions de vieillesse, etc. la léthargie généralisée de l’économie, la paupérisation des populations, etc.) Pour se lancer dans la préparation effrénée du sommet de l’OUA qu’il a pu inspirer de tels propos en supplantant la présidence en exercice de l’organisation. D’où un certain nombre d’inquiétudes sur la prochaine présidence de l’organisation." (Carrefour, n° 235 du 18 mai 2000)

Bouleversement inattendus aux "Affaires étrangères", les raisons.

"(...) Normal alors que le secrétaire général de l’organisation basée à Addis-Abéba veuille s’assurer s’agissant de l’avancement des travaux préparatifs sur place, d’où un émissaire aurait été envoyé dans notre capitale au début des mois en cours. Sans attirer les tambours et les trompettes du pouvoir officiel il a tenté de faire un travail technique d’évaluation au ministère des Affaires étrangères. En ces lieux, l’envoyé spécial de Salim Ahmed Salim n’avait rien trouvé à mettre sous la dent. Personne dans ce ministère n’aurait pu lui donner la moindre indication sur l’état des préparatifs du sommet de l’OUA à Lomé. N’y aurait-il pas de quoi dès lors qu’apparemment tout, absolument tout se ferait à Lomé 2 autour du chef de l’Etat lui-même qui n’aurait mis dans le secret dans la tâche que ses "hommes de confiance" ? En effet la centralisation des travaux aurait mis hors jeu les techniciens et autres experts du ministères de tutelle. Aussi les RAS (Rien à signaler) et les "ni vu ni connu" qui auraient fusé de partout aux Affaires étrangères n’ont pas manqué de surprendre le diplomate qui aurait alerté le secrétaire général ç’aurait été du reste cette situation de péril en la demeure qui aurait motivé la descente de Salim à Lomé et diplomatiquement parlant, on connaît la suite. Mais politiquement cernée, la situation a fait peur et même choqué à Lomé 2 ; on y aurait même parlé de tentative de sabotage. En tout cas il n’en fallait pas plus pour qu’on évoque un manque grave de patriotisme de la part des cadres des Affaires étrangères qui seraient tout simplement contre l’organisation de la grande réunion à Lomé.
L’affaire était suffisamment grave également pour motiver la tenue in extremis d’un conseil des ministres extraordinaire chargé de mettre Koffigoh devant le fait accompli et provoquer l’inexplicable charivari dans sa "boîte". Contre ces fonctionnaires indélicats et pas du tout vigilants (?) des sanctions tombées. Tous ont été éjectés de leurs sièges et renvoyés pour de meilleures études de militantisme. Ils peuvent s’inscrire déjà dans le registre des victimes du sommet."
(Nouvel Echo, n° 138 du 19 au 25 mai 2000)

SOMMET DE L’OUA : Attention ! Nous risquons d’y laisser ce qui reste de notre bonheur.
"Le Togo abritera t-il enfin le premier sommet du deuxième millénaire de l’OUA ? La question mérite d’être posée et pour cause. Depuis l’annonce de la tenue de ce sommet dans la capitale togolaise, le climat politique sur le continent et surtout au Togo s’est trouvé électrisé. Jamais sommet n’a mobilisé autant d’énergie que celui que les autorités togolaises s’apprêtent à accueillir. Dans le pays, tout semble s’être arrêté. On ne pense plus à rien, on ne respire plus rien d’autre que le vent des préparatifs de ce sommet. Dans un Togo économiquement malade, très malade, on assiste à des constructions de villas pour, affirme-t-on, abriter les délégations devant prendre part au sommet. Sur les médias, on mobilise à longueur de journées des liseurs motions qui veulent chanter des louanges de ce sommet. C’est à croire que la tenue d’un tel sommet à Lomé suffit à elle seule pour solutionner les maux dont souffrent les citoyens. Hors du pays, les choses au contraire, semblent ne pas s’arranger pour nos autorités. (...) Seulement, à l’allure où vont les choses, le Togo risque d’abriter le sommet le plus boycotté que l’OUA ait connu. Le drame c’est que les raisons avancées sont l’îmage du président Eyadéma qui n’inspire plus confiance sur le continent. Dans cette ambiance, tout est-il d’accueillir un sommet pour devenir un président en exercice le plus contesté ? Qu’en est -il de notre honneur, de notre renommée ? Ce n’est pas parce qu’elle se ternie de jour en jour qu’il faudra s’en foutre. Ce n’est donc pas la peine d’abriter un sommet où ne seront à nos côtés que copains et coquins. Il reste un peu de notre honneur, oui un peu ! Préservons-le !." (Le Scorpion-Akéklé, n° 49 du 15 au 21 mai 2000)

PROCHAIN SOMMET DE L’OUA A LOME : Washington écarte le puschiste Gueï

"La position des Etats-Unis d’Amérique dans le débat en Côte d’Ivoire sur une probable candidature de l’homme fort de la junte, le général Robert Gueï, sera déterminante. La position actuelle de la puissance mondiale malgré les missions diligentées à Washington par Robert Gueï, est pour bien d’observateurs de la politique africaine, l’un des talons d’achille du "papa noël en uniforme" des Ivoiriens. Mais le combat de Bill Clinton contre les putschs en Afrique ne s’arrête pas seulement à la candidature de Gueï à l’élection présidentielle prévue pour le mois d’octobre prochain d’après le calendrier publié par les autorités de la Côte d’Ivoire.
(...) Face à la pression des USA, Robert Gueï vient d’être mis out. Le Secrétaire général de l’OUA Salim Ahmed Salim, l’a clairement signifié au n° 1 ivoirien, lors de son passage à Abidjan le 12 mai dernier. Le général Robert Gueï ne siégera donc pas au premier sommet ordinaire du siècle de l’OUA à Lomé." (L’Evénement, n° 41 du 17 au 23 mai 2000)

SOCIETE

ARGENT DU PETROLE : Vague d’arrestation aux ministères du commerce et celui des finances.

"(...) Pour les ministres successifs qui ont défilé depuis 1996 à la tête du ministère, on parle d’une commission mensuelle d’environ 400 000 Frs. Sur chaque litre de carburant vendu, 1F versé à la CSPP. Sur donc 10 000 litres, la CSPP encaisse 10 000 Frs. Pour se faire une idée sur le pactole que les membres de cette fameuse CSPP se sont indûment distribués en élevant le prix du carburant au lieu de contribuer à sa stabilisation, il suffit d’évaluer le parc automobile national. Il s’agit bien de millions de francs CFA. Il convient ici de préciser que le CSPP présidée par M. Francis Adjakli transfuge de l’opposition, est également composée de cadres du ministère des Finances comme M.Yacoubou Gaou. Au ministère du commerce M. Adjakli qui rejoint le RPT par opportunisme pour continuer par s’enrichir illégalement et indûment au détriment des consommateurs de carburant, se comporte en "super cadre". Son bureau serait une véritable forteresse insolemment équipée. D’ailleurs après son arrestation, un passage de la gendarmerie aurait permis de trouver en espèce cinq (5) millions de francs dans son tiroir.
(...) Des ministres et non des moindres ont été mis en cause. De ceux qui ont défilé au ministère du commerce à ceux qui, depuis le ministère des finances ont eu pour leur compte, tous ont été sommés par le chef de l’Etat de rendre gorge. Le compte fait, certains ont versé 16 000 000 Frs d’autres 5 000 000 Frs.
(...) Déjà par le passé, certains ministres avaient abusé sans être inquiétés. on cite dans le cas de l’un de ces messieurs, la somme de 321 000 000 frs indûment touchée au préjudice de l’Etat." (Le Reporter, n° 74 du vendredi 19 mai 2000)

Quel bilan pour la médiation de Eyadéma dans les conflits en Afrique.

"(...) En effet, chaque fois qu’éclate un conflit quelque part en Afrique, de bonnes volontés se mobilisent pour le juguler. On essaie tant bien que mal de lui trouver une solution et d’apaiser les tensions. S’il est un chef d’Etat qui est le plus investi dans ces médiations, c’est bien le togolais Gnassingbé Eyadéma. On l’a vu intervenir avec une branche d’olivier à la main, au Tchad, au Libéria, à Bakassi, en Guinée Bissau, en RDC, en Sierra-Leone et dans la drôle de guerre ayant opposé le Burkina Faso au Mali en 1985. Plusieurs sommets ont été organisés au Togo et ailleurs pour régler les conflits internes des pays africains ou des différents opposants des pays voisins. Cependant, force est de constater que ces crises ne sont jamais éteintes et que les moments de répit enregistrés ne sont que des trêves de recul pour mieux sauter. En faisant aujourd’hui les comptes, combien de crises a-t-on réussi à taire définitivement en Afrique ? Le nombre doit être voisin de zéro. Quelques exemples pris au hasard suffisent pour s’en convaincre.
(...) Les derniers jours du maréchal Mobutu au pouvoir ont été marqués par une grave crise. Une rébellion menée par Désiré Kabila a pris les armes contre le régime en place. (...) Pour mettre fin aux hostilités, une rencontre a été organisée à Lomé et un accord de paix a été signé.
(...) La guerre qui pendant longtemps a ruiné le Libéria est encore vivace dans les esprits. Combien de fois n’avait-on pas organisé des rencontres pour trouver une issue à ce conflit ? (...) Car, une fois retournés au pays, les signataires des accords de paix oublient les documents paraphés et reprennent les armes pour des combats meurtriers. (...). Toujours dans la série, une crise oppose depuis quelque temps, le Nigéria et le Cameroun à propos de la presqu’île de Bakassi. (...). Eyadéma avait encore pris son bâton de pèlerin.. (...) Le cas bissau-guinéen a aussi donné à réfléchir pendant longtemps. Accusé de trafic d’armes avec les rebelles casamançais, le Gal Ansumane Mane, chef d’Etat major des armées bissau-guinéennes a été démis de ses fonctions. (...) Plus d’une fois, on signe des accords de paix à Lomé. (...) Le général Mané en dépit des accords de paix signés, prendra les armes pour évincer Nino Viera du pouvoir. Instruits par ces expériences passées, lorsque la crise avait éclaté en Sierra-Leone, (...) Le caporal Foday Sankoh qui n’avait sa place qu’en prison était arrivé à Lomé, accueilli avec beaucoup d’égards (...) bombardé Vice-président chargé de la gestion des diamants (il) a profité de sa position pour s’armer davantage. Et voilà le résultat." (Carrefour, n° 235 du 18 mai 2000)

Les populations meurent de faim : La classe politique indifférente

"On enregistre depuis un certain temps au Togo un accroissement du taux de mortalité. Il suffit par exemple de fouiller Togo-Presse pour se rendre à l’évidence ;la page réservée à la nécrologie est l’une des mieux remplies et de façon régulière. Il arrive même que les avis de décès débordent et s’emparent de deux pages entières. Et l’on est en droit de se demander si le pays est ravagé par une épidémie ou une guerre. Et pourtant rien de tout cela. Il n’est même pas besoin de chercher loin pour savoir ce qui est à l’origine de cette situation. Un coup d’oeil dans les foyers, les marchés, les hôpitaux et les services suffit pour comprendre tout : c’est la misère dans toute sa "splendeur". Il ne fait plus aucun doute qu’aujourd’hui au Togo, la misère tue plus que le paludisme et le sida considérés comme étant les premières causes de décès en Afrique. Plus que le sida, c’est la misère qui détruit chez nous tous les remparts de défense immunitaires et ouvre la porte à tous les autres maux que sont le vol, les violences, les maladies et la mort. Cumulant plusieurs mois d’arriérés de salaires, des pères et des mères de familles sont devenus de vrais mendiants.
(...) Face à cette situation, ce qui est incompréhensible, c’est le silence des gouvernants. Les Togolais sont, bien entendus, conscients des difficultés économiques que traverse le pays.
Mais le silence des autorités apparaît comme une sorte d’abandon de la population à son sort.
(...) Face à la situation que vivent actuellement les Togolais, le gouvernement devrait faire du payement des salaires la priorité des priorités en vue d’endiguer cette misère qui ravage tout le pays.
Les leaders des partis politiques sont également interpellés car en réalité la galère qui sévit actuellement au Togo n’est pas étrangère aux querelles politiques auxquelles ils se livrent. (...)" (La Dépêche, n° 133 du 15 mai 2000)

PROBLEME DE TERRES : Le chef du canton de Lama résiste aux menaces

"Dans notre édition du 18 au 24 nous avons retracé le calvaire du chef du canton de Lama El-hadj Soulé qui a été humilié pour avoir refusé d’attester que le terrain clôturé appartient aux gens autres que ceux de Lama. (...)
Après avoir rapporté les faits à l’issue de notre entretien avec le chef canton, nous avons craint qu’il ne lui arrive malheur même s’il nous avait dit que "l’homme ne meurt qu’une seule fois" et qu’il préfère dire la vérité quoiqu’il advienne.
Aussitôt après la publication de notre article, le chef Soulé a été convoqué par les autorités préfectorales. Il lui a été demandé d’adresser un démenti sur ce que nous avons écrit. Le Chef n’a pas cédé. (...)
Toutefois, nous avons obtenu de deux sources différentes le témoignage selon lequel, deux personnes originaires de Pya-Pitah avaient été installées sur le territoire Lama. C’était des sorciers mangeurs d’âmes que le Chef Assiou (Assih) de Pya a envoyé au Chef Tchédré Kpélenga (Palanga) de Lama pour être noyés dans le fleuve Kara. Le chef Palanga sans les noyer les a gardés chez lui après que le chef de Kpinzidè Kpakpabla eût refusé de les reprendre. Ces deux indésirables étaient chargés de nourrir les chevaux du chef de Lama. Mais au fil des mois, les chevaux mourraient. Les oracles, consultés ont désigné les deux personnes comme responsables de la mort des chevaux. Le chef Kpélenga décida de les envoyer à son notable Kéléou qui à son tour les a installés un peu plus loin sur le terrain "litigeux".
Mais le fait d’accueillir des indésirables au lieu de les noyer, confère-t-il à ces derniers le droit de propriété sur leur terre d’accueil ? Celui qui a ordonné la clôture du terrain, se réclame-t-il aussi des descendants de ces deux sorciers dont on ne connaît d’ailleurs pas l’identité ? Dans le même ordre d’idée, les descendants des sorciers déportés de Mandouri, peuvent-ils se considérer comme des propriétaires de terres où ils ont été installés ? " (Le Regard, n° 181 du 6 au 22 mai 2000)

EDUCATION

Pour cause de grève : le ministre Kokou Tozoun décide des sanctions arbitraires contre les enseignants.
"Le Togo est-il devenu une jungle où règne l’injustice ? (...) C’est pour avoir légitimement protesté contre la misère dans laquelle on les contraignait à vivre que certains enseignants sont frappés de lourdes sanctions aujourd’hui. Ainsi par arrêté N° 057/MFPTE du 3 février 2000, le ministre Tozoun constatait "l’absence irrégulière" de 81 enseignants et fonctionnaires de l’enseignement, relevant du ministère de l’Education nationale et de la recherche. Cette décision a été suivie dans les mêmes termes d’un autre arrêté N° 229/MFPTE du 17 avril 2000 et concernant 16 agents. Un troisième arrêté 0093/MFPTE concerne 22 autres enseignants. Le dispositif des trois arrêtés était le même "Pendant la durée de l’absence, les intéressés n’auront droit à aucun traitement.
" (...) Il s’agit-là de mesures incompréhensibles qui ne peuvent s’expliquer que par l’injustice et l’arbitraire. En effet, le droit de grève est reconnu et garanti par la Constitution togolaise. Sanctionner des agents pour motifs de grève c’est à tout le moins, violer la loi fondamentale. Que le ministre parle "d’absence irrégulière" n’est qu’un alibi maladroit, car tout le monde sait que les enseignants sont en grève au Togo.
Au ministère de la fonction publique, on a laissé entendre qu’aucune lettre de préavis de grève n’avait été reçue avant le début du mouvement. Ce qui justifierait l’assimilation de la grève à une absence irrégulière. Là aussi, il s’agit d’une argutie qui ne convainc personne car rien n’oblige les enseignants à adresser un préavis au ministère de la Fonction publique. La grève est un mouvement corporatiste précédé de préavis. Mais en l’espèce, le préavis doit être adressé au ministère de tutelle, c’est-à-dire au département de l’Education nationale et de la recherche. Ce qui a été régulièrement fait. C’est pourquoi plusieurs observateurs parlent volontiers de sanction arbitraire. Tout se passe comme si on persécutait les enseignants simplement parce qu’ils ont suivi un mot d’ordre de grève." (Le Combat du Peuple, n° 250 du 19 mai 2000)Retour au sommaire

Les étudiants durcissent le ton : Les cours ne reprendront pas si les étudiants arrêtés ne sont pas libérés

"En vue du déblocage de la crise qui frappe l’université du Bénin depuis la rentrée académique 1999-2000, la crise liée au non-paiement des bourses et aides, à la politisation des problèmes universitaires, aux conditions sociales dégradantes des étudiants et surtout à l’incarcération de certains de leurs camarades notamment Kpéléfia Koumoyi et Tcha Djobo Hanif, le CEUB (Conseil des étudiants de l’université du Bénin) interpelle le chef de l’Etat et lui demande d’ordonner la libération de tous les étudiants détenus, seule condition pour la reprise effective des cours. C’était à l’issue d’une conférence de presse animée le jeudi 11 mai 2000 au Centre d’éducation ouvrière de Lomé par le CEUB présidé par Aka Kodjo Frédéric, Président honoraire et médiateur de la crise universitaire.
(...) A l’endroit du CEUB, la médiation a retenu une trêve de quatre mois (avril, mai, juin, juillet) ) la tenue des assemblées générales populaires sur le campus universitaire, le respect de la décision du Recteur interdisant les manifestations visant à perturber les activités académiques et la formation par voie de consensus d’un bureau du CEUB. Au niveau du CEUB, les délégués ont, selon le président honoraire, accepté sans réserve et sans exception les propositions et souhaié que les autorités fassent cette fois-ci preuve de bonne foi. Mais hélas ! Les autorités ont fait voler en éclat ces accords.
(...) De part et d’autre, chacun durcit sa position les étudiants demandent avant toute reprise des cours, la libération de leurs camarades arrêtés les 03 et 10 avril. Les autorités publiques considèrent que ce sont les étudiants qui doivent reprendre les cours avant toute chose. Le bras de fer continue." (Le Combat du Peuple, n° 250 du 19 mai 2000)

PRESSE

Le ministre s’est il moqué des directeurs des journaux

"Le jeudi 11 mai dernier, les directeurs de Publication de la place ont été informés par téléphone d’une rencontre que le ministre Walla désirait avoir avec eux dans l’après-midi à 15 heures. L’attaché de cabinet qui a joint ainsi les directeurs n’avait plus donné de détails supplémentaires au moins pour ce qui est de l’ordre du jour. Malgré le caractère manumilitari de l’invitation, que certains ont voulu plutôt dénommé convocation, dès 15 heures, les éditeurs ont commencé par arriver au ministère de l’intérieur.
(...) Une heure plus tard, le ministre envoie dire à ses invités disons à ces convoqués qu’il ne peut plus les recevoir et que la rencontre est reportée pour le lendemain à 9 heures. Surpris les éditeurs n’ont pas manqué de signifier leur mécontentement au ministre. Le Président de l’Association togolaise des éditeurs de presse privée (ATEPP) a alors pris la parole pour faire comprendre à l’attaché de cabinet l’indignation des éditeurs. Il a signifié au porte-parole du ministre que le rendez-vous du lendemain à 9 heures n’est plus possible en ce sens qu’elle était trop précipitée." (Le Scorpion-Akéklé, n° 49 du 15 au 21 mai 2000)

 

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