12-16/06/2000

Revue de la presse togolaise - Semaine du 12 au 16 juin 2000

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 16 juin 2000, publié sur ufctogo.com

 

SOMMAIRE

- FACILITATION : M. BARDIAUX A PRIS PART A LA 41e SEANCE DU CPS (Togo-Presse, n° 5798 du jeudi 15 juin 2000)
- ASSEMBLEE NATIONALE : Nomination des membres de la CENI (Togo-Presse, n° 5796 du mardi 13 juin 2000)
- SOMMET DE L’OUA :
Sommet de l’OUA au Togo, l’Angola demande un report (Crocodile, n° 486 du 15 juin 2000)
La bataille pour ou contre le sommet de l’OUA à Lomé continue (Nouvel Echo, n° 142 du 16 au 22 juin 2000)
"M.Abdelaziz Bouteflika, président en exercice de l’OUA, a reçu une lettre d’Eyadéma. (Le Combat du Peuple du 16 juin 2000)
Les journalistes " alimentaires " du sommet de l’OUA à Lomé (Le Regard, n° 185 du 13 au 19 juin 2000)
- Khadafi au secours des travailleurs togolais ? (Le Regard, n° 185 du 13 au 19 juin 2000)
- SOCIETE :
Pour avoir empoché 30 millions de Frs, Me Joseph Kokou Koffigoh est cité à comparaître en justice (Le Combat du Peuple, n° 254 du 13 au 16 juin 2000)
Affaire "argent du pétrole : Le jugement complaisant de Lomé II (Le Reporter, n° 78 du vendredi 16 juin 2000)
- SANTE : Les cliniques privées ou les nouveaux mouroirs togolais (Carrefour, n° 237 du 15 juin 2000)
- ENQUETE AMNESTY-TOGO :
L’ONU et l’OUA désignent un Brésilien, un Tchadien, et un Mauritanien (Crocodile, n° 486 du 15 juin 2000)
Amnesty réclame la vérité et la justice pour les victimes (Le Regard, n° 185 du 13 au 19 juin 2000)
- MEDIA : Pourquoi "Le Combat du Peuple" a été abusivement saisi (Le Combat du Peuple, n° 254 du 13 au 16 juin 2000)
- EDUCATION :
Les étudiants du CEUB dans la rue ce samedi (Crocodile, n° 486 du 15 juin 2000)
Les étudiants Tchadjobo et Kpélafia du CEUB libérés sur ordre d’Eyadéma(Le Reporter, n° 78 du vendredi 16 juin 2000)

FACILITATION - M. BARDIAUX A PRIS PART HIER A LA 41e SEANCE DU CPS

L’arrivée prochaine des facilitateurs et l’installation de la CENI au centre des travaux

"Les délégués au Comité paritaire de suivi (CPS) ont tenu leur 41e séance plénière hier matin à l’Hôtel Ecole le Bénin. Les travaux ont été présidés par Léopold Gnininvi, Secrétaire général de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) et ont vu la participation d’un mandataire des facilitateurs en la personne de M. Philippe Bardiaux. (...) Voici dans son intégralité le communiqué ayant sanctionné la fin des travaux. Le CPS s’est réuni ce mercredi 14 juin de l’an 2000 (...) Les points suivants étaient inscrits à l’ordre du jour 1. Point sur la mission mandatée par les facilitateurs 2. Installation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) 3. Divers 1. S’agissant du 1er point, (....) Cette mission a pour objet de préparer une prochaine visite des facilitateurs à Lomé et d’en étudier les modalités. (...) Ils souhaitent plus particulièrement que leur séjour puisse être mis à profit pour procéder à l’installation de la CENI. Il est donc souhaitable d’anticiper sur le mécanisme devant permettre à la CENI de se doter d’un bureau afin que la question du calendrier électoral puisse être abordée rapidement. (...)2. Il est apparu que toutes les délégations du CPS partagent et approuvent ces différentes préoccupations. Il est donc décidé d’envoyer une correspondance au Premier ministre afin de le prier de saisir la Cour constitutionnelle en vue d’une prestation rapide du serment par les membres de la CENI. (...) 3. Dans les questions diverses, le CPS a donné une suite favorable à la demande d’une rencontre informelle avec le CPS, formulée par la délégation de l’Union européenne à Lomé au profit de M.Hans Allden, chef de l’Unité géographique de l’Afrique occidentale de la direction générale du développement de la Communauté européenne." (Togo-Presse, n° 5798 du jeudi 15 juin 2000)

ASSEMBLEE NATIONALE : Les membres de la CENI nommés vendredi

"En sa 7e séance plénière de la première session ordinaire de l’année, l’Assemblée nationale a nommé les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) vendredi dernier au siège du Parlement à Lomé. (...) Le rapport sur étude de dossiers individuels des membres désignés par la majorité et l’opposition en vue de leur nomination à la CENI, élaboré par la commission spéciale a été présenté par son premier rapporteur, M Lamboni Koanka. Le rapport indique que cette commission a procédé à l’examen de ces dossiers constitués uniquement de curriculum vitae des vingt personnalités proposées par les partis politiques. La commission a pris également connaissance du rapport de l’enquête de moralité diligentée par le ministre de l’Intérieur et la décentralisation sur chacune des vingt personnalités à la demande du président de l’Assemblée nationale. Il ressort, après étude de dossiers de chacune des vingt personnalités et au vu du rapport de l’enquête de moralité, que la commission spéciale n’a trouvé d’objection à la nomination des membres de la CENI proposés par les partis politiques. Ainsi, conformément à l’article 16 de la loi n° 2000-007 du 5 avril 2000 portant code électoral, la commission spéciale a recommandé à l’Assemblée nationale de procéder à la nomination des vingt personnalités. C’est alors que la liste des vingt personnalités fut soumise au vote. Les résultats obtenus sont les suivants : nombre d’inscrits : 79, nombre de votants : 63 dont 53 pour, 6 contre et 4 abstentions. Les parlementaires ont, à cet effet, pris une résolution portant nomination de la Commission électorale nationale indépendante." (Togo-Presse, n° 5796 du mardi 13 juin 2000)

SOMMET DE L’OUA au Togo : L’Angola demande un report

"Les autorités angolaises continuent à poser des peaux de banane sur le chemin de l’organisation du sommet de l’OUA au Togo du 10 au 12 juillet prochain. Pour elles, ce sommet ne doit pas avoir lieu à Lomé. Cela constituerait selon les autorités de Luanda, une violation consciente et délibérée des dispositions du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU). Dans une interview qu’il a accordée à notre confrère BBC, l’ambassadeur de l’Angola en poste à Libreville au Gabon, M.Bernard Do Dimbelembala demande purement et simplement le report de ce sommet au Togo : "Le gouvernement angolais demande le report de ce sommet au Togo. Parce que si ce sommet se réalise, ce sera un précédent pour l’Afrique toute entière, parce que si le sommet a eu lieu au Togo, c’est dire que le pays assurera la présidence de l’organisation de l’OUA avant que le Conseil de sécurité ne détermine si ce pays respecte ou non ses engagements internationaux comme membre des Nations unies.. Nous risquons d’établir un précédent dangereux en élisant un président de notre organisation continentale sous sanctions internationales" (....) Au moment où l’Angola mobilise ses diplomates pour une vaste campagne de sensibilisation des chefs d’Etat africains sur la position qui est de retirer l’organisation du sommet au Togo, plusieurs membres du gouvernement sillonnent eux aussi des capitales africaines pour souhaiter la présence effective de tous les chefs d’Etat à ce sommet qui consacrera la désignation du général Eyadéma à la tête de l’OUA comme futur président." (Crocodile, n° 486 du 15 juin 2000)

La bataille pour ou contre le sommet de l’OUA à Lomé continue

"(...) Plusieurs personnalités et organisations dont l’Angola, l’UFC de Gilchrist Olympio et le Nouvel Afrique-Asie font campagne auprès des chefs d’Etats africains pour qu’ils boycottent le sommet de Lomé. Mais le gouvernement togolais n’entend pas se laisser faire. Il déploie toutes ses énergies pour faire venir les participants en envoyant des missions de plénipotentiaires partout sur le continent. Comme si tous les plénipotentiaires qu’on vient de nommer ne suffisent pas, Eyadéma met à contribution les plus hautes autorités de l’Etat. Et il semble que de réelles menaces planent sur la réussite de la fête à Lomé. Nous n’en voulons pour preuve que la lettre qu’Eyadéma a envoyé à l’Algérien Boutéflikha, l’invitant à participer personnellement au sommet à Lomé. "Nous savons que c’est le Secrétariat Général qui doit lancer les invitations (c’est Salim qui l’a dit) ; nous nous posons alors des questions sur les raisons qui ont conduit notre président à commencer par envoyer des invitations. De plus la lettre insiste sur le fait que Eyadéma invite l’Algérien "à prendre part personnellement au 36è sommet de l’OUA." Est-ce que Bouteflika ne voudrait pas venir à Lomé ? Ce serait un coup dur parce qu’il est le président en exercice sortant de l’organisation et c’est à lui de passer le témoin à son homologue togolais. (Nouvel Echo, n° 142 du 16 au 22 juin 2000)

ALGERIE/TOGO/OUA : BOUTEFLIKA REÇOIT UNE LETTRE DU PRESIDENT TOGOLAIS

"Le président algérien, M.Abdelaziz Bouteflika, président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), a reçu une lettre de M.Gnassingbé Eyadéma.
"Monsieur le président et cher frère, Lors de la 35ème session de notre organisation continentale, tenue à Alger en juillet 1999, vous avez bien voulu choisir le Togo pour accueillir le 36ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA. (...) Compte tenu de la grande disponibilité dont vous avez toujours fait preuve dans la recherche de solutions aux problèmes auxquels notre continent est confronté, il me plaît de vous inviter à prendre part personnellement aux travaux du 36ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA. Le calendrier ci-après a été retenu pour la tenue de ces assises : 4 eu 5 juillet 2000 : 11ème session ordinaire du Comité des ambassadeurs et autres plénipotentiaires, 6 au 8 juillet 2000 : 72 ème session ordinaire du conseil des ministres, 10 au 12 juillet 2000 : 36ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Je suis convaincu que votre présence effective à ce 36 ème sommet à Lomé apportera un éclat particulier à notre réunion et nous permettra, grâce à votre sagesse et à votre longue expérience, d’approfondir nos réflexions sur l’avenir de nos peuples, de nos Etats et de notre organisation continentale." (Le Combat du Peuple, n° 254 du 13 au 16 juin 2000)

Les journalistes alimentaires du sommet de l’OUA à Lomé

"Le sommet de l’OUA, c’est aussi une aubaine pour des "journalistes alimentaires". Paraît qu’il y a des liasses d’argent mises à la disposition de ceux qui voudraient bien jouer aux griots au sommet de l’OUA.(...) On se bouscule au portillon de Lomé 2. Ivoiriens, Béninois, Camerounais et bien sûr Togolais. Chacun y va de sa proposition mais avec un objectif standard : faire du sommet de l’OUA, un événement inégalé, le miracle du siècle. (...) Pour les auteurs du projet, il faut 20 journaux pour chanter le sommet, la gloire du dictateur Koyaga. L’objectif est de créer le surnombre en faisant paraître quotidiennement tous ces journaux pour inonder le champ médiatique avec des titres trop élogieux du genre "Tout est merveilleux avec Eyadéma" pour, dit-on, amoindrir l’impact des journaux critiques qui ont déjà une large audience auprès du public. Des jeunes gens seraient en train d’être recrutés et qui auront pour mission de brandir des journaux de pacotille à chaque coin de rue. D’autres devront envahir les lieux de conférence ou de logement des délégués au sommet pour imposer ces papiers à leur regard. D’autres encore devront joncher l’itinéraire qu’emprunteront les délégués au sommet. Faut-il le rappeler, l’essentiel n’est pas de vendre ces journaux mais de les exposer tout simplement au regard des "étrangers". " (Le Regard, n° 185 du 13 au 19 juin 2000)

CINQ MOIS D’ARRIERES DE SALAIRE A PAYER Khadafi au secours des travailleurs togolais ?

"(...) On sait que le colonel Khadafi qui espère que le sommet de l’OUA se tienne dans de bonnes conditions afin que son projet de l’Unité africaine soit approuvé est prêt à consentir d’énormes sacrifices pour arriver à ses fins. On sait également que le président libyen est toujours magnanime à l’égard des chefs d’Etat en difficulté pourvu qu’ils respectent sa volonté. A preuve, le Président libyen avait offert six millions de dollars soit trois milliards six cent millions de francs CFA à un chef d’Etat venu lui demander de l’argent pour payer ses fonctionnaires et ses militaires. (....) Le 8 juin déjà, le "Guide Eclairé" a reçu en audience, un émissaire du "Guide Suprême" libyen, le colonel Khadafi. L’émissaire a déclaré à sa sortie d’audience que "la Libye va apporter tout ce qu’elle peut pour aider les Togolais afin que ce sommet soit une réussite pour tous les Africains". Allez-y comprendre quelque chose." (Le Regard, n° 185 du 13 au 19 juin 2000)

SOCIETE - POUR AVOIR EMPOCHE 30 MILLIONS DE FRS : Me Joseph Kokou Koffigoh est cité à comparaître en justice

"Une vieille, triste et scandaleuse affaire de 30 000 000 (Trente millions de frs) est pendante devant le Tribunal de première instance de Lomé. Elle oppose la BIA à Me Joseph Kokou Koffigoh, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération. En effet aux fins de recouvrer une somme de (30 000 000) trente millions de frs CFA que Me Koffigoh a indûment perçue en 1994 en remettant un chèque tiré sur le Trésor public, la BIA après avoir usé en vain de tous les moyens a finalement esté en justice. C’est ainsi qu’une citation à comparaître devant le juge des référés a été envoyée à Me Koffigoh. Ce dernier après avoir, dans un premier temps, tenté de faire de la résistance a plié et a engagé des négociations avec la Banque en vue de parvenir à un arrangement à l’amiable. (...) Dans sa livraison n° 54 du 04 au 08 mars 1996, le Combat du Peuple avait publié un article intitulé : Koffigoh, les 30 millions et la BIAO. A l’appui, comme élément de preuve, nous avions également publié le fac-similé d’une lettre en date du 20 octobre 1994 DGA N° 30/DKK/BAN par laquelle la direction de la BIAO demandait à M. le Ministre de l’Economie et des finances de régulariser la situation Le 20 avril 1994, les résultats des élections législatives sont définitivement connus. Me Joseph Koffigoh, Premier ministre de la transition depuis 3 ans, a démissionné de ses fonctions. Le 26 avril 1994 alors qu’il expédiait les affaires courantes, Me Koffigoh tire indûment un chèque de 30 millions sur le Trésor public pour alimenter son compte personnel. Mal lui en prit, puisque le gouvernement Kodjo n’a pas voulu couvrir cette irrégularité et le Trésor a refusé de payer. A l’époque, c’est-à-dire au moment de la publication de l’article et du fac-similé de la lettre de la BIAO, Me Koffigoh avait convoqué notre directeur M.Messan Lucien à son bureau pour, d’abord lui signifier devant témoin, qu’il soupçonnait M. Dadzie, alors Ministre de l’Economie et des finances d’avoir organisé la fuite du document. Devant la réponse négative de M. Messan, l’ancien Premier ministre s’est répandu en invectives contre ses anciens collaborateurs et ex-amis politiques qui, selon ses propres termes lui en voulaient alors qu’ils sont pires. Après avoir, au passage, sermonné M. Messan Lucien, il a laissé entendre qu’il allait régler la question avec le chef de l’Etat. Mais de 1996 à ce jour, le problème reste entier et aujourd’hui Koffigoh se retrouve devant le Tribunal." (Le Combat du Peuple, n° 254 du 13 au 16 juin 2000)

AFFAIRE "ARGENT DU PETROLE" : Le jugement complaisant de Lomé II

"Dans notre parution n° 74 du vendredi 19 mai 2000, nous vous parlions dans un article intitulé "Nébuleuse affaire autour de l’argent du pétrole : vague d’arrestations aux ministère du Commerce et celui des finances", de l’arrestation de MM Francis Adjakli, un transfuge de l’opposition, Gaou Yacoubou qui en fait est aussi un député suppléant du RPT, Hillah Yaovi comptable au ministère et de Andjawa Dassoh. On parlait également de certains barons du RPT qui seraient impliqués dans cette affaire relative à la perception de colossales commissions à la Caisse de stabilisation des prix des produits pétroliers (CSPPP). Le vendredi 09 juin dernier, sur ordre du chef de l’Etat, ceux qui étaient encore détenus dans le cadre de cette affaire ont été sans autres procédures relâchés. Ils auraient pour certain versé sur ordre toujours de Eyadéma, plus de 10 millions avant d’être libérés. Drôle de décision de Lomé II en ces temps où les fonctionnaires ne sont pas régulièrement payés, on aurait souhaité que cette affaire aille jusqu’au bout, qu’on établisse après un audit ce que ceux qui sont cités dans cette affaire doivent à l’Etat. Malheureusement, telle que la question est résolue, il persiste beaucoup d’inconnues. (...) En outre, dans le cas de M.Gaou Yacoubou député suppléant, aucune immunité n’a joué. Il a été tout comme M.Francis Adjakli par l’opulence duquel le scandale est arrivé et malgré le versement de la somme exigée, détenu pendant plus mois sans qu’on ne sache finalement si une information judiciaire a été ouverte à cet effet. Par contre, dans le cas du député suppléant Guédzé Koffi, convaincu d’un vol d’électricité, des interventions sont venues d’en haut pour demander son élargissement." (Le Reporter, n° 78 du vendredi 16 juin 2000)

SANTE : Les cliniques privées ou les nouveaux mouroirs togolais

"(...) Depuis quelques temps, les hôpitaux publics sont pratiquement devenus des épouvantails pour les patients. Face à cette situation les malades n’ont qu’un recours : les cliniques privées (....) C’est ainsi que les cliniques privées ont commencé à enregistrer une affluence importante. Certains d’entre elles profité de "l’aubaine" pour se doter de moyens afin d’être à la hauteur de la demande qui va grandissant. Elles se sont fait un nom. D’autres par contre, ont préféré se complaire dans la facilité. Toute leur ambition se limite à extorquer des fonds aux malades et à leur offrir en retour un traitement au rabais. A côté de celles-ci prolifèrent des petites unités dont certaines ne disposent même pas d’agrément mais qui fonctionnent. (...) Dans ces cliniques, tout ne tourne qu’autour de l’argent. La consultation, l’hospitalisation, les soins, ...tout s’évalue en argent. Et plus les malades deviennent florissantes. Et comme l’appétit vient en mangeant, on invente des subterfuges pour allonger délibérément le séjour des patients à la clinique. Pour un mal bénin, on peut vous faire traîner deux semaines à la clinique. Quinze jours au cours desquels vous devez payer quotidiennement au plus bas prix 5000 F CFA, sans compter les prix des soins. Pour un petit rhume par exemple, des gens sont sortis de clinique avec une ardoise de plus de 100 000 F CFA (...) Un autre phénomène et des plus regrettables et celui du cas où, après pompé toutes les ressources du patient, on se rend compte qu’on n’est pas en mesure de le guérir. Là, la situation est toute trouvée : on le renvoie sans le sous, vers le CHU, alors qu’on sait mieux que quiconque, que là aussi tout se paye. Et c’est le début d’une nouvelle "aventure". Les maîtres des lieux qui découvrent qu’on est passé par une autre structure sanitaire avant d’arriver à leur niveau pestent et tempêtent. Ils ressentent le passage préalable à la clinique comme une sous-estimation de leur science. Certains n’hésitent pas à en faire un argument pour laisser "souffrir un peu" le patient. Au bout du compte, c’est ce dernier qui sort perdant de cette situation. Parfois, c’est le médecin traitant au CHU qui détourne le malade vers une clinique où il officie. Mais dans un cas comme dans l’autre, c’est le patient qui paie les pots cassés, parfois de sa vie, malheureusement. (...) Sauver des vies humaines n’est plus la priorité dans nos cliniques. Le patient qui arrive dans ces cliniques privées, sans avoir fait le plein de sa poche, est déjà assuré de mourir sur le brancard. On crée des cliniques privées, non plus pour sauver de vies humaines, mais pour s’enrichir. C’est ce côté immoral pourtant étranger à la profession de la médecine, qui choque" (Carrefour, n° 237 du 15 juin 2000)

ENQUETE AMNESTY-TOGO : L’ONU et l’OUA désignent un Brésilien, un Tchadien, et un Mauritanien pour l’enquête

"L’organisation des Nations unies (ONU) et l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ont désigné le 07 juin dernier 3 experts de la commission conjointe. Cette commission est chargée d’enquêter sur les allégations d’Amnesty international au sujet des massacres de populations par l’armée togolaise lors de la présidentielle de 1998. Elle va siéger cette semaine à Genève en Suisse. Le terme de référence a pour intitulé : "Extrajudiciaire 98". La commission sera présidée par un Tchadien qui sera secondé par un Brésilien et un Mauritanien. (...) Me Joseph Kokou Koffigoh, ministre togolais des Affaires étrangères, pour sa part, fait remarquer que le Togo n’est pas informé de la date d’arrivée des enquêteurs. Suivez-le plutôt sur BBC : "Nous n’avons pas été saisis de la date d’arrivée de ces enquêteurs mais nous savons que, aussi bien l’OUA que l’ONU ont désigné les personnes qui doivent procéder à ses enquêtes. Etant donné que le Togo clame son innocence par rapport à ce rapport, le gouvernement togolais attend que les enquêteurs se mettent rapidement au travail. Vous savez d’ailleurs que les choses ont traîné en longueur, c’est le Togo même qui a relancé les Nations unies pour que l’organisation mondiale fasse diligence afin que le Togo soit lavé de tout soupçon. Mais je crois que pour la bonne règle, il faut que la notification soit faite d’une manière officielle...C’est une enquête, je pense, qui devra être publique et transparente...Quand ils viendront, nous espérons que ce sont des professionnels rompus à leur tâche. Ils pourront aller où ils voudront et toutes les facilités seront mises à leurs disposition". L’équation à résoudre avant même l’arrivée des enquêteurs de l’ONU et de l’OUA au Togo est celle-ci. Est-ce que les membres de la commission seront suivis par une ou plusieurs personnes désignées par le gouvernement pour dit-on leur faciliter la tâche ou simplement ils vont oeuvrer seuls ? Il faut pouvoir éviter ces polémiques inutiles qui ont entouré les enquêtes de la commission de la Fédération internationale de droits de l’Homme sur l’attentat de Soudou le 5 mai 1992 où Gilchrist a frôlé la mort. Les conclusions de cette enquête n’ont pas connu de suite jusqu’ici. Est-ce que les conclusions de l’enquête de la commission conjointe OUA-ONU resteront-elles aussi lettre morte ?" (Crocodile, n° 486 du 15 juin 2000)

A QUELQUES JOURS DU SOMMET Amnesty réclame la vérité et la justice pour les victimes
"(...) L’organisation des Nations unies et l’Organisation panafricaine viennent de décider la mise en place d’une commission conjointe d’enquête pour faire la lumière sur les violations des droits humains dans notre pays. A cette occasion, Amnesty international qui a toujours épinglé les autorités togolaises a rendu public le communiqué daté du 09 juin (...) Après trois décennies au cours desquelles, des Togolais, civils et militaires ont été arrêtés et torturés, tués ou portés "disparus" en toute impunité, la mise en place d’une commission d’enquête internationale est un pas crucial pour garantir que, du moins pour les assassinats les plus récents, la vérité soit révélée et que justice soit faite, a estimé Amnesty international. (...) Depuis mai 1999, le gouvernement togolais a systématiquement intimidé, menacé de mort et corrompu les témoins, détruit les preuves et pourchassé les défenseurs des droits humains togolais ainsi que des journalistes suspectés de fournir des informations à Amnesty international.(...) Avant le début de l’enquête, des informations détaillées sur les mécanismes et les mesures de protection des témoins et de leurs familles avec les garanties de confidentialité doivent être portées à la connaissance du public. (...) Amnesty international demande à l’organisation des Nations Unies et à l’organisation de l’Unité africaine de s’assurer que la commission d’enquête est strictement conforme aux normes des Nations unies pour les investigations concernant les exécutions extrajudiciaires (....) "Cette enquête sera une opportunité unique pour faire la lumière sur au moins, certains des assassinats commis par les forces de sécurité togolaises. Des centaines de victimes togolaises et leurs familles méritent vérité et justice et ils ne seront pas déçus" a ajouté Amnesty international." (Le Regard, n° 185 du 13 au 19 juin 2000)

MEDIA - Comment et pourquoi "Le Combat du Peuple" a été abusivement saisi

"Lundi 5 juin 2000, tôt le matin, notre Directeur a été informé, par téléphone, que le n° 253 de votre journal, Le Combat du Peuple a été saisi par la police aux domiciles des grossistes-distributeurs. (...) Ainsi l’édition n° 253 du Combat du Peuple a été abusivement saisi en violation de l’article 26 de la Constitution. (...) En l’espèce, aucune décision de justice ne nous ayant été notifiée, nous considérons légitimement que nous sommes victimes d’un abus grave qui nous a causé un préjudice financier de plus de 600 000 frs (Six cent mille francs F CFA). Au delà de ce constat, nous avons investigué. Et il ressort des informations que nous avons réunies que l’ordre aurait été donné par le chef de l’Etat en personne et que celui-ci aurait été informé par le Ministre Panou, depuis Alger où il était en mission, que le Combat du Peuple serait sur le point de rendre public un article incitatif à la haine tribale et qui viserait nommément l’ethnie Kabyè. (...) Certes, tout porte à croire que l’article incriminé, en l’occurence "Le Combat du Peuple contre les Kabyè ? Quelle mauvaise blague ! Non à l’OMERTA sur le débat démocratique" pose un problème de fond qui n’épargne pas ceux qui, aujourd’hui, sont les vrais détenteurs du pouvoir réel et qui l’exercent à tort et à travers. Il nous plaît de préciser que ceux qui sèment la confusion entre les Kabyè et l’ethnie Kabyè sont des manipulateurs de l’ethnicité ; le fait de critiquer des actes posés par une petite minorité de Kabyè privilégiés ne signifie pas que c’est l’ethnie Kabyè qui est ciblée." (Le Combat du Peuple, n° 254 du 13 au 16 juin 2000)

EDUCATION - Les étudiants du CEUB dans la rue ce samedi

"Les étudiants de l’Université du Bénin mobilisés au sein du CEUB, organisent une marche pacifique ce samedi 17 juin à Lomé. Motif réclamer la libération inconditionnelle et immédiate des militants démocrates arbitrairement emprisonnés et dont font partie des responsables du CEUB. Des partis politiques, des syndicats, des associations de femmes etc. .seront de la partie. Il y a plus de 2 mois que des responsables du CEUB sont aux arrêts notamment, Kpélafia Koumoyi et Tchadjobo Hanif. D’autres comme Lamboni Lorempo, président du CEUB, Ségbeaya Patrick, Akakpo Justin, Kolani Yendouban sont en cavale depuis plusieurs mois. Le départ de la marche est prévue pour 8 heures au marché de Bè." (Crocodile, n° 486 du 15 juin 2000)

Les étudiants Tchadjobo et Kpélafia du CEUB libérés sur ordre d’Eyadéma

"(...) Informé de la marche qui s’apprêtait à exécuter les forces démocratiques ce samedi 17 juin 2000 pour réclamer la libération des militants arbitrairement emprisonnés, le régime, surpris de la mobilisation de l’ensemble des forces démocratiques du pays, a commencé par échafauder des scénarios. Il a été d’abord demandé au président du CEUB, Lamboni Lorempo de lire une motion pour demander pardon au chef de l’Etat et implorer la clémence pour qu’il ordonne la libération des deux camarades. Ce dernier aurait refusé. Il a ensuite été demandé aux deux victimes de l’arbitraire qui sont incarcérés, de faire la même chose ; ils auraient également refusé. Finalement la dernière trouvaille c’est d’organiser une marche de faux étudiants sur Lomé II pour aller demander pardon au chef de l’Etat. Ce qui fut fait dans la matinée d’hier pendant que les vrais étudiants qui suivaient les cours dans les amphis n’ont pas bougé. C’est suite à cette marche où les faux étudiants (en majorité) sont allés demander pardon au chef de l’Etat que celui-ci a fait venir Tchadjobo et Kpélafia pour leur prodiguer "de sages conseils" en fustigeant l’opposition de les avoir manipulés , avant d’ordonner leur libération" (Le Reporter, n° 78 du vendredi 16 juin 2000)

 

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