Presse

Revue de la presse africaine sur le Togo

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 20 janvier 2003, publié sur ufctogo.com

 

On note dans la presse africaine et dans les médias en général, une tonalité très critique à l’égard de « celui qui porte le titre peu glorieux de doyen des chefs d’Etats », Gnassingbé Eyadéma.

Pour les journalistes sérieux, la modification constitutionnelle opérée par le despote togolais, est véritablement scandaleuse et indigne. La plupart des journalistes africains ne sont pas tendres pour ce nouveau parjure du dictateur togolais. Et ils n’hésitent pas à tremper leur plume dans du vitriol pour critiquer l’acharnement de Gnassingbé Eyadéma à se maintenir au pouvoir et l’oppression qu’il fait subir à son peuple depuis plus de 35 ans.

Ainsi, Nouvel Afrique-asie ( paru avant le coup de force constitutionnel ) 2003. Selon ce mensuel, "Koffi Panou n’est plus le ministre des Affaires étrangères du Togo. Le rema­niement ministériel du 3 décembre dernier, consécutif aux élections législatives du mois d’octobre, lui a été fatal. C’est désormais Yao Roland Kpostra, auparavant représentant du Togo aux Nations unies, qui est le chef de la diplomatie togolaise. Le chef de l’Etat, le géné­ral Gnassingbé Eyadéma" a-t-il décidé de le mettre en réserve de la République pour l’élection présidentielle de l’année prochaine ? Ou serait-il tombé en disgrâce ? il est peut-être trop tôt pour l’affirmer. Si la deuxième hypothèse s’avérait être la bonne, il serait le deuxième poids lourd du régime à perdre la faveur du président en 2002, après Messan Agbeyomè Kodjo.

En effet, depuis juin dernier, l’ancien Premier ministre n’est plus l’homme lige de Gnassingbé Eyadéma. Limogé par son ex-père spirituel il est entré en dissidence. A sa manière. C’est-à-dire à la hussarde. En publiant une diatribe d’une rare violence contre son ancien protecteur et le régime dont il fut un serviteur aussi fidèle que zélé, dans un "testament politique", de quatorze pages. il y dénonçait en vrac les "manœuvres incongrues du sérail politique et des thuriféraires falot,)’ et. cupides d’un régime décadent et inique au populisme suranné"’, des "dérives monarcho-despotiques", des "menaces de mort proférées par le colonel Ernest Eyadéma, fils aîné du général-président", accusé par ailleurs de torturer des prisonniers dans un camp au nord du pays. Après avoir vivement critiqué "le déclin de l’autorité de l’Etat, l’ instrumentalisation de la justice à des fins politiques, l’isolement diplomatique, le marasme économique et financier ; la gestion patrimoniale et opaque des finances publiques", l’ancien Premier ministre a appelé à "renvoyer aux oubliettes de l’histoire le régime obscurantiste d’Eyadéma". Et d’enfoncer le clou : "Plus personne ne prend au sérieux un régime fossilise"’, dont "les turpitudes, le double langage, la fausse apparence d’honorabilité dont cherche à se parer le chef de l’Etat ne trompent personne, si ce n’est lui-même."

On le voit, la charge est féroce. Nul n’aurait pourtant parié un franc CFA à Lomé sur l’éventualité d’une telle attaque en règle. Tant les liens qui unissaient les deux hommes paraissaient indestructibles. Sur le plan médiatique, cette rupture aussi inattendue que fracassante a été incontestablement le fait le plus marquant de l’année écoulée.
Moins spectaculaire, mais plus préoccupant pour le pays, l’impasse du processus de réconciliation politique entre les partis d’opposition et le gouvernement... Un fiasco à mettre"surtout au passif des autorités togolaises, qui, foulant aux pieds l’esprit de l’accord-cadre de Lomé de juillet 1999, ont modifié de façon unilatérale le code électoral. Ce qui pour l’opposition constituait un casus belli. Et ce ne sont pas les élections législatives, organisées en octobre 2002 et boycottées par cette opposition, qui ont contribué à rapprocher les, deux camps. Sur ce plan, 2002 fut une année de dupes. D’autant plus que nul ne sait si Gnassingbé Eyadéma, dont le mandat arrive en principe à expiration l’année prochaine, ne cédera pas aux sirènes des caciques et faucons du régime qui le pressent de rempiler. Un nouvel épisode de la longue crise politique s’ouvrirait alors, porteur de tous les périls pour un pays déjà sinistré. »

De même, à plusieurs lieux de Lomé, notamment à Kinshasa, le quotidien Le Potentiel évoque « l’indécrottable dictateur », Gnassingbé Eyadéma, dans ces termes :

« Togo : la Constitution amendée. A la demande du chef de l’Etat, le général Gnassingbé Eyadema, les députés togolais viennent de modifier l’article 59 de la Constitution de leur pays. Cette modification va permettre au président Eyadema, dont le mandat expire cette année, de briguer d’autres mandats à la tête du pays.Il convient de noter que l’actuelle Eyadema, les députés togolais viennent de modifier l’article 59 de la Constitution de leur pays. Cette modification va permettre au président Eyadema, dont le mandat expire cette année, de briguer d’autres mandats à la tête du pays.(...) Telle Constitution du Togo a été mise en vigueur en 1992 après que le pays ait abandonné le système de parti unique. Au pouvoir depuis 1967, le président Eyadema a déjà été élu deux fois depuis l’amorce de la démocratisation dans son pays.

Avant sa modification, l’article 59 stipulait que le président de la République n’est éligible que deux fois. Et conformément à cette disposition, le président Eyadema devait se retirer définitivement du pouvoir au courant de cette année.

Il y a quelques mois, interrogé par un journaliste français pour connaître sa position sur son éventuel retrait du pouvoir, le président togolais a déclaré : “ Je ne suis pas politicien. Mais je suis militaire et ma parole m’engage. Je ne peux pas demander aux députés de modifier la constitution afin de me permettre de briguer un autre mandat, sinon on va m’accuser de chercher à m’éterniser au pouvoir. En 2003, à la fin de mon second mandat, je quitterai le pouvoir et les Togolais auront à se choisir librement un nouveau chef de l’Etat ”.

Ce qui vient de se passer au Togo a surpris tous les observateurs attentifs. L’acte posé par les députés de ce pays n’honore pas le Togo. Au moment où certains pays tels que le Kenya, la Zambie se distinguent pour l’instauration des régimes démocratiques, respectueux des droits et libertés, le Togo perpétue les manières autocratiques. Cette modification de la constitution prouve à suffisance que le président Eyadema refuse toute alternance.

Il n’a pas le droit de régner à vie sur le peuple togolais et il doit savoir que seule la démocratie peut conduire au développement. M.B. ( Le potentiel du 3 janvier 2003, paraissant à Kinshasa/RDC)

Au lendemain du coup de force constitutionnel, la première réaction est à mettre au crédit d’un journal kenyan qui n’hésita pas à qualifier Eyadéma de « honte pour l’Afrique » (Cf AFP du 1 janvier 2003)

En effet, après The Daily Nation, c’est au tour du Kenya Standard, de faire remarquer que le Togo régresse dangeureusement. Sous le titre : « as Kenya is reborn, Togo slides to autocraty” (Kenya Standard, 3 janvier 2003). L’auteur nous informe : « As the people of Kenya are celebrating the democratic change oprated through ballots, the tiny Republic of Togo is experiencing another setback : a constitutional amendment approved by the parliament, on December 30, 2002, enables the country’s president to seek reelection as often as he wishes...He is Gnassingbe Eyadema , now Togo’s life president . Eyadema, who all Togolese born after 1966 have known as the only president, was cleared on the same Monday ? Kenya’s red latter day ? by parliament to cling on to power for life through a change of law that would have seen the tyrant retire next year. The law was introduced through democracy pressure from international donors. This was indeed a blow to Africa’s hope to fully democratize and discard the murky blood of autocracy.

Eyadema is a man who has ruled as the a typical African Big Man after seizing power in the West African country in 1967 through a coup. He has cheated several attempts to kill him.

Thriving as a Cold War ally of the West, Eyadema has in the past crushed or played off his opponents if pushed to swallow the democracy pill which seems too bitter for him.

It is said in the streets of Lome that the history of Togo starts with Gnassignbe and ends with Eyadema. In Togo, there are Eyadema primary and secondary schools, Eyadema universities, Eyadema hospitals, Eyadema streets. Everything is Eyadema and Eyadema is everything.”

La seule note discordante vient de Francois Soudan qui, dans Jeune Afrique (12 janvier 2003) met à nouveau sa plume mercantile au service du despote togolais. Selon cet écrivaillon, Gnassingbé Eyadéma est un homme indispensable et une aubaine pour le Togo, car « en face de lui, si vous écartez les amateurs et ceux qui ne sont mus que par une vendetta personnelle, c’est le néant ». Cet article nous fournit une preuve supplémentaire du journalisme alimentaire pratiqué par le rédacteur en chef de « Jeune Afrique l’inintelligent », François Soudan.

La rédaction ufctogo.com

 

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