BCEAO

Retrait des anciens billets en francs CFA en Afrique occidentale

par Le Point (France) , le 9 septembre 2004, publié sur ufctogo.com

Face à la multiplication des faux billets, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) change ses francs CFA.

 

En Afrique de l’Ouest, la nouvelle a fait l’effet d’une douche froide. Le 1er décembre, [Ndlr : la date a été repoussée au 1er janvier 2005] les habitants des huit pays de la zone franc (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) devront avoir vidé leurs coffres et lessiveuses des 600 millions de billets actuellement en circulation. En contrepartie des francs CFA, les agences de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) leur remettront une nouvelle série de billets neufs. A la condition que les détenteurs de grosses valises puissent justifier de leur provenance...

Enjeu de l’opération : assécher l’Afrique de l’Ouest de ces milliards de francs CFA mal acquis. Ces quinze dernières années ont vu la multiplication des faux billets et une augmentation phénoménale de l’argent sale (trafic de drogue, d’armes). En 2002, de fausses coupures de « tais-toi », selon le nom donné aux billets de 10 000 francs CFA (15,25 euros), étaient apparues dans plusieurs pays... et en France, dans les milieux de l’émigration africaine. Imitant parfaitement les vraies coupures (fabriquées par la Banque de France), elles avaient été imprimées en Turquie et en Slovénie, obligeant en 2003 la BCEAO à les retirer.

La rébellion mise à sec

Si l’Afrique de l’Ouest n’est pas seule concernée par l’argent sale, la région présente un cas particulier : 40 % de la masse monétaire de la zone provient de la Côte d’Ivoire, pays hier florissant. Ainsi des « casses » à répétition dans les locaux de la BCEAO, en 2001 et 2002 à Abidjan, puis en septembre 2003 et août dernier à Bouaké et Korogho, dans ce Nord tenu par les rebelles, ont incontestablement joué un rôle sur les événements. Le vol d’août 2002 à Abidjan (3 milliards de francs CFA, soit 4,57 millions d’euros) a eu lieu quelques jours avant l’éclatement de la rébellion. Ce fut le moyen pour les mutins de se constituer un trésor de guerre. Une partie d’entre eux récidivent un an plus tard, lors du cambriolage de la BCEAO de Bouaké (18 milliards de francs CFA disparaissent, soit 26 millions d’euros). Quatre soldats français de garde récupèrent un sac de billets perdu par les voleurs. Ils se feront prendre en tentant d’écouler leur butin à Abidjan.

Le changement de billets va donc priver la rébellion de ses fonds, car les coupures ne pourront pas être échangées dans la zone nord, qu’elle contrôle. Mais le pouvoir ivoirien, soupçonné d’avoir conservé l’argent du cacao pour acheter des armes, risque, lui aussi, d’être pénalisé.

Mireille Duteil - Le Point - Visiter le site



































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