Communiqué

Réponse de l’UFC au communiqué du Collège des Facilitateurs du 1er février 2000

par UFC , le 6 février 2000, publié sur ufctogo.com

 

L’Union des Forces de Changement (UFC) a pris connaissance du communiqué du Collège des Facilitateurs, rendu public le mardi 1er février 2000 à l’issue de sa mission à Lomé.

Ce communiqué par lequel les Facilitateurs " entendent dénoncer solennellement l’attitude de l’UFC, du CAR et de la CDPA, qui en refusant la table des négociations n’offrent aucune alternative au règlement de la présente crise et remettent en cause le principe même du dialogue engagé il y a un an ", repose sur plusieurs inexactitudes qu’il convient, d’abord et avant tout, de relever.

1- Aucune disposition relative à la Conférence des Présidents ne figure au règlement intérieur du Comité Paritaire de Suivi (CPS). C’est donc à tort que la Facilitation invoque le règlement intérieur pour justifier la convocation abrupte et inopportune de la Conférence des Présidents qui n’est qu’un organe informel de consultation sans aucun pouvoir de décision.

2- Le " principe de ne quitter le CPS sous aucun motif " n’a jamais été retenu par le CPS. Lorsqu’il a été proposé, le 3 novembre 1999 en présence des Facilitateurs, par le Président du PDR, l’UFC a objecté qu’elle trouvait inappropriée et inacceptable une proposition destinée à obliger une partie à des négociations, à se dessaisir d’un élément de la panoplie de possibilités de négociation dont elle dispose.

3- Le CPS n’a jamais mandaté de représentants auprès de la Commission de lois de " l’Assemblée Nationale " pour aborder et encore moins discuter d’éventuels problèmes de fonds qu’évoquerait " l’Assemblée Nationale " au sujet du projet de loi portant Code Electoral.

4- L’UFC n’a jamais "refusé la table des négociations" en présence des Facilitateurs afin de lever le blocage actuel. Elle l’a fait savoir aussi bien à M. REISCH lors de la rencontre informelle du lundi 24 janvier 2000, qu’à la Facilitation dans la lettre qu’elle lui a adressée le 31 janvier 2000.

5- La Facilitation affirme n’avoir pris connaissance de "la version définitive" du projet de loi portant Code Electoral, que le 31 janvier 2000. De quelle version du Code Electoral la Facilitation a t-elle alors démandée, avant son revirement actuel, l’adoption en l’état ? Si cette affirmation est vraie, à qui voudrait-elle faire porter la responsabilité de cette grave négligence ?

L’UFC voudrait ensuite, après ces préliminaires, rappeler que dans une correspondance adressée le 14 janvier 2000, au Président de " l’Assemblée Nationale ", M. Agbéyomé Messan KODJO, le Collège des Facilitateurs a écrit :

- " La délégation de la Mouvance présidentielle, constituée de certains membres du gouvernement et d’élus de l’Assemblée nationale, avait indiqué à plusieurs reprises, que les textes élaborés consensuellement par le CPS seraient adoptés en l’état par votre assemblée. "

- " Les Facilitateurs vous prient de bien vouloir tout mettre en œuvre pour que le projet de loi portant Code Electoral soit adopté le plus rapidement possible, à l’occasion d’une session extraordinaire de votre assemblée "

L’UFC constate que la position exprimée ci-dessus est en contradiction flagrante avec la nouvelle attitude de la Facilitation, consistant à présenter à l’Assemblée Nationale pour adoption, une rédaction revue et corrigée des 3 articles du même Code Electoral dont elle a demandé, deux semaines plus tôt, l’adoption en l’état.

L’UFC estime que c’est cette contradiction grave et inexplicable qui est à l’origine des nombreuses inexactitudes contenues dans le communiqué du Collège des Facilitateurs et de la violence des accusations infondées, proférées à l’endroit des partis indexés par ce communiqué.

L’UFC déplore que l’incapacité de la Facilitation à affronter les stratégies mises en œuvre par le RPT pour se soustraire à ses engagements, se traduise par une agressivité inconvenante à l’égard de l’UFC, du CAR et de la CDPA, dont la vigilance face aux manœuvres du RPT, devrait l’aider à mettre en échec ces manœuvres, en remédiant à sa méconnaissance du terrain.

L’UFC regrette que le Collège des Facilitateurs ait choisi, face à cette situation, de la présenter, avec deux autres partis, comme responsable de la persistance du blocage alors qu’il connaît très bien les véritables responsables du blocage et leurs complices.

L’UFC affirme que l’impartialité proclamée du Collège des Facilitateurs ne devrait pas consister à obliger, en permanence, en cas de blocage, l’opposition à faire des concessions au RPT. Chaque fois que le RPT refuse de respecter ses engagements, le Collège des Facilitateurs devrait être en mesure de le lui faire remarquer, de le faire savoir et d’user des prérogatives dont il est investi pour l’amener à les honorer.

L’UFC considère comme inacceptable et incompréhensible, l’envoi par la Facilitation à l’Assemblée Nationale, d’amendements qui n’ont pas reçu l’approbation des partis qu’elle "entend dénoncer solennellement ". Cet acte viole les principes de consensus et de parité que le Collège des Facilitateurs devrait veiller à faire appliquer au sein du CPS dont il est, lui-même, membre.

La Facilitation devrait prendre garde de poser des actes qui font d’elle, aux yeux de l’opinion nationale et internationale, l’allié objectif de la Mouvance présidentielle dont le Collège des Facilitateurs ne peut ignorer qu’elle est et demeure l’unique responsable de la crise togolaise

L’UFC déclare solennellement qu’elle ne cautionnera jamais aucun acte permettant une remise en cause par l’actuelle Assemblée RPT, monocolore et illégitime, des textes adoptés par consensus au CPS.

L’UFC déclare solennellement qu’elle ne cautionnera jamais les manœuvres tendant à permettre au chef de l’Etat de violer l’Accord-cadre de Lomé. Elle exige en conséquence que le chef de l’Etat procède à la dissolution de " l’Assemblée Nationale " en mars 2000, comme il s’y est engagé.

L’UFC déclare solennellement qu’elle restera toujours aux côtés du Peuple togolais.

L’UFC exhorte le Peuple togolais à la vigilance face aux manœuvres de diversion et de déstabilisation, d’où qu’elles viennent.

Fait à Lomé, le 2 février 2000

Pour le Bureau National,
Le Premier Vice-Président,
Emmanuel AKITANI BOB.

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