Communiqué

Réponse de l’UFC à la lettre des facilitateurs du 10 Septembre 1999

par UFC , le 13 septembre 1999, publié sur ufctogo.com

 

Lomé, le 13 Septembre 1999

A leurs Excellences Messieurs
Moustapha NIASSE
Georg REISCH
Bernard STASI
Paul VON STULPNAGEL
Facilitateurs pour les Négociations Intertogolaises.

Excellences Messieurs les Facilitateurs,

Nous accusons bonne réception de votre lettre du 10 Septembre 1999 et vous prions de trouver ci-après les remarques qu’elle appelle de notre part.

Afin d’être assurés de l’origine des lettres qui nous sont adressées par les Facilitateurs, nous souhaiterions que ces lettres portent également la signature des Facilitateurs et non pas seulement les noms.

Nous avons répondu à votre lettre du 3 Septembre 1999 parce qu’elle nous a été adressée. Notre position est clairement exprimée dans cette réponse. Nous ne voyons d’ailleurs pas comment le CPS pourrait formuler par consensus des positions qui se combattent, et qu’il y a rupture du dialogue entre les partis membres du CPS. C’est pourquoi nous ne voyons pas comment il serait possible de vous communiquer dans un seul document les thèses en présence, comme si les travaux se poursuivaient.

Nous voudrions vous rappeler qu’aucune disposition des règles de fonctionnement du CPS n’organise la solution des cas de rupture du dialogue.

Le ton de votre lettre du 10 Septembre 1999 est inacceptable. Les Facilitateurs ne sont pas en mesure d’adresser des admonestations à qui que ce soit. En tout cas pas à l’ UFC. S’agissant des intérêts du Peuple togolais que nous avons le devoir de défendre farouchement, nous n’acceptons ni admonestation, ni réprimande, d’où qu’elles viennent, fussent elles solennelles.

Nous vous avons déjà eu à regretter, notamment dans notre allocution de clôture du dialogue intertogolais, prononcée par Emmanuel AKITANI BOB le 29 Juillet dernier, votre manière de concevoir votre mission, qui consiste à exercer des pressions sur l’opposition pour la pousser à abandonner ses positions justes que conteste le RPT. De sorte que le régime qui a commis les actes graves qui sont à la base de la crise togolaises finit toujours par avoir gain de cause. C’est cette attitude qui est à l’origine de l’escamotage de la question du contentieux du 21 Juin 1998 lors des discussions.

Nous ne pouvons accepter qu’après ce traitement réservé par le Dialogue au contentieux de l’élection présidentielle du 21 Juin 1998, vous cherchez encore à nous contraindre d’adopter des positions qui, à notre sens, ruineraient nos efforts pour obtenir l’équité et la transparence dans les prochaines élections.

C’est également le lieu de rappeler que les propos de Monsieur AYEVA n’engagent que lui-même et qu’en aucun cas il ne peut prétendre parler au nom de l’opposition, encore moins combler l’ absence de parité qui pourtant est la règle élémentaire qui régit le CPS. Du reste, il a pris ses responsabilités devant le peuple et devant l’histoire.

S’agissant donc de l’amélioration du processus électoral, les travaux du CPS sont avancés. Vous avez été informé que plusieurs points importants dont le découpage électoral, sont litigieux et ont déjà été réservés.

Les discussions concernant la CENI butent actuellement, comme vous le savez, sur la désignation de l’organe qui sera chargé de la proclamation des résultats. La position de l’opposition est très claire. La Cour Constitutionnelle est disqualifiée pour être chargée d’une tâche aussi importante, parce qu’elle a commis une forfaiture grave lors de l ’élection présidentielle du 21 Juin 1998. Nous vous prions de vous reporter pour votre information, au rapport publié par l’ ONG ERIS qui a été mandatée par l’ UE pour assurer l’observation de cette élection ainsi qu’au dernier rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) sur le Togo intitulé : " Togo des pratiques totalitaires ".

Nous vous avons déjà eu à regretter, lors des législatives de Février 1994, la chambre judiciaire de la Cour Suprême inféodée également au régime, avait invalidé injustement des sièges des partis de l’opposition.

Il est temps pour vous de vous pencher sérieusement sur le règlement des points litigieux qui ne peuvent être trop longtemps réservés. Il faut maintenant trancher et renouer le fil du dialogue.

Nous trouvons complaisant de votre part d’invoquer à l’appui de votre attitude, l’intérêt de nos populations qu’en toute humilité nous pensons connaître mieux que vous. Notre victoire du 21 Juin 1998 témoigne de la confiance qu’elles nous font. Gardez-vous donc de nous rappeler ce qu’elles attendent de nous, comme semble le faire le RPT qui pourtant est vomi par les togolais dans leur large majorité. Nous voudrions vous informer que contrairement à la classe politique togolaise, nos populations sont très sceptiques à l’égard de l’ Accord-Cadre de Lomé.

Votre lettre ayant été rendue publique, nous nous trouvons dans l’obligation de rendre la présente réponse publique, de même que toutes les autres lettres que nous avons eues à vous adresser.

Veuillez agréer, Messieurs les Facilitateurs, l’assurance de notre considération distinguée.

Pour le Bureau National,
Le Premier Vice-Président
AKITANI BOB Emmanuel

U. F. C. UNION DES FORCES DE CHANGEMENT
59 rue Koudadzé Lomnava
B.P. 62168Tel/Fax. 21 33 32 Lomé

 

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