Droits de l’homme

Rapport sur les événements survenus dans le canton de Lavié

par Le Comité Villageois pour Développement (Lavié, Togo) , le 10 juillet 2003, publié sur ufctogo.com

Le canton de LAVIE est situé à 12 km au nord de Kpalimé dans la préfecture de Kloto. Il compte trois (03) villages à savoir Huimé, Afédomé et Agoviéfé.

 

Le samedi 21/06/03 vers 20 heures alors que les villageois s’apprêtaient à regagner leur couches afin de se remettre de la fatigue de la journée, un événement insolite et déplorable arriva. Des militaires munis d’armes et de gourdins débarquèrent dans le village à bord d’une voiture de marque Peugeot 404 bâchée. Ils se mirent à battre les habitants sans motif apparent :la cause réelle serait d’après certains de ces militaires le mauvais score du Général président Eyadéma dans le canton lors des élections présidentielle , il y a obtenu 43 voix sur plus de 3000 votants, ces représailles étaient annoncées, certains évoque d’autres causes telles que la présence des données informatiques compromettantes de la CENI dans le Canton .

Il faut rappeler que depuis le 06/06/03 des rumeurs circulaient sur une éventuelle descente des militaires dans le village pour casser les maisons et détruire les biens des personnes supposées appartenir à l’opposition surtout ceux de l’UFC et du PFC. Il est à signaler aussi que juste après les élections présidentielles du 1er /06/03, deux (02) fils du président GNASSINGBE Eyadéma, Ernest GNASSINGBE commandant du camp militaire Landja à Kara dans la préfecture de la Kozah et un autre, ont séjourné pendant deux (02) semaines avec d’autres militaires à Lavié. Ernest a logé chez monsieur AMOUZOU Seth Afédomé et le second chez monsieur EHO à Agoviéfé.

Ce samedi fut donc le jour où les villageois surent à leurs dépens que les menaces qui pèsent sur le village étaient réelles. Cette nuit plusieurs personnes ont été sauvagement battues et blessées.
A Huimé Monsieur AGBELI Akè (frère du chef du canton de Lavié) dont la maison est à 10 mètres de celle du chef du canton, a vu sa porte défoncée alors qu’il s’apprêtait à se coucher. Il a été battu et s’en est sorti avec un genou blessé. Monsieur BIAKU kwami Richard (chef de famille ,70 ans) a été aussi battu. Toujours à Huimé un vieillard a été tabassé et un autre qui était venu plaider en sa faveur le fut également. A Afédomé un sourd-muet a été sauvagement battu et grièvement blessé. Un groupe de choriste fut battu à la sortie de leur répétition. Monsieur Gbogbotsi Koudjo a subi le même sort.

La surprise était telle que la réaction des villageois fut lente à venir. Vers 21 heures 30 minutes ceux-ci sortirent les uns avec des machettes d’autres avec des cailloux et des bâtons pour repousser les agresseurs. Une trentaine de minute après cette mobilisation les militaires s’éclipsèrent.

Le lendemain 22/06/03 les villageois se sont rendus chez les chefs de village pour protester contre cette agression sauvage et barbare dont ils ont été victime. Les chefs y compris le chef du canton ont déclaré n’avoir été prévenus ni d’un couvre-feu ni de quoi que ce soit. 

Le lundi 23/06/03 délégation composée des chefs et de quelques villageois se rendit à la préfecture dans la ville de Kpalimé pour avoir une explication sur les évènements de la nuit du samedi 21/06/03. Le Préfet affirme ne rien savoir d’une telle descente et dit n’être au courant de rien. Il promit alors de se renseigner mais l’affaire restera là.

Cet acte ignoble et lâche qui est une expression de la terreur dans laquelle vie la population togolaise n’est qu’un des aspects des répressions dont fait l’objet cette population. Le cas de Lavié n’est pas le seul. Des évènements de ce genre se sont produits à Agou, dans le canton de Kouma et à Adéta.

C’est le lieu de rappeler que le régime de Eyadema en place depuis 1967 est un régime de terreur où le droit le plus élémentaire de la personne humaine est bafoué. La démocratie tant souhaitée par le peuple togolais se dissipe tels des nuages chassés par un grand vent.
" Le vent de la dictature chasse l’espoir des togolais, celui de vivre dans un pays où règne effectivement la paix et non la terreur, où l’on peut s’exprimer libre sans craindre des représailles et où l’avis du togolais sera enfin pris en compte au moment des programmes de société des gouvernants."

Le Comité Villageois pour Développement (Lavié, Togo)

 

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