Liberté des médias

Radio Tropik FM bâillonnée

par Le Togolais , le 2 mars 2003, publié sur ufctogo.com

 

La radio Tropik FM n’émet plus depuis le 28 février 2003 à Lomé. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) vient d’adresser une mise en demeure à la direction de cette radio pour qu’elle mette fin « à toutes les émissions jusqu’à nouvel ordre ».

La motivation de cette décision reste énigmatique. Le signataire de l’injonction, M. Georges Combévi Agbodjan, s’est juste contenté de citer des articles superflus d’une loi injuste pour masquer la véritable intention du pouvoir qui est d’empêcher la presse indépendante de faire objectivement son travail d’information. Personne ne doute pourtant que la décision vienne « d’en haut », c’est-à-dire du dictateur Eyadéma. Ces derniers temps, de plus en plus de journalistes sont emprisonnés ou inquiétés pour leurs écrits, les journaux sont saisis, les pressions sont directes sur les rédactions les plus critiques des turpitudes du régime. Il serait reproché à la direction de Tropik FM de faire des émissions pluralistes donnant également la parole à l’opposition. L’émission incriminée est le « forum civique et politique » programmée tous les samedis matin à partir de 8 heures 15.

Le jeudi 27 février 2003, le Directeur de cette radio, M. Biki Miskine, a été urgemment convoqué à Lomé2 par le président Eyadema, lui-même, qui ne supporte plus que la direction de Tropik FM fasse la part belle à l’opposition dans ses émissions. En présence des confrères journalistes inféodés au pouvoir, des autorités militaires, des ministres du gouvernement et du Président de la HAAC, le président de la République a ouvertement demandé que cette radio soit fermée. Cette sommation et volonté du prince ont été mises à exécution dans la soirée. C’est par une lettre adressée à la radio que le HAAC lui a ordonné de mettre fin à ses émissions, sans avoir motivé cette décision. Conséquence, l’émission qui était programmée le samedi 22 février 2003, concernant un débat sur la participation ou non-participation aux prochaines élections présidentielles, n’a pas eu lieu.

Rappelons que Radio Victoire, émettant également à Lomé, a été fermée dans les mêmes conditions le 6 février 2002 par lettre de la HAAC. La direction n’a plus jamais revu son matériel emporté par les autorités de tutelles. Le personnel de Tropik FM attend dans l’inquiétude la suite de cette interruption injustifiée, il semblerait que le pouvoir ne revienne pas sur cette mise en demeure à l’approche du scrutin présidentiel crucial. C’est pourtant une radio commerciale qui émet en modulation de fréquence (93.1Mhz) depuis décembre 1995 à Lomé et ses environs. Elle est la propriété de la famille Joseph Koffigoh, ancien Premier Ministre et Ministre d’Eyadema, qui a trahi le rêve de liberté de ses compatriotes, du temps de la conférence nationale en 1991, en s’alliant avec armes et bagages au bourreau des Togolais. Est-ce un retour du bâton ?

Eyadéma veut faire taire tout les média pour ne pas donner d’écho à la vaste supercherie qu’est son semblant d’élection à vie à la tête du Togo.

Le Togolais

 

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