Liberté de la presse

RFI : les difficultés d`informer sur le continent africain

par AFP , le 25 octobre 2003, publié sur ufctogo.com

L’expulsion du Sénégal de la correspondante de Radio France Internationale, Sophie Malibeaux, annoncée jeudi soir, deux jours après l’assassinat du journaliste Jean Hélène de RFI en Côte d’Ivoire, témoigne de la nette aggravation des difficultés d’informer sur le continent africain.

 

Le 7 octobre, le gouvernement sénégalais avait annoncé sa décision d’expulser Sophie Malibeaux car il lui reprochait une couverture "tendancieuse" des discussions en cours à Ziguinchor, en Casamance (sud), une région en proie a une rébellion indépendantiste depuis plus de vingt ans.

Mais la décision de l’expulser avait été suspendue, à quelques minutes de son départ pour Paris.

"Le directeur général adjoint aux antennes et à l’information de RFI, Gilles Schneider, s’est rendu à Dakar du 20 au 22 octobre pour convaincre les plus hautes autorités sénégalaises de revenir sur leur décision d’expulser Sophie Malibeaux", mais "cette série d’entretiens n’a pas permis de lever cette mesure", affirme RFI.

La direction "déplore que (sa correspondante) soit obligée de quitter le territoire sénégalais". Elle "conteste cette mesure et réaffirme sa confiance à Sophie Malibeaux".

Cette expulsion a lieu après l’assassinat de Jean Hélène, le 21 octobre au soir par un policier, dans Abidjan.

Cet assassinat d’un journaliste impartial, qui a provoqué colère et indignation en Afrique et en France, intervient dans un climat de haine entretenu vis-à-vis des médias en Côte d’Ivoire.

Dans beaucoup de pays du continent, informer devient de plus en plus difficile dans le mesure où l’activité journalistique est de moins en moins respectée.

"Dans les conflits menés par des groupes de plus en plus éclatés, la vie des journalistes pèse de moins en moins aux yeux des combattants, comme au Liberia", observe Jean-François Julliard, responsable Afrique de Reporters sans frontières (RSF).

En Côte d’Ivoire, "la situation de la presse se dégrade considérablement. Les medias locaux désertent le terrain de l’information au profit de commentaires et d’éditoriaux partisans", note RSF. Menaces, agressions, arrestations constituent le quotidien de ceux qui poursuivent leur mission d’informer.

En République démocratique du Congo (RDC), l’est, tenu par les rebelles "reste une zone de non-droit", note RSF.

L’Erythrée, petit pays de 3 millions d’habitants, a le triste privilège de battre tous les records : 15 journalistes sont emprisonnés.

Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe a étouffé la presse libre et a expulsé les correspondants étrangers.

Au Togo, en Mauritanie, en Algérie, au Soudan, les journalistes sont intimidés en étant convoqués après un article déplaisant au pouvoir.

En Algérie, des envoyés spéciaux de télévisions étrangères ont été expulsés. En Somalie, journalistes locaux comme étrangers, sont exposés au racket et aux enlèvements.

Au Maroc, des journalistes sont emprisonnés pour des articles relatifs à la monarchie ou au Sahara occidental.

Au Burkina Faso, un journaliste qui critiquait le pouvoir, Norbert Zongo a été retrouvé assassiné en décembre 1999. L’enquête de la justice n’a toujours pas abouti.

Le Sénégal, qui, jusque là, faisait figure de modèle démocratique en Afrique, vient de rejoindre jeudi soir le "club" des pays où le métier d’informer est de plus en plus difficile.

AFP

 

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