Alternative

Quelle démocratie voudrons-nous au Togo ?

par Lionel M. Akpabie , le 28 novembre 2007, publié sur ufctogo.com

 

Les bases sur lesquelles l’UFC a été créée sont diamétralement opposées à celles du RPT. Le RPT est né sur le mensonge, la corruption, la violence, et le déni de liberté aux Togolais. Pour le RPT, la démocratie est une contrainte, un frein à leur pouvoir corrompu.
Par contre pour l’UFC, la politique est avant tout la liberté. Cette liberté est liée à la démocratie qui signifie le libre choix de notre peuple.

Si la finalité pour l’UFC en politique c’est le bien être de notre peuple. Par contre le clan Gnassingbé est prêt à tout pour conserver ses frauduleux acquis aux dépens du peuple.
Si l’union en politique doit se faire sur des bases claires, posons-nous maintenant la question de savoir sur quelles bases l’UFC va rentrer dans un gouvernement de Faure Gnassingbé ?

Pour répondre avant tout à cette question, il nous faudra définir la démocratie. Le socle de la démocratie est le libre choix du peuple. Dans une démocratie, la majorité gouverne et la minorité joue son role de contre pouvoir. Pourquoi voulons-nous mettre la majorité et la minorité ensemble ? Serait-on toujours dans une démocratie ou voulons nous éterniser les pratiques du parti unique ? Quel dessein cela va servir ? Ou se trouvera le garde fou ? Si nous voulons le parti unique au Togo, pourquoi cette lutte et ces sacrifices de notre peuple ? Comme le RPT estime avoir gagné les élections, qu’il gouverne. Au parlement, l’UFC doit délibérer et contrôler. Sinon c’est la démocratie qui vient à boitiller, à souffrir et enfin à tomber. Ce sera une parodie de démocratie et c’est le dessein du RPT.

Il est incompréhensible que des individus, aussi bien intentionnés qu’ils pourraient l’être, se permettent de dire que « faire alliance contre le RPT revient à opposer le Nord contre le Sud. » C’était ce genre de discours qui nous a été tenu en 89-90 par les tenants de la dictature et contre lequel le FAR et le COD sous l’impulsion populaire, ont refusé, du moins en apparence l’idée du « pluralisme au sein du parti unique » qui nous était proposée. On constate tristement aujourd’hui que c’était de l’illusion pour la plupart d’entre nous qui pensaient que ces dirigeants du FAR et du COD d’alors partageaient la même conviction pour la démocratie au Togo. Des propos comme tels ne sont pas de nature à poser les jalons qui favoriseront les bases d’une nation équitable ou à proscrire éventuellement contre les faiblesses et les crises en période de tentation comme ce fut le cas au Rwanda ou en Cote d’Ivoire. Ce n’est pas ainsi qu’on épuisera le déficit démocratique au Togo. Il nous faut dénoncer cette manière impudente de diviser les Togolais pour quelques mois au gouvernement.

Nous pouvons être utile en politique sans cette promiscuité avec le RPT ou cette stratégie machiavélique de légitimation de l’ethnocentrisme au Togo. Dans cette lutte de libération que notre peuple mène depuis plusieurs décennies, il est clair que quelques mois passés par certains dans un gouvernement ne peuvent changer le cours des choses.

L’image que nous donnent certains dirigeants au Togo est profondément répugnante et mérite mépris. On aurait cru que certains d’entre eux tireraient toutes les conséquences du peu d’intérêts qu’ils ont reçu des électeurs lors des législatives 2007. Le peuple Togolais a déjà averti qu’il y a un risque à être dans le moulage avec le RPT.

L’Honnêteté politique, une exigence minimale.

L’UFC vient de démontrer encore une fois qu’en Afrique on peut faire la politique autrement avec dignité, intégrité et courage. Elle sait que devenir un caniche pour le RPT est un péril qu’il faut éviter pour réellement conquérir la démocratie au Togo.
Si l’UFC devrait prendre part à ce gouvernement, elle devrait expliquer au peuple de façon claire et nette les bases sur lesquelles elle s’est fondée.

Les résultats, ceux véritablement issus des urnes, peuvent nous faire comprendre qu’un rôle historique incombe à l’UFC, celui de tracer le chemin pour sortir notre Denyigba de l’ornière.
Dire non à cette supercherie politique des Gnassingbé est du courage et de l’honnêteté politique.

La lutte doit continuer sous de nouvelles impulsions et dynamiques.

Il faut donc réfléchir aux conditions qui rendront possible une relance générale de la lutte pour la démocratie au Togo, ceci de l’intérieur de l’UFC, de sa force intrinsèque et de ses valeurs. Il est indispensable que l’UFC remette en place une nouvelle dynamique qui ne doit plus souffrir de la souillure de partis politiques dont les dirigeants ont une lecture purement lucrative de la démocratie qui a finalement contribué à jeter le pays dans les bras des Gnassingbé depuis des décennies. Le RPT n’a pas tué et envoyé en exil des milliers de Togolais pour tout d’un coup retrouver un certain humanisme. Rien ne sera issu de cette fameuse ouverture que proclame la bande à Fraude Gnassingbé. Pour preuve, les manipulations des législatives et les violations lors des élections du bureau de l’assemblée nationale sont des signes avant-coureurs que ce régime n’a aucune volonté d’accepter le jeu démocratique. « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté, » disait Kant. Avec la violation dès le premier jour du règlement intérieur par le RPT, ce parti démontre qu’il n’est toujours pas au stade du respect des lois.

La nouvelle dynamique, pour être porteuse d’espoir, doit se faire avec des hommes et des femmes qui partagent et défendent sans aucune hésitation les valeurs portées par l’UFC et aussi à partir de leur savoir ou de leur compétence. L’UFC doit inscrire cette refondation, et d’autres encore, dans une dynamique, qui permettra à notre pays de sortir de l’état désastreux dans lequel on ne cesse de l’y enfoncer par des choix funestes porteurs de tragédie pour notre peuple.

Finalement, l’UFC doit être au parlement pour agir au nom même des populations du Togo, qui du Nord au Sud, ont massivement accordé leurs suffrages à notre formation. Nous sommes le parti du changement, nous sommes le parti de la réforme et nous devons continuer pour que ce changement soit une réalité dans la vie de notre nation. Nous serons au parlement pour montrer le sens même de la politique, de notre politique, faire bénéficier à tous les togolais les retombées de l’action des pouvoirs publics. Notre présence au sein du parlement est une occasion unique de donner un avant-goût de la démocratie tant attendue par nos concitoyens, d’opérer une véritable rupture et offrir une alternative au mensonge, à la division sociale, à la gabegie.

L’UFC portera une politique différente de celle qu’on invoque juste pour caresser les Togolais dans le sens du poil… le temps d’un passage au gouvernement.

L’UFC reste consciente des enjeux des Togolais. Ils ne sont ni du Nord ni du Sud. Ils sont communs à notre Nation. La meilleure façon pour l’UFC de servir ces enjeux est de ne pas être dans ce gouvernement mais plutôt au parlement pour une confrontation démocratique, à défendre nos valeurs, à demander des comptes, à faire des propositions, et à offrir une alternative. C’est la règle en démocratie.

Lionel M. Akpabie

 

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