Presse

Quel Gouvernement pour notre pays ? Gouvernement de partage d’un gâteau ou Gouvernement de mission

par Le Changement (Togo) , le 7 septembre 2006, publié sur ufctogo.com

 

Au lendemain de la signature de l’accord politique de base, il y a eu de nombreuses déclarations. En dehors de quelques voix dissidentes, l’ensemble des commentateurs ont apprécié le travail accompli. Depuis la signature de l’Accord politique global, les commentaires se sont plutôt focalisés sur la désignation du Premier Ministre. Il s’agissait de savoir le type de Premier Ministre à nommer.

La question est diversement appréciée par les acteurs politiques et suscite des débats au sein des populations.

Pour certains partis politiques, le choix du pilote du gouvernement en perspective doit être avant tout inspiré par le souci d’apaisement de ceux qui ont le plus souffert le long du processus démocratique ; cette conception est celle que défend le parti de Gilchrist Olympio, l’UFC. Selon Liberté Hebdo dans sa parution n° 115 du 30 août 2006, qui a eu un entretien avec la cellule de communication de l’UFC : ‘’ Sur le plan politique électoral, ceux qui ont le plus souffert, ce sont les militants de l’opposition et singulièrement de l’UFC. En 1998, 2003 puis 2005, que d’hommes n’avons-nous perdus, ... ? que d’argent perdu ? ... des élections que nous avions gagnées sans jamais accéder au pouvoir ... si réellement on veut aller à la réconciliation, peut-on encore feindre et faire comme si de rien n’était ?’’.

Pour d’autres formations politiques, la personnalité habilitée à diriger le gouvernement devrait être un grand gestionnaire qui connaisse les rouages de l’administration et qui est capable de redresser l’économie. Cette perception ressort du n° 001 Courrier de la république : « Dans l’euphorie de la conférence Nationale, un novice des questions administratives a été fait Premier Ministre... Aujourd’hui, il faut être vigilant car ne doit pas être Premier Ministre qui le veut, mais qui peut refaire ce Togo dans un état de déliquescence avancé ». Dans le même ordre d’idée, le Combat du Peuple dans son n° 565 du 04 septembre 2006 souligne que « Faure Gnassingbé qui a l’esprit de discernement sait qui il peut choisir pour redresser l’économie de notre pays. ... Comment redresser l’économie togolaise en totale déconfiture ? Qui peut être à même de redresser cette courbe qui, depuis 1993 va decrescendo ? Voilà autant de préoccupations des Togolais aujourd’hui ».

Pour M. Akpotsui de l’Initiative et Développement (ID) le profil du Gouvernement d’Union Nationale dépend de la feuille de route définie par l’Accord politique global. Selon le leader de l’ID, c’est un Gouvernement exceptionnel auquel est assigné la mission spéciale d’organiser dans le cadre de l’application des 22 engagements et de l’Accord politique global, des élections régulières, libres et transparentes.

Ce gouvernement selon ce leader doit s’inscrire dans le prolongement du dialogue national. On trahirait la lettre et l’esprit de la feuille de route en cherchant à faire de ce gouvernement une occasion de partage d’un gâteau entre ceux qui ont le plus souffert des dérapages du processus sans se préoccuper de savoir si ces derniers sont aptes à organiser les prochaines élections législatives conformément à l’Accord politique global. Dans la même logique, le Président de l’ID a laissé entendre, lors de ses multiples causeries avec les populations que l’organisation d’élections régulières et loyales dans un contexte de crise n’est pas une opération purement administrative à confier à un individu choisi sur la base du seul fait qu’il est rompu aux rouages de l’administration.

A l’écoute de la rue, on constate qu’après les moments de doute et même de désespoir que les populations ont vécus à certaines phases du dialogue national, elles ressentent aujourd’hui dans leur ensemble, un sentiment général de soulagement et d’espoir. Elles croient de plus en plus que le processus amorcé en avril dernier va évoluer dans un sens positif et déboucher à terme sur le dénouement de la crise et le retour du bien être des ménages.

Mais il faut pour cela, soulignent elles que la personnalité à nommer pour diriger le Gouvernement d’Union Nationale soit tout d’abord issu du rang des personnes qui ont étroitement participé au dialogue et qui sont comme telles en mesure de se coller à chaque étape de la mise en œuvre de l’Accord politique global à tout ce qui a été dit ou sous entendu au cours des travaux. Elles ne conçoivent pas qu’on puisse laisser l’application de l’Accord politique global à des gens qui n’en connaissent ni l’esprit, ni les circonstances des compromis réalisés.

Les populations considèrent par ailleurs qu’il est nécessaire que le Premier Ministre en question soit un homme de dialogue capable à la fois d’être à l’écoute des aspirations des populations et de s’entendre avec le Chef de l’Etat. Ils sont nombreux, ceux qui pensent que l’Accord politique global serait torpillé et les prochaines élections bâclées si jamais un pseudo démocrate vient à être nommé Premier Ministre. Car disent-ils, un tel homme nécessairement impopulaire ne peut chercher qu’à aider le régime en place à gagner les prochaines élections législatives, pour bénéficier en contrepartie de son maintien au poste de Premier Ministre.

Qui peut donc être le Chef du prochain Gouvernement ? Les jours à venir nous édifieront.

Amouzouvi

Hebdomadaire ‘’Le Changement’’
n° 39 du 07 septembre 2006

 

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