13 janvier

Quarante trois ans d’entêtement, ça suffit !

par Séna Alipui , le 13 janvier 2006, publié sur ufctogo.com

Le régime de Faure Gnassingbé de part la façon dont il s’est installé au pouvoir présente des similitudes troublantes avec le régime Eyadema. En effet, les deux régimes sont issus d’un coup d’état militaire ayant entraîné la mort d’un président élu dans le premier cas et la mort de plus de 500 Togolais et un état de santé précaire pour le président élu dans le deuxième cas. Ceci dit, le régime de Faure Gnassingbé s’est installé d’une façon encore plus brutale et sanglante que le régime qui a évincé feu le président Olympio du pouvoir.

 

Quarante trois ans d’entêtement, ça suffit !

Il y a quarante trois ans , le véritable père de la nation Togolaise, feu Sylvanus Olympio était tragiquement arraché à l’affection du peuple Togolais.
Il fut assassiné lors du premier coup d’état sanglant d’Afrique noire, coup d’état auquel participait activement feu le général Gnassingbé Eyadema.

Ce dernier, dans un entêtement que nul ne comprenait s’efforçait de fêter année après années la date du décès du héros de tout un peuple et ce contre vent et marrées.

D’aucun était convaincu que ce genre de festivités macabres et immorales disparaîtraient avec le général Eyadema compte tenu du fait qu’il était seul à savoir ce qu’il fêtait au juste ce jour là.

Quelle ne fut notre surprise lorsque nous apprîmes que des apatams étaient en érection cette année 2006 dans le cadre des festivités du 13 Janvier.
Certains d’entre nous avions accueilli avec un certain soulagement et beaucoup d’optimisme l’idée que le président Olympio serait réhabilité.
C’est une bonne décision en soi et naturellement elle s’accompagne de mesures autres que fêter le 13 janvier, jour de son assassinat sous la formule que nous connaissons tous.

La célébration du 23 Septembre nous a fait tiquer et maintenant nous nous demandons si le régime de Faure Gnassingbé est techniquement et moralement apte à réhabiliter feu Sylvanus Olympio ?

Le régime de Faure Gnassingbé de part la façon dont il s’est installé au pouvoir présente des similitudes troublantes avec le régime Eyadema. En effet, les deux régimes sont issus d’un coup d’état militaire ayant entraîné la mort d’un président élu dans le premier cas et la mort de plus de 500 Togolais et un état de santé précaire pour le président élu dans le deuxième cas. Ceci dit, le régime de Faure Gnassingbé s’est installé d’une façon encore plus brutale et sanglante que le régime qui a évincé feu le président Olympio du pouvoir.
Le régime de Faure Gnassingbé depuis son accession au pouvoir repose toujours sur les forces armées Togolaises.
Autrement dit l’armée qui,ces quarante dernières années a défilé pour fêter la mort de Sylvanus Olympio est exactement la même armée sur laquelle repose essentiellement le régime de Faure Gnassingbé et cette armée compte défiler une nouvelle fois cette année 2006 énervant ce faisant la plupart des Togolais.
Un régime qui au lieu de se purifier continue à se souiller en fêtant bestialement le 13 Janvier ne peut avoir l’aval de la famille du défunt ou l’assentiment des populations pour toucher à la dépouille du président Olympio et ou le réhabiliter.

Dans les conditions actuelles il est impossible que le régime de Faure accède à tout ce qui touche au président Olympio et tout discours ou cérémonie fantoche qui serait faite relèverait plutôt de la prestidigitation, de la démagogie et n’aurait rien à voir avec la véritable réhabilitation que mérite le père de la nation.

Sur le plan moral, loin de vouloir faire une démonstration scientifique, nous disons que le régime de Faure commence à réunir les conditions pour se disqualifier définitivement dans la réhabilitation du président Olympio. Nous nous interrogeons sur les valeurs qui sous-tendent le fait de fêter l’assassinat d’un individu tout en clamant vouloir le réhabiliter. Autrement dit, comment expliquer que l’on reconnaît le travail abattu par un homme et que l’on continue à fêter le jour de son assassinat en parlant de libération nationale ou de fête des armées soit le groupe qui l’a lâchement assassiné ?

Nous sommes d’avis que les ressources qui vont être dilapidées dans cette fête tout comptes faits saugrenue seraient plus utiles si elles étaient allouées aux producteurs de coton, ou à l’équipe nationale de football, ou aux réfugiés ,ou pour réduire les arriérés de salaires de quelques fonctionnaires, ou encore améliorer les conditions de vie de nos frères militaires de première classe ou autres couches défavorisées des populations.

Le Togo a besoin de réformes, ce n’est pas une question de Faure Gnassingbé, ce n’est pas contre quelqu’un, c’est une question de survie collective et d’amélioration des conditions de vie des Togolais.
Ces réformes sont également nécessaires pour éviter que la situation actuelle ne s’empire et ne nous mène à l’irréparable.
Le Togo après seize ans de crise politique et économique,ne peut plus se payer le luxe de rester désorganisé et de devenir le repère de bandits de tous poils.

Les Togolais doivent apprendre à s’accepter , se respecter, réapprendre à se parler et à travailler ensemble.

L’administration publique doit redevenir fonctionnelle et bénéficier de financements adéquats pour être efficace.

Les forces armées Togolaises qu’elles soient multiethniques ou monoéthnique doivent redevenir républicaines et donc se mettre au service de l’état Togolais.

Les milices doivent être démantelées par ceux qui les ont mises en place afin d’éviter la prolifération des armes légères et à terme le grand banditisme.

Le respect des libertés publiques et des droits de l’homme doivent devenir une réalité afin de passer du calme plat actuel ( imposé par la répression ) à la paix profonde et à la stabilité nécessaires à toute entreprise prospère.

Le Togo en accédant à l’indépendance en 1960 s’est engagée dans la bonne voie.
Le président visionnaire feu Sylvanus Olympio était un grand président et un homme de grande valeur.
Si depuis son assassinat, le Togo semble s’être égaré et aux prises avec les pires maux de la planète, il n’en demeure pas moins vrai qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en marchant sur plus de 500 cadavres et ce à un moment ou le Togo a besoin de réformes. Il s’est invité au sommet de l’état au prix du sang pour faire un travail dont initialement il n’avait pas la charge. S’il veut sincèrement faire ces réformes, tant mieux.
Cependant, il doit faire les choses C-O-R-R-E-C-T-E-M-M-E-N-T.

L’ancien régime, la dictature doit prendre fin, ainsi que les mensonges et tours de passe- passes qui la caractérisait. La violence doit appartenir au passé de ce pays.

On ne peut pas vouloir réhabiliter le père de la nation, feu le président Sylvanus Olympio et continuer à fêter le 13 janvier sous son ancienne formule.

Quarante trois ans d’entêtement à fêter le 13janvier, ça suffit !!!

On peut se tromper pendant quarante trois ans, mais lorsque l’on s’en rend compte et que l’on persiste dans l’erreur, c’est foncièrement mauvais.

À l’occasion des quarante trois ans de l’assassinat du père de la nation, je dirai que le Togo est arrivé à un point ou il faut de profondes réformes, un changement de système politique et pour que cela se passe en douceur, le régime FAT - RPT doit arrêter de s’entêter et d’embourber le Togo dans la misère et la crise politique.
Faute de quoi, quand tout le monde sera plus que fatigué, la situation finira par se gâter et là, ce sera gâté pour tout le monde.

Détia Kpoé le yi !

Séna Alipui.

 

© Copyright Séna Alipui

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
lundi
24 avril 2017
Lomé 30°C (à 22h)