Droits de l’homme

Procès Semira Adamu : morte étouffée dans le vol Bruxelles-Lomé

par Belga - RTBF , le 10 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Le tribunal correctionnel de Bruxelles entame mercredi 10 septembre 2003 vers 9 heures l’examen du dossier des 5 anciens gendarmes qui comparaissent pour leur implication présumée dans le décès par étouffement de Semira Adamu, le 22 septembre 1998.

 

Ce 10 septembre au matin s’ouvre, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, l’examen de l’affaire Semira Adamu, du nom de cette jeune nigériane morte étouffée lors de son expulsion de Belgique. Un drame qui avait ému l’opinion publique et qui avait eu des conséquences politiques avec la démission notamment du ministre de l’Intérieur de l’époque, Louis Tobback.

Semira Adamu, une réfugiée originaire du Nigéria, est morte lors d’une tentative de rapatriement forcé vers le Togo, pays par lequel elle avait gagné le nôtre. C’était la cinquième tentative d’expulsion, après qu’elle se soit vu signifier le refus de l’asile en Belgique. Le 22 septembre 1998, installée dans l’avion de la Sabena, les bras liés, cette jeune nigériane de 20 ans meurt étouffée par le coussin que des gendarmes lui avaient appliqué sur la figure, pour la calmer, disent-ils. Une technique autorisée par les autorités de tutelle.

Le scandale éclate, dénoncé par le collectif contre les expulsions et plusieurs députés. Il prend vite une dimension politique majeure et va entraîner la chute du ministre de l’Intérieur Louis Tobback. 5000 personnes assistent à une cérémonie d’adieu dans la cathédrale des saints Michel et Gudule à Bruxelles. Le Roi et la Reine envoient une gerbe de fleurs.

Le film vidéo enregistré par les gendarmes lors de l’expulsion est accablant. Le procureur du Roi de Bruxelles s’est dit choqué. Le ministre de l’Intérieur, qui avait d’abord défendu la gendarmerie, se dit trahi par elle, il choisit de démissionner. En février dernier, la Chambre du Conseil de Bruxelles, a donc décidé du renvoi de cinq ex-gendarmes devant le tribunal correctionnel. Trois sont poursuivis pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les deux autres pour la même prévention, mais par défaut de prévoyance et non assistance à personne en danger.

Le procès est attendu et déjà reporté une fois. La diffusion de la cassette vidéo tournée au moment de l’expulsion sera un moment fort. Une dizaine de manifestants de divers mouvements contre les expulsions étaient présents sur les marches du Palais de Justice ce mercredi matin, ainsi qu’une septantaine de policiers, dans une ambiance qui ne trahissait pas de tensions particulières. La coordination contre les explusions a toutefois annoncé une "petite action spectaculaire à l’issue du procès".

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