Droits de l’homme

Pression sur Marc Palanga en prison : Eyadéma lui demande de faire une requête en grâce présidentielle

par Le Temps (Togo) , le 18 janvier 2002, publié sur ufctogo.com

 

Selon des sources proches de l’Union des Forces du Changement (UFC), le Général Eyadema aurait demandé au leader fédéral de l’UFC dans la Kozah, Marc Palanga, emprisonné depuis quelques mois, de faire un recours de grâce présidentielle.

L’invitation présidentielle à faire une demande de sa grâce aurait lieu dans sa résidence à Kara. C’est donc durant une de ses fréquentes villégiatures à Pya que le Président de la République aurait fait sortir M. Palanga de prison pour lui soumettre le fonds de sa pensée. Evidemment, le désir d’Eyadema s’est vu opposer une fin de non recevoir et d’incompréhension. M Palanga ayant préféré terminer sa peine de 6 mois dans les geôles de la "République de Kara". Notons que le Président fédéral de l’UFC a été envoyé en prison pour diffamation suite à une plainte du Lieutenant-colonel Ernest Essonam Gnassingbé, fils de son père, commandant du camp Landja à Kara. De vives altercations suivies d’un échange peu amical de gifles, entre le lieutenant-colonel et l’homme politique, se seraient produits quelques heures avant le dépôt de la plainte en diffamation.

Ernest Gnassingbé reprochait à Palanga de l’avoir traité dans le journal Le Temps comme le "Président de la République de Kara". La préfecture de Kara n’étant pas encore une république. Le militaire considéra la "flatterie" comme une plaisanterie de mauvais aloi. Ce qui mérite .. sous les tropiques une plainte en diffamation suivie d’une condamnation ferme de 6 mois d’emprisonnement.

Reste que d’innombrables questions se posent à la conscience du simple citoyen togolais depuis que le Président Eyadema prend lui-même l’initiative d’inviter les prisonniers politiques à faire une requête de grâce présidentielle. Jusqu’ici, selon le code civil. la grâce intervient soit sur demande du prisonnier, soit sur décision unilatérale du Président de la République. Privilège que lui reconnaît du moins la Constitution. Le geste d’Eyadema devient "politiquement incorrect " et il y a ici purement abus ou une interprétation grotesque et ubuesque du recours à la grâce. Il n’y a pas longtemps, le Général liait la libération de Me Agboyibo à une demande de grâce. Et comme ce dernier fut condamné à la suite d’une parodie de procès, il faut conclure que l’on se plaît à envoyer des citoyens honnêtes injustement en prison et finalement faire cyniquement pression sur eux pour qu’ ils demandent le pardon de Lomé 2. Un homme politique et un journaliste ont déjà mordu à l’hameçon de la ruse présidentielle. Mais Il semble que Me Agboyibo et M. Palanga, sont d’une autre trempe. Des radicaux au régime d’Eyadema qui n’entendent pas démordre de leur conviction politique.

Tony FEDA (LE TEMPS, n° 79 du 18 janvier 2002 ) _

 

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