Plasmodium falciparum

Premier essai encourageant pour un vaccin contre le paludisme

par Le Monde (France) , le 11 novembre 2005, publié sur ufctogo.com

 

La première étape d’expérimentation humaine d’un vaccin contre le paludisme s’est achevée avec succès. L’équipe franco-suisse regroupée autour de Pierre Druilhe (Institut Pasteur, Paris) publie, dans le numéro de novembre de la revue en ligne Public Library of Science Medicine, les résultats d’une étude sur des volontaires sains. Ces travaux montrent qu’il est possible de susciter, grâce à une préparation vaccinale, une réponse immunitaire forte, spécifique et, dans certains cas, durable contre une protéine située à la surface du parasite responsable du paludisme. Les anticorps fabriqués par les volontaires vaccinés se sont révélés capables d’inhiber in vitro la croissance du parasite.
Le paludisme, qui est dû à une infection causée par un parasite ­ Plasmodium falciparum ­ transmis par la piqûre d’un moustique, cause chaque année un million de décès et provoque des crises aiguës chez 300 millions de personnes. Neuf décès sur dix surviennent en Afrique. Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 40 % de la population mondiale, vivant dans les pays les plus pauvres, sont exposés à cette maladie.

Malheureusement, la recherche d’un vaccin s’est heurtée à un certain manque d’intérêt des industriels et aux obstacles rencontrés par les chercheurs sur la compréhension des mécanismes de l’immunité vis-à-vis du paludisme. Ainsi, la nature de la réponse immunitaire que devraient induire les candidats vaccins n’est pas connue avec précision. Cela tient à la fois à la complexité du parasite et au fait qu’il infecte les globules rouges. Or ces cellules sanguines sont incapables de présenter aux globules blancs, chargés de la réponse immunitaire, des éléments leur permettant de reconnaître le parasite.

Pierre Druilhe et ses collaborateurs ont donc concentré leurs efforts sur l’identification d’une cible sur Plasmodium falciparum. En l’occurrence, une protéine située à la surface du parasite infectant les globules rouges, appelée mérozoïte. Différents travaux ont, en effet, montré que cette "merozoïte surface protein" ­ dite MSP3 ­ pourrait constituer une cible de choix pour les anticorps protecteurs chez l’homme.

Les chercheurs de Pasteur ont ainsi testé, sur 36 volontaires sains, la sécurité et la capacité à induire une réaction immunitaire de deux formes d’un vaccin à base de MSP3. Le produit a été bien toléré, et des anticorps capables de reconnaître la cible MSP3 ont été observés chez 60 % des volontaires. Ces anticorps ont démontré in vitro une capacité substantielle à empêcher la croissance du parasite. Des résultats encourageants qui ont poussé Pierre Druilhe et son équipe à démarrer un essai de phase II permettant d’évaluer l’efficacité du vaccin chez des personnes exposées au paludisme.

Paul Benkimoun

 

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