Actes pédophiles et obscènes

Pour un procès équitable et une peine exemplaire au patron du restaurant l’Okavango

par Ekoué SATCHIVI , le 1er mars 2006, publié sur ufctogo.com

Poursuivi dans le dossier d’actes pédophiles et obscènes sur une mineure de quinze ans ; Philippe Desmars sera à la barre le vendredi 3 mars 2006. Il s’expliquera devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de 1ère instance de Lomé. Par deux fois, cette audience a été déjà repoussée.

 

Par Ekoué Satchivi

Philippe Desmars est de nationalité française. Ancien militaire arrivé au Togo dans le cadre de la coopération, avant de s’y installer, il s’est reconverti dans la restauration. Le propriétaire-gérant du restaurant l’Okavango, situé sur le Boulevard circulaire dans le quartier Nyékonakpoé à Lomé est accusé de pédophilie et d’actes obscènes sur de mineures togolaises. Au-delà de ses activités qui lui sont reconnues, il est friand de jeunes adolescentes.

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L’Okavango sis sur Boulevard Circulaire - Nyékonakpoé à Lomé

Bénéficiant de la complicité de rabatteuses, « Fo » Philippe se livre à son passe-temps favori ; abus sexuel et pratiques obscènes sur mineures. En la matière, son dernier acte remonte au mois de décembre 2005. Il a été posé sur une jeune adolescente de quinze ans. Interpellés en janvier 2006, l’ancien militaire français et sa complice de nationalité togolaise, sont écroués à la prison civile de Lomé.

Que reprochee-t-on à l’expatrié français ? Le patron du restaurant l’Okavango est accusé de délits ayant trait à la débauche et aux bonnes mœurs. A ce titre, Philippe Desmars met en danger l’avenir de nombreuses adolescentes. Jusqu’à son interpellation le 26 janvier 2006, il aurait sexuellement abusé de nombreuses petites filles togolaises. Pour ceux qui le connaissent au quartier Nyékonakpoé, l’individu a un penchant pour les « teenagers ».

En décembre 2005, une proxénète de nationalité togolaise, a réussi à faire introduire la jeune Joyce, seulement âgée de 15 ans au domicile du patron du restaurant l’Okavango. Abusée sexuellement sous stupéfiant, la mineure a été contrainte par son agresseur de se livrer à une éprouvante séance de pornographie.

Bien « traitée », Joyce ne s’est réveillée que le lendemain dans le lit de son agresseur. Revenue à l’état conscient, l’adolescente s’est décidée à porter plainte. Philippe Desmars et sa complice, ont donc été interpellés par la police et écroués à la prison civile de Lomé. Dans ses investigations, la police judiciaire a retrouvé à son domicile, de nombreuses photos de filles posant nues.
Un dossier qui relève du domaine de la Cour d’Assises

A travers le programme d’assistance juridique et de réhabilitation des enfants de nombreuses institutions telles que Save the children, Plan Togo, Anti -Slavery international, WAO Afrique, des avocats, magistrats et juges du réseau de l’Ong « Enfants radieux » se sont mobilisés afin de suivre l’évolution du dossier et défendre les intérêts de la jeune victime. De leur côté, les médias ont procédé à une large diffusion du dossier, en appelant un procès équitable et une peine exemplaire pour le Français Philippe Desmars et la proxénète de nationalité togolaise.

Suivant de près le dossier, les différentes organisations s’interrogent beaucoup sur son meilleur traitement par la justice togolaise. Il est de nature criminelle, l’acte pour lequel le patron de l’Okavango est accusé. La loi pénale togolaise n’ayant pas changé, le dossier doit être traité à la Cour d’Assises et non au Tribunal correctionnel. La précipitation étonnante qui semble caractériser le traitement de ce dossier, n’a cessé d’alimenter les conversations. Le « dossier Philippe Desmars » ne mérite pas un traitement à la hussarde. Et nombreux sont ceux qui évoquent la forte pression exercée sur les juges. Pour qui connaît les habitudes de la maison !

Par deux fois déjà, le tribunal a repoussé la tenue du procès.. La raison avancée le 18 février 2006, a été la non- réalisation de l’expertise médicale sur la jeune Joyce « indisposée ». Sauf changement de dernière minute, il se tiendra le vendredi 3 mars. L’ancien militaire n’est pas à son premier acte en matière d’actes pédophiles et obscènes. Il aurait fait de nombreuses victimes. Mais son entourage dénonce son arrestation et évoque la thèse du complot monté pour le décrédibiliser.
Philippe Desmars n’est pas accusé en sa qualité de patron du restaurant l’Okavango, fort fréquenté à Lomé par des anciens des services secrets français. Mais plutôt pour abus sexuels sur filles mineures.

Solidarité autour de la jeune fille

Saluons à juste titre, la mobilisation des associations et organisations locales et sous-régionales, bien décidées à voir clair dans le traitement de ce dossier relatif à la pédophilie. Il en de même pour la police judiciaire. A la justice d’accomplir le travail qui relève de sa compétence. Pour l’avenir de la jeune fille togolaise, il est important que le procès Philippe Desmars, ne soit pas expéditif.. Mais qu’il se déroule dans la rigueur pour aider à situer les responsabilités.

Un rappel. Parmi les expatriés travaillant dans les missions diplomatiques et au sein des antennes locales d’organisations caritatives, il en existe qui donnent l’impression d’être des héros de la lutte humanitaire. Parce que rétribués en dollars américains ou en euros, et bénéficiant de plusieurs avantages, ils se transforment en manipulateurs. On en trouve des pervers, des individus à plusieurs facettes, autrement dit des détraqués sexuels jetant leur dévolu les jeunes adolescents des deux sexes.

Tout le monde est le bienvenu en Afrique. Accueillis sans retenue, certains de ces étrangers poussent leur désinvolture jusqu’à se comporter comme s’ils étaient en territoire conquis. Ils profitent de la légendaire hospitalité qui caractérisent nos pays, pour se livrer à toute sorte débauche.
Pour mémoire, Lomé a connu dans les années 90, la présence d’un certain Yves Marguerat. Ce sociologue, ancien chercheur à l’Orstom était irréprochable sur le plan professionnel. Il a beaucoup contribué dans la reconstitution de l’histoire de la capitale togolaise. Ami de nombreux jeunes togolais à cette époque, il les appelait les « Smallvi », un terme teinté d’ironie.
S’étant occupé des jeunes de la rue, le chercheur indélicat en a profité, en enivrant les habitants de Lomé et de ses environs de son expression- fétiche (Si Lomé m’était conté).
Retourné chez lui en France, Yves Marguerat y sera rattrapé pour ses actes de pédophilie. Ami de très longue du prêtre et médecin François Lefort des Ylouzes ; l’ancien chercheur à l’Orstom à Lomé, fut arrêté, mis en examen puis incarcéré en février 2005 à Nanterre pour « viols sur mineurs de moins de quinze ans », commis en terre togolaise. Yves Marguerat fut cueilli à froid au moment où il passait pour l’un des membres les plus actifs du comité de soutien à son ami Lefort ayant longtemps officié dans un foyer à Rufisque au Sénégal, et qui comparaissait devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine pour viols et attouchements sur mineurs sénégalais commis dans les années 90.

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Le prêtre François Lefort lors de son procès.
Celui-ci s’était rendu à plusieurs reprises à Lomé
chez son compère Yves Marguerat. (AP)

Lorsqu’il était à Lomé, la maison d’Yves Marguerat pour ceux qui s’en souviennent encore, grouillait littéralement de jeunes adolescents. Cette image de nombreux enfants dans la maison d’un expatrié, a suscité à l’époque bien d’interrogations. Cela relève d’un problème de pédophilie. Témoignant sur le chercheur et sociologue, un représentant de l’Ong Terre des hommes, en la personne de Brenard Boeton a révélé que le prêtre François s’était rendu à plusieurs reprises à Lomé chez son compère Yves Marguerat.

Selon Margaret Mead, un petit groupe de citoyens conscients et engagés, peut changer le monde. La pédophilie et tous les autres abus sexuels sur mineurs, tend à prendre corps chez nous. Il faut déployer une offensive de moralité publique afin de décourager cette mauvaise pratique. La pédophilie est un délit. Une éducation sexuelle honnête et claire est d’une importance capitale. L’enfant qui a des conversations honnêtes avec ses parents, aura tendance à les tenir informés de ses faits et gestes plus facilement. Il est bon qu’un enfant sache où se trouvent ses parents et vice versa.

Nécessité d’un tour de vis sur la pratique de la pédophilie

« Si l’enfant accepte de l’argent parce qu’il a faim, ce n’est pas un viol », c’est par cette réflexion insultante qu’Yves Marguerat, chercheur en sciences sociales, et pédophile notoire avait cru témoigner pour la défense de son ami, le père et médecin François Lefort des Ylouses, finalement condamné à huit ans de prison et 134000 euros d’amende pour agressions sexuelles, viols et tentative de corruption de mineurs de moins de quinze ans, actes commis sur six enfants sénégalais.
Pour se développer, le Togo doit compter sur l’indispensable contribution de tous ses fils. La femme togolaise étant Considérée à l’extérieur, la femme togolaise passe pour la principale actrice de l’économie nationale. Il s’agit d’une « évidence scientifique » à travers les Nanas Benz. Voilà pourquoi, chacun doit mettre à la main à la pâte pour aider au renouvellement de cette élite commerciale féminine. Epargnons les jeunes adolescentes de toutes formes d’exploitation, en les protégeant.
« Les masques ont pour destin de tomber ». Celui de l’ancien militaire français, doit nécessairement l’être. Que les responsabilités dans cette affaire d’actes pédophiles et obscènes s’établissent ! Et que les coupables subissent la rigueur de la loi réprimant le trafic et autres formes d’exploitation des enfants.

Ekoué Satchivi

 

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