Non à l’impunité !

Pour l’assassinat de Yao ADOUKPO, J’accuse Faure Essozimna GNASSINGBE !

par Le Parti des Travailleurs , le 21 février 2008, publié sur ufctogo.com

C’est avec colère et indignation que nous avons appris que Yao ADOUKPO dit « Souza », chauffeur de 35ans, père de deux enfants, est mort le jeudi 20 décembre 2007, après 3 années d’atroces souffrances, suite aux graves blessures qui lui ont été causées lors de la sauvage répression que les soldats togolais ont déchaînée contre les innocentes populations du quartier Bè-Gakpoto, à Lomé, le 27 février 2005.

 

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Il avait eu l’œil droit et le sommet du cuir chevelu arrachés par les balles qui ont été tirées sur lui, à son domicile, ce jour fatidique du 27 février 2005 où eut lieu la Grande Marche pacifique des femmes.

Toutes vêtues de rouge, elles étaient descendues, nombreuses, dans les rues de Lomé pour exiger la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE. Il avait été porté au pouvoir par le coup d’Etat militaire du 5 février 2005, suite à l’annonce du décès de son père, Etienne GNASSINGBE Eyadéma.

Yao ADOUKPO était chez lui, au quartier Bè-Gakpoto-Togbato où il venait de préparer de la pâte de maïs qu’il s’apprêtait à manger. Il s’était déjà attablé quand les soldats, qui pourchassaient les passants dans les rues du quartier jusque dans les maisons, ont fait irruption dans la cour de son domicile.

Fusillé à son domicile, alors qu’il n’avait rien fait…

Il n’a même pas eu le temps de s’enfuir, ni de comprendre ce qui se passait quand les soldats sont tombés sur lui, ont renversé la table et jeté par terre son repas puis commencé à le passer sauvagement à tabac alors qu’il n’avait rien fait !
Yao ADOUKPO avait pu raconter comment, l’un des deux soldats qui l’agressaient criait à l’autre : « Tire sur lui ! Tire sur lui ! » et, après avoir hésité un temps, celui-ci finit par s’exécuter et lui tira dessus.
La première balle le toucha sans qu’il ne sache exactement où mais il eut subitement l’impression que toute sa tête était ankylosée alors qu’il s’écroulait. Même tombé à terre, les soldats continuèrent à s’acharner sur lui, le rouant de coups. Alors qu’il portait la main à l’œil qui lui faisait mal pour tenter de se rendre compte de ce qui lui était arrivé, les soldats se sont rendus compte qu’il était encore vivant. Une deuxième balle fut tirée qui lui fracassa le sommet du crâne, arrachant une bonne partie du cuir chevelu. Puis il tomba évanoui et ne reprit conscience qu’après les premiers soins et les piqûres qui lui ont été administrés au dispensaire d’Adakpamé où il a été emmené par ses voisins.
Constatant qu’ils n’étaient pas équipés pour lui donner les soins appropriés que nécessitait la gravité de son état, les infirmiers de ce centre de santé ne lui ont fait qu’un pansement après avoir simplement désinfecté ses plaies au mercurochrome puis ils lui ont demandé d’aller se faire soigner à l’Hôpital de Lomé-Tokoin pour éviter l’infection de ses plaies.
Démuni d’argent pour aller à l’Hôpital de Tokoin et ayant peur de s’y rendre parce que la rumeur publique disait alors que les blessés du quartier Bè qui y étaient évacués se faisaient maltraiter voire assassinés, il resta à son domicile où ses voisins l’ont découvert, plusieurs jours après, se plaignant de maux de tête avec sa plaie à l’œil, gravement infectée, qui devenait déjà verdâtre. Ce jour-là, il venait même de retirer le pansement qu’on lui avait fait parce que, souillé, il était plein de pus mais alors la plaie s’infectait gravement, exposée qu’elle était aux microbes et à la poussière.
Devant sa détresse, les voisins se sont mobilisés pour le conduire à la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) d’où il a été conduit à l’Hôpital de Tokoin. Là, les médecins qui l’ont examiné ont conclu qu’il fallait l’opérer d’urgence vu l’extrême gravité de l’infection de son œil. De fait, la première balle lui avait percé la tempe avant de faire éclater le globe oculaire qu’il a finalement fait sortir par devant. C’est pourquoi, lors de l’opération, on ne trouvera pas trace de balle dans la cavité oculaire mais que des débris de l’œil qui, en pourrissant, aggravaient davantage l’infection.
Après l’opération, il a été admis au service des contagieux de l’Hôpital de Tokoin pendant trois mois parce qu’il présentait une infection généralisée dont les germes, extrêmement nocifs, auraient pu contaminer son voisinage.
A sa sortie de l’Hôpital, il devait suivre un traitement permanent aux antibiotiques et, le temps passant, les bonnes volontés qui s’étaient mobilisées pour l’aider à acheter ses médicaments ne pouvaient plus le faire.
La solution alors trouvée fut de mettre à sa disposition un pousse-pousse pour lui permettre d’avoir une activité génératrice de revenus pouvant lui permettre de subvenir, par lui-même, à ses propres besoins, l’exercice de son métier de chauffeur n’étant plus envisageable.
Un jour, quelqu’un loua son pousse-pousse avec lequel il fit un accident avec le véhicule 4X4 du directeur de l’OTAM, une société fabriquant des bateaux au port de pêche de Lomé dont le patron, un européen, fit saisir et garder le pousse-pousse à la gendarmerie du Port. Là, le locataire du pousse-pousse s’éclipsa après avoir prévenu Yao ADOUKPO qui se rendit à la gendarmerie du Port pour plaider sa cause afin de récupérer son pousse-pousse, en vain !
Car, le directeur de l’OTAM exigea qu’on lui répare son véhicule avant que ne lui soit restitué le pousse-pousse. Malgré l’intervention d’un officier de la gendarmerie qui, vu l’état de Yao ADOUKPO, le défendit auprès du directeur de l’OTAM qu’il supplia de retirer sa plainte, celui-ci se montra intraitable et ne voulut rien entendre. Le pousse-pousse fut alors confisqué et gardé depuis lors à la Gendarmerie du Port et Yao ADOUKPO se retrouva donc sans soutien, avec pour conséquence une aggravation de son état de santé qui l’enfonçait progressivement dans une insurmontable déchéance.
Avant son agression, sa femme l’avait quitté et il avait perdu l’un de ses deux fils. Dans sa déchéance, il confia à sa belle famille, à Tsévié, la garde de son deuxième fils qui, tombé malade, fut confié par la belle famille aux parents d’ADOUKPO dans leur village natal de Kpomé. Malheureusement, le sort s’acharna sur Yao ADOUKPO qui vit son deuxième fils mourir à son tour chez ses parents à Kpomé où il n’eut même pas de quoi se rendre pour les obsèques.
Yao ADOUKPO disait alors : « Que vaut-il la peine que je continue à vivre dans ces conditions ? » Car, n’ayant même plus les moyens de se nourrir, il se démoralisa complètement après qu’un escroc ait refusé de lui payer l’argent qu’il lui devait pour un travail d’aide maçon qu’il venait de faire avec lui. Totalement désespéré et se laissant aller à une dérive suicidaire, il allait dormir, comme un fou, aux abords nauséabonds de la Lagune de Bè d’où on allait souvent l’arracher.
Les médecins auxquels l’ont conduit ceux qui l’aidaient ont fini par diagnostiquer une infection générale, non seulement du globe oculaire, mais de toutes les voies respiratoires, de la fosse nasale jusqu’aux poumons ainsi que du tube digestif, de la bouche jusqu’à l’anus. Les mouches pullulaient autour de lui et il n’arrivait même plus à manger, son tube digestif ne fonctionnant plus. Il ne supportait plus que de boire de l’eau ou des boisons sucrées qui lui apportaient quelques calories.
Plus rien ne pouvant plus être fait pour le sauver, les médecins recommandèrent qu’on le ramène dans son Kpomé natal où il fut conduit le mardi 18 décembre 2007. Il succomba le jeudi 20 décembre, deux jours à peine après son arrivée.

Yao ADOUKPO n’est pas mort de mort naturelle : nous accusons le putschiste Faure Essozimna GNASSINGBE de l’avoir fait assassiner à Bè-Gakpoto par les soldats de son pouvoir RPT !

Tout comme les plus de 1 000 morts et plusieurs dizaines de milliers de blessés que nous ne pouvons pas oublier que le même Faure Essozimna GNASSINGBE a occasionnés avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005 pour se continuer à se maintenir en toute illégalité au pouvoir après y avoir été porté par le putsch du 5 février 2005.
Parce que la mort de Yao ADOUKPO confirme à nouveau que c’est bien l’Etat RPT illégitime qui est responsable et coupable de la violence et des exactions injustes qu’il a fait exercer contre des citoyens innocents dont nombre portent à vie de graves handicaps incapacitants et/ou invalidants, il doit assumer ses responsabilités à leur endroit en prenant en charge les frais nécessaires à leurs soins médicaux et à leur survie.
C’est pourquoi, le Parti des travailleurs en appelle à la mobilisation de l’opinion publique, tant au plan national qu’international, pour adresser à Faure Essozimna GNASSINGBE, télégrammes et prises de position pour exiger :
- Justice pour Yao ADOUKPO : arrestation et jugement des auteurs et commanditaires de la sauvage répression dont il a été victime à Bè-Gakpoto, le 27 février 2005 !
- Prise en charge de toutes les victimes des répressions organisées par l’Etat RPT !
- Que soit mis fin au règne de l’impunité au Togo !

Envoyer à : Faure Essozimna GNASSINGBE, Palais présidentiel, Avenue de la Marina, Lomé (Togo) - Fax : (228) 221 18 97
E-mail : http://www.republicoftogo.com/ecrir...

Lomé, le 21 février 2008
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI

 

© Copyright Le Parti des Travailleurs


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