Exposition

Picasso retrouve l’Afrique, la muse qui l’avait affranchi de l’Académie

par Le Blog Art , le 7 février 2006, publié sur ufctogo.com

 

JPEG - 60.2 ko

"Picasso et l’Afrique", qui s’ouvre à Johannesburg, est la première exposition du peintre sur le continent noir. Des peintures et sculptures de Pablo Picasso sont présentées pour la première fois en Afrique à l’occasion d’une exposition à Johannesburg puis au Cap. Le dialogue sera noué pour la la première fois entre le grand maître et l’art africain qui l’a tant inspiré. Une injustice vient d’être réparée, et c’est plus un retour aux véritables sources d’une partie de l’héritage de Picasso qu’une simple exposition.

Cette exposition, présentée en avant-première hier lundi, réunit quelque 80 peintures, dessins et sculptures de l’artiste. Paradoxalement, ces oeuvres n’avaient jamais foulé le sol du continent qui a tellement inspiré l’exceptionnel espagnol. Une trentaine d’objets d’art africain, tels que des masques Dogon du Mali ou Fang du Gabon, issus de collections privées et publiques vont côtoyer les tableaux de Pablo.

"C’est une première. Nulle par ailleurs dans le monde, il n’y a eu d’exposition montrant la relation entre l’oeuvre de Picasso et l’art africain", a déclaré Marilyn Martin, de la Galerie nationale
sud-africaine Iziko et commissaire de l’exposition avec Laurence Madeline, conservatrice du Musée Picasso de Paris, d’où viennent la plupart des oeuvres. "L’influence de l’art africain sur Picasso se retrouve dans ses oeuvres de plus grande valeur (...) Elles ont tant de valeur qu’elles en sont devenues des icônes", a ajouté Mme Madeline.

Quand Picasso découvre l’art africain en 19O7 à Paris, "c’est un vrai choc". Une révélation. "Il était en train de peindre +Les Demoiselles d’Avignon+ (...). Tout à coup il a découvert l’art africain et il a compris qu’il n’était jamais allé assez loin", a-t-elle rappelé. Selon elle, ce choc a permis à Picasso de se "lâcher" et de s’affranchir d’une peinture académique.

Les oeuvres exposées aujourd’hui en Afrique du Sud, les études pour "Les Demoiselles d’Avignon" datant de 1907, "la Femme dans un fauteuil rouge" de 1929 ou " le Musicien" de 1972, témoignent de cette découverte qui allait influencer l’artiste durant toute sa vie. Les oeuvres de Picasso sont exposées dans plusieurs salles autour d’une rotonde dans laquelle sont présentés les masques et autres objets d’art provenant pour la plupart de Côte d’Ivoire, du Gabon, de République démocratique du Congo, du Liberia, du Mali ou encore du Nigeria.

"Nous avons voulu créer un dialogue entre Picasso et l’art africain", a ajouté Mme Martin. "Il a appris de l’Afrique comment transformer le convexe en concave, des joues potelées en joues creuses", a-t-elle ajouté. L’exposition présente également de nombreuses photographies du peintre espagnol né en 1881 et mort en 1973, ainsi que des citations de l’artiste sur l’art africain. Le dialogue interompu entre les formes, la profusion des couleurs, la possession de l’epace et le jeu des asymétries harmonieuses et l’âme africaine n’a pas besoin d’être créé, il est interrompu depuis que l’Afrique a ébloui le maître espagnol, murumuré par les pinceaux, suggéré dans les formes.

JPEG - 17 ko

"Les masques n’étaient pas seulement des sculptures comme les autres. Pas du tout. C’était des objets magiques", a-t-il ainsi déclaré lors d’une conversation retranscrite dans l’ouvrage "Oeuvres complètes" publiée en 1996. Ouverte au public du 10 février au 19 mars à la Standard Bank Gallery de Johannesburg, l’exposition, réalisée en partenariat avec l’Institut français d’Afrique du Sud et l’ambassade de France, sera ensuite présentée du 13 avril au 21 mai à la Galerie Iziko au Cap.

Chez Picasso, l’Afrique danse et se recrée dans ses oeuvres, comme en témoigne cette "Fille au moirroir", ses formes, ses couleurs. A quelques mètres de distance, alors que l’on ne distingue que quelques vagues traits, on imagine un morceau de tissu africain. Et le masque, cet objet magique, emblème du continent noir, se retrouve jusque dans les autoportraits de Picasso. Pablo avait figuré l’Afrique, et elle a fini pour lui inspirer ses propres traits. Sans doute un témoignage de ce supplément d’âme, un prolongement de l’hommage jusque dans la perception de soi.

Par Marie Phoenix - Blog Art

 

© Copyright Le Blog Art - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
lundi
27 mars 2017
Lomé °C (à 0h)