Godwin TÉTÉ

Peuple Togolais, Arrachons Notre Pays à la Tyrannie et à la Misère

par Godwin Tété , le 3 novembre 2009, publié sur ufctogo.com

 

Obsédés, désolés, déboussolés par le tableau tragi-comique et comi-tragique qu’affiche la scène politique, économique, sociale et culturelle de leur pays depuis le 13 janvier 1963…, le Peuple togolais et notamment sa Jeunesse, en sont arrivés à se poser de lancinantes questions telles que :

a) Comment la « Musterkolonie » (= « Colonie-modèle ») des Allemands, la « Nation-pilote » d’un Robert Cornevin, la « Suisse de l’Afrique occidentale » de Sylvanus Olympio a-t-elle pu se muer en un univers aussi liberticide et misérabiliste que celui qui gît aujourd’hui sous nos yeux ?!

b) Comment expliquer cette apparente étrange capacité des Togolais à supporter – apparemment ad vitam aeternam – la souffrance matérielle et immatérielle multiforme sans apparemment exercer un sursaut salutaire radical une bonne fois pour toutes ?! En a-t-il été toujours ainsi ?!

c) Pourquoi les Togolais semblent-ils indifférents au vent patriotique qui balaie le monde du troisième millénaire ?! Est-ce là aussi un phénomène ancien ou nouveau ?!

d) Qu’est-ce qui fait que les Togolais, tant à l’intérieur de notre rectangle qu’au niveau de notre diaspora, n’arrivent guère à s’unir pour libérer leur pays des griffes de la clique militaro-clanique qui régente la Terre de nos aïeux depuis si longtemps déjà ?!

Et ainsi de suite.

À cet égard, je voudrais marteler la précaution qu’il s’agit ci-après d’opinions strictement personnelles qui n’engagent que moi ! Je reprends donc.

I. JE SUIS OPTIMISTE POUR APRÈS-DEMAIN, TRÈS PESSIMISTE POUR AUJOURD’HUI !

Après d’autres séjours plus ou moins longs, je suis rentré de Lomé le 31 mai écoulé, au terme de six bons mois jour pour jour. Certes, s’agissant de la longue durée, je suis tout à fait confiant quant à l’avenir de mon pays le Togo et des Togolais. Cependant, pour ce qui touche l’aujourd’hui, je retourne en France avec une terrible amertume au cœur !

Déjà notre Conférence Nationale Souveraine avait jugé et condamné la monocratie de Gnassingbé EYADÉMA comme un fiasco retentissant ! (Cf. Déclaration n° 1 en date du 21 août 1991 de cette CNS). Un fiasco total sur tous les plans et dans tous les domaines. De nos jours, le Togo patauge au fond d’un insondable gouffre politique, économique, social et culturel.

La « fortune » s’accumule entre les mains d’une infime minorité de profiteurs éhontés, tandis que la misère noire s’amoncelle chez l’énorme majorité de nos simples compatriotes !
Le Togo ne livre aucune production industrielle susceptible de sous-tendre un décollage économique viable. (Hormis le ciment !). Rien que du nucléo-commerce !
Au bout de 50 ans d’ « indépendance », notre pays manque d’eau potable et d’énergie électrique ! Notre capitale brille comme une belle « ville-poubelle ». Nos concitoyens meurent d’un RIEN !
La DIGNITÉ des Togolais s’amincit au fil du temps. Telle une peau de chagrin.
VOILÀ LA TRISTE ET PÉNIBLE IMPRESSION QUE JE RAMÈNE APRÈS MON DERNIER SÉJOUR EN DATE AU BERCAIL !

II. LE PEUPLE TOGOLAIS N’EST POINT UN PEUPLE AMOUREUX DE LA TYRANNIE ET DE LA SOUFFRANCE PLURIDIMENSIONNELLE

Non ! Le peuple togolais n’est nullement un peuple de masochistes ! En effet, si nous mettons de côté quelques rares groupuscules humains dont les berceaux originels se perdent dans l’opacité des temps, comme les ANYAGAN, alors nous voyons le peuplement actuel du Togo se composer de FUGITIFS venus de divers horizons. Ces fugitifs auront déserté soit des féodalités, des tyrannies, l’OPPRESSION, soit des contraintes d’ordre socio-économique et/ou écologique, soit tout cela à la fois. Pour venir se blottir dans l’étroit corridor de notre « Togo chéri ». Nos ancêtres n’étaient et ne sauraient donc être, fondamentalement, des amoureux de la souffrance, de la misère !

La « veulerie » apparente que nous observons de nos jours chez les Togolais s’avère imputable à l’intériorisation de la stratégie de la terreur mise en œuvre par Gnassingbé EYADÉMA ! Laquelle stratégie opère toujours chez nous.

À ce propos, avec sa remarquable acuité d’observation, avec son extraordinaire talent d’analyse, avec enfin sa culture encyclopédique en son temps, Karl Marx a noté quelque part à peu près ceci : Un peuple exploité et opprimé dans une certaine limite peut encore se rebeller contre l’exploitation et l’oppression. Tandis qu’un peuple exploité et opprimé au-delà d’un seuil critique tend à devenir meurtri, avili, abâtardi, avachi, amorphe…

Néanmoins, même des esclaves en viennent à se soulever contre leur triste sort. Ainsi en fut-il chez Spartacus et ses compagnons de misère dans la Rome antique. Chez Toussaint Louverture et ses amis aussi…

En tout état de cause, n’oublions pas le 05 octobre 1990, la grève générale illimitée (GGI) de neuf mois (1992/1993), le 26 avril 2005 et ses lendemains immédiats !

Ajoutons que la diaspora togolaise est faite aussi de gens qui ont fui notre pays à partir des misères induites par l’ « effort » et la pénurie de guerre en 1939/1945. (Cf. mon ouvrage La palpitante quête de l’Ablodé, édition de 2006, pp. 60-74). De gens qui ont dû se réfugier en Gold Coast (Ghana), aux Congos, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Cameroun, au Nigeria, au Liberia. En Gold Coast, au Nigeria et aux Congos surtout !

Le Togolais n’est donc point un amoureux du misérabilisme ! Il n’est point foncièrement masochiste !

III. LE PATRIOTISME NE SEMBLE PAS ÊTRE AUJOURD’HUI LE CÔTÉ FORT DU TOGOLAIS. EN A-T-IL ÉTÉ TOUJOURS AINSI ?!

Le Patriotisme, c’est l’Amour sacré de la Terre de nos aïeux, et la farouche Défense de cette Terre le cas échéant. Cette définition implique le Sacrifice suprême, c’est-à-dire le Don de notre vie si besoin il y a ! Laquelle définition commande le rappel succinct des quelques faits authentiques ci-après.

Très peu de nos compatriotes savent que, suite à la signature du fameux traité (de protectorat) de Baguida en date du 05 juillet 1884, les Allemands auront dû guerroyer 18 (dix-huit) longues années pour finalement pouvoir s’asseoir sur la Terre de nos ancêtres. Ces impérialistes appelaient pudiquement leurs rudes guerres de conquête « opérations de pacification ». Si bien qu’au bout de ces 18 ans, le territoire aurait perdu, selon les archives historiques y afférentes, au moins la moitié ( !) de sa population de 1884.

En 1922, animées et soutenues par un patriotisme ardent, dix personnes des Adjigo d’Aného acceptèrent de braver la déportation colonialiste à pied sur Mango, et d’en retourner chez eux, toujours à pied, après quatre claires années de prison ferme et de travaux forcés. De même en 1922 (si je me m’abuse) et 1935 encore, les Konkomba se soulevèrent contre l’occupant venu de l’au-delà des mers. En 1924, sous la houlette de Johannès Apenyowu (lire Apégnowou) AGBOKA, naissait, à Accra (Gold Coast), le Deutsche-Togo Bund, (DTB) qui allait faire couler quantités de salive et d’encre. Les 24 et 25 janvier 1933, sous l’égide des DUAWO ( = le Peuple), les femmes loméennes défièrent l’impérialisme français. Il y eut, officiellement, une douzaine de morts. Le 05 octobre 1990, la Jeunesse togolaise allait asséner, à la citadelle militaro-dictatoriale de Gnassingbé EYADÉMA, qui se croyait imprenable, un coup dont elle ne se relèvera jamais ! Et que dire de notre célèbre Conférence Nationale Souveraine (CNS) (juillet/août 1991) ? [Cf. mon ouvrage La palpitante quête de l’Ablodé, pp. 28-40].

Dans ma tendre enfance et ma jeunesse, nos éducateurs accordaient, dans leur pédagogie, une importance particulière au civisme patriotique. C’est ainsi que de vieux chants patriotiques nous étaient enseignés, comme :
• MIA DENYIGBA (= Notre Patrie) (de Ephraïm AMU – (prononcer AMOU)
• GBEFANDEDE NA KALENTO SI WO KU (mélodie d’origine allemande) [HOMMAGE SOIT RENDU AUX BRAVES DÉFUNTS HÉROS NATIONAUX ! (Cantique de l’Eglise Protestante du Togo)].
• ENFANTS DU TOGO (de Mgr Jean-Marie CESSOU).
• « LE COURS COMPLÉMENTAIRE » (de Noé Efoé KUTUKLUI).
• Etc.

Le lecteur comprendra aisément que, de la sorte, nous étions allaités aux mamelles du patriotisme, tandis que, sous la monarchie éyadémaïenne, la formation civique des jeunes n’aura brillé que par une « animation » grotesque et obscène !...

Non ! Le patriotisme togolais n’est pas mort ! En témoigne, entre autres choses, le fonctionnement, depuis le pays de l’Oncle Sam, de RADIO-FM LIBERTÉ qui nous honore tous !

IV. LES TOGOLAIS N’ARRIVENT PAS À SE MOBILISER, À S’UNIR POUR SE LIBÉRER. ET CE, AUSSI BIEN À L’INTÉRIEUR QU’À L’EXTÉRIEUR DE NOTRE PAYS. POURQUOI DONC ?!

Ici également, je suggère au lecteur que nous nous référions au peuplement actuel de notre pays. Ce faisant, nous constatons, comme ci-avant, que nous autres Togolais nous sommes des « AKODZOKPLIS », c’est-à-dire des gens d’origines ethno-culturelles hétéroclites. Que la fuite de féodalités nous a marqués, fondamentalement, d’un individualisme exacerbé… N’oublions pas que chez nous chaque famille a son « Chef »…

À cette donnée foncière s’ajoutent les pluriséculaires traite et esclavage négriers, le colonialisme et le néocolonialisme, les manœuvres systématiques d’opposition du « nord » au « sud », de telle région à telle autre région, de telle ethnie à telle autre ethnie. (Cf. mon opuscule Le Togo – La vraie/fausse question nord-sud. Ed. Haho, Lomé, 2007). Tant de choses qui ne sauraient en rien contribuer à atténuer notre individualisme viscéral.

Toutefois, nous avions, dans les années 1955-1958, réussi une union sacrée qui nous aura permis d’arracher, de haute lutte, l’Ablodé proclamé le 27 avril 1960 !

Je suis ainsi tenté de croire que c’est plutôt au niveau de ceux qui se sont accaparés le devant de la scène politique du Togo au début du vent de démocratisation (1990/1991) que le bât blesse.

À la vérité, lors du combat épique pour l’indépendance, l’ambition personnelle stricto sensu se contentait de la portion congrue pour ne pas dire qu’elle n’existait tout bonnement pas ! De nos jours, et précisément le funeste exemple éyadémaïste aidant, tout un chacun se voit investi de mission de présider au Destin du Togo…

Alors, à la pureté incandescente du patriotisme, se sont substituées la recherche d’intérêts égocentriques, la poursuite de l’assouvissement d’ambitions personnelles. Il en a résulté une anarchie au niveau du « leadership » multipolaire : une incohérence notoire, une inefficience, une inefficacité criardes, des querelles et des pratiques politiciennes au finish collectivement… suicidaires !

Le peuple est prêt ; il lui faut un leadership cohérent et compétent, une stratégie appropriée, des mots d’ordre clairs et précis !
En bref, le drame du peuple togolais, s’agissant de notre autolibération, trouve sa source dans une insuffisance d’abnégation et, partant, dans un déficit de patriotisme véritable chez certains de nos « responsables » auto-proclamés.

Au demeurant, remarquons que la difficulté à s’unir pour s’autolibérer n’est pas un apanage du peuple togolais. Ce phénomène s’observe dans toute l’Afrique noire francophone ! En effet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, nous n’avions rencontré aucun problème dans la création de notre « Jeune Togo » en France au mois de mars 1947. Oui ! Vivant tous dans les mêmes conditions d’assujettissement colonial, partageant les mêmes peines et les mêmes joies, nous n’avions aucune raison de ne pas nous unir pour le même combat existentiel.

Et, mieux, le « Jeune Togo » allait servir de modèle pour toutes les autres colonies françaises d’Afrique noire. De surcroît, le « Jeune Togo » aura substantiellement contribué à la mise sur pied des associations territoriales et académiques, ainsi que de la grande FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France). À telle enseigne que ce rôle moteur joué par le « Jeune Togo » sera expressément reconnu par la police secrète française dans un rapport confidentiel daté de mars 1959.

Aujourd’hui, par contre, réaliser une structure unitaire de Négro-Africains au pays de Jean Jaurès, relève de la quadrature du cercle. Les conditions matérielles et immatérielles objectives ont radicalement changé depuis nos « indépendances ». Chacun se bat, dans sa tour d’ivoire, pour sa subsistance quotidienne ! Ce qui marche, à la rigueur, ce sont des associations villageoises !

La problématique de l’unité de combat n’est donc pas spécifique au Togo, mais englobe bel et bien toutes les ex-colonies françaises d’Afrique noire…
Cependant, il convient de noter le grand vent d’unité qui aura secoué le peuple togolais – à l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays – à l’annonce du décès de Gnassingbé EYADÉMA… Malheureusement, l’extraordinaire engouement pour l’autolibération, suscité par ce vent d’unité populaire, se sera, lui aussi, étiolé comme un feu de paille. Parce que, peut-être ici aussi, le leadership n’a pas su le canaliser, le capitaliser d’idoine manière ( ?!) [Cf. mon ouvrage « Histoire du Togo – De la tragi-comédie à la comi-tragédie ». Ed. Afridic, Paris, 2007].

V. PEUT-ON ESPÉRER LA FIN DE LA « CRISE » TOGOLAISE ?!

D’abord et pour ma part, je refuse de qualifier de « crise » la situation tragi-comique et comi-tragique qui prévaut au Togo depuis le 13 janvier 1963… À mon humble avis, à dire vrai, une crise reflète une situation conjoncturelle, donc par définition passagère, donc relativement aisée à résoudre. Cependant que le cas togolais en considération ressort comme un phénomène structurel, extrêmement complexe. Cette situation a déjà gangrené tous les rouages et toutes les ténues ficelles de la vie politique, économique, sociale et culturelle de notre pays ! Elle a déjà atteint la psyché, l’âme même du Togolais !

Il sied dès lors de regarder cette situation en face, courageusement, afin de lui trouver les solutions – les vraies solutions – qu’elle requiert. Ainsi donc, pour résorber ladite situation hautement structurelle, il faut lui appliquer un mouvement hautement structurel !!!

Dans cette veine d’idées, et en nous plaçant délibérément… sur le terrain des généralités, nous avons besoin d’une :
a) Union immaculée, sacrée, de tous les véritables patriotes, de tous les véritables démocrates, de tous ceux qui veulent réellement le changement réel. Une union pure autour du parti majoritaire qui incarne le mieux aujourd’hui le vœu UNANIME de changement…
b) Stratégie appropriée à tous points de vue !
c) Mobilisation et une formation adéquates des militants et du peuple.
d) Mise à contribution concrète, agissante et permanente du peuple concerné lui-même !
e) Une abnégation totale de nous autres cadres togolais ! « Fais les œuvres, mais ne t’attends pas à jouir des fruits des œuvres » (Shri Krishma, in « La Bhagavad-Gîtâ »).

À bon entendeur, salut !
Oui ! Tout ce qui a un commencement a une fin ! La dictature au Togo disparaîtra bien un jour elle aussi !

VI. DOIT-ON LAISSER NOTRE PEUPLE À SON SORT ACTUEL OU IMAGINER UNE VOIE AUTRE DE RÈGLEMENT DE LA QUESTION TOGOLAISE ?!

Nous menons une lutte de longue haleine… Nous nous devons dès lors de « laisser le temps au temps ». Mais il s’avère aussi nécessaire d’aider quelque peu le temps… Faute de quoi notre patience risque de nous conduire au « Jugement dernier ». D’où le besoin d’une stratégie du harcèlement. Oui ! Nous nous devons de harceler systématiquement le régime dictatorial transmis par Gnassingbé EYADÉMA à ses successeurs. De le dénoncer, de le mettre à nu à tout bout de champ. (Car « L’enfant qui ne veut pas permettre à sa maman de dormir ne saurait se permettre de dormir lui non plus »).

Cela dit, notre problématique première, fondamentale, le Problème de nos problèmes, réside dans la nature et l’usage de l’armée prétorienne et pléthorique léguée par Gnassingbé EYADÉMA à la clique militaro-clanique qui gouverne aujourd’hui notre pays. Que dis-je ? Je veux dire une armada qui pend sur la tête du pacifique peuple togolais. Comme une hache de Damoclès.

Et le règlement de la question structurelle de notre patrie passe nécessairement par la prise en compte du redoutable paramètre que constitue cette armada quasi monoethnique…

À ce sujet, au terme des cinquante ans ( !) de nos « indépendances », et eu égard à ce que nous vivons ces derniers temps en Mauritanie, en Guinée-Bissau, au Niger, en Guinée-Conakry, etc., l’heure est venue pour nous les Africains en général, les Togolais en particulier, de procéder à un bilan global objectif de notre gouvernance, à un bilan serré, sans complaisance, de nos « armées » singulièrement… L’heure a sonné pour consacrer une Dissection systémique exhaustive au concept même d’armée sur notre Continent…

À ce propos, les démocrates se doivent d’éviter le moindre faux pas qui puisse servir d’alibi à ceux qui seraient « heureux » de commettre au Togo un génocide à la rwandaise…
Que celui qui a des oreilles entende !

VII. QUEL SYSTÈME DE PARTIS POLITIQUES POUR LE TOGO ?

D’entrée de jeu, je dis : « NI PARTI UNIQUE, NI PLÉTHORE DE PARTIS ! En effet, au sortir des terribles hostilités de la Guerre mondiale 1939-1945, pour nous lettrés du Tiers monde en général, africains en particulier, sous l’influence de l’Union Soviétique et de la Chine populaire, la nécessité du parti unique nous paraissait une évidence même. Elle ne se discutait en tout cas pas ! Le parti unique nous semblait une nécessité absolue : un creuset où devraient venir se fondre nos mosaïques d’ethnies, de sous-ethnies, de clans, de ressortissants de nos diverses régions géonaturelles, que sais-je encore ? Mais, à l’épreuve de la réalité, le parti unique était vite devenu la chose d’une seule personne. En lieu et place d’un creuset vit le jour un carcan : un univers propice à l’épanouissement de la pensée unique. Très tôt donc, le parti unique se mua en parti inique. Il fallait ainsi changer le fusil d’épaule !

Quant à la pléthore de partis politiques, elle signifie perte d’énergies humaines et de moyens matériels et financiers ; elle induit inefficience et inefficacité. Elle veut dire incapacité à initier et à propulser un développement viable et durable.

Sur ce registre, j’apprends qu’il y aurait, au Togo, 70 à 75 partis politiques, pour un pays de 56 000 km2 et de 5.400.000 habitants environ (!). Heureusement que la plupart d’entre eux ne figurent que sur le papier (!).

D’où, en ce qui me concerne, je verrais pour mon pays deux grands partis (plus, à la rigueur, un parti centriste) reflétant et défendant les intérêts vitaux des principales strates du peuple laborieux de chez nous… Ici, j’ai en vue les Etats-Unis d’Amérique, la Grande Bretagne, la République Fédérale d’Allemagne. Au reste, l’élection présidentielle du mois de mai 2007 en France m’incline à croire que même l’Hexagone serait en train de tendre à adopter le système politique tripartite.

Mais, de toute évidence, la question qui taraude le plus présentement tout(e) Togolais(e) qui se respecte est la suivante.

VIII. L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE ENVISAGÉE AU TOGO POUR 2010 SAUVERA-T-ELLE LA TERRE DE NOS AÏEUX ?!

Comme en 1993, 1998, 2003, comme en 2005, le peuple togolais est encore prêt à se rendre massivement à ces fatidiques prochaines urnes. Il est prêt à y aller avec toute la ferveur mystique dont il a fait montre par le passé. Et, parlant de cette cruciale élection, d’aucuns se réfèrent au 27 avril 1958 ! Mais, en 1958, les élections/référendum qui nous conduisirent à l’Ablodé furent, de facto, organisées, supervisées et ses résultats proclamés, de bout en bout, par les Nations Unies, en la personne de l’Haïtien Max. H. DORSINVILLE.

Cependant, nous avons l’obligation de ne point décourager ledit peuple… Mais, en même temps, au jour d’aujourd’hui, la clique militaro-clanique en place n’exhibe le moindre signe qu’elle ne va plus s’accrocher mordicus aux rênes du pouvoir qui lui garantit les colossaux privilèges qu’elle a accumulés sous le parasol de Gnassingbé EYADÉMA. Bien a contrario, chaque acte politique posé par cette clique ne fait que renforcer notre intime conviction à ce sujet. Alors, et en dépit d’une importante implication de la « communauté internationale » dans le processus électoral en cause, le peuple togolais (dont moi) navigue à vue, entre un ESPOIR MESURÉ, RAISONNÉ, et une PROFONDE APPRÉHENSION : UNE ANGOISSANTE INQUIÉTUDE !!!

La solution serait, peut-être, qu’une instance internationale réellement NEUTRE vienne – comme en 1958 – présider aux destinées de la cruciale élection en vue ?!
En somme, la moralité, en l’occurrence, devrait se décliner ainsi :

NI NÉGATIVISME PARALYSANT, NI BÉATE NAÏVETÉ, MAIS UNE VIGILANCE DE TOUT INSTANT !

Paris, le 03 octobre 2009
Godwin TÉTÉ

 

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