Jean-Pierre Fabre

"Pas de dialogue sans médiateur, pas d’élections sans réforme de l’armée !"

par Le Républicain (Togo) , le 7 mars 2006, publié sur ufctogo.com

Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC s’entretient avec L’hebdomadaire "Le Républicain" (n°21 du 7 mars 2006). A écouter également l’interview de RFI. (nécessite Windows Media Player ou compatible)

 

Le Républicain : Plusieurs semaines après le lancement du dialogue national par Faure Gnassingbé, un mutisme perdure autour de la question. Même Ouaga, capitale du Burkina Faso, annonceé pour abriter le dialogue inter-togolais, n’est plus à l’ordre du jour. Comment expliquez-vous cela ?
Jean-Pierre Fabre : L’ouverture solennelle du dialogue sans démarrage effectif n’est pas une nouveauté au Togo. Gnassingbé père l’a pratiqué. Il n’y a pas de raison que le fils ne s’y essaye pas. Plus concrètement, aujourd’hui, le démarrage du dialogue achoppe tout simplement sur la question très importante du choix du médiateur. M. Lakhdar Brahimi qui selon nos informations a été désigné par le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies et accepté au début par toutes les parties en présence, se trouve aujourd’hui récusé par le régime en place. Nous voulons être ici très clairs Nous ne nous présenterons pas à un dialogue sans médiateur comme certains veulent nous y contraindre. Ceux qui, au sein de l’opposition, donnent leur accord à cette mascarade sont dans une stratégie de la « danse du ventre » avec un objectif évident : paraître modéré pour se positionner pour le poste de Premier Ministre.

Nous, à l’UFC, nous avons accepté la nomination de Lakhdar Brahimi. Il suffit que M. Brahimi prenne fonction rapidement et nous verrons avec lui comment ajuster certains détails pour que le dialogue démarre.

S’agissant du lieu du dialogue, Ouaga est tombée comme ça, comme un cheveu dans la soupe. Nous n’avons jamais été consultés à ce sujet. Si on nous avait demandé notre avis, nous aurions marqué notre préférence pour Lomé. Vous voyez bien que nous ne formulons aucune exigence exorbitante. Nous faisons simplement preuve de vigilance.

Le Républicain : A l’UFC, croyez-vous sérieusement à la résolution de la crise socio-politique par ce dialogue ?
Jean-Pierre Fabre : Pour vous dire la vérité, personnellement, je suis favorable au dialogue mais je ne suis pas naïf au point de croire que le dialogue, à lui seul, réglerait les problèmes du pays. Je ne vois pas comment ce régime qui s’accroche au pouvoir par tous les moyens y compris par des massacres de populations, peut subitement dans le cadre d’un dialogue accepter les propositions fondamentales que nous lui faisons depuis des années. Alors, du côté de l’opposition, nous devons conjuguer dialogue national et mobilisation populaire. J’ai constaté que la communauté internationale n’est pas cohérente dans ses actions. Malheureusement, nous commettons depuis longtemps l’erreur de remettre totalement notre sort entre ses mains. Donc, il faut combiner disponibilité au dialogue et mobilisation populaire pour réussir à contraindre le régime en place à accepter dans le cadre du dialogue les réformes sans lesquelles il ne peut y avoir de changement, d’alternance politique véritable au Togo.

Le Républicain : Quand vous parlez de disponibilité populaire, qu’est-ce à dire ? Pensez-vous plutôt à un scénario à la mauritanienne, c’est-à-dire un coup d’Etat militaire patriotique qui pourra régler plus facilement le problème ? La pression populaire est aujourd’hui quasi impossible du fait de la répression sanglante que nous avons connue juste après le décès du général Gnassingbé Eyadéma et surtout en avril 2005.
Jean-Pierre Fabre : Soyons clairs. Je dis que le régime ne peut accepter l’application des principes démocratiques sans la pression populaire. La Communauté internationale n’est pas cohérente dans ses actions parce que si l’Union Européenne devait agir de manière rationnelle, elle prendrait des sanctions ciblées contre les dignitaires du régime togolais parce que ce régime, à l’épreuve des faits, c’est-à-dire pendant la vacance du pouvoir consécutive au décès de M. Gnassingbé Eyadéma, alors qu’il était sous le coup des 22 engagements, a démontré l’absence totale de sa part, d’une volonté politique de respecter ces 22 engagements. Il a massivement bafoué les principes démocratiques et les droits de l’homme pour la cessation desquels il a pris les 22 engagements. Il aurait fallu que l’UE évalue rigoureusement l’application des 22 engagements pendant la période électorale et prenne des sanctions au lieu de prétendre prendre acte d’un coup de force électoral évident, ce qui est un encouragement au régime à poursuivre la violence. L’UE n’étant pas cohérente, il ne faut pas compter sur elle et d’une manière générale, il faut éviter de compter sur les autres. Voilà pourquoi je dis qu’il faut combiner le dialogue avec la pression populaire.

D’ailleurs l’indifférence de la communauté internationale après la publication du rapport de la mission de vérification des faits des Nations Unies sur la violence au Togo pendant la période électorale de 2005, me conforte dans cette position. La communauté internationale préfère s’indigner de l’assassinat de l’ancien Premier Ministre du Liban Rafic Hariri plutôt que de s’émouvoir du massacre d’un demi millier de togolais et du départ en exil de milliers d’autres. Cela devrait nous ouvrir les yeux.

S’agissant du scénario mauritanien, comme je viens de vous le dire, je ne compte jamais sur les autres. Je ne vois pas comment des militaires qui massacrent des populations pour préserver leurs intérêts peuvent subitement devenir des patriotes et couper la branche sur laquelle ils sont assis. Notre armée agit simplement pour préserver les intérêts d’une minorité agissante, nuisible. S’il y a des officiers supérieurs patriotes, qu’ils commencent par empêcher que l’armée massacre des civils qui ont les mains nues, ce sera déjà très patriotique de leur part. La mobilisation populaire se chargera du reste.

Le Républicain : Pour revenir à la communauté internationale, comment accueillez-vous la nouvelle position de M. Louis Michel, le commissaire européen au Développement et à l’action humanitaire, sur la situation politique togolaise ?
Jean-Pierre Fabre : Je note une évolution certaine de sa pensée. Il n’y a pas longtemps, lorsque nous parlons de transition, on nous traitait de radicaux. Selon son porte-parole, M. Louis Michel dit que l’UE n’acceptera pas d’élections législatives si celles-ci ne résultent pas d’une transition. Mon étonnement a été tel que j’ai cherché à vérifier la réalité de l’interview attribuée à ce porte-parole ainsi que la fidélité ou la conformité du contenu à la pensée de M. Louis Michel. Car, le commissaire Louis Michel est un personnage étrange pour ne pas dire déroutant. Permettez-moi de vous rappeler que lors de sa visite au Togo le 27 décembre 2004, quelques semaines avant la mort de M. Gnassingbé Eyadéma, M. Louis Michel n’a pas craint de reprocher à l’opposition togolaise d’utiliser l’Union Européenne pour « établir un rapport de force avec le pouvoir en place ». Incompréhensible, n’est-ce pas ? Exactement ce que disait le régime Eyadéma. Comme si nous n’avons pas le droit, de nous protéger, d’invoquer un Accord signé par le Togo, en l’occurrence la Convention ACP/UE qui garantit le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques.

La nouvelle attitude de M. Michel me conforte dans mon analyse selon laquelle, il vaut mieux compter sur soi-même et éviter ainsi d’être à la merci des caprices d’une communauté internationale dont les positions fluctuent selon les intérêts de ses composantes les plus actives. Il ne faut pas trop se réjouir. Personne ne sait ce que dira demain M. Michel.

Le Républicain : Qu’en est-il des rencontres UFC - RPT sous l’égide de Sant’Egidio à Rome. Est-ce aussi une porte de sortie de crise si vous refusez le dialogue national ? Il paraît qu’une nouvelle rencontre se prépare.
Jean-Pierre Fabre : Sant’Egidio et le dialogue ne s’excluent pas. Au contraire ! Les rencontres organisées sous les auspices de Sant’Egidio préparent le dialogue. Elles lui pavent la voie. Leur but est de déblayer le terrain pour un dialogue national véritable. Il s’agit de faire en sorte que le dialogue ne perd trop de temps dans des préliminaires. Il s’agit de faire accepter par les deux parties, la discussion sur les questions fondamentales que sont la réforme de l’armée, les réformes institutionnelles, les réformes du cadre électoral « en partant de l’Accord-cadre de Lomé », la question de l’impunité, de l’insécurité etc. Ces rencontres peuvent également permettre de régler le problème du médiateur.

S’agissant de l’imminence d’une nouvelle réunion à Rome, je l’ai appris comme vous sur les antennes des radios, surtout internationales. Les prochains jours diront exactement ce qu’il en est.

Le Républicain : Bientôt un an après l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir. Etes-vous prêts aujourd’hui à accompagner finalement son gouvernement pour l’intérêt de la nation ?

Jean-Pierre Fabre : Pas du tout. Faure Gnassingbé n’a aucune légitimité. Il est peut-être adopté par une certaine communauté internationale qui trouve son intérêt dans son maintien au pouvoir, mais il n’est pas accepté par les populations togolaises. Et ce n’est pas la communauté internationale qui désigne le chef de l’Etat togolais. Nous sommes prêts à œuvrer dans le cadre d’un gouvernement de transition dans lequel les responsabilités seront définies par un Accord Politique pour appliquer un programme de transition qui conduira aux élections, à toutes les élections. Il sera donc question d’établir un calendrier d’élections y compris un calendrier d’élection présidentielle. Cela voudra dire qu’il faudra examiner le mandat du chef de l’Etat actuel qui est, comme chacun le sait, un mandat frauduleux, illégitime. Nous ne sommes pas prêts à accompagner Faure Gnassingbé vers où que ce soit sauf à lui permettre de sortir de manière civilisée et digne de l’impasse dans laquelle le régime RPT a conduit le Togo.

Le Républicain : Autrement dit vous continuerez à combattre le pouvoir Faure tout comme celui de son père défunt Eyadema ?

Jean-Pierre Fabre : Nous n’avons pas le choix ! Je crois qu’il serait plus correct de parler de pouvoir RPT. Ce parti est, comme chacun le sait, l’écran de fumée derrière lequel se cache l’armée. Il n’y a pas de pouvoir Faure. Comme vous pouvez le constater, le pouvoir n’a pas changé. Faure Gnassingbé gère le ministère des bonnes intentions et de la parole. Il fait des déclarations lénifiantes à l’attention de la communauté internationale qui préfère se satisfaire de celles-ci. Mais moi je suis togolais et je vis dans ma chaire les méfaits d’une telle situation. Alors ce que pense la communauté internationale n’est pas tellement mon problème. Je crois qu’au Togo on s’en préoccupe trop. Force est de constater que Faure Gnassingbé s’est juste glissé dans le costume de son père. Il fait exactement comme lui. Il inflige aux togolais le spectacle lamentable de cérémonies familiales, (Koromsa et Kabissa) comme si leurs affaires privées (que bien entendu, nous respectons) nous concernent. Finalement, le régime est toujours là, toujours aussi mauvais, toujours aussi nuisible, toujours aussi ubuesque. Bien entendu, si pendant le dialogue, il y a des avancées significatives sanctionnées par un Accord politique dont la mise œuvre par un gouvernement de transition est acceptée, nous aviserons.

Le Républicain : En tant qu’homme politique, quelle appréciation faites-vous de façon générale de la situation des droits de l’homme aujourd’hui au Togo ?
Jean-Pierre Fabre : La situation des droits de l’Homme est toujours catastrophique au Togo. Je vous donne un exemple. J’ai rencontré une délégation de notre Fédération de la préfecture de Tchamba. Il se passe là-bas des choses inimaginables. Le chef de canton de Krikri sème la terreur et la désolation dans le village. Un de nos militants a vu sa case brûlée samedi 18 février dernier par les miliciens du RPT. Le terrorisme du chef envers les militants de l’opposition a été porté, depuis longtemps, à la connaissance du préfet, du commandant de brigade de la gendarmerie et même du ministre de l’Administration territoriale qui n’ont pris aucune mesure pour mettre fin à cette situation. Ils laissent faire, si ce ne sont pas eux-mêmes qui commanditent ces méfaits. Du moment où ceux qui commettent des actes graves ne subissent aucune sanction, comment voulez-vous que l’impunité n’encourage pas à la réédition de ces actes ? La situation des droits de l’homme demeure épouvantable au Togo sous Faure Gnassingbé. Il ne peut en être autrement, car l’insécurité est consubstantielle à ce genre de régime sans légitimité. S’il fait des réformes significatives, il tombe.

Le Républicain : Face à cette complexité sociopolitique, comment envisagez-vous alors la suite de votre lutte ?
Jean-Pierre Fabre : Personnellement, je n’ai jamais pensé que la lutte allait être facile à mener. Voilà pourquoi, je salue le courage et la détermination des compatriotes qui se sont investis pour mettre fin au régime RPT. Si nous voulons réellement en finir avec cette dictature qui nous opprime depuis si longtemps, je ne doute pas un seul instant que nous y parviendrons. Mais, nous devons nous en donner les moyens. Ces moyens, je l’ai déjà dit, c’est la mobilisation populaire. Je sais, on me dira que les togolais se sont toujours mobilisés mais que le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. Je suis d’accord. Alors, faut-il croiser les bras et attendre devant son portail que le cadavre du régime passe ? Il faut continuer, se mobiliser jusqu’à obtenir le changement que nous voulons tous. Donc mobilisation, mobilisation, mobilisation. On ne peut pas se dire adepte du changement et se planquer dans son bureau, attendant que le changement vienne. Non, il faut être sur le terrain avec les populations. Je suis un adepte invétéré de la mobilisation populaire et je crois que c’est le meilleur moyen de lutte pacifique. Si les leaders politiques sont avec les populations, celles-ci seront rassurées et suivront. Nous ne sommes pas moins intelligents ou moins courageux que les Georgiens, les Ukrainiens, les Malgaches, les Serbes etc.

Le Républicain : D’autres acteurs politiques se sont joints à vous. Je veux parler de l’ancien ministre de l’intérieur Akila-Esso Boko, l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, l’ancien Président de l’Assemblée Nationale Dahuku Péré pour la même cause c’est-à-dire le changement du système en place et un Etat de droit. Comment pensez-vous concilier leurs actions et les vôtres ?
Jean-Pierre Fabre : Je vous dirai d’abord que cela fait un drôle d’effet de discuter tranquillement avec des personnes auxquelles nous avons été opposés farouchement. Mais c’est un exercice auquel je me plie de bonne grâce. C’est la vie politique qui veut cela. Seul l’objectif compte. Ces personnes sont les bienvenues au sein de l’opposition. Nous leur avons dit depuis longtemps : « Bienvenue à bord ». Nous n’avons pas le monopole du patriotisme, de la libération du Togo du joug de la dictature. Toutes les contributions, quelles qu’elles soient, doivent concourir à l’objectif final. Il nous revient de fédérer toutes les énergies pour atteindre cet objectif commun. La première chose, c’est d’abord d’être en concertation permanente avec tout le monde. C’est ce que nous essayons. Et cela se passe plutôt bien.

Le Républicain : Qu’en est-il avec les autres partis, les autres leaders qui existaient déjà avant l’arrivée de ceux précités ? Je veux parler de Me Yawovi Agboyibo, du professeur Léopold Gnininvi et autres...

Jean-Pierre Fabre : Je ne vous cache pas que le contact n’est plus ce qu’il était. Vous savez que certains de ces partis privilégient encore aujourd’hui la question de notre participation aux législatives en mettant en avant la stratégie électorale. Ils subordonnent toute concertation au partage préalable des circonscriptions électorales au sein de l’opposition. Pour nous, la question des élections législatives n’est pas encore à l’ordre du jour. Nous devons d’abord régler les problèmes qui minent la vie du pays, comme par exemple, la question fondamentale de la réforme de l’armée nationale. Nous devons faire en sorte que les recommandations du rapport des Nations Unies sur la violence au Togo pendant la dernière période électorale deviennent des résolutions afin qu’on en finisse définitivement avec la question de l’impunité. Donc, quand on nous parle d’élections législatives, nous pensons qu’on est à côté de la plaque. Qui peut aujourd’hui appeler les populations à aller voter si ces populations ne constatent pas que la question fondamentale de l’insécurité en période électorale est réglée ou en cours de règlement ? Certains partis disent qu’il faut se présenter aux élections sans avoir réglé ou même sans avoir posé la question de la réforme de l’armée. Donc, il existe aujourd’hui entre nous, une divergence fondamentale sur la stratégie à adopter. Nous avons quelques contacts informels, mais ça reste à ce stade insuffisant et c’est dommage.

Le Républicain : Certains de vos camarades estiment qu’il faut faire table rase du passé. Mais vous, vous semblez privilégier la thèse de l’impunité et de la sécurité des populations avant toute autre tenue d’élections ?
Jean-Pierre Fabre : Oui, c’est bien cela. L’insécurité est le problème majeur des togolais aujourd’hui. Et insécurité et impunité sont intimement liées. L’une nourrit l’autre. Je crois aujourd’hui qu’il ne faut pas se tromper de stratégie. Les populations chaque fois qu’elles vont voter, se font massacrer. Il faut les rassurer. On ne peut les rassurer qu’en procédant à une réforme fondamentale, concrète, visible, palpable de l’armée nationale qui procède à ces massacres. Donc, c’est se tromper aujourd’hui que de parler d’élections législatives comme élément déterminant de sortie de crise. Si un parti se présente aujourd’hui aux élections sans que la question de l’insécurité des populations en période électorale soit réglée, il servira simplement de complice, de faire valoir ou d’accompagnateur au régime dans ces violations de droits de l’Homme. Nous, ce n’est pas ce qui nous intéresse.

Le Républicain : Avant d’en finir, un mot sur le rapport des travaux de la Commission de réhabilitation de l’histoire.

Jean-Pierre Fabre : Les conclusions des travaux de cette fameuse commission sont incompréhensibles pour moi. Gnassingbé Eyadéma ne peut jamais être considéré comme le père de la nation. Pendant la lutte pour l’indépendance, les togolais, toutes origines confondues, ont affirmé une volonté commune de vivre ensemble sur un même territoire, de Lomé jusqu’à Cinkassé. Dans une volonté de consacrer la souveraineté du peuple togolais, ces togolais de diverses ethnies, ont créé une unité. C’est cela que traduit l’inscription sur le Monument de l’indépendance « peuple Togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la nation togolaise est née ». La nation est née de la lutte commune et de la volonté de vivre ensemble, longtemps avant l’irruption sanglante de Gnassingbé Eyadéma sur la scène politique togolaise. Gnassingé Eyadèma qui n’a eu de cesse de diviser les togolais, qui a mené une politique de violence, qui a corrompu toutes les institutions de l’Etat, mises à son service personnel et celui de son clan, ne peut être considéré comme le père de la nation. Au lieu de renforcer les fondements de la nation que les autres avaient créés, il s’est employé à les détruire. Comment veut on faire de l’auteur de cette situation, le père de la nation ? Il faut donc considérer les travaux de la commission de réhabilitation de l’histoire comme. Une « togolaiserie » de plus.

Le Républicain : Enfin,que rêvez-vous pour le Togo de demain ?

Jean-Pierre Fabre : Je rêve naturellement d’un Togo à jamais débarrassé de la dictature. Je rêve d’une population togolaise remobilisée, rassemblée pour imposer le changement. Je rêve d’une opposition togolaise débarrassée de ses tares, unie et déterminée pour imprimer l’orientation adéquate à la lutte. Je rêve d’une communauté internationale plus cohérente dans ses actes. Mais, je ne suis pas un rêveur ! Je suis un combattant. Et je ne rêve pas souvent.

Le Républicain : Je vous remercie.

Jean-Pierre Fabre : Je vous en prie.

Interview réalisée par Ben KITEGI - Le Républicain

 

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