Dialogue intertogolais

Olympio quitte Lomé et ne participera pas au dialogue intertogolais

par UFCTOGO.COM , le 26 juillet 1999, publié sur ufctogo.com

 

Gilchrist Olympio, principal opposant au président togolais Gnassingbé Eyadéma, est reparti lundi au Ghana quelques heures à peine après son arrivée à Lomé, ses exigences dans le dialogue intertogolais ayant été rejetées par l’ensemble des partis, majorité comme opposition.

Longtemps attendu à Lomé, où se déroulent depuis une semaine des pourparlers entre pouvoir et opposition, le président de l’Union des forces du changement (UFC) a annoncé qu’il ne prendrait pas part à ce dialogue et qu’il rentrait au Ghana, d’où il était arrivé le matin même. Il a repassé la frontière entre les deux pays vers 17 heures (locales et GMT).

A son arrivée à Lomé dans la matinée, M. Olympio avait exigé une rencontre bilatérale avec le parti présidentiel, le Rassemblement du peuple togolais (RPT). "Cette proposition a été combattue par tous les partis participants au dialogue, y compris par les partis dits de l’opposition", a commenté M. Olympio lors d’une conférence de presse. Pour lui, dans le contentieux électoral qui perdure depuis la réélection en juin 1998 du président Eyadéma, "il y a deux protagonistes, le RPT qui affirme avoir gagné les élections, et l’UFC qui revendique également la victoire". Les autres partis d’opposition participant aux discussions avaient vivement rejeté l’exigence du président de l’UFC, estimant qu’elle menait à leur "exclusion" des négociations et que les problèmes politiques togolais dépassaient une simple question électorale. Le RPT abondait dans ce sens. "Il n’était pas bienséant que la mouvance présidentielle s’enferme avec un parti, car pour nous tous les partis sont égaux. Si M. Olympio a un plan secret pour résoudre la crise, il faut qu’il l’expose publiquement", a déclaré à l’AFP Fambaré Ouattara Natchaba, vice-président de l’assemblée nationale.

Selon M. Olympio, les facilitateurs internationaux du dialogue ont proposé une "rencontre en tête à tête entre le chef de l’Etat président du RPT et moi-même". "Le président Eyadéma a refusé. Il est le seul à porter la responsabilité de cet acte", a poursuivi M. Olympio. "Ce refus de discuter au sommet ne peut que prolonger la crise", a-t-il estimé, précisant que l’UFC continuera à prendre part au dialogue. M. Olympio a également annoncé que l’UFC était prête à participer aux élections législatives anticipées prévues en mars prochain, annoncées vendredi dernier par le général Eyadéma. "Mais les élections législatives seules ne peuvent résoudre la crise que nous avons. Il va falloir reprendre également l’élection présidentielle", a réaffirmé M. Olympio.

Attendu au Togo le 18 juillet, veille de l’ouverture des pourparlers, le leader de l’UFC avait estimé que sa sécurité n’était pas assurée. Il avait finalement accepté de se rendre lundi matin à Lomé, les médiateurs ayant mis au point un nouveau dispositif de sécurité, avec notamment quatre "agents de liaison" occidentaux et une garde rapprochée d’une quinzaine d’officiers togolais que M. Olympio a pu lui-même choisir.

L’opposant vit en exil au Ghana depuis 1992 après avoir été victime d’un attentat dans le nord du Togo qui avait failli lui coûter la vie. Il a été plusieurs fois condamné à mort par contumace au Togo et a passé la majeure partie de sa vie en exil. M. Olympio est le fils du premier président togolais Sylvanus Olympio, assassiné en 1963 lors d’un coup d’Etat militaire auquel le président Eyadéma avait pris part.

 

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