Point de presse

Olympio fait le point

par RFI (France) , le 19 juin 2005, publié sur ufctogo.com

Les leaders des partis d’opposition retournent, chacun dans son camp, au milieu des siens pour peaufiner une stratégie de résistance au pouvoir qui s’installe à Lomé. Gilchrist Olympio, le chef du principal parti d’opposition, l’Union des forces de changement (UFC) est rentré à Paris et a fait le point de la situation devant la presse internationale.

 

Le retour à Paris et la reprise des conférences de presse pour expliquer ce qui se passe à Lomé avait un air de déjà vu. Le président de l’UFC, Gilchrist Olympio, devant les journalistes, le 17 juin à Paris, a méthodiquement repris ce qui a toujours constitué le fond de son discours, « comment relancer le dialogue politique au Togo ». Persuadé que la sortie de crise dans son pays se trouve au bout de cette démarche, il a toutefois justifié le rejet de l’invitation du président de fait du Togo, Faure Gnassingbé qui a récemment convoqué les partis de l’opposition « pour consultations ».

Le 27 mai dernier, Faure Gnassingbé, dans le cadre des consultations qui, selon lui, étaient un préalable pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale, avait reçu quatre partis de l’opposition, tous membres de la coalition qui avait proposé un seul et unique candidat, Emmanuel Bob Akitani à la présidentielle du 24 avril dernier. Même si la rencontre n’a débouché sur rien de conséquent, l’UFC pour sa part, avait pris l’initiative de se désolidariser des autres partis pour contester l’opportunité de la rencontre. « Dans le contexte actuel où les autorités de fait n’ont aucune légitimité démocratique, l’UFC ne saurait honorer une telle invitation. Dans ces conditions, la légitimité des institutions de l’Etat, en l’occurrence le président de la République, ne peut procéder que d’un accord politique entre les protagonistes de la crise née de l’élection présidentielle frauduleuse du 24 avril 2005 », précisait un communiqué de l’UFC.

Gouvernement d’union nationale ou de transition

L’UFC ne reconnaît donc pas Faure Gnassingbé comme président démocratiquement élu du Togo et encore moins la nomination du premier ministre Edem Kodjo, fondateur par ailleurs du Rassemblement du peuple Togolais (RPT), ancien parti unique. Dans sa logique, le président de l’UFC réfute également l’idée d’un gouvernement d’union nationale. Son parti a plutôt fait le choix d’un gouvernement de transition qui serait l’émanation « d’un dialogue sérieux entre le pouvoir et la coalition (opposition) ». L’accord qui sera tiré du dialogue politique « instaurera un gouvernement de transition de 18 mois », précise Gilchrist Olympio. Une différence fondamentale qui existe entre les qualificatifs affectés au gouvernement du Togo est au cœur du débat politique. Qui dit gouvernement de transition dit également équipe oeuvrant pour des changements constitutionnels et pour une évolution des institutions. En revanche, par gouvernement d’union nationale les partisans de cette option expriment leur volonté d’enterrer la hache de guerre en concluant des accords de gestion commune.

Or, dans le contexte politique togolais, cette option ne règle aucun problème de fond. Le RPT reste accroché à ses privilèges et l’armée demeure le bras armé du gouvernement en confondant sa mission de défense de la nation à un rôle de défenseur du pouvoir. Le changement au Togo tient à la transformation du « système clanique » installé par le défunt président général Gnassingbé Eyadéma, le père de l’actuel président. A ce propos, Gilchrist Olympio, regrette les prises de position de la diplomatie française qui continue « de penser que la démocratie est un luxe pour les pays africains. Dans la crise politique au Togo, la France reste un problème », a-t-il déclaré. Il a aussi déploré le changement d’attitude du président du Nigeria et président en exercice de l’Union africaine (UA), Olusegun Obasanjo soupçonné de troquer le maintien du statu quo au Togo, contre la défense par la France de la candidature du Nigeria à un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu.

Dans cette affaire, Alpha Oumar Konaré, le président de la Commission de l’UA est resté le seul allié crédible de l’opposition togolaise qui court après un véritable changement au Togo. La nomination d’un nouveau facilitateur pour le dialogue politique au Togo a été violemment rejeté par Olusegun Obasanjo qui a renvoyé la toute jeune UA aux pires heures de l’OUA (Organisation de l’Unité africaine).

Bref, le leader de l’UFC de retour à Paris, craint le pire pour son pays, « car les choses ne vont pas aller en s’améliorant », fait-il remarquer. « Au nom d’une prétendue stabilité, certains ont fait le choix de la continuité ; il n’y a qu’à regarder ce qu’est devenue la Côte d’Ivoire après la disparition du président Houphouët Boigny, pour voir que c’est souvent le contraire qui se produit », conclut Gilchrist Olympio qui fonde ses espoirs dans un inlassable travail de mobilisation et de pression internationale pour inverser le cours de choses au Togo.
Didier Samson - RFI

 

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