Mondialisation

OMC (WTO) : les attentes africaines à Cancun

par Cameroon Tribune (Cameroun) , le 10 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

Médicaments, agriculture, investissements, conflits engendrés par la mondialisation des échanges de biens et de services, ouverture des marchés de télécommunications, des services financiers, des assurances, du tourisme, des services environnementaux comme l’eau : tels sont les principaux points à l’ordre du jour de la 5è conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tient du 10 au 14 septembre à Cancun au Mexique.

 

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Avant l’ouverture de cette conférence, les pays du Nord ont marqué leur accord pour l’accès des Etats du Sud aux médicaments génériques. Ainsi le 30 Août, l’Organisation a approuvé à son siège de Genève un projet qui accorde à ces Etats une dérogation au régime des brevets. Elle leur permettra donc d’importer des médicaments moins chers pour combattre des maladies telles que le sida, le paludisme et la tuberculose. Malgré cette grande victoire, le plus dur reste à venir, du moins en ce qui concerne l’Afrique.

En effet, parmi les nombreux points inscrits à l’ordre du jour figure un qui intéresse particulièrement le continent : "le commerce équitable". Cela se comprend : la guerre contre le protectionnisme ou l’ouverture commerciale prônée par l’OMC ne donne pas encore aux pays africains les résultats escomptés. La contradiction est ainsi manifeste entre les politiques appliquées dans le secteur du coton. Les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) notamment subventionnent leurs producteurs d’or blanc.

Des sources dignes de foi font état de plus de 1 milliard de dollars par jour de subvention que les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) accordent aux agriculteurs. Leur agriculture peut ainsi générer des excédents vendus à perte sur les marchés mondiaux. Selon une ONG spécialisée, l’UE et les Etats-Unis exportent à des prix inférieurs de plus d’un tiers aux coûts de production. Ce dumping a des effets néfastes dans les pays africains. Loin de profiter du flux croissant des richesses, ceux-ci s’appauvrissent davantage. Ces subventions occidentales ont entraîné dans les pays de l’UEMOA par exemple des pertes évaluées au cours des cinq dernières années à 500 milliards de FCFA en ce qui concerne la filière coton. C’est pourquoi en prélude à la conférence de Cancun, une pétition de 240 000 signatures a été signée au Sénégal par des ONG et des associations de la société civile.

C’est par conséquent, au nom du "commerce équitable" que l’Afrique souhaite à Cancun une suppression pure et simple des subventions occidentales ou le redéploiement de celles-ci vers des objectifs sociaux ou environnementaux.

Jean Ngandjeu - Cameroon Tribune (Yaoundé)

 

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