Présidentielle

Nouveaux incidents à Lomé

par Reuters , le 25 avril 2005, publié sur ufctogo.com

 

Des partisans de l’opposition armés de pierres et de bâtons se sont heurtés lundi aux forces de l’ordre togolaises à Lomé, au lendemain de l’élection présidentielle endeuillée par la mort de trois personnes.

Les magasins, les banques et certaines écoles sont restés fermés alors que l’on ignore toujours la date à laquelle les résultats du premier scrutin de l’après-Eyadéma seront publiés.

A Adakpamé, dans la banlieue de Lomé, des dizaines de jeunes gens ont brûlé des pneus. Les forces de l’ordre ont répliqué à l’aide de gaz lacrymogènes et de grenades étourdissantes.

Signe de l’état de tension permanent dans la capitale, un hélicoptère survolait le quartier de Bé, l’un des bastions de l’opposition, où patrouillaient également des "bâchées" hérissées de mitrailleuses.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a déclaré que le scrutin s’était déroulé dans des "conditions globalement satisfaisantes malgré un certain nombre d’incidents". Selon lui, il s’agit d’un "succès" qui doit être confirmé lors du dépouillement pour lequel il a appelé au calme.

Les protagonistes de cette première élection de l’après-Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février après 38 ans d’un règne sans partage, ont crié à la fraude et dénoncé des méthodes d’intimidation, laissant craindre une flambée de violences à la publication des résultats, quel que soit le camp déclaré vainqueur.

"Tout le monde a peur. Nous attendons les résultats mais nous pensons qu’ils (les partisans de Faure Gnassingbé, le fils du défunt président) vont voler ces élections et que les gens vont descendre dans la rue", déclare Jean, un partisan de l’opposition âgé de 25 ans.

Les dirigeants africains redoutent un nouvel embrasement dans une région déjà secouée par plusieurs guerres.

Un responsable du ministère nigérian des Affaires étrangères a déclaré qu’une délégation togolaise était attendue lundi à Abuja pour s’entretenir de la situation avec le président de l’Union africaine (UA), Olusegun Obasanjo.

L’UNION AFRICAINE INQUIETE

"Le président nigérian (Obasanjo), en tant que président de l’UA, souhaite éviter l’instabilité, particulièrement au Togo qui se situe dans notre sous-région", a déclaré ce responsable, soulignant que les discussions porteraient sur l’instauration d’un "environnement pacifique" post-électoral.

Gilchrist Olympio, le président de l’Union des forces pour le changement (UFC, coalition de l’opposition) doit participer à ces pourparlers, a-t-on appris auprès de son entourage au Ghana.

Le scrutin de dimanche a opposé Faure Gnassingbé, âgé de 39 ans et chef de file du Rassemblement du peuple togolais (RPT), à Emmanuel Akitani-Bob, 74 ans, candidat unique de l’UFC.

Faure Gnassingbé avait été porté par l’armée à la tête du pays au lendemain de la mort subite de son père mais, devant les protestations parfois violentes de la rue et les pressions internationales, il avait dû démissionner le 25 février et appeler à l’organisation d’une élection présidentielle.

Le scrutin, qui s’est déroulé sous haute tension dimanche, s’est achevé dans la soirée par des affrontements entre jeunes gens et forces de l’ordre dans le quartier de Bé. Trois personnes au moins ont été tuées par balles, a-t-on appris de sources diplomatiques.

La Croix-Rouge a pour sa part annoncé avoir soigné ou hospitalisé une trentaine de personnes, dont sept ont été grièvement blessées.

Les dirigeants de l’opposition ont fait savoir à l’avance qu’ils n’accepteraient pas les résultats du scrutin.

"Nous surveillons la situation de très près. Il y a eu une fraude massive et cela m’étonnerait que nous acceptions les résultats", a déclaré Gilchrist Olympio au micro de Radio France Internationale.

Olympio, fils de l’ancien premier président togolais Sylvanus Olympio assassiné en 1963 par un groupe de militaires dont faisait partie Gnassingbé Eyadéma, n’a pas pu se présenter à l’élection présidentielle car il a vécu la majeure partie des 12 derniers mois en exil à l’étranger.

Dimanche, le fils Eyadéma s’est dit confiant en ses chances de victoire, tout en affirmant ne pas vouloir rester longtemps aux commandes.

"Aujourd’hui, je ne veux pas m’éterniser au pouvoir", a-t-il dit lors d’une conférence de presse au domicile privé de son père. "Je me suis engagé à former un gouvernement d’ouverture, avec les représentants de tous les partis politiques".

par Silvia Aloisi - Reuters

 

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