Recours

« Nous demandons une chose et son contraire »

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 1er mai 2005, publié sur ufctogo.com

 

Une certaine presse rapporte que la Coalition de l’opposition démocratique demande l’annulation du scrutin alors que son candidat s’est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle. Ainsi dit-elle que « la Coalition demande une chose et son contraire ». C’est de la désinformation.
En fait la Coalition a régulièrement introduit auprès de la CENI un recours en annulation des résultats dans 12 circonscriptions électorales où les chiffres attribués à Faure GNASSINGBE ont été exagérément gonflés jusqu’à atteindre 200% de votants dans certains cas selon leurs propres comptes, arrivant ainsi à presque 600.000 voix fictives en sa faveur. Si on annule ces résultats dont l’opposition détient les procès verbaux, Bob AKITANI aura un score supérieur à plus de 60%.

Ce recours a été déposé dans le délai très court imparti autrement les résultats frauduleusement attribués à Faure GNASSINGBE seront entérinés par la Cour Constitutionnelle qui est comme tout le monde le sait aux ordres du pouvoir en place. Les mêmes recours ont été introduits en 1998 et en 2003 et ont été purement et simplement rejetés par la Cour Constitutionnelle.

Cela dit, il y a des discussions très importantes qui doivent être entamées rapidement pour aboutir à un accord politique en tenant compte de la situation de crise aggravée avec d’innombrables atteintes aux droits élémentaires de l’Homme dans notre pays. Ces discussions qui nous ont été annoncées pour cette fin de semaine à Lomé et à Abuja sous l’égide de l’Union Africaine et probablement de l’Union Européenne devront, à notre avis, inclure et apprécier tous les problèmes qui, en amont, au cours et en aval du scrutin, ont empêché la mise en place des systèmes de normes électorales internationales et conduit au drame national que nous vivons.

Il s’agit.En amont du scrutin :
- la représentation inéquitable de l’opposition et du pouvoir militaire au sein de la CENI et de la Cour Constitutionnelle aux ordres du pouvoir pour peser sur les résultats ;
- la manipulation de la préparation des élections : recensement, listes électorales, distribution des cartes électorales, accès inéquitable des candidats aux médias ;
- stratégie d’intimidation et de violence mise en œuvre par les militants et miliciens du RPT et des membres des forces armées contre les populations ainsi que les militants et les cadres de la Coalition de l’opposition ;
- impréparation des observateurs de la CEDEAO et des doutes sur leur impartialité ;
- partialité de la mission de la CEDEAO et de la Présidence de la CEDEAO qui n’ont donné aucune suite sérieuse aux requêtes fondées de la Coalition de l’opposition ainsi qu’à la démarche du ministre de l’intérieur 48 heures avant le scrutin ;
Pendant le scrutin :
- distribution et vente illicites de cartes le jour même du scrutin ;
- ouverture tardive de certains bureaux de vote, affichage tardive des listes d’électeurs, utilisation d’encre délébile, vote parallèles ou multiples, bourrage des urnes ;
- coupure de toute communication entre citoyens à l’intérieur et à l’extérieur : portables, téléphone, fax etc., et surveillance des fixes des opposants ;
- refus de permettre aux délégués de l’opposition de rester dans les bureaux de vote dans la partie septentrionale du pays ;
- refus de permettre aux délégués de suivre le dépouillement dans les circonscriptions réputées être les bastions de l’opposition ;
- opération commandos des militaires dans les bureaux de vote pour emporter ou détruire les urnes ;
- destruction par des hommes cagoulés du centre de traitement informatique de la Coalition de l’opposition ;
Après le scrutin :
- mise en œuvre de mesures quasi « fascistes » dès la fermeture des bureaux de vote : restriction totale ou partielle sur les réseaux de communications ;
- violences contre des manifestations de l’opposition par des hommes en arme tirant à balles réelles ;
- violences verbales du gouvernement contre des opposants et contre certaines représentations internationales ;
- arrestation ou enlèvement de nombreux contestataires ou citoyens paisibles, conduits vers une destination inconnue et qui pourraient avoir fait l’objet d’exécution extrajudiciaires ;
- incitation à la haine tribale ;
- biens et propriétés des opposants saccagés
- incendie du Centre culturel allemand ;

Dans de telles conditions la Communauté internationale doit d’abord exiger du pouvoir en place le casernement de ses troupes et de ses milices pour apaiser les populations, apporter une aide aux réfugiés pour panser leurs plaies et les rassurer sur leur retour rapide au pays.

Les partenaires internationaux doivent aujourd’hui mesurer leur responsabilité dans leur refus demander aux autorités togolaises de modifier la Constitution ou d’établir un accord politique pour permettre un report de l’élection présidentielle ou un changement des conditions d’éligibilité (contrairement à la position adoptée vis-à-vis de la Côte d’Ivoire), alors qu’ils ont accepté le coup d’Etat ayant consisté à destituer le Président de l’Assemblée nationale au moment du décès d’Eyadéma ou encore la candidature de Faure GNASSINGBE pourtant disqualifié par son coup d’Etat.

Il y a lieu de retenir aussi que la mission de la CEDEAO, la présidence de la CEDEAO, le Quai d’Orsay (porte-parole de l’Elysée) et le Secrétaire Général de l’ONU n’ont donné aucune suite aux problèmes graves et pertinents soulevés par l’opposition en rapport avec l’élection.
Les parties précitées ont totalement passé sous silence les graves violations ayant entaché le scrutin ainsi que les exactions à grande échelle commises par les miliciens et militaires agissant en collusion avant, pendant et après le scrutin.

La mission de médiation qui se rend aujourd’hui au Togo ne doit pas permettre à Faure GNASSINGBE de rééditer les coups de son défunt père de 1998 et 2003 en prétendant avoir gagné les élections avec la bénédiction de certaines puissances et organisations africaines déjà prêtes à accepter le statut quo qui réduirait le Togo au silence et faire des opposants des errants criant dans le désert.
Seul aujourd’hui un dialogue politique sous l’égide d’une grande personnalité et avec le concours d’organisations crédibles pourrait inspirer confiance aux uns et aux autres.

Ce dialogue doit contribuer à rendre justice au Peuple togolais en lui reconnaissant sa victoire. Permettre à Faure GNASSINBGE de sauter à l’heure actuelle dans le fauteuil laissé par son père, c’est ouvrir la voie à une guerre civile et la mort programmée du Togo qui satisferont ceux qui préconisent de rebâtir ce pays sur ces cendres.

 

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