CONFERENCE DE PRESSE DE L’UFC

Non au sabotage du dialogue national !

par UFC , le 12 juillet 2006, publié sur ufctogo.com

Le jeudi 6 juillet 2006, certaines délégations au dialogue politique national ont paraphé un document intitulé Accord politique de base.

Cet acte procède d’une escroquerie politique contraire à l’esprit de consensus qui devrait prévaloir dans la recherche d’une solution juste et durable à la crise togolaise conformément à l’engagement 1.3 « de procéder, sur la base de l’Accord Cadre de Lomé, à une révision du cadre électoral, garantissant un processus électoral transparent et démocratique acceptable pour toutes les parties... »

 

L’UFC condamne les procédés par lesquels le bureau du dialogue cherche à imposer à tout prix un projet préconçu appelé successivement, Projet d’accord politique global, Projet révisé d’accord politique global, Projet final d’accord politique global pour devenir Accord politique de base. Ce document ne reflète ni le contenu des débats ni la volonté d’aboutir à un consensus.

Le bureau du dialogue semble occulter la situation de crise qui est à la base du dialogue politique inter togolais. Crise qui provient des violations répétées des droits de l’Homme et des principes démocratiques dont les plus récentes sont les coups de force électoraux, les crimes commis contre le peuple togolais pendant la période du scrutin présidentiel du 24 avril 2005.

La séance du jeudi 6 juillet 2006, au cours de laquelle « l’Accord politique de base » a été paraphé par certaines délégations, n’est pas une séance plénière du dialogue dûment convoquée, contrairement à ce qu’affirme le président du bureau dans sa lettre du vendredi 7 juillet 2006 adressée aux partis politiques. A ce titre, cette séance ne peut conférer la qualité d’accord politique de base à ce document qui peut, au mieux, être considéré comme un document de travail commun à des parties au dialogue.

En effet, le 05juillet 2006, a eu lieu une séance du dialogue national au cours de laquelle a été discuté l’ordre du jour suivant :

1/ Rapport de synthèse de la dix neuvième séance
2/ Examen des propositions d’amendement de la version révisée du projet d’accord politique global
3/ Examen de la version finale du projet d’accord politique global
4/ Divers

Au point 2 de l’ordre du jour, il est constaté que la plupart des délégations, notamment l’UFC, la CDPA, le CAR et le GF2D, dont les amendements étaient annexés à la lettre d’invitation à la réunion du mercredi 5 juillet 2006, ont confirmé leurs positions précédemment exprimées.

Le président du bureau propose aux délégations de cocher les points d’accord sur les documents annexés à la lettre d’invitation. Curieusement, le même bureau invite les délégations à confirmer ou non les positions exprimées précédemment.

Le Président du bureau prétextant de l’impossibilité d’obtenir un consensus, impose la deuxième version révisée du projet d’accord politique comme version finale du projet d’accord en déclarant : « le projet d’accord version numéro 2 devient le projet final... Il faut lui attacher le prix qu’il faut. On peut aller au delà de cet acquis...Les délégations qui l’acceptent peuvent le parapher comme accord politique de base...Après l’intervention de la facilitation, cet accord politique de base deviendra un accord politique global. Ceux qui donnent leur accord viendront parapher le document demain matin à 10 h. »

L’UFC marque son désaccord sur la méthode cavalière par laquelle le bureau tente de faire adopter un document comportant plusieurs points de divergence fondamentaux (composition de la CENI, mode de scrutin, réforme de la cour constitutionnelle et de la HACC etc.). Si l’objectif visé par cette opération de paraphe est de préserver les acquis comme tentent de le faire croire les membres du bureau, il suffira de lister les points d’accord, d’insuffisance et de désaccord et de les faire adopter par une séance plénière du dialogue. La manœuvre cache mal une volonté d’exclure pour des desseins inavoués.

La CDPA, pour sa part désapprouve également la démarche du bureau et fait remarquer que l’attitude du bureau laisse apparaître le choix et la mise en œuvre d’un schéma conçu d’avance.

Il convient de rappeler que lors de la séance du dialogue, le 16 juin 2006, il a été retenu de recourir à une facilitation en cas de persistance de désaccord, comme l’a déjà affirmé, à plusieurs reprises, le président du bureau du dialogue.

En réponse aux critiques d’improvisation, d’inorganisation et de cafouillage, adressées par certaines délégations, le président du bureau du dialogue confirme que « toute attitude du bureau procède de concertation entre ses membres voire de préméditation ... ». Il ajoute qu’il y a deux types de délégations :
-  celles qui acceptent de parapher le document sans condition. Elles sont invitées à venir le lendemain à 10h.

-  celles qui ont choisi la stratégie du tout ou rien. Elles n’ont qu’à faire ce qu’elles veulent.

Lorsque l’UFC demande d’intervenir pour protester contre de tels propos discriminatoires qui écartent le président du bureau de son rôle et de ses attributions, Me Agboyibo, refuse de donner la parole, coupe le micro et lève la séance, consacrant ainsi une scission au sein des parties au dialogue, plutôt que de s’investir pour la cohésion du groupe.

Il est manifeste que l’attitude du bureau vise à éviter d’aller au fond des débats et à escamoter de manière délibérée le dialogue.

Quand on invoque, pour conférer une crédibilité à ce document, sa signature par sept délégations au dialogue sur neuf, il faut avoir présent à l’esprit que deux partis de l’opposition sur trois, et non des moindres, l’ont jugé irrecevable.

Le paraphe d’un prétendu accord politique de base n’est qu’une tentative de coup de force grotesque ourdie par le bureau et son président.

L’UFC demande que la parenthèse de cette tentative de coup de force soit fermée et qu’une plénière en bonne et due forme soit convoquée afin de reprendre le dialogue et rechercher en toute sérénité les solutions durables et consensuelles à la crise, entre autres, par des concertations bilatérales et par une médiation crédible.

L’UFC quant à elle a déjà prouvé sa disponibilité.

L’UFC exhorte les populations togolaises à ne pas se laisser abuser par des manœuvres dilatoires et de diversion, orchestrées par le bureau du dialogue.

Elle lance un appel pressant au dialogue national pour qu’il se ressaisisse et prenne en compte les aspirations des populations en lieu et place des intérêts partisans.

L’UFC demande à la communauté internationale d’aider le dialogue à se poursuivre dans la sérénité et d’éviter toute prise de position susceptible de compliquer la situation.

Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général

Jean-Pierre FABRE

 

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