Sécurité routière

Mortalité sur la route : l’Afrique a le taux le plus élevé du monde

par Le Soleil (Sénégal) , le 12 septembre 2003, publié sur ufctogo.com

L’Afrique enregistre le taux de mortalité le plus élevé du monde dans les accidents de la route, ce qui coûte au continent quelque 7,3 milliards de dollars américains par an, soit 1% de son Produit intérieur brut (PIB), a révélé mercredi à Johannesburg le Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique (OMS-AFRO).

 

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Dans un rapport présenté à la 53è session de son comité régional Afrique, l’OMS indique que les accidents de la route ont provoqué la mort d’environ 725.000 personnes dans le continent en 2000, précisant que ce chiffre représentait 7% de l’ensemble des décès enregistrés sur le continent et 15% des morts par accident dans le monde.

Jong-Wook Lee, le directeur général de l’OMS, a estimé, dans son discours prononcé devant le Comité des ministres africains de la Santé, que les décès par accident dans le monde sont supérieurs à 1 million de personnes.

Le rapport de l’OMS-AFRO précise qu’en Afrique, les catégories les plus touchées par ce carnage sont les piétons, les passagers et les cyclistes.

Selon le document, la mauvaise conception des routes, la consommation excessive d’alcool, l’excès de vitesse, la sous-utilisation de la ceinture de sécurité et des harnais d’auto pour enfants et l’absence de système de sécurité dans les véhicules sont à l’origine de ce carnage.

On compte aussi le mauvais entretien des véhicules et des routes, la mauvaise formation des usagers des véhicules et le non-respect du code de la route. De nombreuses voitures d’occasion venues d’Europe et utilisées en Afrique ainsi que les pneus qui sont dans un mauvais état constituent un des facteurs à l’origine des accidents de la route.

Le rapport, qui aborde la question de la prévention et de la limitation des accidents de la route en Afrique, identifie les conflits et les violences relationnelles comme les principales causes de la mortalité et de l’infirmité liées aux accidents.

Les brûlures lors d’incendie, la noyade, le suicide, les chutes et l’empoisonnement, la maltraitance des enfants, l’abandon moral des personnes âgées, le viol, le mariage précoce, le trafic des enfants et les pratiques traditionnelles nuisibles telles que les mutilations génitales féminines sont cités parmi les causes de mortalité et d’infirmité liés à un accident.

D’après le rapport, quelque 116.000 cas sur les 725.000 morts par accident sont dus à des violences relationnelles, 27.000 à des suicides ou à "des violences". Quelque 167.000 décès sont dus à une violence collective, dont la moitié concernent les jeunes hommes de la tranche d’âge économiquement active des 15-44 ans.

De nombreuses personnes qui survivent à un préjudice direct souffrent d’une infirmité permanente et de divers troubles psychosociaux à la suite de ou découlant d’une maladie, d’un accident ou d’un traitement.

"Les accidents coûtent cher parce qu’il faut détourner les rares ressources d’autres secteurs prioritaires pour assurer le traitement en urgences, l’hospitalisation et le traitement à long terme", note le rapport.

Il souligne aussi que les accidents peuvent causer des infirmités à vie qui provoquent d’autres problèmes de santé avec des "conséquences graves pour l’individu, sa famille, sa communauté et le système de soins de santé".

Afin de réduire les accidents et leurs immenses impacts économiques, le rapport invite les différents pays à "s’investir pour préserver la paix et éviter ou régler les conflits".

Il leur recommande aussi de lancer des programmes de sensibilisation sur les accidents et la prévention de la violence, de développer et d’installer des systèmes d’information pertinents, d’accorder une priorité à la recherche pour combler les déficits d’information et de construire des partenariats avec les partenaires adéquats. Ces partenariats devraient permettre de mieux faire connaître et de donner un degré de priorité élevé à la prévention de la violence et des accidents, et de coordonner des activités pour leur prévention.

La prévention, seule parade

Les accidents de la circulation n’épargnent aucun pays africain. Et, bien souvent, le taux d’accidents est proportionnel à la densité du trafic qui, comme on le constate, est de plus en plus importante sur nos routes. Lesquelles, du fait de leur mauvais état et de l’indiscipline des conducteurs, sont devenues le lit macabre des usagers.

A preuve, l’année dernière, il a été constaté 3548 accidents avec 692 tués et 5937 blessés. Selon les statistiques fournies par le ministère de l’Equipement et des Transports terrestres, une moyenne de 3057 accidents corporels sont enregistrés chaque année par des bulletins d’analyse des accidents corporels (BAAC) dont 673 tués et 5211 blessés. Sur les 108 milliards de f. cfa résultant du dysfonctionnement du système de transport collectif à Dakar, les 4 milliards sont imputables aux accidents corporels.

Parmi les actions menées par l’Etat du Sénégal, figurent en première ligne l’information et la sensibilisation à tous les niveaux. Notamment l’organisation de la collecte et du traitement de l’information statistique par l’informatisation, depuis 1994, du fichier des accidents à partir des BAAC établis par la police et la gendarmerie après chaque constat.

Autre stratégie mise en oeuvre, la codification du réseau routier urbain et interurbain qui permettra, par le biais de l’exploitation des BAAC, de localiser les zones d’accumulation des accidents appelés "points noirs" sur l’ensemble du réseau national et d’envisager des mesures correctives. L’accent est également accordé à la signalisation routière qui informe, assiste, guide et protège l’usager et lui permet d’évoluer en toute sécurité dans l’environnement routier. Toutes choses qui permettront au Sénégal de s’éloigner du lot des pays à fort taux de mortalité due aux accidents de la route.

Quand on sait que déjà, en 1990, les accidents de la route étaient considérés comme la neuvième cause de décès dans le monde, avec 500 000 à 1 million de morts et près de 15 millions de blessés, on mesure toute l’importance de la prévention.

D’autant que si, en Europe, la route tue annuellement 45 000 personnes, ce sont les pays du sud qui paient aujourd’hui le plus lourd tribut avec près de 70 % de la mortalité mondiale due aux accidents.

Ces accidents coûtent près de 53 milliards de dollars US par an aux pays en voie de développement et représentent au moins 1% du PNB de chaque pays.

Le Soleil

 

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