Marc-Vivien Foé

Mort pour quoi ?

par Sports.fr , le 1er juillet 2003, publié sur ufctogo.com

Stupeur et incrédulité : le monde du football est encore sous le choc après le décès jeudi du milieu de terrain camerounais, Marc-Vivien Foé. Alors que l’autopsie pratiquée sur le corps du joueur n’a révélé « aucun élément déterminant sur l’origine de la mort », les questions se multiplient sur les possibles origines d’un tel drame. Evénement aussi rare qu’inattendu, la mort d’un professionnel en plein match place les joueurs devant une réalité qu’aucun ne soupçonnait jusqu’alors. 

 

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Marc-Vivien Foé

Il y a l’émotion considérable de ceux qui avaient la chance de le connaître. Aimé et apprécié de tous, Marc-Vivien Foé avait trimballé sa grande carcasse, avec laquelle sa douce voix collait si mal, aux quatre coins du championnat de France. Avec la même générosité et la même exemplarité. Celle d’un joueur humble, talentueux et dont l’aura auprès de ses partenaires lui conférait avant tout l’image d’un sage. Auprès de tous ceux-là, la disparition soudaine du Lion laisse un vide énorme.

Et puis il y a ceux qui n’avaient fait que croiser ce géant sur les terrains, sans lier connaissance. Si elle ne provoque pas chez eux une douleur aussi vive, la mort du Camerounais les laisse dans la plus grande perplexité. A voir les visages fermés des Bleus vendredi, au lendemain de leur qualification pour cette finale de l’inutile de la Coupe des Confédérations, chacun voulait de toute évidence tenter de comprendre les raisons de ce drame. Pourquoi un athlète, réputé pour être un monstre physique, bénéficiant d’un suivi médical, a pu, à 28 ans, laisser sa vie sur un terrain ? S’ils sont professionnels et que tous, joueurs camerounais compris, ont accepté l’idée de jouer dimanche au Stade de France, ils sont nombreux à avoir toucher jeudi une extrémité insoupçonnée. 

Tous veulent comprendre

L’autopsie pratiquée vendredi sur la dépouille de Marc-Vivien Foé devait apporter un début de réponse. L’examen n’a révélé "aucun élément déterminant sur l’origine de la mort" et c’est pourquoi, sur la requête du procureur de la République de Lyon, Xavier Richaud, des examens approfondis d’anatomie-pathologie et toxicologiques vont être effectués. 

Tant que les origines exactes du décès ne seront pas éclaircies, questions et interrogations vont forcément se multiplier. Au premier chef, l’arrivée tardive des secours sur le terrain. Une polémique naissante que le docteur des Bleus, Jean-Marcel Ferret, a tenu à dissiper. Pour ce praticien expérimenté, en aucune manière le comportement des secouristes ne peut être mis en cause. "Ils ont fait ce qu’il fallait faire" et de rappeler que le joueur n’avait pas succombé sur le terrain : "Marc-Vivien Foé avait une bonne tension et un bon pouls lors de l’arrivée des services de secours sur le terrain. Et ce n’est qu’à son arrivée au centre médical qu’il a fait un arrêt cardiaque." 

Pour le gardien de la santé des Bleus, simplement doit-on au sein de la Fifa accepter enfin la place essentielle à accorder au médecin présent au bord de la touche : "L’importance du médecin est primordiale dans pareil cas. Lui seul doit prendre la décision de rentrer sur le terrain et s’affranchir de l’avis de l’arbitre qui est alors souvent dépassé par les évènements."

La Fifa doit réagir

S’affranchir de la position dominante de la Fifa dès lors qu’on touche à l’essentiel, à savoir la santé du joueur : en multipliant les compétitions dont cette Coupe des Confédérations est l’exemple le plus évident, les instances internationales, si elles ne peuvent porter la responsabilité d’un tel drame, ne pourront faire l’économie d’une réflexion de fond. Pour le docteur Ferret, "les athlètes ont beau être surveillés mais la question de la surcharge des joueurs est dans un pareil contexte une nouvelle pierre dans le jardin des organisateurs des compétitions. La santé des joueurs doit primer." Et de conclure : "Il y a une fuite en avant contre laquelle il va falloir lutter si on ne veut pas revivre de telles extrémités même si celle qui nous concerne n’a pas forcément de lien direct."

Marc-Vivien Foé, s’il n’avait disputé que les deux premières rencontres de cette Coupe des Confédérations avant d’être mis au repos lors du 3e match, s’était pourtant déclaré fatigué cette semaine. Atteint par des problèmes intestinaux, le Camerounais avait comme les 184 joueurs de cette compétition été soumis à l’infernale cadence du premier tour et à ce rythme aberrant de trois matches disputés en cinq jours sous une chaleur accablante. 

La Fifa aura beau débaptisé cette Coupe des Confédérations pour la nommer Trophée Marc-Vivien Foé, on attend d’elle des décisions d’un autre ordre. Une harmonisation des calendriers serait sans doute le plus bel hommage à rendre au Camerounais. Pour que Foé ne soit pas mort pour rien... 

SYLVAIN LABBE

 

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