Gabon

Mort d’Omar Bongo, le « doyen » controversé du continent africain

par France Info (France) , le 7 juin 2009, publié sur ufctogo.com

Omar Bongo s’est éteint des suites d’un cancer, à l’âge de 73 ans. A la tête du Gabon depuis plus de 41 ans, il aura été, tout au long de la Ve République française, l’un des principaux relais de la « Françafrique » où s’entremêlent raison d’Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes.

 

Petite taille, moustache et regard souvent dissimulé par des lunettes noires : il était le doyen des chefs d’Etat africains. 73 ans, et plus de 41 années passées à la tête du Gabon. Respecté pour sa sagesse et ses médiations mais à l’aura ternie par des critiques sur sa gestion, ses liens ambigus avec la France ou des accusations de corruption.

Albert-Bernard Bongo est né le 30 décembre 1935. Après des études au Congo et son service militaire, il revint au Gabon. Depuis 1962, Omar Bongo n’a connu que le pouvoir : d’abord dans l’ombre de Léon Mba, puis cinq ans plus tard, à la mort de ce dernier, il lui succèda à la tête du pays. En 1968, Omar Bongo fonda le Parti Démocratique Gabonais, le seul parti autorisé. Seul candidat, il a été élu président en 1973, 1979 et 1986, avec des scores proches de 99%.
En 1973, devenu musulman par intime conviction, il a pris le nom d’El Hadj Omar Bongo. En 2004, il adossa le patronyme de son père au sien et devint Omar Bongo Ondimba.
Il dirigea le pays de façon très directe. Si pendant des années, il ne toléra pas l’opposition, en 1990, il a restauré le multipartisme face à la fronde populaire. Ce qui ne l’empêcha toutefois pas de garder la majorité absolue au Parlement. Ses réélections, en 1998 avec près de 67% des voix, puis en 2005 avec plus de 79%, ont été marquées par des accusations de fraudes de l’opposition.

Omar Bongo, partenaire privilégié de la France

De la France, Omar Bongo avait sa propre vision : « L’Afrique sans la France, c’est la voiture sans le chauffeur. La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant. » Le chef d’Etat gabonais se vantait d’avoir bien connu tous les présidents de la Ve République. De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy. Il y a deux ans même, après l’élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy appelait Omar Bongo Ondimba. Et ce dernier de raconter le président français m’a dit simplement : « Merci pour tes avis et tes conseils », et je lui ai dit : « Félicitations pour m’avoir compris, parfois ».

Ce soutien de la part de Paris à Omar Bongo s’explique aussi par des considérations géostratégiques. Paris dispose d’une base militaire à Libreville, idéalement placée pour intervenir au Tchad ou en République centrafricaine. Le président gabonais jouait aussi souvent les médiateurs dans les crises africaines et avait récemment été remercié pour son rôle dans le processus de paix en cours en Centrafrique.

Mais il y a peu, les relations avec la France s’étaient tendues. Car Omar Bongo était l’un des trois présidents africains visés par une enquête dans l’Hexagone pour « recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de biens sociaux, abus de confiance ».
Des révélations avaient été faites sur l’important patrimoine immobilier bien mal acquis supposé en France du président gabonais et de sa famille. Un patrimoine qui aurait été financé par de l’argent public détourné.

Qui pour succéder à Omar Bongo ?

Le 6 mai dernier, le Gabon vivait une situation inédite depuis l’indépendance du pays en 1960. Omar Bongo annonçait cesser « momentanément » ses activités liées à sa fonction de chef d’Etat. "Le président prend soin de lui et se repose", déclarait alors un conseiller de la présidence. « Il a pris trois semaines de repos après plus de trois mois d’intense activité. » Plongeant ainsi le Gabon dans l’incertitude. Et faisant de sa succession le sujet principal des conversations.

Certains observateurs pensent que son fils Ali Ben Bongo, actuellement ministre de la Défense, pourrait lui succéder.

Caroline Moisson, avec agences

 

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