Conférence de presse

Mise au point de l’UFC au sujet des pièces d’identité de M. Gilchrist Olympio

par UFC , le 31 mai 2004, publié sur ufctogo.com

Le vendredi 28 mai 2004, dans ses deux éditions du soir, la Télévision Togolaise a diffusé le reportage d’une conférence de presse organisée...par les Ministres de l’intérieur, de la Communication, et de la Justice, et exclusivement consacrée aux pièces d’identité de Gilchrist Olympio : son passeport togolais, son passeport ghanéen, et sa carte nationale d’identité. La gravité des inexactitudes exprimées par les trois membres du gouvernement nous amène à faire la mise au point au point suivante.

 

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Déclaration de l’UFC

(En réponse à la conférence de presse des ministres,
Boko, Tchalla et Folibazi au sujet des pièces d’identité de M. Gilchrist Olympio)

Le vendredi 28 mai 2004, dans ses deux éditions du soir, la Télévision Togolaise a diffusé le reportage d’une conférence de presse organisée dans l’après-midi et animée par les Ministres de l’intérieur, de la Communication, et de la Justice, et exclusivement consacrée aux pièces d’identité de Gilchrist Olympio : son passeport togolais, son passeport ghanéen, et sa carte nationale d’identité.

L’UFC estime que l’objectif de cette conférence de presse, avant la première évaluation de l’application des 22 engagements pris à Bruxelles, par le gouvernement, est d’intoxiquer les populations, de semer la confusion dans l’esprit des Togolais, des représentants de la communauté internationale au Togo, et des journalistes, au sujet du refus des autorités togolaises de délivrer des pièces d’identité( passeport et carte nationale d’identité ) à M. Gilchrist Olympio, et de lui restituer son passeport ghanéen confisqué depuis le 26 avril 2003. Car ce refus contrevient aux engagements 3.3 et 3.4. La gravité des inexactitudes exprimées par les trois membres du gouvernement nous amène à faire la mise au point au point suivante.

- 1- Le passeport togolais

Le passeport togolais de M. Gilchrist Olympio, obtenu par celui-ci en 1992, et prorogé en 1999, n’était plus valide en l’an 2000, quelques mois après sa prorogation, le Togo ayant changé le format de son passeport, l’ancien étant frappé de nullité. Le passeport de M. Gilchrist Olympio, délivré en 1992, prorogé en 1999, est devenu non valide pour voyager, en particulier, entrer et sortir librement du Togo.

Les ministres soutiennent, sans sourciller, que M. Olympio n’a déposé à ce jour, aucune demande de passeport qui serait restée sans suite. Mais comment peut-il déposer un dossier de demande en l’absence de sa carte nationale d’identité ?

M. Gilchrist Olympio a accompli, le 29 avril 2003, les formalités pour l’obtention d’une carte nationale d’identité dans le but de renouveler son passeport. Les nouvelles formalités
de renouvellement du passeport nécessitent la possession préalable d’une carte nationale d’identité.

Les contrevérités proférées aujourd’hui au sujet de la demande par M. Gilchrist Olympio d’une carte nationale d’identité montrent bien qu’il a été bien inspiré d’entrer en possession d’un autre passeport. Comme on le voit, les autorités l’empêchent de renouveler son passeport togolais en usant de subterfuges pour éviter de lui délivrer sa carte nationale d’identité. On l’enferme dans un cercle vicieux !

- 2- le passeport ghanéen

M. Gilchrist Olympio possède un passeport ghanéen qui lui a été régulièrement délivré par les autorités ghanéennes. C’est son statut de réfugié politique qui lui a imposé cette situation. Il n’en tire aucune fierté. De même, il n’en conçoit aucune gêne, compte tenu des circonstances d’arbitraire prévalant au Togo, contre la très grande majorité des citoyens togolais.

Faut-il le rappeler, un des fils de M. Dahuku Péré, qui a obtenu son baccalauréat à l’âge de 18 ans, n’a pas pu obtenir son passeport, bien qu’il ait régulièrement accompli toutes les démarches nécessaires. C’est le lieu de relever que les autorités togolaises se servent de la délivrance des pièces d’identité, en particulier du passeport comme un moyen de pression et d’oppression sur les citoyens togolais.
Le Président national de l’UFC, les militants et sympathisants de ce parti, et les larges populations togolaises qui les approuvent, n’ont de leçon de nationalisme à recevoir de personne ; notamment de ceux qui prétendent leur « ego républicain » blessé.

Le gouvernement togolais ne se gêne pas pour délivrer, à la pelle, des passeports ordinaires ou diplomatiques togolais à des non nationaux qui s’en prévalent, sans perdre, pour autant, leur nationalité d’origine, ou sans que cela jette un discrédit sur eux.

Si M. Gilchrist Olympio a présenté un passeport ghanéen aux formalités d’immigration, c’est parce qu’aucune loi ne l’en empêche. La confiscation de ce passeport, après trois heures trente de tracasseries, sous prétexte de vérification de la « traçabilité » de son voyage n’est qu’un prétexte pour lui infliger les brimades auxquelles le régime a l’habitude de le soumettre. Dans la plupart des pays du monde aujourd’hui, on ne tamponne plus les passeports des nationaux à l’arrivée.

Depuis que les autorités ont confisqué le passeport ghanéen de M. Gilchrist Olympio, l’UFC et M. Gilchrist Olympio ont adressé plusieurs lettres au Ministre de l’intérieur, avec copies aux chancelleries. Toutes ces lettres sont restées sans réponse. Depuis la prise des 22 engagements, l’UFC et Gilchrist Olympio lui-même, ont réitéré des démarches, entre autres sur ce point précis, en saisissant directement le Premier Ministre, chef du Gouvernement.

Au lieu de garder le silence depuis plus d’un an, le Ministre de l’Intérieur aurait pu nous répondre comme il le dit à sa conférence de presse, qu’il a renvoyé le passeport ghanéen aux autorités ghanéennes et que Gilchrist Olympio ferait mieux de s’adresser à celles-ci aux fins de récupérer son passeport.

De fait, Monsieur Gilchrist Olympio n’a pas attendu le conseil du Ministre de l’Intérieur pour poser la question de son passeport aux autorités ghanéennes qui lui ont confirmé à plusieurs reprises que son passeport se trouve bel et bien entre les mains des autorités togolaises. Pourquoi le Ministre de l’Intérieur prétend n’être plus en possession du passeport ? Ou, à tout le moins, depuis quand a-t-il retourné le passeport aux autorités ghanéennes ? Il faut qu’il le précise !

- 3- La carte d’identité

Nous sommes stupéfaits par l’aplomb avec lequel trois ministres de la République expriment sans frémir des contre-vérités juste pour noircir M. Gilchrist Olympio. Le dossier de demande de carte d’identité, déposé par le Président national de l’UFC était bel et bien complet et comportait toutes les pièces requises, y compris les originaux exigés, contrairement à ce qu’affirment les Ministres.

M. Olympio n’a jamais essayé de bénéficier de passe-droit.

Le 29 avril 2003, lors du dépôt de la demande de la carte d’identité, au Commissariat Central de la ville de Lomé, par M. Gilchrist Olympio lui-même, aucun agent n’a fait remarquer, l’absence d’originaux. M. Gilchrist Olympio s’est soumis à toutes les formalités (empreintes digitales, taille, etc..).

Après les formalités, les agents lui ont fait savoir que la carte d’identité sera prête dans un délai de deux ou trois jours et qu’il pouvait envoyer quelqu’un la récupérer. M. Gilchrist Olympio a donc désigné devant eux, MM Evans Welbeck et Jean-Pierre Fabre auxquels il a, par la suite, délivré des procurations à cet effet.

Le jour convenu pour la récupération de la carte, les agents ont commencé par bégayer. La carte n’était pas prête, disaient-ils. Après plusieurs tentatives il a fallu se rendre à l’évidence : des instructions ont été données pour que la carte ne soit pas délivrée. A la dernière tentative, il nous fut signifié que le dossier de M. Gilchrist Olympio a été rejeté par le service d’identification, sans aucune explication.

Inquiet par la tournure des événements, nous avons décidé de retirer au plus vite le dossier, pour mettre à l’abri, l’original du certificat de nationalité. D’autant plus que M. Gilchrist Olympio en avait besoin pour son dossier de candidature à la présidentielle et que la disparition de ce document serait lourde de conséquence pour cette candidature.

Aujourd’hui, M. Pitang Tchalla soutient avec ses collègues, que la carte d’identité n’a pu être établie à M. Gilchrist Olympio pour cause de dossier incomplet ; alors que tout le monde a entendu le même Pitang Tchalla déclarer sur Radio France Internationale (RFI), en juin 2003, que la carte d’identité de M. Gilchrist Olympio était prête et qu’il ne tenait qu’à lui de rentrer au Togo pour la récupérer personnellement. Comment a-ton pu établir cette carte sur la base d’un dossier incomplet ne comportant pas les originaux exigés ?

De deux choses l’une :

- ou le dossier de Gilchrist Olympio est incomplet pour cause d’absence d’originaux exigés ; donc son dossier n’est pas recevable, on ne le prend pas,

- ou le dossier est complet ; on le prend, et on lui délivre la carte d’identité.

Si les agents du Commissariat Central ont accepté et reçu le dossier de M. Gilchrist Olympio, c’est que ce dossier était complet.

Monsieur Pitang Tchalla ne peut pas prétendre que la carte d’identité M. Gilchrist Olympio a été établie, dans le même temps qu’il soutient que le dossier de demande de M. Gilchrist Olympio est incomplet. Toutes ces déclarations manquent de cohérence. La nouvelle trouvaille de l’absence de l’original du certificat de nationalité n’est qu’un autre prétexte qui traduit une fois de plus, la volonté cynique de persécuter un leader de l’opposition démocratique.

Tout ceci est lamentable. C’est la conséquence de l’institutionnalisation de l’arbitraire dans les administrations publiques, par les autorités togolaises. La confiscation du passeport ghanéen est un acte arbitraire parce que rien ne la justifie.

De plus, elle contrevient aux pratiques courantes dans les relations internationales ; les autorités d’un pays ne pouvant confisquer le passeport délivré par un autre pays, sauf si le porteur est en infraction. Ce qui n’est pas le cas pour M. Gilchrist Olympio.

Les inexactitudes au sujet de la carte d’identité témoignent du refus à peine voilée de délivrer à M Gilchrist Olympio, la carte d’identité dont il a besoin pour solliciter un passeport.

L’UFC demande aux autorités togolaises de mettre fin à la situation discriminatoire imposée à M. Gilchrist Olympio, de lui restituer son passeport ghanéen et de lui délivrer une carte nationale d’identité pour lui permettre d’obtenir un passeport togolais.

Pour le Bureau National,
Le Premier-Vice Président,
Emmanuel AKITANI BOB

 

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