Présidentielle

Menaces sur le processus électoral togolais

par Le Figaro (France) , le 23 avril 2005, publié sur ufctogo.com

La présidentielle est prévue dimanche

 

Le couvercle pesant sur la marmite togolaise s’est entrouvert hier, deux jours à peine avant la tenue d’un scrutin présidentiel à haut risque. Intervenant dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministre de l’Intérieur du pays, François Esso Boko, a adressé une sévère mise en garde... à sa propre tutelle : « Il est impérieux que le président de la République prenne l’enjeu des risques réels qui se profilent à l’horizon en mettant fin à ce processus électoral suicidaire. »
Ne mâchant pas ses mots, le responsable togolais du maintien de l’ordre a fait part de sa crainte réelle « de dérapages sanglants » : « Les passions, a-t-il constaté, sont exacerbées et la campagne électorale a été émaillée de violences jamais rencontrées dans l’histoire électorale de notre pays ».

François Esso Boko, qui a prôné la mise en place pour une à deux années d’un pouvoir de transition dirigé par un premier ministre issu de l’opposition, s’est exprimé durant une conférence de presse organisée, vendredi, dans la capitale togolaise à deux heures du matin. Signe du sérieux de l’avertissement adressé par ce gendarme de formation, plusieurs ambassadeurs occidentaux (dont l’ambassadeur de France) étaient présents.

Comme à leur habitude, les autorités ont réagi à ces propos en mêlant autisme et déni. Dans un communiqué lu par le ministre de la Communication, le président intérimaire Abass Bonfoh s’est efforcé de minimiser l’avertissement lancé : « Les forces de l’ordre et de la sécurité ont pris les mesures nécessaires pour que les élections se déroulent dans le calme et la sérénité. » Et le ministre de la Communication, Pitang Tchalla, de se faire l’écho de propos à valeur d’avertissement : « L’ordre public sera maintenu sans réserve », a-t-il dit.

Quelques heures à peine après avoir lancé ce contre-feu, les autorités ont fait part de leur intention de remanier le gouvernement sans changer la ligne adoptée : « Le ministre de l’Intérieur sera changé et le processus électoral se poursuit », a-t-il été annoncé.

Dans son intervention, saluée par une opposition qui a déjà appelé de ses vœux au report du scrutin, le ministre de l’Intérieur avait également longuement parlé de la situation des soldats dans l’armée togolaise, évoquant leur maigre solde et le peu de considération qui leur est accordée.

L’armée togolaise est un des principaux piliers du pays. Composée à majorité d’originaires du nord (la terre d’attache du défunt président Eyadéma) mais traversée par de nombreux clivages politiques, sa loyauté ne semble pas acquise à Faure Gnassingbe, candidat au siège de président laissé vacant par son père, mort le 5 février.

Dans un communiqué publié à Genève, deux rapporteurs spéciaux de la Commission de l’ONU sur les droits de l’homme ont fait part de leur profonde inquiétude quand à la possibilité que soit organisé un scrutin libre, transparent et crédible au Togo. Les deux responsables font état de nombreuses allégations d’irrégularités commises dans la préparation de ce scrutin.

La situation du Togo a été évoquée jeudi à Paris lors d’une rencontre entre Jacques Chirac et son homologue gabonais, Omar Bongo. Voici quelques jours, Jean-François Mattei, porte-parole du Quai d’Orsay, a fait savoir que Paris souhaitait que puissent se tenir au Togo des « élections justes, libres et démocratiques ».

Patrick de Saint-Exupéry

 

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