Droits de l’homme

Mémorandum sur la violence politique au Togo

par UFC , le 29 juillet 2003, publié sur ufctogo.com

La violence est une constante de la vie politique togolaise. C’est l’arme absolue par laquelle le régime Eyadéma se maintient au pouvoir depuis une quarantaine d’années, malgré le rejet massif dont il est l’objet de la part des populations togolaises. Les Organisations internationales des Droits de l’Homme.( Amnesty International, Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, Human Rights Watch etc..) ne manquent pas d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des Droits de l’Homme au Togo, en stigmatisant régulièrement le Togo dans de nombreux rapports.

 

On aurait pu penser que pendant la dernière période électorale, le régime Eyadéma réduirait quelque peu sa brutalité habituelle, par crainte de la présence de la presse internationale. Malheureusement, la période électorale n’a pas connu d’accalmie. Au contraire, les autorités togolaises, soucieuses avant tout de remporter le scrutin par tous les moyens, en recourant à une fraude massive et généralisée, ont mis en œuvre, comme à leur habitude, une stratégie de la terreur. Elles ont multiplié les exactions et autres actes d’intimidation qui se sont soldés par des morts, des arrestations massives et le départ en exil de plusieurs militants de l’opposition.

Le scrutin présidentiel s’est déroulé au Togo, le dimanche 1er juin 2003. Quelques mois avant l’ouverture de la campagne électorale, le régime a mis en branle sa machine répressive à Lomé comme à l’intérieur du pays par l’intermédiaire des préfets, des commandants de brigades de gendarmerie et des chefs de cantons. Dès le lendemain du scrutin, une répression impitoyable s’est abattue sur les populations pour les empêcher de contester les résultats frauduleux publiés par les institutions impliquées dans le processus électoral : la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et la Cour Constitutionnelle, toutes deux à la solde du régime.

Ce mémorandum est destiné à porter à la connaissance de l’opinion nationale et de la communauté internationale, les graves violations des Droits humains au Togo pendant ladite période électorale. Il intervient, dans le domaine spécifique des droits de l’homme, pour compléter la déclaration liminaire de la conférence de presse de l’UFC en date du 17 juin 2003. (Bien entendu la liste des cas relevés n’est pas exhaustive). Seuls, les faits et actes très graves sont rapportés dans les lignes qui suivent. Ils peuvent être rangés sous les rubriques suivantes :
A- Les détentions à la Police, dans les gendarmeries ou à la prison civile de Lomé ;
B- Les détentions arbitraires de plusieurs jours ou semaines ;
C- Les inculpations de responsables de l’UFC,
D- Les assassinats et les voies de fait sur les populations, le jour du scrutin et les jours suivants ;
E- Les brimades conduisant à : des licenciements abusifs, la confiscation abusive de pièces d’identité, d’équipements informatiques de bureau, de matériels roulants etc...
F- La poursuite à ce jour de la chasse à l’homme
A- LES DETENTIONS A LA DIRECTION DE LA POLICE,
DANS LES GENDARMERIES OU EN PRISON

Plusieurs militants de l’UFC arbitrairement arrêtés, croupissent actuellement dans des cellules à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) ou dans les brigades de gendarmerie de l’intérieur du pays, depuis plusieurs semaines ou mois, en violation de la loi sur la garde à vue. D’autres ont été déférés en prison après un séjour de plusieurs semaines dans les cellules de la DGPN ou des gendarmeries de l’intérieur. La liste ci-après n’est pas complète.

Interpellés avant la présidentielle du 1er juin 2003

1- Marc PALANGA, président de la fédération UFC de la Kozah ; détenu depuis bientôt six mois dans une cellule de la gendarmerie de la ville de Kara dans des conditions inhumaines : exiguïté de la cellule, obscurité totale dans la cellule, présence de vermine, etc.. Les raisons de son arrestation restent inconnues en dépit de multiples démarches à cet effet.

2- Katassa MAZAMA, détenu depuis cinq mois dans une cellule de la gendarmerie de la ville de Kara. Mêmes conditions que pour Marc Palanga.

3- Kossi AYEDEWOU, interpellé le samedi 26 avril 2003 au motif qu’il est en possession d’une bombe aérosol lacrymogène défensive, gadget vendu librement dans le commerce et qu’arborent à la ceinture tous les employés des sociétés de gardiennage au Togo. Il a été déféré à la prison civile de Lomé après deux semaines de détention à la DGPN. Il est condamné à 18 mois de prison dont 10 avec sursis.

4- Jean-Baptiste DAGBOVI, Vice-Président de la Jeunesse des Forces de Changement (JFC). Il a été interpellé le 7 mai 2003. Déféré à la prison civile de Lomé après plus de deux mois à la DGPN.

5- Jude Prudence ALEKE, a été interpellé le 7 mai 2003. Déféré à la prison civile de Lomé après plus de deux mois à la DGPN.

6- Samuel OSSENI ; a été interpellé le 21 janvier 2003, déféré à la prison civile de Lomé après plusieurs semaines à la gendarmerie nationale. Il est à son septième mois de détention.

Interpellés après la présidentielle du 1er juin 2003

7- Daniel Koffi AGANON ; été interpellé le mercredi 4 juin 2003 au siège de l’UFC. Il est le Président de la Jeunesse des Forces de Changement (JFC).

8- Mawussi DENAGNO ; interpellé le 16 juin 2003, détenu à la gendarmerie d’Atakpamé. Selon ses parents, il serait gravement malade, mais les autorités refusent tout soin.

9- Toto François GUEZERE, interpellé le 16 juin 2003, détenu à la gendarmerie d’Atakpamé.

10- Tchalla ADJOTE, interpellé le 16 juin 2003, détenu à la gendarmerie d’Atakpamé.

11- Koffi Louis KODJO-KPOGAN, interpellé le 14 juillet 2003 et déféré à la prison civile d’Atakpamé.

12- Vincent GODEVI interpellé le 8 juillet 2003, détenu à la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGPN)

13- Koffi AHOLOE interpellé à Gamé, préfecture de Zio, et déféré à la prison civile de Lomé, le 04 juin 2003.

14- Kokou Mensavi TOUGNON, interpellé à Gamé, préfecture de Zio, et déféré à la prison civile de Lomé, le 04 juin 2003.

15- Kouma KLUTSE, interpellé à Tsévié, préfecture de Zio, et déféré à la prison civile de Lomé le 04 juin 2003.

16- Yao AMETI, interpellé à Gbatopé, préfecture de Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

17- Kodjo AKPAGLO. interpellé à Gbatopé, préfecture de Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

18- Kodjo KITIROU : interpellé à Dalavé, préfecture de Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

19- Etsé GAWU : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

20- Atsu GAWU : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

21- Koffi AVIGA : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

22- Ani Ali ALIMAMA : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

23- Nyonyon ATILA : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

24- Komla LEGBA : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

25- Kodjo NUMAYO dit AKPATA : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

26- Kossi ATAKUI : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

27- Kodjo KITIVON : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

28- Komla KPEGLO : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

29- Kossi KPEGLO : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

30- AVOUTSOUGLO : interpellé à Tsévié dans le Zio pour avoir empêché le bourrage des urnes, déféré à la prison civile de Lomé depuis bientôt deux mois.

31- Koffi AMINDJI, dit Gakpoto, interpellé le vendredi 6 juin 2003, à Kpessi, préfecture des Lacs, par la gendarmerie d’Agbodrafo. Déféré le dimanche 8 juin 2003 à la prison civile d’Aného. S’est opposé à la fraude le jour du scrutin.

32- Daniel ADAKANOU, interpellé le vendredi 6 juin 2003, à Kpessi, préfecture des Lacs, par la gendarmerie d’Agbodrafo. Déféré le dimanche 8 juin 2003 à la prison civile d’Aného. S’est opposé à la fraude le jour du scrutin.

B- LES DETENTIONS ARBITRAIRES DE PLUSIEURS JOURS OU SEMAINES

1- Tokibar KABASSIMA : Président fédéral de l’UFC dans la préfecture de Sotouboua. Il a été interpellé le lundi 2 juin 2003 à Tchébébé, préfecture de Sotouboua et conduit à Kara où il a été détenu dans de très dures conditions à la gendarmerie pendant 47 jours, dans une cellule sans lumière, où il a côtoyé la vermine. Il a été libéré le samedi 19 juillet 2003, sans que le mobile de sa détention lui ait été formellement signifié.

2- Edem TSOLENYAWU, interpellé à Badou, préfecture de Wawa, libéré après plusieurs semaines de détention à Atakpamé contre paiement d’une caution de 590 000 CFA soit environ 980 euros

3- Mawouda DASSOU, interpellé dans la préfecture du Moyen-Mono, le dimanche 8 juin 2003, relâché au bout de trois semaines de détention après paiement d’une caution de 30 000 CFA, soit 45 euros.

4- Edjani YAOGATE, interpellé dans la préfecture du Moyen-Mono, le dimanche 8 juin 2003, relâché au bout de trois semaines de détention après paiement d’une caution de 30 000 CFA, soit 45 euros.

5- Assouvi AMEYOU, interpellé dans la préfecture du Moyen-Mono, le dimanche 8 juin 2003, relâché au bout de trois semaines de détention après paiement d’une caution de 30 000 CFA, soit 45 euros.

6- Albert SOGBEDJI, dans la préfecture du Moyen-Mono, le dimanche 8 juin 2003, relâché au bout de trois semaines de détention après paiement d’une caution de 30 000 CFA, soit 45 euros.
7- Yao EDAH, interpellé dans la préfecture du Moyen-Mono, le dimanche 8 juin 2003, relâché au bout de trois semaines de détention contre paiement d’une caution de 30 000 CFA, soit 45 euros.

8- Abi ASSOU : interpellé dans la préfecture du Moyen-Mono, le dimanche 8 juin 2003, relâché au bout de trois semaines de détention contre paiement d’une caution de 30 000 CFA, soit 45 euros.

9- Evariste DJIDO : interpellé à Badou, préfecture de Wawa, libéré après plusieurs jours de détention à Atakpamé.

10- Jean IHOU, interpellé à Badou, préfecture de Wawa, libéré après plusieurs jours de détention à Atakpamé

11- Lemiel KODJO, interpellé à Badou, préfecture de Wawa, libéré après plusieurs jours de détention à Atakpamé

12- Emile LOTTE, interpellé à Badou, préfecture de Wawa, libéré après plusieurs jours de détention à Atakpamé ;

13- Kokou Enagbo BOKO, Vice-Président de la Fédération UFC de l’Amou, interpellé à son domicile, relâché après plusieurs jours de détention à Atakpamé, détention au cours de laquelle il subi des sévices corporels graves,

14- Koffi BOKO, fils du précédent, préfecture d’Amou, interpellé à son domicile, relâché après plusieurs jours de détention à Atakpamé,

15- Kaka Koffi KOUMESSI, interpellé à Hihéatro le 29 mai 2003, et relâché au bout de 6 jours de détention à la gendarmerie d’Atakpamé.

16- Nèlé, interpellé à Hiheatro le 29 mai 2003, et relâché au bout de 6 jours de détention à la gendarmerie d’Atakpamé.

17- Eric LAWSON interpellé à Lomé le 1er juin 2003, le jour du scrutin et libéré après 5 jours de détention au camp de la gendarmerie de Lomé,

18- Adolphe DENOU, interpellé à Lomé le 1er juin 2003, le jour du scrutin et libéré après 5 jours de détention au camp de la gendarmerie de Lomé,

19- Ezin KPADE, arrêté le 7 mai 2003, détenu au secret dans un camp militaire situé dans le banlieue de Lomé, élargi après 27 jours de détention.

20- Dzilan Kokou DODJI, journaliste à l’hebdomadaire « l’Evénement », a été interpellé pour « tentative de diffusion de fausses nouvelles ». Détenu à la DGPN où il a subi de graves sévices corporels avant d’être déférés à la prison civile de Lomé. Il a été libéré après près de deux mois de détention et le paiement d’une amende de 500 000 CFA , soit environ 830 euros.

21- Jean de Dieu KPAKPABIA, journaliste à l’hebdomadaire « Le Nouvel Echo », il a été interpellé pour « tentative de diffusion de fausses nouvelles » Détenu à lDGPN où il a subi de graves sévices corporels avant d’être déféré à la prison civile de Lomé. Il a été libéré au bout de deux mois de détention environ.

22- Filip EVEGNON, journaliste à l’hebdomadaire « l’Evénement ». Il été interpellé pour « tentative de diffusion de fausses nouvelles » Détenus à la DGPNoù il a subi de graves sévices corporels avant d’être déféré à la prison civile de Lomé. Il a été libéré au bout de deux mois environ de détention.

C- LES INCULPATIONS DE RESPONSABLES DE L’UFC

Le dimanche 11 mai 2003 à 20 heures, une douzaine d’agents des forces de l’ordre ont fait irruption dans le domicile du Secrétaire Général de l’UFC, Jean-Pierre FABRE. Ils l’ont interpellé, conduit à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) et l’ont interrogé jusqu’à deux heures du matin. Puis, ils l’ont reconduit à son domicile qu’ils ont perquisitionné jusqu’au petit matin. Ils l’ont ensuite ramené à la DGPN et l’ont enfermé dans une cellule avant de le libérer à 9 heures le même jour.
Le mardi 3 juin 2003, vers 9 h 30 du matin, MM Patrick LAWSON et Jean-Pierre FABRE, respectivement troisième Vice-président et Secrétaire Général de l’UFC ont été kidnappés par la Police, alors qu’ils venaient de sortir du domicile de Jean-Pierre FABRE. C’est la deuxième interpellation de ce dernier en moins d’un mois, la troisième en moins de 6 mois.

Interrogés toute la journée au sujet des barricades érigées par des jeunes dans Bè, un quartier de Lomé, ce mardi 3 juin 2003 et d’incendies de stations d’essence le 7 mai 2003 à Lomé, ils ont été présentés, menottés, au Procureur de la République le même jour vers 22h 30 et au juge d’instruction à 23 h inculpés « de trouble à l’ordre public et de complicité de trouble à l’ordre public ». Ils sont laissés en liberté provisoire. Il leur a été demandé de ne pas quitter le territoire sans prévenir les autorités.

D- LES ASSASSINATS ET LES VOIES DE FAIT SUR LES POPULATIONS, LE JOUR DU SCRUTIN ET LES JOURS SUIVANTS ;

Le 1er juin 2003, jour du scrutin présidentiel, a connu des actes d’une violence peu commune dans notre pays, un jour d’élection. Décidés à frauder par tous les moyens, les activistes du régime, les préfets, notamment les préfets de Zio, de Blitta, de Doufelgou, etc…, aidés souvent par des agents des forces de l’ordre et des chefs de village, n’ont pas hésité à faire preuve d’une extrême brutalité, allant jusqu’à des assassinats. Ainsi :

1- M. Kossi EGBLA, responsable UFC du village de Djagblé, a été abattu à Avéta, préfecture de Zio, par les forces de l’ordre alors qu’il venait de découvrir au domicile du chef du village de Gnamadi, des centaines de bulletins pré-votés en faveur du candidat Gnassingbé Eyadéma.

2- M. Kokou AKAMA, élève de 15 ans à Tsévié, préfecture de Zio, est également mort par balle le jour du scrutin,

3- M. Komi Eklutsé KPOEDZOU, 13 ans, élève en classe de 6ème au CEG de Kpadapé, préfecture de Kloto, fils d’un responsable de l’UFC de Kpadakpé a perdu la vie le 1er juin, mortellement atteint par une balle tirée par un agent des forces de l’ordre.

Au total, selon les informations portées à notre connaissance, il y a eu le jours du scrutin plusieurs morts et blessés graves.
Blessés graves.

La plupart des personnes ci-dessous, ont été blessées par les forces de l’ordre, soit le jour du scrutin en tentant de s’opposer à la fraude, c’est le cas dans la préfecture de Zio, soit le lendemain 2 juin, dans des manifestations pour réclamer la vérité des urnes, comme à Agou, soit dans des expéditions punitives de milices du RPT ou des forces de l’ordre, conduites par le fils du chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Ernest Essonam Gnassingbé, les 2 et 3 juin 2003 à Lomé, dans le quartier de Bè à Lomé.
Commune de Lomé

1- Kokouvi ANTHONY
2- Ayayi Vivien AYIKOE
3- Barthélémy KOUDAYA
4- Mme Agnès HOUNOU
5- Mme Abla DOKOU
6- Sak MIDEKOR
7- Yaovi SOKPOLI
8- Mme Emilie ABBEY
9- Kokou AKPEGNON
10- Tété Basile ATTIGLA
11- Gbéssindé KITIKLI
12- Kodjo ALATE
13- Mme Bella QUAYE
14- Mme eanne AHADJI
15- Antoine COO
16- Mme Ayélé GBADOE
17- Mme Dodzi AKANGO
18- Mme Ayawavi N’DIANE
19- Yves Eglo
20- Augustin Anani KUEVI
21- Kodjo TSEVI
22- Mme Irène ADJIWANOU
23- Bruno AYIKOE
24- Komi SEVON
25- Kokou ANTHONY
26- Dovi DENKE
27- Prince AGBODJAN
28- Augustin KAMI
29- Coco ABLOR
30- Womoui
31- Kokou ADJOSSE
32- Kokou AGODJRO
33- Sébastien SOSSOE
34- Mme Kokoé AGBEBLE
35- Benoît SEGBE
36- Madame Akouélé Assaré, agé de plus de 80 ans. (cf photos ci-dessous)

Préfecture d’Agou

1- Komi KOUGBLENOU, blessé par balle, doigt arraché,
2- Komla Roger DZEGUE, blessé par balle, atteint à la hanche,
3- Komi KLOVE, blessé par balle, atteint à la cuisse droite,
4- Yao AMENYANU, blessé par balle, atteint au cou,
5- Koffi KPODO, blessé par balle, atteint aux côtes,
6- Kudjo AGBEKPONOU sauvagement battu jusqu’au sang,

Préfecture de Zio

1- Kossi AKA, battu jusqu’au sang
2- André Kossi ADOSSI, battu jusqu’au sang,
3- Koffi AGOBIA, battu jusqu’au sang par des agents chargés de la sécurité de l’élection, le jour du scrutin, conduit à l’hôpital pour des soins, et détenu par la suite pendant cinq jours au camp de la gendarmerie de Lomé ; a fait par la suite une crise de tétanos ; est rentré dans le coma ; est convalescent en ce moment.
4- Léonard SIKA, grièvement blessé,
5- Mme KAIZA, grièvement blessée
6- Missiwou KLOKOU, blessé par balle,
7- Dzigbodi GAVI, Blessé par balle,
8- Dzifa DADABO, blessé par balle,
9- Bossou ATTISSO, blessé par balle,
10- Agbléyivo AZIABO, blessé par balle,
11- Koffi SOKOU, blessé par balle.

E- BRIMADES CONDUISANT A :

des licenciements abusifs,
la confiscation de pièces d’identité, d’équipements informatiques de bureau, de matériels roulants etc...

1- Le 26 avril 2003, M. Gilchrist OLYMPIO, Président national de l’UFC s’est rendu à Lomé par la route en provenance d’Accra, capitale du Ghana, pour animer un meeting organisé par son parti à l’occasion du quarante troisième anniversaire de l’indépendance du TOGO. A la frontière entre le Togo et le Ghana, il a été bloqué pendant trois heures trente minutes par les services togolais de l’immigration. Finalement, avant de le laisser entrer au Togo, les autorités togolaises lui ont confisqué son passeport. Elles refusent de lui restituer ce passeport malgré toutes les démarches effectuées aussi bien par l’UFC que par Gilchrist OLYMPIO lui-même.

2- Le mardi 29 avril, M. Gilchrist OLYMPIO s’est rendu au Commissariat Central de la ville de Lomé pour se soumettre à toutes les formalités requises pour l’obtention d’une carte nationale d’identité togolaise. Il a fourni toutes les pièces nécessaires. Malgré leurs déclarations sur Radio France Internationale, selon lesquelles la carte d’identité est déjà établie et que M. OLYMPIO peut venir la récupérer, les autorités togolaises refusent de remettre la carte d’identitité à la personne à laquelle M. Gilchrist OLYMPIO a délivré une procuration en bonne et due forme.

3-Le dimanche 11 mai 2003 à 20 heures, soit cinq jours avant l’ouverture de la campagne, M. Jean-Pierre FABRE, Secrétaire Général de l’UFC, a été interpellé à son domicile et conduit à la Direction Générale de la Police Nationale. Il a y été interrogé jusqu’à deux heures du matin, et reconduit à son domicile pour y être perquisitionné jusqu’au matin. La Police a saisi en dehors de plusieurs effets et documents, trois ordinateurs, deux imprimantes et une centaine d’exemplaires du programme de l’UFC. L’interpellation et la perquisition ont été menées sans aucun mandat.
4- Le mardi 29 avril 2003, M. Gilchrist OLYMPIO s’est rendu à Lomé pour se soumettre aux formalités exigées des candidats à la présidentielle, notamment la visite médicale et l’authentification de sa signature par la Cour Constitutionnelle. Il a été accueilli comme d’habitude par des milliers de togolais qui lui témoignaient leur sympathie. Plusieurs taxi motos s’étaient placés spontanément en tête du convoi de véhicules pour lui servir d’escortes. Les forces de l’ordre ont chargé les conducteurs de taxi-moto et saisi plusieurs motos. Certaines de ces motos sont gardées au Commissariat Central de la ville de Lomé, d’autres à la Gendarmerie.

Au Commissariat Central de la ville de Lomé :
-  Moto immatriculé : RT 7145 M, appartenant à M. AGBE
-  Moto immatriculé : RT 6667 E, appartenant à Miwossé AGOKOU,
-  Moto immatriculé RT 8129 L
-  Moto immatriculé RT 8492 J.

A la Gendarmerie, sous la responsabilité du capitaine Balégnan.
-  Moto immatriculé : RT 5745 P appartenant à M. Jean ADANKPEM
-  Moto immatriculé : RT 5612 L, appartenant à Djiwonou TENOUVI,
-  Moto immatriculé RT 2984, appartenant à M. Kokouvi AGBAVON,

5- Le lundi 02 juin 2003, M. Akouété ANKOU, directeur du Collège d’Enseignement Général (CEG) d’Amou Oblo, préfecture d’Amou, convoque à son bureau deux de ses enseignants, MM. Yao TAMAKLOE et Komlan ATSU, pour leur signifier leur licenciement immédiat et sans préavis, sur instruction semble-t-il, du ministre de l’environnement Rudolphe OSSEYI Il prie ces enseignants de bien vouloir quitter immédiatement l’établissement pour lui éviter des ennuis.

F- LA POURSUITE A CE JOUR DE LA CHASSE A L’HOMME.

Jusqu’à ce jour, plusieurs citoyens, cadres, militants ou simplement sympathisants de l’UFC sont traqués, recherchés sur instruction de préfets, en raison de leur implication dans le processus électoral pour empêcher les fraudes. Ils sont près d’une centaine, obligés de se cacher, de vivre dans la nature ou en exil hors du pays. Plusieurs sont des employés tant du secteur public que du secteur privé, enseignants, agents de la santé, ouvriers etc.. . Même ceux qui sont à leur propre compte : artisans, revendeurs, agriculteurs etc.., leurs activités sont arrêtées. S’il n’est pas mis fin rapidement à ces persécutions, ces citoyens risquent de perdre leurs sources de revenus.
L’UFC conserve une liste de ces citoyens.

Nous rappelons que cette chasse à l’homme a commencé avant la période électorale. Lors de la conférence de presse du 27 mars 2003, l’UFC a fait état de l’interpellation à Lomé, dans le quartier Nukafu, le 18 mars 2003, d’une trentaine de ses militants en pleine réunion, et de la détention pendant plus de 24 heures à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), de ces personnes dont une femme portant au dos, son bébé de 8 mois. (cf liste en annexe)

Près de deux mois plus tard, le 10 mai 2003, les forces de l’ordre rééditent la même expédition dans les mêmes conditions, toujours à Lomé, au quartier Doulassamé.(cf liste en annexe)
En guise de conclusion

Contrairement aux déclarations des autorités notamment de M. Pitang Tchalla Ministre de la communication et porte-parole du gouvernement sur l’absence de détenus politiques au Togo, l’UFC soutient que Marc PALANGA, Katassa MAZAMA, Kossi AYEDEWOU, Jude Prudence ALEKE, Samuel OSSENI, Daniel Koffi AGANON etc…, sont des détenus politiques, arrêtés et maintenus en détention en raison de leur militantisme contre la dictature du RPT, parti au pouvoir au Togo.

De même, contrairement aux déclarations des observateurs de complaisance invités par le régime, pour valider l’élection frauduleuse du chef de l’Etat, le scrutin présidentiel du 1er juin 2003, s’est déroulé dans un contexte de violence et de fraude. Il y a eu des morts, il y a eu des blessés graves. De nombreuses personnes sont pourchassées jusqu’à ce jour.

Par contre, nombre de fraudeurs, arrêtés sur le fait, en train de frauder, notamment à Tsévié (Préfecture de Zio) au vu et au su de tout le monde, y compris des responsables de l’administration électorale, ont été libérés au bout de quelques heures, dans le pire des cas.

Au lieu d’apaiser la douleur des familles dont les membres ont été assassinés par les forces de sécurité, les autorités continuent de pourchasser plusieurs militants à Lomé comme à l’intérieur du pays. Le crime que ceux-ci auraient commis, c’est de s’être opposés avec courage aux fraudes et aux tentatives de fraudes.

L’UFC tient à porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale les exactions que la chasse à l’homme se poursuit au Togo. Cette situation reste très préoccupante. Elle doit préoccuper tout le monde.
C’est pourquoi l’UFC interpelle ONU, UE, UA, CEDEAO ainsi que tous les organismes des droits de l’homme à travers le monde. La chasse à l’homme doit prendre fin rapidement au Togo.

Fait à Lomé, le 29 juillet 2003

Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général,

Jean-Pierre FABRE

 

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