Ould Taya

Mauritanie : Hold-up électoral à Nouakchott

par L'Humanité (France) , le 11 novembre 2003, publié sur ufctogo.com
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Le président se proclame réélu au premier tour et fait arrêter son challenger. Célèbre pour sa maestria en matière de putsch et révolution de palais, le président sortant et candidat à sa succession, Maaouya Ould Taya, est également illustre pour sa conception musclée du processus électoral.

 

Comme en 1992 et 1997, il vient de se faire proclamer vainqueur de la présidentielle, s’octroyant plus des deux tiers des suffrages (66,69 %), puis, pour faire bonne mesure, faisait arrêter son principal adversaire Mohamed Khouna Ould Haidalla, arrivé en deuxième position avec officiellement 18,7 % des voix. Le solde se répartit entre Ahmed Ould Daddah (6,8 %), Messaoud Ould Boukheir (5 %), Moulaye Hacen Ould Jiyed (1,4 %) et la seule femme en lice, Aïcha Mint Jeddane (0,4 %). La dernière semaine de la campagne avait été marquée par une forte montée des tensions, le pouvoir multipliant les manoeuvres d’intimidation à l’encontre des candidats de l’opposition, en particulier Haidalla (qui était interpellé une première fois, puis libéré quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote).

L’opposition condamnait les résultats sitôt ceux-ci proclamés par le ministre de l’Intérieur. Réunis samedi soir, Ould Haidalla, Ould Daddah et Ould Boukheir dénonçaient un " hold up électoral " et appelaient à une reprise de l’ensemble du processus. La réponse arrivait dimanche matin avec la nouvelle arrestation du premier, sous l’accusation de préparation d’un coup d’État. Khouna Ould Haidalla, qui fut chef de l’État de 1980 à 1984, s’était adressé samedi soir à la presse, à son siège de campagne, indiquant qu’il s’attendait à être de nouveau arrêté. De fait, la police est arrivée en force dans la nuit et a encerclé son domicile, attendant le matin pour l’interpeller. Les premières opérations menées par la police à l’encontre de Ould Haidalla et de son entourage avaient eu lieu le 3 novembre, lorsque des perquisitions avaient été opérées chez lui et plusieurs de ses proches. Le lendemain, un des fils d’Ould Haidalla était arrêté, suivi d’un deuxième le surlendemain. Le directeur de campagne du président sortant distribuait alors à la presse un document présenté comme un plan de renversement du régime par la force, appelé " plan Grab 1 ", et bien évidemment attribué à l’entourage d’Ould Haidalla. Ce dernier démentait aussitôt, qualifiant cette affaire de " machination ". Ce qui n’empêchait pas sa première arrestation, et celle de six membres de son directoire de campagne (dont au moins quatre sont encore détenus), le 6 novembre, veille de l’élection. Conscient d’avoir fait un faux pas, le président Ould Taya le faisait relâcher le temps du scrutin lui-même. Mais pas plus longtemps...

Jean Chatain - L’Humanité (France)

 

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