Communiqué

Marche populaire du 19 février : " Non au coup d’Etat militaire"

par ADDI - CAR - CDPA - PSR - UDS - UFC , le 19 février 2005, publié sur ufctogo.com

Déclaration du 19 février lors de la manifestation à Lomé contre la nomination par l’armée de Faure Gnassingbé, fils du président défunt Gnassingbé Eyadéma, pour lui succéder.

 

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Le 05 Février 2005, le peuple togolais a appris avec surprise et indignation, que le décès du général Eyadéma a conduit certains officiers de l’armée à perpétrer un coup d’Etat militaire en confiant le pouvoir à l’un des fils du président défunt, M. Faure Gnassingbé. Malgré la réprobation ferme et unanime des populations togolaises et de la communauté internationale qui exigent le retour à la légalité constitutionnelle, le président autoproclamé, dans une déclaration radiotélévisée en date du vendredi 18 février 2005, vient d’opposer une fin de non recevoir à cette exigence, en prétendant organiser des élections présidentielles dans les 60 jours.

Cette déclaration montre clairement que les autorités togolaises autoproclamées s’entêtent dans leur logique de coups d’Etat à répétition.

Face à une telle situation, notre Constitution nous fait obligation de désobéir à l’autorité illégitime et de nous organiser pour arracher le retour à la légalité constitutionnelle.

Déjà les 8, 9 et 14 février 2005, à l’appel des partis de l’opposition démocratique, les forces vives de la nation ont observé, sur toute l’étendue du territoire national, trois journées « Togo mort » pour manifester leur refus du coup d’Etat militaire que le régime RPT a tenté de maquiller par des manœuvres totalement anticonstitutionnelles.

Le samedi 12 février 2005, une marche populaire devant être suivie d’un meeting d’information et d’orientation, organisée à l’appel des mêmes partis politiques, en association avec les organisations de la société civile a été sauvagement réprimée. On déplore cinq morts et plusieurs blessés graves, tandis que des rafles et des enlèvements ont été opérés dans plusieurs quartiers de Lomé.

Avant cette marche et afin d’empêcher l’expression du désaveu populaire suscité par ce coup d’Etat crapuleux, le pouvoir de fait a fermé plusieurs stations de radio et télévision privées.

Les jeudi 17 et vendredi 18 février 2005, les enseignants de l’université ont observé 48 heures d’arrêt de travail pour dire non au coup d’Etat et à la dictature. Hier vendredi, l’ordre des Avocats a organisé un sit-in au Tribunal de Lomé pour condamner le coup d’Etat et dénoncer la forfaiture de la Cour Constitutionnelle.

Dans un message sur la situation sociopolitique actuelle du pays, les autorités des Eglises Catholique et Protestante du Togo dénoncent les actes posés qui ne sont pas conformes à la constitution et aux normes qui régissent la vie des nations et qualifient les événements actuels de difficilement acceptables.

Enfin, dans les grandes capitales européennes, américaines et africaines, la diaspora togolaise continue de se mobiliser, à travers des marches et diverses manifestations pour fustiger le coup d’Etat anachronique des forces armées togolaises.

En répondant massivement et avec détermination à la manifestation de ce jour, nous avons tous, avec conscience et responsabilité, exercé notre droit le plus absolu et accompli notre devoir le plus sacré au regard de notre Loi Fondamentale. La patrie reconnaissante saura un jour témoigner sa gratitude à chacune et à chacun de vous. Restons donc constamment mobilisés et vigilants pour répondre à tous les mots d’ordre de résistance afin de faire échec à la forfaiture, à l’imposture et aux manœuvres du pouvoir RPT visant à imposer un fait accompli, au mépris des principes démocratiques.

Les partis politiques signataires et le Peuple Togolais souverain, épris de paix, de liberté, de justice et de dignité :

- condamnent sans réserve ce coup d’Etat militaire ainsi que l’attitude irresponsable et aventurière des autorités togolaises autoproclamées, illustrée par les dernières déclarations de M. Faure Gnassingbé ;

- dénoncent avec vigueur la complicité active du gouvernement, de l’assemblée monocolore et de la Cour Constitutionnelle ;

- demandent l’intensification des pressions de la communauté internationale et l’application immédiate des sanctions, y compris des sanctions ciblées, à l’encontre des autorités togolaises autoproclamées, qui ne cessent de multiplier des manœuvres de diversion pour se soustraire aux exigences des populations togolaises et de la communauté internationale, quant au retour de la légalité constitutionnelle ;

exigent :

- le rétablissement de la légalité constitutionnelle ;

- la mise en place sans délai d’une concertation en vue d’organiser cette période transitoire ;

- l’ouverture d’un vrai dialogue politique devant déboucher sur l’adoption d’un cadré électoral consensuel et l’organisation d’élections générales libres, équitables, démocratiques, transparentes et sans exclusive aucune ;

- la libération immédiate des jeunes manifestants arrêtés ;

- la réouverture des stations de radio et télévision privées, ainsi que l’arrêt du harcèlement dont les média privés sont l’objet ;

- le retour de l’armée dans les casernes et la fin de ses interventions intempestives dans la vie politique du pays.

Le peuple togolais renouvelle ses sincères remerciements à l’Union Africaine, à la CEDEAO, à l’UE, à l’ONU, à l’OIF, aux USA et à toute la communauté internationale pour leur condamnation unanime du coup d’Etat militaire et pour leur soutien ferme et constant, ainsi que leurs nombreuses initiatives pour le rétablissement de la légalité constitutionnelle, de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo.

Plus que jamais, les partis de l’opposition démocratique sont résolus à poursuivre la résistance aux côtés des populations togolaises, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel. La répression barbare, les intimidations et menaces de toutes sortes, n’entameront en rien, la détermination du peuple togolais.

L’ADI, le CAR, la CDPA, le PSR, l’UDS et l’UFC en appellent à toutes les forces démocratiques au Togo, en Afrique et dans le monde pour qu’elles soutiennent la cause juste et légitime du Peuple togolais.

Fait à Lomé, le 19 février 2005

ADDI : A. Gogué
CAR : Y. Agboyibo
CDPA : L. Gnininvi
PSR : T. Abi
UDS : A. Folly
UFC : B. Akitani

 

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