Echos

Marche des Togolais de Dakar contre le régime de Faure Gnassingbé. Echos de la presse sénégalaise sur le Togo

par J.T.A ( Jeunesse Togolaise en Action) , le 19 février 2005, publié sur ufctogo.com

Echos de la presse sénégalaise sur le Togo

 

Marche des Togolais de Dakar contre le régime de Faure Gnassingbé

Dakar, Sénégal (PANA) - Les Togolais vivant à Dakar ont marché samedi sous la bannière de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), pour manifester contre le régime de Faure Gnassingbé et exiger le retour à l’ordre constitutionnel.

Sur l’avenue du Centenaire, des ressortissants togolais de toutes les catégories socioprofessionnelles se sont mobilisés pour cette marche, à laquelle ont également pris part des organisations de la société civile ainsi que le député socialiste Khalifa Ababacar Sall.

Sur les pancartes brandies par les manifestants, on pouvait lire des slogans réclamant le départ sans condition du pouvoir de Faure Gnassingbé, fils du général Gnassingbé Eyadema, décédé le 5 février dernier.
En outre, des slogans dénonçant l’attitude de la France dans la crise togolaise ont été scandés par les participants à la marche pacifique, encadrée par les forces de l’ordre. Invitant la communauté internationale à maintenir la pression sur l’actuel homme fort de Lomé, les manifestants ont estimé que le retour à l’ordre constitutionnel n’est pas négociable.

"La Constitution togolaise n’a pas prévu Faure Gnassingbé à la présidence de la République en cas de décès de son père. Le Togo n’est pas une monarchie", a martelé l’un des organisateurs de la manifestation, Augustin Kueviakoé, devant le siège de la Radiodiffusion-Télévision du Sénégal (RTS), lieu d’arrivée de la marche.

Pour M. Kueviakoé, le régime actuellement au pouvoir à Lomé ne craint que la force. "Nous demandons à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de ne pas fléchir devant ceux qui violent notre constitution", a-t-il ajouté, avant d’inviter ses compatriotes résidant au Sénégal à rester mobilisés pour d’autres actions futures.

On rappelle qu’une marche du Collectif des étudiants togolais du Sénégal prévue samedi dernier avait été interdite par les autorités. Elle visait le même objectif que celle qui a eu lieu ce samedi sous la houlette de la Raddho, une organisation non gouvernementale basée à Dakar.

PANA - Dakar - 19/02/2005

Faure Gnasingbé doit céder et partir, selon la RADDHO

Dakar, Sénégal (PANA) - Le nouvel homme fort de Lomé, Faure
Gnassingbé, "doit laisser le pouvoir et accepter le retour à l’ordre constitutionnel", a confié samedi à la PANA à Dakar, le secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), M. Alioune Tine.

"Les pressions doivent être maintenues pour obliger Faure à partir et laisser le président de l’Assemblée nationale constitutionnellement désigné à diriger la période de transition et à organiser une élection Présidentielle "libre et démocratique", a déclaré M. Tine, à l’issue d’une marche organisée par les résidents togolais dans la capitale sénégalaise sous l’égide de son organisation.

Pour le secrétaire général de la RADDHO, tous les moyens sont bons pour décourager le président imposé par l’armée togolaise. "Nous souscrivons même à l’utilisation des moyens militaires pour faire partir des dictateurs comme ceux qui compromettent l’avenir du Togo", a précisé M. Tine.

Appréciant les sanctions prises par l’Organisation intergouvernementale de la Francophonie (OIF) à l’encontre du Togo, il a indiqué que la communauté internationale doit parler clairement au régime de Faure Gnassingbé. Selon lui, en acceptant d’organiser une élection présidentielle après 60 jours de transition, l’actuel président illégal et illégitime du Togo veut reculer pour mieux sauter.

Pour le secrétaire de la RADDHO, toute la société civile africaine doit se mobiliser pour manifester contre le régime actuel au pouvoirà Lomé.

PANA - Dakar - 19/02/2005

Un député sénégalais exige le respect de la constitution au Togo

Dakar, Sénégal (PANA) - Le retour à l’ordre constitutionnel au Togo est indispensable pour l’avenir de la démocratie dans ce pays, a estimé, samedi à Dakar, M. Khalifa Ababacar Sall, député du Parti socialiste (PS) à l’Assemblée nationale sénégalaise.

"La situation politique au Togo est inacceptable. On ne doit pas accepter une autre Côte d’Ivoire et, pour cela, nous devons nous mobiliser pour un retour rapide à la légalité constitutionnelle dans ce pays", a déclaré M. Sall, qui prenait part à une marche organisée dans la capitale sénégalaise par les Togolais résidant au Sénégal sous la bannière de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO).

Le député sénégalais a estimé que la manifestation des Togolais de Dakar mérite le soutien de tous les démocrates, exhortant la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éviter le pire au Togo.

Désigné président du Togo par l’armée au lendemain de la mort de son père, Gnassingbé Eyadema, le 5 février dernier après 38 ans de pouvoir sans partage, Faure Gnassingbé a été investi le 7 février à la suite d’un tripatouillage de certaines dispositions de la constitution du pays.

L’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont condamné ce "coup de force" et exigé un retour à l’ordre constitutionnel.

PANA - Dakar - 19/02/2005

Togo : Quatre pays concernés par le rappel des ambassadeurs


Dakar, Sénégal (PANA) - Seuls quatre pays membres de la
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont concernés par la sanction de l’organisation sous-régionale relative au "rappel des ambassadeurs", les onze autres ne disposant pas de représentation diplomatique à Lomé.

Le Ghana, le Niger, le Nigeria et le Sénégal sont en effet les seuls pays membres de la CEDEAO disposant d’une représentation diplomatique au Togo, tandis que cinq autres pays africains hors CEDEAO (Angola, Egypte, Gabon, Libye et RD Congo) y sont également représentés.

En revanche, le Togo dispose d’ambassades dans cinq pays africains dont deux (Ghana et Nigeria) sont membres de la CEDEAO.

Il entretient par ailleurs des consuls honoraires au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal en Tunisie et au Tchad.

En réaction à l’obstination de Faure Gnassingbé à se maintenir au pouvoir, malgré l’opposition de la communauté internationale, la CEDEAO a décidé, samedi, d’infliger au Togo une première série de sanctions portant notamment la suspension du pays, le rappel des ambassadeurs ainsi que l’interdiction de voyages à ses dirigeants.

Dès l’annonce du décès, le 4 février, du général Eyadéma, chef de l’Etat togolais, l’armée a unilatéralement désigné son fils, Faure Gnassingbé, pour lui succéder, obligeant l’Assemblée nationale à modifier la Constitution pour parvenir à cette fin.

Malgré ses multiples démarches pour faire revenir les auteurs de ce qu’elle qualifie de "coup d’Etat" à la raison, la CEDEAO s’est vu contrainte de passer aux sanctions suite à la déclaration faite, samedi, par le président autoproclamé de se maintenir au pouvoir jusqu’aux élections prévues dans un délai de 60 jours.

PANA - Dakar - 20/02/2005

Retour de la légalité constitutionnelle au Togo : Togolais et Sénégalais pour une force militaire

Ressortissants togolais, organisations de la société civile sénégalaise, politiques, artistes et citoyens africains ont, lors de leur marche protestataire, élevé leurs voix contre le régime qui prévaut au Togo. Portés par des chants togolais et des slogans réclamant ainsi le départ de Faure Gnassingbé de la scène politique togolaise pour un retour à la paix.
Des chants togolais pour ouvrir et rythmer la marche de protestation d’avant hier matin, organisée par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et l’ensemble des organisations de la société civile sénégalaise. Depuis la Place de l’Obélisque jusqu’au Rond-point de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts), ce sont plus d’une centaine de manifestants qui ont arpenté les rues de Dakar, sous le regard des citoyens portés par un message pluriel qui concerne les préoccupations et les aspirations des Togolais et des citoyens africains en général.
Les ressortissants togolais ont mal de la situation qui prévaut actuellement chez eux. A leur avis, la crise institutionnelle et politique qui enchaîne le Togo, suite au coup d’Etat constitutionnel survenu après la mort du président Gnassingbé Eyadéma, risque d’embraser toute la sous-région ouest-africaine. « C’est un régime anti-constitutionnel qui s’est établi au Togo. Le président Faure Gnassingbé, qui souhaite rester aux commandes, tient des propos qui ne sont pas de nature à assurer des lendemains heureux pour le peuple togolais », dénonce Joel Ametitoir, un des responsables du Collectif des ressortissants togolais au Sénégal (Crts) et étudiant en médecine. « C’est un précédent dangereux pour notre sous-région. Et, nous refusons une Côte d’Ivoire bis. La situation politique qui prévaut dans ce pays frère est inacceptable », déclare Khalifa Ababacar Sall, député socialiste, venu pour dire non, avec ses frères togolais, au coup de force « multiforme » au Togo.
Et M. Ametitoir de poursuivre que le régime de Eyadema Gnassingbé s’est spécialisé dans le trucage des élections au Togo. D’où la nécessité de soutenir les actions de la Communauté internationale et réclamer un retour à la léga-lité constitutionnelle avec l’organisation d’élections présidentielles libres et transparentes. « C’est le seul gage de stabilité pour le peuple Togolais », assure-t-il.
Une certitude, à la vue des slogans brandis par les manifestants, le peuple togolais est brisé de fatigue par l’oppression subie durant près de quarante ans, de la part de Eyadema et de son camp. Alors, « dehors Faure Gnassingbé. Dehors ! », explose Alioune Tine, secrétaire général de la Raddho, sous un tonnerre d’applaudissements.
« Les sociétés civiles africaines doivent se mobiliser derrière les démocrates togolais pour que dans toutes les ambassades du Togo, partout dans le monde, les citoyens manifestent pour dire à Faure Gnassingbé : dehors », insiste-t-il. « Il faut en finir avec la monarchie et la dictature. Et, on n’a plus l’intention d’aller ailleurs en Afrique pour baisser les yeux, parce que tout simplement, nous avons des élites qui bafouent les Constitutions, la légalité et les droits de l’Homme chez nous », complète-t-il.
En outre, le retour à la légalité constitutionnelle n’est pas négociable, d’autant que, selon M. Tine, fort de défier la Communauté africaine et internationale, le régime actuel du Togo recule pour mieux sauter. « Eux aussi commencent les manœuvres de diversion, eux aussi vont manifester et créer la confusion, tout en continuant à exercer impunément la dictature en Afrique ». Alors, « la fermeté doit prévaloir et la pression s’accentuer ».
D’ailleurs, les organisations de la société civile sénégalaise sont d’avis que, s’il faut utiliser des moyens militaires pour que Faure Gnasssingbé et ses acolytes sortent, la force sera utilisée contre « les dictateurs ». « La mobilisation politique, sociale et populaire doit être suffisamment forte pour que les nouvelles autorités du Togo comprennent que nous ne faiblirons pas, tant que la légalité constitutionnelle ne sera pas rétablie », ajoute M. Sall.
« Le moment est venu où les Togolais doivent se libérer du joug de la dictature », clame Roger Agbo, plombier togolais au Sénégal. Diverses manifestations sont au programme pour que le retour de la légalité constitutionnelle au Togo soit rétabli dans les meilleurs délais. Khalifa Ababacar Sall ose croire que si les dispositions légales et constitutionnelles sont respectées, dans les 60 jours, le peuple togolais peut espérer des élections.
Le quotidien, 21/02/2005

Diaspora africaine : Union pour la démission de Faure Gnassingbé

« Je voudrais dire aux politiciens de taire leur rancœur, d’avoir un esprit d’intérêt supérieur de la nation suivant les conseils des pays amis. J’ai aussi entendu l’appel des leaders politiques. Il faut respecter la Constitution. Nous avons pris un engagement en lançant un appel à l’Assemblée nationale de rétablir les modifications constitutionnelles qui ont été faites. Et il faut désormais faire preuve de responsabilité. Pour le reste, ce sont les élections qui nous départageront ».
Tels ont été les propos du nouveau président Togolais, Faure Gnassingbé, informant de ce fait ses partisans qu’il se maintient au pouvoir, mais qu’il organisera les élections dans soixante jours. Une sortie officielle du président togolais faite le week-end dernier lors d’un meeting qui s’est tenu à Lomé II, alors qu’à Dakar une manifestation des fronts d’action citoyenne des sociétés civiles sénégalaise et togolaise, a conduit plusieurs personnes à protester contre son maintien au pouvoir. Car « la crise que traverse le peuple frère du Togo démontre que le nouveau régime au Togo veut s’imposer pour conserver le pouvoir par la violence ».
Ainsi, le collectif des Ong d’appui au développement (Congad), le Réseau africain pour le développement intégré (Radi), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), Amnesty international, section Sénégalaise, le Centre africain pour l’éducation aux droits humains (Caedhu), et le comité de lutte contre les violences faites aux femmes ont juré de soutenir jusqu’au bout la société civile togolaise, dont le collectif des ressortissants togolais au Sénégal (Crts) est membre.
Leur ambition commune est de « chasser du pouvoir les hommes soucieux uniquement de la préservation de leurs intérêts égoïstes et qui veulent perpétuer le système de dictature de feu Eyadéma ». Et Augustin Kuéviakoé, le porte-parole des ressortissants togolais au Sénégal, d’affirmer la position de la majorité de ses compatriotes résidant au Sénégal : « Faure n’a pas été prévu par la Constitution du Togo. Alors, il n’a qu’à déposer le tablier et laisser le pouvoir à qui de droit pour l’organisation d’élections libres et transparentes au Togo. » « M. Faure a annoncé le retour à l’ordre constitutionnel. Mais pour nous, ce retour à l’ordre constitutionnel implique (son) départ du gouvernement togolais », poursuit-il.
A cet effet, il faudrait accentuer la pression et exiger que « Fambaré Natchaba, le président de l’Assemblée nationale, assume l’intérim pour l’organisation des élections au Togo ».
C’est à la suite de la mort du président togolais, Gnassingbé Eyadéma, le 5 février dernier, que son fils Faure, de connivence avec l’Armée togolaise, s’est fait proclamer président de la République, modifiant par la suite la Constitution du pays en son article 25.
Le quotidien, 21/02/2005

APRES LE COUP D’ETAT AU TOGO

Le cri du cœur de la Raddho et des ressortissants togolais
Un appel urgent pour l’action et la solidarité à été lancé hier à l’occasion de la conférence de presse organisée par la Rencontre africaine pour la défense des droits humains (Raddho) et le Collectif des ressortissants togolais au Sénégal (Crts) en relation avec le coup d’état qui a eu lieu à Lomé, le 5 février, à la suite du décès brutal de l’ancien président Togolais, le Général Eyadéma.
« Le Togo est devenu l’otage du clan Eyadema qui se réduit aux éléments de sa famille, de son village, de sa région, de son ethnie et de ses fidèles légionnaires faisant d’armée nationale... » Ainsi débute sur un goût de mépris et de désolation, le communiqué de la Raddho rendu public à l’occasion de la conférence de presse de jeudi. Dans le cadre d’une vaste campagne d’opinion et d’action, le message livré par le Secrétaire Général de la Raddho, Alioune Tine, était clair, net et précis : « Si les gens se mobilisaient, ça ne passera pas. »

Lue par Augustin Kueuakoe, étudiant togolais à Dakar et membre du Crts, la « Déclaration du Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal » a aussi ajouté sa voix à la chorale internationale, composée de la Cedeao, de l’Union Africaine, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, l’Onu, et la France, qui ont tous condamné les développements politiques en cours au Togo.
Selon Alioune Tine, « Jamais on a vu une telle réaction énergique de la part des institutions africaines et internationales par rapport à un pays africain. » Selon lui, « Cette pression diplomatique sans précédent appuyée par des démonstrations de la société civile assure que le système Eyadema, fondé sur la terreur et sur la corruption, ne survivra pas Eyadema. »

Bien que les mécanismes soient mis en place pour la restauration de l’ordre constitutionnel au Togo, les besoins d’une campagne de pression diplomatique et de protestation populaire sont tout aussi pressants. Ce qui est une opportunité qu’on ne devrait pas gaspiller, a ajouté M. Tine.
Selon Joel Ametitoui, un autre étudiant Togolais à Dakar et membre du Crts, « Si ça ne passe pas à Togo ça ne passera plus en Afrique. » Ametitoui a souligné aussi « qu’un échec diplomatique peut avoir des graves conséquences si on ne répond pas à cette pression, ce serait peut-être une deuxième crise Ivoirienne. »
Dans leur déclaration, les membres du collectif ont annoncé un plan d’action qui s’agit d’une « marche de protestation organisée conjointement avec la Raddho et l’ensemble des organisations de la société civile sénégalaise qui nous accompagnement dans ce combat du samedi 19 février 2005 dont le point de départ sera le monument de l’Obélisque et le point d’arrivée et la Radio télévision sénégalaise (Rts). Alioune Tine a lancé l’appel aux leaders politiques et de la société civile sénégalaise pour que ce soit, « une manifestation massive de protestation contre la dictature et contre l’arbitraire. » Le plan d’action agit comme une « plate-forme revendicatrice qui sera remise au Consul honoraire au Sénégal. »

Etienne Gnassingbé Eyadema, dictateur de Togo pendant 38 ans, est mort le 5 février dernier. Malgré le fait que la constitution togolaise stipule en son article 65, qu’« En cas de vacance du pouvoir, le President de L’Assemblée Nationale assure l’intérim jusqu’aux prochaines élections présidentielles organisées dans les 60 jours qui suivent, » l’armée togolaise a imposé le fils d’Eyadema et homme de l’armée, Faure Gnassingbé, comme chef de l’état, après un coup d’état.
Le lendemain l’Assemblée Nationale, contrôlé par le parti unique d’Eyedema, le Rassemblement de Peuple Togolais (Rpt), ne s’est pas privée de modifier la constitution, en légitimant du coup, le coup d’état militaire.

Sud quotidien, 21/02/2005

La RADDHO satisfaite des sanctions de la CEDEAO à l’encontre des dirigeants togolais

Dakar, 20 fév (APS) - La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a exprimé sa ’’vive satisfaction’’ suite aux sanctions prise par la CEDEAO à l’encontre du gouvernement togolais dirigé par Faure Gnassingbé.

En réaction à l’obstination de Faure Gnassingbé à se maintenir au pouvoir, malgré l’opposition de la communauté internationale, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a décidé, samedi, d’infliger au Togo une première série de sanctions portant notamment la suspension du pays, le rappel des ambassadeurs ainsi que l’interdiction de voyages à ses dirigeants.

"La RADDHO se réjouit également de la position de l’Organisation internationale de la Francophonie, de l’Union européenne, des Etats-Unis d’Amérique et de la France, exigeant le retour à la légalité institutionnelle", estime l’organisation dans un communiqué parvenu dimanche à l’APS.

Après le décès du président togolais, Gnassingbé Eyadéma, le 5 février, il a été remplacé par son fils, Faure, à la tête du Togo alors que la Constitution prévoyait une succession interimaire par le président de l’Assemblée nationale, à charge pour lui d’organiser dans 60 jours l’élection présidentielle.

"Cette ligne ne saurait être négociable", estime la RADDHO qui recommande que des sanctions "plus fermes" soients envisagées si, "d’ici une semaine", Faure Gnassingbé ne rend pas sa démission.

La RADDHO recommande en outre à Faure Gnassingbé et aux "officiers putchistes" de "tirer très rapidement les leçons de leur échec et de se résoudre, dans un ultime accès de patriotisme, à tout laisser tomber (...)".

Elle invite aussi l’Union africaine et la CEDEAO à "se pencher sérieusement sur la situation actuellement des droits de humains et de l’Etat de droit dans certains pays de la sous-région comme la Gambie et la République de Guinée".

APS

Déclaration du Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal suite à la conférence de Presse organisée ce 17 février 2005

Comme pour la plupart des pays de la sous région ouest africaine, le Togo a entamé un processus de démocratisation à la fin des années 80, au lendemain du discours de la baule. Il est ainsi passé par une conférence souveraine nationale en 1991 qui a débouché sur une transition démocratique. Cette conférence Nationale souveraine avait, on s’en doute, suscité beaucoup d espoir auprès de la population togolaise, qui voyait dans cette opportunité, une occasion d’amorcer enfin le chemin de la démocratie. Très tôt cet espoir s’est dissipé laissant apparaître de vastes inquiétudes.

Le peuple togolais se retrouvait alors sous la maîtrise totale du régime d Eyadema et de son système du RPT parti état. Ce régime a eu largement le temps de s’enraciner et de placer leurs hommes de mains dans tous les compartiments de l’état ne laissant aucune place à la liberté d’expression et à l’avènement d’un autre système politique.

C’est dans cette situation précaire de crise économique et social, intermédiaire entre un état de guerre et de paix que se trouvait le Togo depuis près de 15 ans.
Le 05 février 2004, Etienne Gnassingbé Eyadema rend l’âme après 38 ans de dictature et de terreur au Togo, laissant le pays, isolé de la scène internationale avec la suspension de la coopération avec les bailleurs de fonds et l’union européenne, une situation socio-économique dégradante avec des arriérés de salaires et une pauvreté sans cesse croissante. Tout ceci renforcé par une absence de démocratie manifeste à travers le trucage des élections et une assemblée monocolore au RPT parti d’Eyadema et alliés.

Dès l’annonce de sa mort, l’armée togolaise a perpétré un coup d’état constitutionnel en imposant au peule, le fils du dictateur Eyadema, Faure Gnassingbé aux mépris des lois constitutionnels du pays qui stipule en son article 65 « En cas de vacance du pouvoir, le Président de l’Assemblée Nationale assure l’intérim jusqu’aux prochaines élections présidentielles organisées dans les 60 jours qui suivent ». Et le lendemain, 6 février, l’assemblée nationale, encore une fois au mépris de la constitution, (Article 144 : « ... Aucune procédure de révision ne peut être engagé ou poursuivi en période d’intérim ou de vacance ou lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. » ) aux couleurs du RPT modifie la constitution et dans un scénario ridicule et cynique, remplace l’actuel Président de l’Assemblée par Faure Gnassingbé. Une manière de légitimer le coup d’état de la veille.
Le Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal pour sa part tient à porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ce qui suit :

- Le régime togolais depuis 1967 n’est pas une simple dictature, mais une dictature militaire. C’est cette donne qui change au Togo et qui terrorise la population depuis de nombreuses années. Différents rapports de l’ONU et des organisations de Droits de l’homme ont confirmé les violations massives des droits de l’homme commises par l’armée avec la bénédiction d’Eyadema. Ces violations continuent de plus belle avec l’installation de son fils au pouvoir, les manifestations publiques interdites, les médias harcelés et privés d’émettre et de proposer des émissions publiques et autres. Ce qui prouve que ce régime illégitime continuera à massacrer les togolais sans impunité. Il s’agit d’un régime dictatorial et par voie de conséquence ce régime ne peut poser aucun acte démocratique, il a fait depuis longtemps la preuve de son incapacité congénitale à s’ouvrir aux idées de changement ou à la démocratie tout court.

- Le peuple togolais aspire à la liberté et à la démocratie et à l’alternance. Elle l’a manifesté à plusieurs reprises depuis les évènements du 05 octobre 1990, à la conférence nationale, lors des élections présidentielles de 1993, 1998 et 2003.Mais elle n’a jamais cru en la violence, comme mode de résolution des conflits. Voilà pourquoi, elle n’a jamais voulu s’associer à une telle démarche pour renverser le pouvoir autocratique d’Eyadema.

- Les derniers événements survenus au Togo n’augurent pas de lendemain heureux ni pour le Togo, ni pour l’Afrique. Cet énième coup de force de l’armée et du RPT parti état n’est pas de nature à assurer des lendemains paisibles pour le peuple togolais. Le Togo, n’est pas une monarchie constitutionnelle et on ne peut fouler aux pieds les principes démocratiques de la sorte.

C’est pourquoi, le Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal s’est retrouvée en ce jour à travers cette conférence de presse, interpellée par l’évolution de la situation politique de leur patrie, pour :

1. Dénoncer le caractère illégitime du pouvoir qui s’est établi à Lomé en violations flagrantes de la constitution dont s’est dotée le peuple togolais tout entier, par référendum du 27 septembre 1992.

2. soutient les initiatives de la CEDEAO, de l’Union africaine, de l’OIF, de l’ONU et de L’union Européenne visant à un retour à la légalité constitutionnel au TOGO.

3. Lance un appel à la France pour le respect du discours de la baule et de la déclaration de la francophonie de Bamako qui refuse les coups d’Etats dans l’espace de la francophonie. En conséquence, qu’elle use de tous les moyens pour le retour à la légalité constitutionnelle au Togo y compris le recours aux accords de défense signés entre les deux pays.

4. Demande au gouvernement du Sénégal et aux organisations internationales des sanctions ciblées contre les tenants du régime autocratique de Faure Gnassingbé. L’interdiction de voyager des officiels, le gel de leurs avoirs et la suspension de relations diplomatiques avec ce régime tant que la légalité ne sera pas rétablie.

5. Demande à tous les togolais et aux citoyens d’Afrique de se mobiliser pour aider le Togo à devenir démocratique.

6. Et au Sénégal, la Jeunesse Togolaise en Action lance une plate forme ouverte à tous les citoyens et organisations pour soutenir le peuple Togolais dans son combat pour la démocratie. Le peule togolais compte sur le Sénégal, à cause de sa longue tradition démocratique et de sa téranga pour que triomphe la liberté et la démocratie en afrique.

Au regard de tous ces points suscités et en vertu de l’article 150 de la constitution de la IVième république du Togo qui stipule :
« En cas de coup d’Etat, ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l’assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants. Dans ces circonstances, pour tout togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs. Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République. », le Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal appelle tous ses compatriotes à soutenir toutes les actions qu’elle aura à mener pour participer de manière active au changement de régime au Togo. Ces actions sont consignées dans un plan qui débute ce jour par cette conférence de presse. La suite du plan d’action s’établit comme suit :

- Une marche de protestation organisée conjointement avec la RADDHO et l’ensemble de la société civile sénégalaise le samedi 19 février 2005, dont le point de départ sera le monument de l’obélisque et le point de chute la RTS où une déclaration sera lu par les responsables de la RADDHO et du Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal.

- Un sit-in devant les locaux du consulat honoraire du Togo au Sénégal le lundi 21 février 2005 à partir de 10 heures. Une plate forme revendicatrice sera remise également au consul honoraire.

- D’autres actions sous diverses formes seront organisées chaque semaine par le CTRS jusqu’à ce que la cause de notre patrie soit entendue par le monde entier et que le problème togolais soit résolu.

Ensemble pour le Togo !
Fait à Dakar, le 17 février 2005

Pour le Collectif des Ressortissants Togolais au Sénégal

Le coordonnateur

 

© Copyright J.T.A ( Jeunesse Togolaise en Action)

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