Madagascar

Madagascar, le bain de sang : plus de 125 morts depuis 15 jours

par AFP , le 7 février 2009, publié sur ufctogo.com

De nouvelles victimes portent à au moins 125 morts le bilan des violences qui ont émaillé deux semaines de manifestations.

 

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Les corps des manifestants tués à Antananarivo, exposés à la morgue le 8 février 2009. Photo copyright AFP

Le bilan s’est alourdi dimanche au lendemain d’une manifestation des partisans du maire déchu d’Antananarivo, où au moins 28 personnes ont été tuées par des tirs de la garde présidentielle, un "bain de sang" qui devrait entraver les tentatives de conciliation.

La journée de samedi a marqué un tournant dans la crise ouverte depuis mi-décembre entre le maire élu de la capitale malgache Andry Rajoelina, récemment destitué par les autorités, et le président de la République Marc Ravalomanana.

La garde présidentielle a tiré samedi après-midi sur des partisans d’Andry Rajoelina qui les avait appelés à marcher sur le palais abritant le bureau du président dans le centre-ville d’Antananarivo. La présidence elle-même se trouve à environ 12 km à l’extérieur de la ville.

"Dans les trois principaux hôpitaux de la ville, on a recensé 28 morts et 212 blessés", a déclaré à l’AFP le capitaine Lala Rakotonirina, chef du service des relations publiques du commandement de la gendarmerie nationale.

La majeure partie des blessés et victimes ont été transportées dans l’hôpital universitaire de la ville où 25 morts et 173 blessés ont été comptabilisés.

"90% des blessés souffrent d’impacts de projectiles métalliques", selon un responsable de l’hôpital, Eric Rambinison.

Ces victimes portent à une centaine le nombre de personnes tuées dans les violences qui ont émaillé depuis le 26 janvier le bras de fer entre M. Rajoelina et le président Marc Ravalomanana dans la grande île de l’océan Indien.

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M. Rajoelina s’est fait le porte-voix du ressentiment d’une partie de la population touchée par des difficultés économiques et farouchement attachée au respect des libertés publiques.

La soirée de samedi a en outre été marquée par des tentatives de pillages dans quatre quartiers de la capitale, selon la gendarmerie.

"Il y a eu des tirs de sommations jusqu’à minuit. Dans ces opérations, il n’y a pas eu de blessés ou de morts. Une trentaine de pillards ont été arrêtés", a déclaré le capitaine Rakotonirina.

Dimanche matin, la situation était toutefois calme et l’activité quasi-normale dans la capitale malgache, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des Tananariviens endimanchés prenaient le chemin de la messe tandis que les taxis de la ville circulaient normalement.

A l’hôpital universitaire HJRA d’Antananarivo, plusieurs dizaines d’habitants inquiets tentaient de localiser un proche ou un ami n’ayant pas donné de nouvelles.

Seul quotidien à paraître dimanche, la Gazette a publié une édition spéciale avec une photo montrant à la Une une des victimes de la fusillade, un journaliste malgache ensanglanté travaillant pour la Radio télévision d’Analamanga, avec pour titre "Carnage !".

"Les militaires de la garde présidentielle ont tiré de sang froid sur la foule désarmée des manifestants", écrit le journal, évoquant "un bain de sang comme on en a rarement vu dans notre pays depuis l’indépendance".

La fusillade de samedi est intervenue peu après un rassemblement sur la place du 13-Mai où M. Rajoelina a pris la tête d’une "Haute autorité de transition", censée à ses yeux remplacer le pouvoir en place.

Cette annonce et la fusillade viennent compromettre un peu plus les efforts de la communauté internationale pour organiser une rencontre entre les deux hommes forts de Madagascar.

Reste à savoir si le bilan très lourd de samedi, qui a choqué de nombreux Malgaches, servira de choc et poussera au dialogue ou conduira à un durcissement des positions dans chaque camp.

 

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