Togo

Lomé sombre dans la violence, Akitani se proclame président

par La Libre Belgique , le 27 avril 2005, publié sur ufctogo.com

Des émeutes entre forces de l’ordre et opposants au régime ont éclaté mercredi pour la seconde journée consécutive dans les rues de Lomé, faisant un nombre important de victimes et laissant planer une lourde incertitude sur la transition politique au Togo.

 

La capitale togolaise a sombré mardi dans une guerre urbaine quelques minutes après l’annonce de la victoire de Faure Gnassingbé, candidat du pouvoir et fils d’Eyadéma, à l’élection présidentielle de dimanche. Alors que les affrontements se poursuivaient mercredi, notamment dans le quartier de Bé, fief de l’opposition, Emmanuel Bob Akitani, candidat de l’opposition défait, s’est autoproclamé président et a demandé à ses partisans de rester mobilisés. "Togolais, Togolaises, votre président vous parle, oui, votre président. Nous n’avons pas perdu cette élection présidentielle du 24 avril 2005, vous devez le savoir pour rester mobilisés", a-t-il dit à la presse. "Moi, Bob Akitani, et vous, avenir de notre pays, au prix de notre vie, nous devons nous opposer à l’abitraire pour contraindre celui qui croit bénéficier d’un droit divin sur notre peuple à entendre raison", a-t-il poursuivi, appelant à une "lutte populaire longue" mais "invincible".

PEUT-ETRE 50 MORTS

Deux médecins du CHU de Tokoin, le principal hôpital de la capitale, ont avancé un bilan de 50 morts, un nombre impossible à vérifier pour l’heure. D’autres sources, des habitants et des humanitaires, parlent d’une dizaine de tués au moins. Plus de 100 personnes ont été blessées, certaines par balles, a-t-on appris de sources hospitalières. Un médecin a précisé que les blessés arrivaient de tous les quartiers de la capitale et que certains avaient été touchés par balles dans le dos. A Bé, de jeunes manifestants grimés de peinture blanche et armés de lance-pierres et de machettes ont érigé des barricades et incendié des pneus. Les forces de l’ordre ont riposté avec des grenades lacrymogènes dans les ruelles de ce quartier, d’où s’est élevée une colonne de fumée noire, un immeuble au moins étant en flammes. Des voitures ont été détruites, des magasins pillés et vandalisés.

SCENARIO A L’IVOIRIENNE ?

Faure Gnassingbé a lancé un appel à "l’apaisement" et au "pardon mutuel" et a assuré que tout serait fait pour assurer la sécurité des ressortissants français au Togo. "Acceptons-en les résultats et regardons l’avenir", a-t-il ajouté sur France Inter et France Info, accusant "certains leaders politiques" d’avoir "annoncé" les émeutes s’il gagnait. Confirmant que "plusieurs ressortissants français" avaient subi des actes de violence et des vols à Lomé, Paris a pour sa part lancé un "appel à l’ensemble des responsables politiques togolais pour qu’ils ramènent le calme". "Au-delà, la France appelle à la réconciliation entre tous les Togolais et à l’amorce d’un dialogue indispensable pour l’avenir du pays", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattéi. Entre 2.000 et 3.000 Français vivent actuellement au Togo. Pour Kofi Yamgnane, porte-parole de l’opposition togolaise en Europe et vice-président PS du conseil général du Finistère, ils risquent d’être victimes d’un scénario "à l’ivoirienne" en raison de la déclaration du ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, qui avait qualifié lundi l’élection de "succès". "Ce qu’il a dit, les Togolais l’ont pris comme une vraie gifle. C’est ce qui explique que les jeunes Togolais maintenant s’en prennent aux Français. J’ai beau leur dire que Jacques Chirac ce n’est pas la France...", a expliqué Yamgnane. L’opposition, unie derrière l’Union des forces de changement de Gilchrist Olympio (UFC) et le candidat Bob Akitani, accuse le Rassemblement du peuple togolais (RPT) de Faure Gnassingbé de fraude massive.

Le fils d’Eyadéma avait été porté à la présidence par l’armée à la suite du décès de son père le 5 février, après 38 années de pouvoir sans partage. Cédant aux pressions de la communauté internationale, Faure Gnassingbé avait par la suite démissionné en promettant la tenue d’un scrutin présidentiel.

De nombreuses voix s’étaient élevées au Togo, y compris au sein même du gouvernement, pour réclamer le report de l’élection en raison du manque de préparation et du risque que représentait l’organisation du scrutin pour la sécurité du pays. Les dirigeants africains redoutent que le Togo sombre dans la guerre civile et déstabilise la sous-région occidentale de l’Afrique déjà en proie à de nombreux conflits.

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