Commission d’enquête

Lettre de l’UFC aux Responsable de l’ONU et OUA

par UFC , le 9 juin 2000, publié sur ufctogo.com

 

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Lomé, le vendredi 9 juin 2000
A Monsieur Koffi ANAN Secrétaire Général de l’ONU New York. USA

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Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Nous venons d’apprendre que l’ONU et l’OUA ont décidé de mettre sur pied, dans les tout prochains jours, une commission d’enquête conjointe pour vérifier les graves accusations de violations de droits de l’Homme au Togo, contenues dans le rapport d’Amnesty International publié le 5 mai 1999 et intitulé : "Togo, Etat de terreur".

L’Union des Forces de Changement (UFC) notre parti, accueille favorablement cette initiative louable qui suscite beaucoup de sympathie et d’espoir au sein des populations togolaises.

Nous voudrions néanmoins vous soumettre les propositions suivantes afin que le rapport qui sera publié à l’issue des investigations de la commission, puisse refléter la réalité et être aussi crédible que possible.

1- Les enquêtes doivent porter sur l’ensemble des violations dénoncées dans le rapport d’Amnesty International du 5 mai 1999, et non se limiter aux seuls "cadavres rejetés par la mer", comme le souhaitent les autorités togolaises. Ce point ne constitue qu’un paragraphe de quelques lignes dans un document de plus d’une cinquantaine de pages.

2- Les membres de la commission d’enquêtes doivent être choisis en raison de leur intégrité et de leur aptitude à résister aux pressions de toutes natures. La sécurité des témoins doit être garantie.

3- Il faut éviter, pour d’évidentes raisons de crédibilité, que les autorités togolaises, mises en cause, ne soient impliquées, de quelque manière que ce soit, dans l’organisation de cette enquête et faire en sorte que celle-ci soit conduite selon les normes des Nations Unies. Or, si le sommet de l’OUA se déroule à Lomé comme prévu, le chef de l’Etat togolais, M. Gnassingbé EYADEMA, présidera aux destinées de l’OUA, au moment où la commission d’enquête commencera son travail.

Il est impossible que le Présidant en exercice de l’OUA ne s’implique pas dans une enquête commanditée par l’organisation qu’il préside. Nous serions dans la situation surréaliste où la personne mise en examen présidera le tribunal chargé de la juger !

Ce problème ne peut être résolu qu’en dessaisissant l’OUA du dossier ou en déplaçant le sommet de l’OUA dans une autre capitale africaine. Nous sommes favorables à l’adoption de la deuxième solution. Car ce sommet, nous l’avons déjà écrit aux chefs d’Etat africains, ne peut se tenir au Togo, dans le contexte politique, social et surtout économique de notre pays, mis au ban de la communauté internationale, (Allemagne, Union européenne, France, USA etc.), surtout après la publication du rapport FOWLER sur l’Angola, sans jeter un grave discrédit sur l’OUA.

Si toutes ces précautions indispensables ne sont pas prises, le rapport de la commission d’enquête n’aura aucune crédibilité. Les autorités togolaises, du fait de leur longévité au pouvoir, disposent d’importants moyens financiers, diplomatiques et autres, leur permettant de brouiller les pistes.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de notre haute considération.

Pour le Bureau National,
Le Président National,
Gilchrist OLYMPIO.

 

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