Paludisme

Les secrets d’un vieux remède chinois contre le paludisme décryptés

par Wal Fadjri (Sénégal) , le 25 août 2003, publié sur ufctogo.com

La découverte, si elle est confirmée par des preuves biochimiques, ouvrirait de nouvelles pistes pour la lutte contre le paludisme, moins sensibles aux mutations du parasite qui sont à l’origine des résistances apparues dans nos pays.

 

Une équipe de scientifiques vient de décrypter les secrets d’un vieux remède chinois, particulièrement efficace dans la lutte contre le paludisme et qui pourrait constituer une arme efficace pour vaincre les résistances apparues dans le traitement de cette maladie. Les scientifiques se penchent, en effet, avec intérêt depuis des années sur les vertus de l’artemisine, un composant de Artemisia annua (qing hao), une herbe traditionnelle chinoise. L’artemisine est considérée comme un puissant anti-paludéen, alors que les résistances aux traitements classiques comme la chloroquine se développent de plus en plus, notamment en Afrique.

Sanjeev Krishna, de la Faculté de médecine de l’hôpital Saint-George, à Londres, et ses collègues, dont les travaux sont publiés jeudi par Nature, affirment avoir découvert le mécanisme qui permet à ce traitement traditionnel de faire face à un fléau qui fait près d’un million de morts par an dans le monde. L’histoire de ce traitement qui remonte à la nuit des temps commence en 340 (après Jc), lorsqu’un scribe taoïste rédige un "Manuel de traitements d’urgence", donnant notamment la recette d’une infusion pour combattre la fièvre, à base d’artémise, une plante aromatique. Quelque douze siècles plus tard, un sage du nom de Li Shizen comprend que ce remède peut être utilisé contre les symptômes du paludisme et l’inclut dans un recueil qui fera date dans l’histoire de la médecine chinoise.

Ce n’est qu’en 1972 que des scientifiques chinois commencent à s’intéresser à ce remède traditionnel. Ils en extraient le composant actif et le baptisent artemisine. Restait à comprendre le fonctionnement de ce composant.

Jusqu’à présent, on pensait que lorsque cette substance entre en contact avec le parasite du paludisme, elle libère des radicaux libres qui vont à leur tour attaquer et briser la membrane cellulaire du parasite. Mais, selon les travaux publiés par la revue scientifique britannique, le mécanisme serait très différent. L’artemisine agit en fait en bloquant l’action d’une enzyme (PfATP6) essentielle pour pomper le calcium de et vers les cellules du parasite. Toutes les cellules complexes ont besoin de ces pompes pour leur moteur moléculaire.

L’équipe de Sanjeev Krishna a d’abord infecté des oeufs de grenouille qu’ils ont exposés ensuite parallèlement à l’artemisine, puis à une substance conventionnelle. Leur conclusion est que l’enzyme PfATP6 n’agit que sur le parasite du paludisme en bloquant sa pompe à calcium. Cette découverte, si elle est confirmée par des preuves biochimiques au-delà de la simple observation scientifique, ouvrirait de nouvelles pistes pour la lutte contre le paludisme, moins sensibles aux mutations du parasite qui sont à l’origine des résistances apparues dans de nombreuses régions.

Wal Fadjri

 

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