Choléra

Les populations déplorent l’annonce tardive de l’épidémie de choléra

par IPS Inter Press Service , le 13 février 2004, publié sur ufctogo.com

LOME, 13 fév (IPS) - Les populations se plaignent de la lenteur des autorités à annoncer l’épidémie de choléra qui sévit de plus en plus ces temps-ci dans plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne.

 

’’Pourquoi les autorités sanitaires se refusent-elles à reconnaître l’existence de la maladie dès les tous premiers cas ?’’, se demande Corneille Agbobli, étudiant à Lomé, la capitale du Togo où le choléra s’est répandu depuis plusieurs semaines.

Agbobli avoue que deux de ses voisins ont développé des symptômes de la maladie que sont des diarrhées et des vomissements. ’’Mais à l’hôpital, les médecins ont refusé de nous dire de quoi nos voisins souffraient jusqu’à ce que l’un décède’’, témoigne-t-il.

’’Ne pensent-ils pas qu’en l’annonçant tôt, beaucoup de personnes pourront éviter la maladie ?’’, s’interroge Chantal Missoh, tenancière d’une gargote à Lomé.

Selon Missoh, les médias assument quand-même leurs responsabilités en annonçant la gravité de la situation. ’’Il a fallu que les médias privés en parlent abondamment pour que les autorités se décident à confirmer l’épidémie’’, regrette Abou Mounirou, un commerçant de la capitale.

L’Association togolaise des consommateurs se dit surprise par la lenteur avec laquelle les autorités ont annoncé l’épidémie. L’épidémie a commencé depuis décembre dernier au Togo, mais les autorités sanitaires ont attendu jusqu’à la deuxième semaine de février pour monter au créneau et signaler la flambée du choléra.

Pour Agouta Aladjou, secrétaire général de l’association des consommateurs, les consommateurs ont droit à l’information. ’’On ne comprend pas pourquoi le ministère de la Santé a traîné’’, déclare-t-il, ajoutant qu’il fallait ’’informer les gens très tôt’’.

L’épidémie de choléra a déjà tué 17 personnes dans le pays parmi les 413 malades recensés, selon la ministre togolaise de la Santé, Suzanne Aho.

Plusieurs régions du pays sont touchées dont la capitale Lomé où six décès ont été enregistrés sur 280 cas signalés depuis le début de l’épidémie. ’’Nous sommes conscients de la situation qui prévaut’’, a indiqué Aho.

Elle a indiqué avoir saisi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a mis à la disposition du Togo un fonds d’environ 9,9 millions de francs CFA (environ 19.420 dollars) sous forme de médicaments qui ont été répartis suivant les zones de prévalence.

L’association togolaise des consommateurs a fait imprimer des affiches qui informent sur les règles d’hygiène ; elle fait diffuser, sur des radios, des messages de sensibilisation sur les mesures d’hygiène, en langues locales et en français.

La même situation a été constatée au Cameroun récemment. Et pour justifier la lenteur qui marque l’annonce officielle de l’épidémie de choléra, Jérémie Sollé, délégué provincial de la santé publique à Douala, au Cameroun, affirme : ’’Nous sommes en médecine, nous gérons une épidémie, un problème de santé mais également un problème social, et même la communication doit être coordonnée’’.

Il a toutefois reconnu la gravité de la situation à Douala, la capitale économique camerounaise. ’’Nous avons une épidémie qui évolue dans les normes, mais si nous ne travaillons pas efficacement, on peut avoir une explosion de la maladie’’, a-t-il déclaré à la presse.

On dénombre 205 cas de choléra au Cameroun, dont 40 hospitalisés et 10 décès.

Face à la gravité de la situation, Urbain Olanguéna Awono, ministre de la Santé publique, s’est rendu dans les zones touchées par l’épidémie. ’’Sur le terrain, nous avons constaté la réalité et le potentiel d’explosion de l’épidémie, de même que les moyens de réaction mis en place’’, indique Awono.

Des mesures ont été prises pour faire face à l’épidémie, avec d’abord l’interdiction de vendre des produits laitiers, boissons, sucettes, glaces, fruits épluchés, repas froids et haricots rouges aux abords des écoles.

De leur côté, les maîtres des écoles primaires ont été appelés à sensibiliser, pendant leurs cours, les élèves qui se chargeront de transmettre le message à leurs parents.

Au Mali, l’épidémie de choléra a fait 11 morts parmi 156 malades recensés du 1er au 26 janvier dans la région de Mopti située à environ 400 kilomètres au nord-est de Bamako, la capitale malienne. Ces cas de choléra ont été enregistrés dans cinq communes de la région.

Les autorités maliennes ont décidé d’intensifier la campagne de sensibilisation et d’information de la population sur la maladie et les mesures d’hygiène à observer.

Au Tchad, l’épidémie a tué 11 personnes au début du mois de janvier dans le sud du pays. Le ministère tchadien de la Santé avait enregistré 131 cas à Moundou depuis début-janvier. Les populations de la région ont dû boire l’eau polluée d’une rivière locale, suite à une rupture technique dans la distribution de l’eau potable, selon des sources médicales.

La flambée de l’épidémie a été confirmée par Dr Abdoulaye Yam, chef d’une équipe de l’OMS sur place. Selon l’OMS, l’épidémie a été maîtrisée grâce aux réparations apportées au système d’approvisionnement en eau potable de la ville de Moundou.

Les sources d’infection du choléra sont l’eau de boisson contaminée à la source ou pendant le stockage et dans les denrées alimentaires.

Selon un document de l’OMS, la recherche menée depuis trois décennies permet d’affirmer que le traitement du choléra, dans des installations sanitaires convenablement équipées, peut ramener le taux de létalité à un pour cent.

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