La françafrique économique

Les pays anglophones sont mieux gérés

par Le Figaro (France) , le 6 juillet 2005, publié sur ufctogo.com

Les entreprises françaises moins présentes sur le continent noir.

 

Sur le plan économique aussi, la « françafrique » est mal en point. Chirac, souvent qualifié de « meilleur avocat » de l’Afrique, doit partager cette distinction avec Tony Blair. Le premier ministre britannique a déployé des trésors d’énergie pour faire avancer la cause du continent noir. Des deux rapports remis aux gouvernements en vue du G 8 et préconisant un certain nombre de mesures pour sortir l’Afrique de l’ornière, l’un a été écrit par l’économiste américain Jeffrey Sachs, l’autre commandé par le premier ministre britannique. Aucun n’a été commis par la France.

Le « duel » Blair-Chirac se reflète sur le terrain. Parmi les pays subsahariens qui décollent, la majorité est anglophone. L’Afrique du Sud figure au premier rang avec un produit intérieur brut de 212,9 milliards de dollars, suivie par le Nigeria, pétrole oblige, avec 71,3 milliards de dollars. Mais aussi, plus inattendu, le Kenya et la Tanzanie. Des pays comme le Botswana ou l’Ouganda sont régulièrement cités par les institutions internationales ou les agences d’évaluation pour leurs bonnes politiques budgétaires.

Sans parler du Ghana. Cette ex-colonie britannique, pauvre parmi les plus pauvres, fait désormais figure de bon élève du développement. Les investisseurs, anglais et américains, reviennent. Ils sont peut-être attirés par la Bourse d’Accra qui emporte la palme de la plus belle performance mondiale, avec un rendement sur capitaux de 144%... « Les investisseurs étrangers ont besoin d’un cadre juridique et d’un environnement des affaires stables. L’héritage colonial britannique est, à ce titre, plus rassurant », explique Sena Agbayissah, avocat au cabinet DentonWildeSapte.

Au chapitre de la bonne gouvernance, condition sine qua non du développement, l’Afrique anglophone fait montre de meilleure volonté, soutenue par le Commonwealth qui n’hésite pas à sanctionner si besoin est. Les investisseurs étrangers y reviennent, à l’instar de la banque britannique Barclays qui, chassée pourtant d’Afrique du Sud au moment de l’apartheid, a acheté début juin, pour 4 milliards d’euros, la banque Absa.

Les opportunités d’affaires semblent plus prometteuses en Afrique anglophone, mais les entreprises tricolores peinent à y prendre pied, à l’exception de celles qui oeuvrent dans les domaines de l’eau ou de l’électricité. On peut invoquer le barrage de la langue. Mais la France a bien été capable d’exporter ses grands groupes aux Etats-Unis ou en Asie. Un groupe aussi historiquement africain que la CFAO (filiale de PPR) tente depuis des années de sortir du « pré carré » francophone, sans y parvenir, à l’exception du Nigeria.

La « françafrique économique » pâtit de ses mauvaises habitudes : les entreprises se sont accoutumées à être presque systématiquement accompagnées, politiquement et financièrement, par l’Etat français. Le mélange des genres s’exporte mal en Afrique anglophone. Les sociétés françaises privilégient désormais... le Maghreb.

Sixtine Léon-Dufour - Le Figaro

 

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