Togo

Législatives 2007 : Message de Gilchrist Olympio (UFC)

par UFCTOGO.COM , le 2 octobre 2007, publié sur ufctogo.com

 

Message du président de l’UFC

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Chers compatriotes,

L’Union des Forces de Changement (UFC), se bat pour sauver le Peuple togolais de la dictature qui l’opprime depuis plus de quatre décennies et reconstruire le Togo pour le bien-être de tous sous le règne de l’Etat de droit.

Ce combat puise sa force dans la pure et authentique tradition d’Ablodé qui a mobilisé le Peuple togolais dans sa lutte pour l’indépendance. L’Ablodé s’illustre par une quête permanente de liberté, de démocratie, de justice et de paix.

Le Peuple togolais demeure profondément attaché à ces valeurs. Le vote franc et massif qu’il nous a toujours accordé lors des consultations électorales en témoigne. Et quand notre victoire à ces élections nous a été volée, l’UFC a œuvré, en toute responsabilité et dans un esprit d’ouverture, pour la tenue d’un véritable dialogue inter-togolais afin de sortir d’une crise qui empoisonne la vie des Togolais dans tous ses aspects (politique, économique, sociale et culturelle).

L’APG, malgré ses insuffisances avérées, est, au regard de ce drame national, un instrument de dernière chance pour rétablir la confiance et la paix entre les Togolais. Il recommande des réformes constitutionnelles et institutionnelles, nécessaires à l’instauration de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.

L’APG préconise en particulier, la tenue d’élections législatives dont l’organisation et les résultats devront apporter à nous-mêmes et à la Communauté internationale, la preuve que notre pays s’engage résolument dans un processus irréversible de démocratisation et de changement.

L’APG résulte des exigences de nos populations, relayées par les partis politiques de l’opposition démocratique pour la résolution de la crise politique née des atteintes graves et massives aux droits de l’homme, du déni de démocratie ainsi que des violations de la Constitution et des lois électorales.

Le scrutin du 24 avril 2005 a prouvé que le peuple togolais a résolument opté pour le changement. Tant que nous obtiendrons qu’il soit consulté régulièrement, nous finirons par faire triompher la cause d’Ablodé. C’est la raison pour laquelle, tout en maintenant notre contestation des résultats frauduleux de l’élection présidentielle, nous avons accepté dans l’APG le principe de la tenue d’élections législatives libres et transparentes dont l’organisation et la supervision sont confiées à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Ainsi nous pourrons engager un débat public dans tout le pays et avec toutes les populations sur notre Projet de Société et notre programme de gouvernement pour le changement.

L’obstination du régime RPT à se maintenir au pouvoir par la fraude électorale et la violence a aggravé l’état d’insécurité et entraîné le pays dans une régression continue. Les institutions républicaines sont confisquées par le pouvoir qui en fait un instrument d’arbitraire et de répression.

Le régime s’est discrédité sur le plan international par des atteintes graves et répétées aux droits ‘homme. L’économie, dominée par une oligarchie militaire et affairiste, est exsangue faute d’épargne locale et de confiance des financiers extérieurs pour relancer les investissements agricoles et industriels. Il en résulte que le taux de croissance du PIB est resté négatif (-2%), depuis ces dernières années. L’Etat est totalement incapable de faire face à ses obligations en matière de droits sociaux. La fuite des cerveaux vide le pays de ses cadres. L’exode rural aggrave le chômage dans les villes et plonge le pays dans la misère. Plus de 80% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté.

Chers compatriotes,

Après quatre décennies d’indépendance et d’appels constants du Peuple à l’effort et aux sacrifices pour le développement, on constate malheureusement l’état de misère qui nous frappe au Togo. Moins de 50% de notre population a aujourd’hui accès à l’eau potable, une source de vie indispensable. L’Etat consacre à peine 1,4% du PNB à la santé publique et moins de 2,5% à l’éducation.

Ces données nous interpellent d’autant plus que notre population passera de plus 5 Millions en 2005 à presque 8 millions en 2015 avec une population urbaine de plus de 50%. Nous devons nous préparer dès maintenant à maîtriser cette évolution. Ce sont là les enjeux que nous devons souligner au cours de notre campagne électorale pour que le Peuple togolais sache à qui il confiera son destin dans les années à venir.

Il faut sauver le Togo de la catastrophe. En d’autres termes, l’UFC doit absolument gagner les prochaines élections législatives et former un gouvernement tenant compte des réalités nationales afin de mettre en œuvre un plan de réhabilitation et de développement économique et social du pays, un plan qui offre des solutions fiables pour corriger ces performances médiocres et mettre le Togo sur la voie d’un développement durable.

Ce plan formulera une stratégie garantissant un développement durable et partagé, définira le rôle de l’Etat dans la création d’un environnement favorable au processus de développement et celui du secteur privé comme moteur de la croissance économique. Il fera de la décentralisation la base de la politique d’aménagement du territoire pour une démocratie participative et de proximité. plan comportera, dans un premier temps, une opération de sauvetage des sociétés d’Etat, des entreprises publiques, des institutions financières, des finances publiques et de la fonction publique que la mauvaise gestion, les abus et l’incurie de plus de quatre décennies de pouvoir ont anéanties.

Ainsi seront posés les prémices d’un programme multisectoriel de développement humain pour la garantie des droits sociaux fondamentaux comme le droit à l’éducation, à la santé, à l’emploi, au logement, à l’alimentation, ainsi que la promotion de la femme et de la jeunesse, le développement rural et les services urbains. C’est dans ce cadre que seront formulées des mesures spécifiques pour la lutte contre la pauvreté, laquelle, compte tenu de son ampleur (80% la population), constituera le levier de changement économique, social et politique de notre pays. Ce programme sera soutenu par une politique macro-économique visant à fixer la croissance PIB à un taux annuel effectif d’au moins 8%.

L’ouverture à une démocratie à la fois majoritaire et intégrative, en d’autres termes non exclusive, ainsi qu’à une économie d’entreprise libérale et à la bonne gouvernance, créera les conditions favorables aux négociations de rééchelonnement ou d’effacement de nos dettes extérieures dont les fruits iront prioritairement à la création d’emplois dans les grands travaux comme les constructions de routes et d’infrastructures d’enseignement, de santé et d’assainissement.

L’agriculture aujourd’hui fournit 43% de notre PIB et occupe 70% de notre population rurale. Malheureusement son déclin sous la dictature a entraîné cette population dans une situation d’extrême pauvreté. Nous allons restructurer et renforcer ce secteur pour en faire le moteur principal de notre économie.

L’industrie minière et les autres industries de transformation, les bâtiments et travaux publics, l’eau, l’électricité et les énergies traditionnelles, nouvelles et renouvelables sont créatrices valeur ajoutée. Elles contribuent pour 21 % au PIB. Nous porterons nos efforts sur le développement de ce secteur en orientant ses activités vers les produits dont le marché va croître. L’Etat encouragera l’entreprenariat dans le secteur industriel et soutiendra les travaux des centres nationaux de recherche scientifique.

Le secteur des services - le commerce, les banques, les assurances, les douanes, le port, la poste, les télécommunications et le tourisme - fournit 36% de notre PIB. Ce secteur sera assaini et dynamisé pour garantir l’efficacité de nos échanges à l’intérieur et avec l’extérieur, pour mobiliser des ressources techniques et financières intérieures et extérieures et pour gérer les activités des secteurs primaire et secondaire en vue d’assurer une croissance forte et durable de l’économie. Dans ce contexte, nous ferons un effort particulier pour rattraper notre retard hautement préjudiciable dans le domaine de l’information et de l’informatique qui constitue, en ces temps de modernité et de mondialisation, l’instrument indispensable de conquête de la technologie et le support incontournable du développement.

Le secteur informel représente un volume important des activités économiques de notre pays. Ces activités qui ne sont homologuées sur aucun registre officiel procurent du travail rémunéré à une grande partie de la population vivant dans la pauvreté et demandeuse d’emplois que le secteur formel n’est pas en mesure d’absorber du jour au lendemain. Il s’agira pour l’Etat de réer un environnement propice à la poursuite des activités de ce secteur qui contribue aussi au développement humain et à la croissance économique de notre pays.

Dans l’euphorie d’une pseudo industrialisation par la création de grandes sociétés d’Etat, le régime RPT s’est détourné de l’approche du développement communautaire qui avait pourtant fait ses preuves dans les premières années de notre indépendance. En effet, les projets de développement communautaire mobilisent l’énergie et le savoir-faire des communautés villageoises et urbaines autour d’activités multidisciplinaires de production, de formation, de santé et d’assainissement, et apportent à moindre coût des solutions pragmatiques à des problèmes comme l’appauvrissement des terres agricoles, le chômage, l’exode rural, etc. Ils recourent aux techniques traditionnelles aussi bien que modernes, s’appuient sur la culture du milieu et développent le sens de la solidarité citoyenne. Nous ferons renaître cette approche car elle participe à une action de proximité pour le développement rural et celui des services urbains.

Avec ces programmes sectoriels, d’autres actions urgentes s’imposent au premier rang desquelles la reprise de la coopération internationale et la conclusion d’un accord avec le FMI,

appuyée par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la reprise de la croissance. C’est dans ce contexte que nous négocierons le traitement de la dette extérieure qui s’élève à 497 milliards de F CFA en 2001, soit 105% du PIB avec un ratio de services dépassant 50% des recettes fiscales. Il faudra par ailleurs mettre en œuvre un plan d’apurement de la dette intérieure qui avoisine 280 milliards de FCFA, non compris les arriérés de salaires, de pensions et de bourses.

Chers compatriotes,

Le changement, c’est la réalisation des objectifs majeurs que nous venons de mentionner c’est également la promotion de nouvelles institutions et structures d’appui ainsi que de comportements qui favorisent le développement économique et social.

Ce changement, nous le voulons profond en rupture avec l’ordre actuel car il doit agir en profondeur et donner du sang neuf à la politique économique et sociale de notre pays pour la corriger durablement et lui insuffler une nouvelle dynamique.

Ce changement, nous le voulons libéral parce qu’il doit susciter une adhésion libre à l’initiative privée tant individuelle que collective sur la base de l’esprit d’entreprise. A cet égard, l’UFC veillera à ce que des dispositions législatives favorables à l’entreprise privée soient adoptées avec des instruments de régulation du marché, que la privatisation des entreprises publiques se fasse dans des conditions régulières de concurrence et de transparence, et que l’Etat aide à la mobilisation de fonds de démarrage d’entreprises nationales appartenant à des Togolais dans les secteurs de production.

Ce changement, nous le voulons social dans un concept nouveau de partenariat entre trois acteurs du développement : l’Etat qui agit pour tous les citoyens sans discrimination, le secteur privé obéissant aux lois du marché et de la libre entreprise, et la société civile animée par la devise « action privée pour le bien public ». Cette nouvelle approche donnera à notre pays une grande impulsion à la croissance économique, une dynamique sociale et consolidera la démocratie.

Ce changement, nous le voulons participatif par une politique de décentralisation. Celle-ci remonte à la volonté de nos populations exprimée depuis la victoire historique du 27 avril 1958, de rapprocher l’administration des administrés en s’efforçant d’adapter les objectifs aux moyens disponibles. Les structures d’une administration locale sont en place dans notre pays. Il s’agira pour nous d’en corriger les anomalies et de donner effectivement les pouvoirs aux assemblées locales élues pour remplir leurs obligations en matière de services communaux, ruraux et sociaux.

Ce changement, nous le voulons rigoureux par la pratique d’une politique de stabilité macro­économique et de contrôle des dépenses budgétaires ; par la redistribution des ressources pour faire face aux exigences du développement humain ; par la révision, la réduction ou la suppression de dépenses de prestige et celles affectées aux mesures répressives attentatoires aux droits humains fondamentaux.

Ce changement, nous le voulons républicain et dans la sécurité par l’institution d’une armée au service de tous. A cet effet, nous engagerons des réformes afin de réaffirmer le rôle de l’armée dans la société comme un corps professionnel chargé de la défense de l’intégrité territoriale et de protection des citoyens sans entrave à leurs droits fondamentaux et à l’alternance politique.

Ce changement, nous le voulons moderne et juste par la création dans l’administration et les services publics des conditions requises en termes de sélection d’un personnel idoine et compétent et de rémunération juste et régulière afin de promouvoir la bonne gouvernance et de combattre la corruption. Car la croissance et le développement économique et social ainsi que le respect des droits de l’homme qui sont nos objectifs prioritaires ne peuvent être réalisés sans un comportement responsable et citoyen :

Chers compatriotes,

Les élections législatives préconisées par l’APG ont une importance capitale dans la vie politique de notre pays. L’opinion et l’action de chaque Togolaise et de chaque Togolais sont à cet égard déterminantes, tant pour exprimer les choix que pour les faire respecter et les faire traduire dans des actes démocratiques et de paix durable.

Par votre adhésion au programme de l’UFC et votre vote franc et massif en faveur de ses candidats, disons fermement que nous voulons en finir définitivement avec le régime d’arbitraire afin de rebâtir un Togo nouveau où règnera l’Etat de droit, où notre dignité sera restaurée, où nos libertés seront respectées, où notre sécurité sera garantie, où l’espoir d’un meilleur avenir stimulera chaque citoyen pour œuvrer à la réalisation du bien-être, de la prospérité et du progrès de tous.

La victoire est à portée de main, saisissons-la.

Ablodé !

 

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