Présidentielle 2003

Le voyage de M. Fodé Sylla au Togo est très contesté

par Le Monde (France) , le 5 juin 2003, publié sur ufctogo.com

La décision, prise par l’eurodéputé français Fodé Sylla, membre de la Gauche unitaire européenne (GUE), de participer à l’observation de l’élection présidentielle au Togo, a suscité les protestations de certains de ses collègues.

 

Ils craignent que cette "initiative individuelle" ne brouille le message du Parlement : l’institution avait décidé de ne pas envoyer de mission électorale au Togo parce que celle-ci "n’aurait pas manqué d’apparaître comme une caution apportée au régime du général Eyadéma, au moment où il franchit une nouvelle étape dans la confiscation du pouvoir", rappellent Glenys Kinnock, présidente britannique de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, et Marie-Arlette Carlotti, vice-présidente, française, de cette Assemblée.

Les deux députées, qui appartiennent à la famille socialiste, rappellent qu’il s’agissait d’"une décision politique collective à laquelle se sont ralliés tous les groupes politiques européens".

M. Sylla a mis en doute la crédibilité d’un opposant togolais, Yannick Bigah, président de l’association Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), soutenu par le Parlement. Il s’est demandé s’il ne s’agissait pas d’un imposteur "à la recherche d’un visa", relayant le mécontentement des autorités, pour lesquelles il s’agit d’un opposant "radical".

Didier-Claude Rod, autre vice-président (Vert, Français), a réagi : M. Bigah, qui se cache au Bénin, et qui demande l’asile en Belgique, a fui le Togo après que les autorités eurent appris qu’il avait rédigé, à la demande du Parlement, un rapport sur les exactions des forces de sécurité.

A Brazzaville, M. Sylla aurait assuré que le Togo, d’où il revenait, s’était engagé vers la démocratie, et plaidé pour l’envoi d’une mission de surveillance. Il n’a été soutenu que par Michel-Ange Scarbonchi, passé du groupe socialiste à la GUE. "C’était incroyable que deux communistes défendent un dictateur !", se souvient M. Rod.

A Strasbourg, Francis Wurtz, président de la GUE, a apporté un démenti "catégorique" à "l’affirmation selon laquelle il y aurait le moindre lien entre la mission de Fodé Sylla et -une- opération de l’Elysée". Il a confirmé que c’est bien son groupe qui a financé le voyage de M. Sylla.

Rafaële Rivais

 

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