Aide Humanitaire

Le tsunami fait recette, pas la famine en Afrique

par AFP , le 12 janvier 2005, publié sur ufctogo.com

"L’équivalent d’un tsunami frappe tous les cinq mois", en termes de victimes, un pays comme la République démocratique du Congo, a rappelé M. Egeland mardi aux donateurs.

 

JPEG - 2.4 ko
© droitsenfant.com

Vision saisissante de la vague, touristes emportés au large, plages paradisiaques transformées en enfer : le tsunami a suscité une mobilisation internationale qui fait défaut à des crises "moins séduisantes" comme les famines en Afrique, observent les spécialistes de l’aide humanitaire.

"Certaines régions du monde sont plus populaires que d’autres", reconnaît le chef des opérations d’urgence de l’ONU, Jan Egeland, qui a obtenu mardi soir de la communauté internationale un premier versement record de 717 millions de dollars pour les secours aux régions sinistrées.

Si d’autres appels de l’ONU en faveur de crises humanitaires très médiatisées comme l’Irak ou le Kosovo sont convenablement couverts, financer l’aide à l’Afrique est "un cauchemar", selon M. Egeland. Plus de deux semaines après les vagues géantes qui ont tué près de 159.000 personnes dans l’océan Indien, les vidéos de témoins, diffusées dans le monde entier, maintiennent l’émotion intacte et les dons continuent à affluer dans les caisses des organisations humanitaires.

"C’est une catastrophe d’une ampleur sans précédent qui a frappé de très nombreux pays", commente Amy Barry, porte-parole de l’organisation britannique Oxfam, ajoutant que la couverture des médias avait énormément contribué à stimuler la générosité des donateurs. La présence de touristes occidentaux sur les plages, particulièrement en Thaïlande, a rendu la catastrophe plus proche des préoccupations des pays riches, ajoute-t-elle.

Les gens seraient plus généreux "s’ils étaient davantage conscients des autres choses qui se passent de façon moins spectaculaire, moins séduisante peut-être, mais qui sont plus enracinées et donc plus graves d’une certaine façon, comme la pauvreté en Afrique", estime-t-elle.

A la Fédération internationale de Croix-Rouge, on souligne le contraste entre la catastrophe provoquée par le tsunami et les tragédies qui tuent à petit feu. "Il est beaucoup plus difficile de médiatiser une catastrophe lente comme la famine", note la porte-parole Marie-Françoise Borel. "Nous devons faire un effort pour nous assurer que les médias ne les oublient pas". Les éléments naturels à eux seuls ont suffi à susciter des promesses de dons, souligne-t-elle : "Quand on voit à la télévision des gens emportés par les vagues, c’est très puissant, les gens sont émus. Cela montre la puissance de la nature".

La même solidarité s’était manifestée à un degré moindre en 1998 après un tsunami qui avait tué plus de 2.000 personnes en Papouasie Nouvelle-Guinée, selon Mme Borel. Alors que le tsunami apparaît comme une catastrophe naturelle que nul n’aurait pu empêcher, les donateurs se sentent souvent dépassés — et donc moins enclins à ouvrir leur portefeuille — par des problèmes endémiques comme la faim et la pauvreté, suggère Mme Barry. Si l’Irak et la Tchétchénie ont reçu en 2003 91% de l’argent qui leur avait été promis dans les appels au secours de l’ONU, la proportion tombe à 54% pour la Côte d’Ivoire et à 45% pour le Liberia, selon elle.

"L’équivalent d’un tsunami frappe tous les cinq mois", en termes de victimes, un pays comme la République démocratique du Congo, a rappelé M. Egeland mardi aux donateurs.

AFP

 

© Copyright AFP - Visiter le site

Articles suivants

Articles précédents

Dépêches

UFC Live !

  • Vous devez installer le module flash correspondant à votre navigateur pour voir ce contenu.

WEB Radios - TV

WEB Radios
Tous unis pour un Togo libre et démocratique
samedi
18 novembre 2017
Lomé 26°C (à 05h)