TOGO-UE

Le lourd bilan des 22 engagements.

par La rédaction UFCTOGO.COM , le 15 juillet 2005, publié sur ufctogo.com

Les événements qui se sont déroulés au Togo depuis le décès du dictateur Gnassingbé Eyadéma constituent le bilan des 22 engagements. Ils révèlent la véritable nature de ce régime ; ils nous obligent nécessairement à une profonde réflexion sur sa nature non-démocratisable, et sur notre stratégie pour rétablir la souveraineté du peuple.

 

Car, cela vaut-il encore la peine d’aller voter, si en définitive, les suffrages des humains sont ignorés au profit du vote des bêtes sauvages.

De même, l’opposition n’est-elle pas un alibi de la dictature dans la mesure où tout est verrouillé et qu’on ne lui reconnaît aucun statut ni rôle dans la vie politique. Tout simplement, parce que les Gnassingbé et le RPT considèrent le Togo comme leur propriété privée.

En conséquence, le dialogue et le consensus qui permettent le jeu démocratique sont impossibles à obtenir avec le pouvoir militaro-clanique qui dirige le Togo depuis 1967.
Le jeu politique est donc impossible au Togo. Il faut avec courage tirer ces conclusions. Il n’y a pas de règles fixes auxquelles les acteurs puissent se référer.
Et conséquent, toute alternance est impossible !

Ainsi, les fameux 22 engagements signés depuis le 14 avril 2004 et qui devaient contribuer à une démocratisation du régime sont une « couillonnade » de plus. Nous sommes sceptiques, au sens le plus fort du terme, sur leur mise en œuvre effective.

Les preuves sont fournies dans l’évaluation de leur mise en œuvre que propose un de nos rédacteurs.
En préambule de ce travail, nous mettons en relief les termes essentiels de la décision du Conseil européen en date du 15 novembre 2004.

CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 4 novembre 2004

ACTES LÉGISLATIFS ET AUTRES INSTRUMENTS
Objet : Décision du Conseil portant conclusion de la procédure de consultation avec la République togolaise au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou

DÉCISION DU CONSEIL
portant conclusion de la procédure de consultation avec la République togolaise au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou

L’Union européenne a considéré que la situation politique togolaise actuelle se caractérise par un blocage et que le déficit démocratique et le faible respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales continuent de constituer une violation des éléments essentiels repris à l’article 9 de l’accord précité...
Il a été convenu qu’un dialogue approfondi se déroulerait au Togo sur les divers points soulevés pendant une période de trois mois, et qu’un point de la situation serait fait à la fin de cette période.

Ce dialogue approfondi et régulier, fondé sur une liste de mesures à prendre en vue de la réalisation des engagements convenus a effectivement eu lieu...
Des points de préoccupation demeurent en particulier dans le domaine de la restauration de la démocratie.

Dans ce contexte, les mesures concrètes suivantes, qui sont conformes aux engagements figurant à l’annexe à cette annexe, sont particulièrement attendues par l’Union Européenne :
- la mise en oeuvre du dialogue national dans un cadre structuré et transparent conformément à l’engagement n° 1.1 ;
- dans le contexte de ce dialogue, la révision du cadre électoral garantissant un processus transparent et démocratique conformément à l’engagement n° 1.3 ;
- la définition d’un cadre juridique organisant le financement des partis politiques conformément à l’engagement n° 1.4 ;
- l’organisation des scrutins pour les élections législatives et locales conformément aux engagements n° 1.5 et 1.6 ;

CONSEIL DE l’UE : OUVERTURE DES CONSULTATIONS AVEC LA PARTIE ACP SUR LA REPUBLIQUE TOGOLAISE AU TITRE DE L’ARTICLE 96 DE L’ACCORD DE COTONOU CONCLUSIONS DE L’UNION EUROPÉENNE.

L’Union européenne attache la plus grande importance aux dispositions de l’article 9 de l’Accord ACP-CE de Cotonou. Le respect des institutions démocratiques, des droits de l’Homme et de l’État de droit constituant des éléments essentiels de l’Accord de partenariat et la bonne gouvernance en étant un élément fondamental, ils forment ainsi le fondement de nos relations. Elle considère que la situation politique togolaise actuelle se caractérise par un blocage et que le déficit démocratique et le faible respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales continuent de constituer une violation des éléments essentiels repris à l’article 9 de l’Accord de Cotonou.

Au regard de cet article et de la situation de blocage politique actuelle au Togo, elle a décidé le 30 mars 2004 d’ouvrir des consultations au titre de l’article 96 de l’Accord afin d’examiner de façon approfondie la situation et, le cas échéant, d’y remédier. Au cours de la réunion d’ouverture de ces consultations qui a eu lieu à Bruxelles le 14 avril 2004, l’Union européenne a noté avec satisfaction que la partie togolaise a pris certains engagements et a donné des éléments positifs pour un renforcement du climat démocratique et de l’Etat de droit dans le pays.

Ainsi, l’Union européenne note que le gouvernement de la République togolaise a pris les engagements suivants :

Engagement N° 1.1 :Dans le but d’assurer le plein respect des principes démocratiques, annonce sans délai d’une reprise ouverte et crédible du dialogue national avec l’opposition traditionnelle et la société civile, dans un cadre structuré et transparent.

En ce mois de juillet 2005, il n’existe pas de cadre structuré et transparent pour favoriser un dialogue crédible. Une campagne médiatique bien organisée a redessiné le paysage politique et l’opposition traditionnelle est à présent qualifiée de radicale afin que les extensions du RPT que sont la CPP et le PDR puissent être comptabilisées dans l’opposition et donner l’impression que les partis dialoguent.
L’absence d’un dialogue véritable dans le pays est perceptible dans les décisions unilatérales du parti au pouvoir et le refus de concéder quoi que ce soit sur l’essentiel. L’exemple le plus récent étant le rejet en bloc de la plate forme que l’opposition traditionnelle en vue de la formation d’un gouvernement de transition à base d’unité nationale. Il n’y a eu aucun amendement ou aucune contre proposition. Les propositions de la Coalition ont été rejetés en bloc et suivi de la nomination de monsieur Edem Kodjo et d’un gouvernement RPT.
Engagement N° 1.2 : Engagement de garantir, sans délai, l’action libre de tout parti politique, à l’abri de tout acte d’harcèlement, d’intimidation ou de censure.

Le 12 février 2005, une manifestation pacifique et non interdite est réprimée par les gendarmes occasionnant des morts. L’Union Africaine condamnera cette répression (http://www.diastode.org/Nouvelles/n...)
La répression a été encore plus violente au cours du mois d’avril 2005 et se poursuit par des descentes nocturnes aux domiciles des militants de l’opposition et de simples civils.
La chasse à l’homme se poursuit et les départs en exil de togolais se comptent par milliers chaque mois depuis avril 2005. Plus de 50000 compatriotes se sont exilés dans les pays voisins et continuent de quitter le Togo, fuyant la répression et la chasse aux opposants.

Engagement N° 1.3 :Engagement de procéder, en partant de l’Accord Cadre de Lomé, à une révision du cadre électoral, garantissant un processus électoral transparent et démocratique, et acceptable pour toutes les parties, dans un délai de 6 mois.

Le cadre électoral a été modifié et adopté unilatéralement en Janvier 2005, sans l’accord de l’opposition traditionnelle. Cet engagement n’est donc pas respecté étant donné qu’il n’est pas transparent et accepté par toutes les parties. Du reste, c’est sur la base de ce Code électoral que fut organisée l’élection présidentielle du 24 avril, avec les fraudes grossières que l’on sait (non-respect du chronogramme électoral, fichier électoral tronqué, problème dans la distribution des cartes électorales, expulsion des délégués de candidat dans les bureaux de vote, intrusion dans les bureaux de vote et vol d’urnes par des militaires et des milices., etc...)

Engagement N° 1.4 : Engagement de garantir à tous les partis politiques l’accès équitable aux média publics et d’instaurer un système équilibré d’accès aux fonds publics prévus pour le financement des partis politiques.

Au chapitre de l’accès équitable aux médias publics, le parti au pouvoir a la part belle, les activités de cette dernière sont couvertes et diffusées à plusieurs reprises. Les rares expressions de l’opposition sont dénaturés et les montages sont faits de sorte que les propos soient incohérents ou inachevés. Une dépêche assez édifiante est disponible au lien suivant : http://www.diastode.org/Nouvelles/n....
Durant la période de vacance de pouvoir, les médias ont été pourchassés, des journaux interdits et l’autorité de régulation de l’audiovisuel a interdit aux médias privés d’évoquer la campagne électorale. Radio France international et la BBC ne peuvent toujours pas émettre en modulation de fréquence (FM)
- http://www.rsf.org/une_pays-23.php3...
- http://www.rsf.org/article.php3?id_...
- http://www.rsf.org/article.php3?id_...
Au sujet du financement des partis politiques, un comité de travail auquel l’opposition traditionnelle ne participait pas a été mis en place mais aucune mesure concrète n’a été prise dans le sens de la réalisation de cet engagement.

Engagement N° 1.5 :Engagement d’organiser de nouvelles élections législatives, dans des conditions transparentes et en acceptant des observateurs internationaux à tous les stades du processus, dès que possible et suivant le cadre prévu à l’engagement 1.3 ci-dessus.

Les élections législatives promises pour « dès que possible » n’ont pas encore eu lieu en raison du non respect d’engagements précédents notamment, un dialogue crédible avec l’opposition et un cadre électoral acceptable.
Au regard des derniers scrutins, et dans le contexte né du 24 avril, des élections sont-elles encore possibles au Togo ? Notre réponse est NON !

Engagement N° 1.6 : Engagement d’organiser des élections locales, dans un délai de 12 mois, dans des conditions transparentes et en acceptant des observateurs à tous les stades du processus.

Les conditions d’organisation de l’élection présidentielle du 24 avril sont un bon baromètre pour évaluer l’état d’avancement des 22 engagements.
À un moment ou le Togo devait évoluer vers un environnement un tout petit peu plus démocratique, on a eu le pire et la plus barbare des élections jamais organisées dans la sous région. Au point que le parlement Européen a refusé de reconnaître cette élection(voir la déclaration du Parlement européen : http://www.diastode.org/Nouvelles/n... )

Engagement N° 1.7 :Engagement de mettre en place les conditions nécessaires pour que les Assemblées municipales, démocratiquement élues, disposent du mandat et des ressources nécessaires pour assurer une administration locale efficace et démocratiquement légitimée dans un délai de 12 mois.

Cet engagement n’a pas été tenu en raison du non-respect des engagements 1.3 ; 1.5 et 1.6

Engagement N° 2.1 :Engagement de garantir à tout moment l’absence d’exécutions extrajudiciaires, de torture et d’autres actes inhumains et dégradants sur le territoire togolais, y compris par la formation adéquate des cadres des forces de l’ordre et du système judiciaire.

Un rapport de la ligue Togolaise des droits de l’homme fait état de plus de 800 morts et 4500 blessés. Le rapport préliminaire de la LTDH est disponible sur le site suivant : http://www.diastode.org/Nouvelles/a...
Le haut commissariat aux réfugiés(HCR) annonce 38,492 réfugiés dont 23,221 au Benin et 15,500 au Ghana. (http://www.unhcr.ch/cgi-bin/texis/v...)

Engagement N° 2.2 :Engagement de libérer l’ensemble des prisonniers politiques, clairement détenus en raison de leur opposition politique, de propos critiques à l’égard du Gouvernement ou d’autres raisons qui ne justifient pas une détention. La liste des détenus concernés par cette mesure devrait être établie en collaboration avec une ou plusieurs ONG reconnue, compétente en la matière et acceptée par toutes les parties. Cet engagement devrait être respecté dans un délai ne dépassant pas 6 semaines.

Une tentative de respecter cet engagement a été observée avec la libération de 500 prisonniers. Cependant, ces derniers mois, les lieux de détention (surtout secrets) ont à nouveau fait le plein suite aux rafles des milices du RPT et des forces de l’ordre.
L’innovation consistant à les tenir dans des lieux secrets afin qu’ils ne soient pas retracés et cela viole de manière flagrante l’engagement ci-dessus. Ces rafles nocturnes de jeunes les incitent à fuir le Togo.

Engagement N° 2.3 : Engagement de transmettre au parquet dans un délai de trois mois tous les dossiers de personnes qui sont en détention préventive ou en liberté provisoire en vue d’une clarification de leurs cas en conformité avec la législation en vigueur.

Cet engagement n’est pas respecté parce que des prisonniers politiques issus de l’opposition traditionnelle sont toujours détenus alors que leur arrestation remonte à près de 5 mois maintenant.

Engagement N° 2.4 : Engagement de permettre l’accès libre aux détenus par des avocats et par des ONG humanitaires et de droits de l’Homme, accompagnés d’un médecin de leur choix, à tous les lieux de détention (prisons, stations de gendarmerie, police etc.), leur permettant de vérifier l’absence de torture et d’autres traitements inhumains, avant la fin des consultations.

Cet engagement n’est pas vraiment respecté en raison du non respect de l’engagement 2.2 d’une part et de la détention dans des lieux secrets.

Engagement N° 2.5 : Engagement de revoir le mandat et le statut de la Commission des droits de l’Homme, en vue de garantir son indépendance effective par rapport aux autorités administratives, dans un délai de 9 mois.

La loi portant modification de la CNDH a été adoptée en Janvier par l’assemblée monocolore RPT. Cependant, sa composition est inchangée, et la CNDH demeure un organisme inféodé au parti au pouvoir qui n’est donc pas indépendante.

Engagement N° 2.6 : Engagement de faire poursuivre, par des mesures juridiques ou disciplinaires, les auteurs avérés des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et de traitement dégradants et inhumains. Cet engagement devrait aussi comprendre l’amendement des textes législatifs et réglementaires respectifs là où cela est nécessaire.

Au sujet de cet engagement, nous devons noter la récente mise en place d’une commission nationale pour enquêter sur les violences. Cette commission est présidée par l’ancien premier ministre Joseph Kokou Koffigoh.
Il convient de se demander avec quelle indépendance et quelle crédibilité cette commission va opérer ?
Le premier ministre Koffigoh n’a pas pu mener la transition vers la démocratie et a rejoint le camp du général Eyadema qui, en réalité, ne l’a jamais accepté. Il était régulièrement accusé par monsieur Eyadema d’avoir commis des crimes économiques. Un véritable chantage et une épée de Damoclès est suspendue sur sa tête( risque de poursuite judiciaire pour crimes économiques). Il ne peut donc être impartial car s’il désignait les vrais coupables, il serait poursuivi.
Cette commission composée de dix membres, tous proche du pouvoir. L’absence de garantie et d’impartialité de ses membres a entraîné le retrait de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH).
Un sentiment d’impunité anime les auteurs de torture, d’exaction et de violations des droits de l’homme. Ce règne de l’impunité existe depuis 40 ans et a incité les milices du RPT à des actes sauvages et barbares durant la période février-avril 2005. En outre, depuis les vingt- deux engagements aucune enquête, ni action en justice n’a été intenté.

Engagement N° 2.7 : Engagement d’assurer, par des mesures adéquates à préciser ultérieurement, un fonctionnement de la justice impartial et indépendant du pouvoir exécutif. Un diagnostic permettant l’établissement d’un plan d’action est attendu avant la fin des consultations.

Cet engagement n’a également pas été tenu parce que les mesures à préciser ne sont pas encore palpables et l’appareil judiciaire de ce pays reste inféodé au RPT et à l’armée. Les prouesses de la cour constitutionnelle pour légitimer le coup de force le 07 février et les contorsions auxquelles nous avons assisté au cours du procès de M. Agbéyomé Kodjo sont édifiantes à ce sujet.Suite au diagnostic établi parle PNUD, un plan d’action est toujours attendu.

Engagement N° 3.1 : Engagement de revoir le code de la presse et de la communication pour l’amener à un niveau conforme aux standards internationaux, dans un délai de 6 mois. En particulier, il est attendu que les peines d’emprisonnement pour des délits de « diffamation et d’atteinte à l’honneur », actuellement prévues par le code de la presse, soient supprimées.

Sur cet engagement, un nouveau code de la presse a été adopté en juillet 2004. Cependant les pratiques d’intimidation persistent et ont atteint un point culminant pendant la période février-mai 2005. Il faut noter que peu de temps après l’adoption de ce Code de la presse, des menaces de mort ont été proférées contre le journaliste Dimas Dzikodo . Voici un extrait d’un appel qu’il a lancé en septembre 2004 :

Bien chers,
Je viens vous informer des menaces de mort qui planent sur ma personne. Voici les termes de ces menaces, suite à la déclaration du MO5 que j’ai publiée dans Forum de la Semaine N° 22 du jeudi 30 Septembre 2004 :
« C’est vous Jean-Baptiste Dzilan, vous avez signé votre arrêt de mort avec l’article que vous avez écrit sur le MO5 touchant les enfants du Président. Sachez que vous serez éliminé et ce n’est qu’une question de temps. C’est décidé et arrêté. Quand on pose un acte, il faut être prêt à l’assumer. Vous êtes un chiffon. Vous ne valez rien ! Et vous êtes jaloux. Vous êtes des aigris ! »
Lorsque j’ai demandé de savoir à qui j’ai l’honneur, la voix qui était celle d’une fille, m’a répondu en ces termes :
« Je ne vous connais pas, mais c’est parce que mon nom se trouve dans ton journal que je t’appelle. Prépare-toi pour assumer ce que tu as écrit ».
Il faut préciser qu’environ un quart d’heure auparavant, un informateur anonyme qui se dit ami de la famille du Chef de l’État, m’a appelé pour me mettre en garde parce qu’il était dans la famille quand les "garçons" du Chef de l’État mis en cause dans la déclaration du MO5 que j’ai publiée, se sont réunis et « un lieutenant qui était présent, a dit que ces gens sont à éliminer à la minute, et qu’il se porte garant pour le faire ».
Tout ceci se passait vers 20 heures ce jeudi 30 Septembre 2004.

Engagement N° 3.2 : Engagement de garantir, sans délai, aux média, ONG et représentants de la société civile l’absence de tout harcèlement, censure ou intimidation.

Cet engagement comme bien d’autres n’a pas été respecté. Le gouvernement, pendant la période électorale n’a pas hésité à fermer des radios, menacer des organismes de la société civile, couper les communications téléphoniques (réseau cellulaire inclus) dans le but non seulement d’empêcher la couverture des évènements mais surtout de mâter les populations civiles loin de tout regard et de toute oreille. Un article intéressant et édifiant est disponible au lien suivant : http://www.diastode.org/Nouvelles/n...

Engagement N° 3.3 : Engagement de garantir, sans délai, à tous les acteurs politiques et de la société civile et à tout citoyen le droit à la libre expression, à participer aux réunions et aux manifestations pacifiques, en public et sur tout le territoire national, en l’absence de tout harcèlement, censure ou intimidation.

Cet engagement n’a pas été tenu, et le pouvoir RPT a déployé sa stratégie de la terreur en formant et en armant des milices qui ont déferlé sur des civils à Atakpamé, Aného, Lomé, Sokodé, entraînant l’exode de plus de 50000 togolais à l’étranger : Voir http://www.diastode.org/Nouvelles/n...

Engagement N° 3.4 : Engagement de garantir à tous les acteurs politiques et de la société civile la libre circulation, en tant que citoyens et dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions politiques ou de représentation de la société civile.

Cet engagement n’a pas été tenu : meetings annulés pour des motifs fallacieux, agressions de militants se rendant à des meetings, encerclement du domicile de leader politiques (ex : Jean Pierre Fabre de l’UFC), etc... Un exemple parmi tant d’autres concernant l’empêchement de la tenue d’une réunion de la ligue des droits de l’homme est disponible au site suivant : http://www.diastode.org/Nouvelles/n...
La liste des manquements est bien longue mais le plus grave dans cela c’est la menace d’invasion d’une mission diplomatique allemande au Togo. La vie des Togolais n’ayant jamais eu aucune valeur significative aux yeux de ce régime, ils ont montré il y a juste quelques mois qu’ils étaient capable d’en découdre avec des membres de l’Union Européenne si cela s’avérait nécessaire pour conserver le pouvoir. Voir la note rédigée par un membre de la délégation de l’Union Européenne à Lomé et reprise par le site Diastode.org
Menaces sur l’Ambassade d’Allemagne
(Diastode.org, 2 mai 2005)
NDLR : Diastode.org reproduit ci-dessous un document rédigé par la Délégation de l’Union Européenne au Togo, le 28 avril 2005.

J’avais été informé que le pouvoir avait l’intention de pénétrer dans l’enceinte de l’Ambassade de RFA où s’est réfugié l’ancien Ministre de l’Intérieur.
J’ai dans ce contexte, contacté l’Ambassadeur de RFA, qui s’est déclaré surpris que je sois détenteur d’une telle information, mais qui m’a avoué qu’il craignait une intrusion des forces armées togolaises au sein de la concession de l’Ambassade.
Il a pris l’attache du Ministre des Affaires Etrangères pour demander assistance et protection, qui lui a ri au nez et aurait répondu : « d’autres missions diplomatiques ont été "caillassées", à vous le tour maintenant ! »
L’information mériterait d’être prise au sérieux dans un pays où le respect des règles du droit le plus élémentaire est loin d’être respecté.
Par ailleurs il est à noter que l’institut culturel allemand a été tout simplement incendié. Voilà comment sont traités les membres de l’UE au Togo et à lumière de cela quand on dit qu’il y a eu 800 morts et 4500 blessés, cet engagement tombe à l’eau de lui-même.

Engagement N° 3.5 :Engagement de garantir, avant la fin des consultations, à tout citoyen l’accès libre aux informations des media, y compris les sites web des partis de l’opposition, des organisations non gouvernementales, etc.

Cet engagement n’a pas été respecté dans son intégralité. Si certains sites web ne sont plus censurés, les communications radio, téléphone et Internet sont coupées ou difficilement accessibles.

Engagement N° 3.6 :Engagement de revoir, dans un délai de 6 mois, le mandat et le statut de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, en vue de garantir son indépendance effective par rapport aux autorités administratives et à toutes les forces politiques.

Les entraves à la miberté d’expression sont organisées par la HAAC. Cet engagement n’est donc nullement respecté. La HAAC est une caisse de résonance du parti au pouvoir. Pour preuve un extrait de l’arrêté qu’ils ont publié interdisant aux radios et télés de couvrir l’actualité tout en sachant que les médias publics sont inféodés au régime.
Cet arrêté dispose que "les radios et télévisions privées ne sont pas autorisées, pendant la campagne électorale pour l’élection présidentielle, à organiser des émissions spéciales ou des débats animés par les candidats ou leurs représentants".
L’organe de régulation ne les autorise pas non plus à assurer la couverture médiatique de la campagne électorale des candidats, les menaçant de sanctions si ces dispositions ne sont pas respectées.

Engagement N° 4.1 :Engagement de fournir des rapports le 1er juin et le 1er juillet 2004 aux instances de l’Union européenne, portant sur les progrès réalisés dans les différents domaines du dialogue, et sur l’accomplissement des engagements pris.

Cet engagement d’ordre administratif a été tenu. Il faut cependant tenir compte du fait que les engagements ont été violés dans leur quasi-totalité

Engagement N° 4.2 : Disponibilité des autorités togolaises à participer au dialogue sur place et à faciliter des missions éventuelles des fonctionnaires de la Commission et de la Présidence au Togo, dans le cadre du dialogue entamé.

La partie de ce engagement touchant le dialogue n’a pas été respecté parce qu’en réalité, le dialogue que l’on attendait à l’issue de ces engagements n’a jamais débuté, la mouvance présidentielle se contentant de rencontrer de temps en temps l’opposition pour tourner en rond quelques heures afin de donner l’impression qu’il se passe quelque chose de sérieux.

Dans l’esprit du partenariat qui inspire l’Accord de Cotonou, l’Union européenne s’est déclarée prête à apporter son soutien financier et technique à la mise en ouvre desdits engagements.

L’Union européenne invite le gouvernement de la République togolaise à adopter les mesures mentionnées ci-dessus pour donner suite aux engagements pris. L’Union européenne poursuivra le dialogue pour s’assurer d’un renforcement aussi rapide que possible de la démocratie et de l’Etat de droit en République togolaise, qui constitue un préalable à la pleine normalisation de ses relations de coopération avec ce pays.
Ces consultations seront menées dans l’espoir de contribuer à l’établissement d’un ordre constitutionnel pérenne qui apporte à la République togolaise la stabilité dont elle a besoin pour faire reculer la pauvreté, contribuer à la stabilité de la région, et s’intégrer plus étroitement à l’économie mondiale. Sur la base des rapports réguliers que la partie togolaise s’engage à fournir sur la mise en oeuvre des engagements précités, l’Union européenne suivra de très près l’évolution de la situation.
Elle veillera au respect des engagements, en particulier à l’adoption des mesures garantissant la transparence et le fondement démocratique des élections législatives dès que possible.

C’est de l’ampleur et de la matérialisation des engagements pris par les autorités togolaises que dépendront, de façon critique, la nature et l’étendue des mesures appropriées qui seront, le cas échéant, adoptées.
Pendant la période de consultations, les activités directement en faveur de la population et de la société civile en cours dans le cadre du Fonds Européen de Développement seront poursuivies pour autant que les conditions spécifiques des conventions de financement en cours d’exécution soient respectées.

L’Union européenne souligne enfin que la pleine coopération des autorités togolaise est capitale pour lui permettre de reprendre l’aide à ce pays dans ses efforts de développement.

Ce survol rapide des vingt deux engagements pris par le gouvernement RPT montre que la situation politique et celle des droits de l’homme ont empiré au Togo.

Comment expliquer qu’au cours du mois où les consultations devaient aboutir à la reprise de la coopération, la quasi-totalité des engagements aient été violés ?

Comment expliquer que des élections qui devaient être, une occasion de juger la bonne foi et de la capacité du RPT à accomplir ces engagements se sont avérés être les pires élections jamais organisées au Togo avec plus de 800 morts, 4500 blessés et 35 000 réfugiés ?

En réalité, le déroulement du mois d’avril 2005 et cette élection sont le bilan des vingt deux engagements.

Ce bilan révèle que le régime togolais est une dictature militaire à base familiale et clanique ayant un caractère mafieux..

Le gouvernement RPT dirigé par Edem KODJO ne peut pas résoudre la crise politique Togolaise pour deux raisons :

D’une part, le gouvernement Kodjo n’a aucune légitimité, il est formé à l’issue d’un coup d’état militaire et électoral. Le groupe au pouvoir n’a aucune vision pour ce pays. L’ensemble des membres de ce gouvernement appartiennent au RPT, un parti au pouvoir depuis plus de 36 ans et qui vient d’échouer à mettre en œuvre les 22 engagements ci-dessus. Ce gouvernement arrivé au pouvoir par la force, ne représente pas la majorité des Togolais et n’a pas à coeur les intérêts du peuple Togolais.

D’autre part, ce gouvernement n’a pas les compétences techniques et morales minimales requises pour réconcilier le Togo et le remettre en marche.

Pour conclure, nous disons que la crise politique Togolaise au point ou elle est arrivée nécessite plus que les 22 engagements que le gouvernement RPT n’a pas pu et voulu mettre en œuvre.

Deux éléments déterminants ont manqué au RPT pour lui permettre d’appliquer ses engagements, c’est la bonne foi et la volonté. L’absence de ces deux éléments a ruiné ces engagements.

Aujourd’hui il est tard pour les 22 engagements, nous devons aller plus loin et trouver une solution qui non seulement les inclus mais ajoute des éléments comme la bonne foi, le respect de la constitution et des institutions républicaines, des sanctions immédiates en cas de violations des droits de l’homme etc...

Avant toute chose, Il est nécessaire d’ouvrir un dialogue sérieux, sincère et crédible pour faire le bilan du Togo depuis ces 45 dernières années, trouver un consensus pour le présent et l’avenir, et entamer une transition qui va nous mener vers la destination que souhaite la majorité des Togolais.
Nous n’avons plus les moyens d’évoluer de coups de force en coups de force ou de mensonges en mensonges.
Le Togo doit rompre avec ce cycle infernal d’échecs, de tricheries, de malheurs et de souffrance.
Si nous voulons sortir de la crise, il faut plus que ces 22 engagements et surtout une prise de conscience et de la bonne foi de la part du RPT.

 

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